305/2015 - Jess refuse de divorcer
Dimanche - 1er Novembre 2015 - 305/2015 - Jess ne veut pas divorcer!
Pendant qu’on discutait, alors que j’étais sur le chemin de retour, Pascal m’a dit que Jess n’allait pas tarder. Elle l’avait appelé pour lui dire qu’elle voulait lui parler. Il avait l’impression qu’elle avait trop de verre dans le nez. Ça allait être une discussion de pocherons. Rire.
J’étais curieuse de savoir de quoi elle voulait lui parler, alors j’ai fait demi-tour. On a pas le droit de conduire en étant sur le natel, et je n’avais pas de main libre. Enfin, si, mais il est à la maison. Mon frère m’avait montré comment le faire fonctionner, Pascal aussi, mais je ne sais toujours pas utiliser le sans fils. Bref, j’ai eu le temps d’arriver dans le parking chez lui, avant l’arrivée de sa femme.
J’imagine que Pascal a pensé que j’étais chez moi. On a encore papoté jusqu’à ce que Jess arrive. Elle est certainement rentrée en taxi, parce qu’elle avait trop bu. Pascal a écourté les « au-revoir » pour aller à la porte.
Effectivement, Jess n’était pas très nette. Comme toujours quant elle boit trop, elle s’écroule prête à s’endormir n’importe où. Elle a aussi des idées fixes, et ce soir, c’était parler. Pascal n’avait pas l’air enchanté de la voir dans cet état, et le lui a dit; c’est dangereux de mélanger l’alcool et les médicaments. Elle s’en fichait.
Jess voulait savoir s’il l’aimait toujours. Hum, Pascal n’a rien répondu. Elle a insisté. Pascal lui a dit qu’elle était un peu trop bourrée pour une discussion sérieuse. Il lui a servi un truc qui l’a fait grimacé, Elle n’en voulait pas, mais Pascal l’a forcée à le boire. Elle a eu des hauts le coeur et a été vomir.
J’ai ri en entendant les bruits et à la tête que faisait Pascal. Il faisait la grimace; dégoûté. Rappel perso; ne jamais vomir devant Pascal.
Jess avait froid, tremblotait et titubait un peu en revenant dans le salon. Pascal était appuyé contre le manteau de la cheminée, les mains dans les poches. On aurait dit qu’il préférait rester loin des vomissements. Hihihi. Trop mignon entre parenthèse. J’aurai donné cher pour être près de lui et le toucher, hum.
Se sentant mieux, et probablement moins bourrée que quelques minutes plus tôt, elle a commencé avec les questions, les demandes, les plaintes. Elle lui a demandé à nouveau s’il l’aimait. Pascal a répondu qu’il l’aimait bien sûr, mais pas « comme ça ». Qu’il l’aimerait toujours, qu’elle fera toujours partie de sa vie.
Jess s’est mise à pleurnicher, alors il s’est approché et a posé sa tête contre son épaule. Ils étaient assis côte à côte. En fait, ils étaient mignons tous les 2, et je dois reconnaître qu’ils allaient bien ensemble. Ils se ressemblent, ils sortaient du même genre de moule. Pas comme moi. Moi, j’étais une « outsider ».
Pascal la consolait du mieux qu’il pouvait, mais les larmes ne tarissait pas. Elle s’accrochait désespérément à lui. Une pensée fugace m’a traversé l’esprit; « ce sera peut-être moi dans pas longtemps », j’ai senti une vague de dépression me couvrir de son manteau noir.
Après avoir pleuré un moment, Jess s’est mouchée bruyamment. Plus calme, elle lui a dit qu’elle savait, qu’elle comprenait, même si ça la rendait très malheureuse. Elle ne voulait pas divorcer. Un jour peut-être qu’il changerait d’avis, peut-être qu’il l’aimerait à nouveau. Peut-être que tout changera. Que ses sentiments changeront. Elle avait confiance.
