31 -- C'était un accident

Publié le par JaneDo

 


Rien ne m’énerve autant que quant on prend ma maison pour un hôtel “porte ouverte”. Grrr. Hier, je n’avais pas vu Layne, ça c’est rien, mais aucune nouvelle non plus! Pas un petit message ou un coup de fils pour demander “chien ça va?” ou “j’ai un truc ce soir, ne m’attend pas!”, donc j’étais pas vraiment de bonne quant il s’est pointé au matin vers les 6h. Non mais!

 

Je ne suis, non plus pas du genre, à poser mille questions comme si j’étais chargée de connaître les moindres détails de son existence. S’il ne voulait pas me dire, je ne crois pas que cela aurait posé de problèmes. Mais rien...

Après avoir passé la porte, il m’a juste marmonné qu’il était crevé et s’est couché.

J’étais trop surprise pour lui dire de faire demi tour et retourner d’où il venait, et il avait vraiment l’air crevé. Layne  a encore marmonné qu’il était désolé pour hier soir et il s’est presque aussitôt endormi. J’avoue que j’ai eu pitié. Il a une chance terrible, c’est que suivant le comportement, je pardonne très vite, et quant il s’est serré contre moi en s’endormant aussi vite, ma petite fureur est passé aussi vite.

Hier soir, Layne a passé la soirée à l’hôpital, un de ses bon copain avait eu un accident. Il s’est excusé parce qu’il aurait pu s’absenter un moment pour m’appeler, mais il était inquiet parce que ça avait l’air assez grave. En fait, aussi surprenant que ça puisse paraître, ça l’avait tétanisé et il s’est retrouvé incapable de faire quoi que ce soit d'autre, à part attendre.

Hier soir, Layne était redevenu un petit garçon qui avait eu peur et il avait sûrement été complètement perdu. C’était probablement la 1ère fois qu’il était confronté à quelqu’un de proche qui risquait de mourir et il a eu peur. Ça lui arrivait parfois et c’était attendrissant. Il faisait tout pour ne jamais montrer ce côté de sa personnalité et c’était bien dommage.

J’étais contente de n’avoir pas renchéri là-dessus en le fichant dehors ou à lui faire une scène. Je remerciais le ciel d’avoir mon caractère.

Au réveil, il n’était pas très bavard et je remarquais son regard un peu hagard. Alors, comme la majorité des femmes dans ces moments-là, on a une montée de tendresse et on en couvre celui ou celle qui en a besoin. Layne s’est très vite détendu et m’a tout raconté. Il a parlé de leur enfance, de leur amitié. Il se pouvait que son copain reste paralysé et ça le choquait.

Avec Pascal, on avait prévu de se voir ce soir, mais je ne me sentais pas à l’aise d’aller m’amuser quant Layne était dans cet état. Ça n’aurait pas été très joli de ma part alors je lui ai envoyé un message après le départ de Layne pour l’hôpital pour annuler. Finalement, ça arrangeait aussi Pascal, ils avaient un truc aussi avec ses parents. Ils étaient invité à une soirée de charité et il y aurait simplement déposé Jess, passé un petit quart d’heure et se serait tiré en douce. Il n’avait pas osé annuler avec moi, parce qu’il ne voulait pas me décevoir.

Je n’ai pas osé lui dire, quant on s’est parlé au téléphone, que je n’aurai pas été d’humeur et que bizarrement, ce soir j’avais envie d’être près de Layne et d’être là pour lui. Ce soir, il avait besoin de moi.

Triste... on se serait pas vu beaucoup cette semaine!

Vers les 20h, sans nouvelles de Layne, je me suis décidée à aller à l’hôpital pour lui apporter mon soutien moral. Je déteste les hôpitaux. Je déteste l’odeur, je déteste ce que ça représente et je déteste l’impression de sentir la présence des derniers fantômes qui venaient de quitter cette vie. Les hôpitaux m’impressionnent et ont le don de me foutre les boules.

Layne était heureux de me voir. Le pauvre, je ne l’ai jamais vu aussi tendu et renfermé. Il ne pipait pas le mot et restait figé en fixant ses pompes. Il serrait fort ma main dans la sienne, mais je crois qu’il avait dû oublier même qu’il tenait ma main tellement il était tendu. De temps en temps, il levait un regard inquiet à l’approche d’infirmières ou de médecins.

Layne n’avait pas faim, je le comprends, moi non plus et ce n’était pas un de mes copains. Il a seulement avalé plusieurs cafés et attendait avec impatience des nouvelles ou de pouvoir voir son pote. Les parents de son copain se trouvaient dans une autre salle d’attente et devaient mourir d'angoisse. Berk, je déteste vraiment les hôpitaux. Les autres copains