A la tête qu’il faisait Pascal était sceptique. Pascal a changé de place pour s’asseoir sur la table du salon face à elle, il lui a pris les mains. Il lui a demandé si elle allait mieux. Puis après un silence pleins de sous-entendu, Pascal lui a demandé de lui promettre de ne plus faire de conneries. Jess ne voulait rien promettre. Il a insisté, et elle a fini par lui promettre que tant qu’ils ne divorçaient pas, elle ne recommencerait pas.
Pascal lui a dit que ça ne suffisait pas, il voulait qu’elle lui promette de ne plus jamais recommencer. Jess lui a demandé ce que ça pouvait lui faire, puisqu’il ne l’aimait pas. Ils se sont un peu pris la tête; Pascal voulait savoir ce qu’elle attendait de lui, et elle, elle ne savait pas. Tout ce qu’elle voulait, c’est ne pas divorcer.
Pascal semblait abattu. Il ne disait rien. Son mutisme la désespérait, elle cherchait à le faire réagir; tu ne m’aimes plus, ça ne sert à rien... et bla-bla, et bla-bla. Pascal restait prostré, silencieux. Renfermé.
D’une petite voix, Jess lui a dit qu’elle ne voulait pas le brimer, ni faire de sa vie un enfer. A ces mots, il l’a regardée. Elle a ajouté qu’il était libre, qu’elle attendrait, qu’il pouvait faire ce qu’il voulait tant qu’ils ne divorçaient pas.
Elle ne pouvait pas imaginer la vie sans lui, elle ne voulait pas qu’ils soient séparés par un bout de papier. Elle sentait que là, elle le perdrait vraiment.
Pascal s’est pris la tête entre les mains. Il lui a dit qu’il ne voulait pas être responsable d’elle, que c’était du chantage. Jess a posé sa main sur son épaule, lui a dit que ce n’était pas du chantage. Elle lui a demandé s’il avait une raison précise pour divorcer? Si ce n’était pas une de ses maîtresses qui faisait pression? Elle était sûr que c’était le cas. Il ne répondait rien.
Jess lui a alors dit qu’elle allait rentrer aux Etats-Unis. Elle lui laissait de l’espace. Recevoir les papiers du divorce l’avait secouée. Il n’avait même pas essayé de se battre. Il avait accepter toutes ses revendications. Revendications qu’elle n’avait faite que pour l’emmerder. Elle s’était rendue compte qu’il acceptait tout et n’importe quoi, parce qu’il tenait à se débarrasser d’elle, et elle a eu envie de mourir.
Pascal a secoué la tête, et lui a dit que ce qu’elle avait fait était stupide. Comment pouvait elle imaginer qu’il puisse vouloir se débarrasser d’elle. Il ne voulait et ne pourrait jamais se débarrasser d’elle. Ils seront toujours ensemble, elle sera toujours importante, mais, il ne l’aimait pas comme avant et pas de la manière qu’elle le voudrait. Et il le regrettait. Faire ce qu’elle a fait, c’était grave. Moche. Lui non plus ne pouvait pas imaginer un monde sans elle.
Waouh... Ils allaient continuer encore longtemps à s’envoyer des compliments? Bon, alors, que vont-ils faire maintenant? C’est quoi la suite?
Je n’ai pas eu beaucoup de nouvelles de tout le dimanche. Juste un bisous par sms. Aucune idée de ce que faisait Pascal de sa journée. Allait-il bien? Est-ce que les choses s’étaient arrangés avec Jess? Est-ce qu’elle partait vraiment? Quant? Est-ce qu’elle était sérieuse quant elle lui a dit, qu’il pouvait faire ce qu’il voulait tant qu’il ne divorçait pas?
Moi, je n’allais toujours pas mieux et j’ai passé presque toute la journée au plumard... à rêver de Pascal... à rêver d’être dans ses bras, d’entendre sa voix, son rire, sentir sa peau sous mes doigts... de ses lèvres... Hummm, il me manque...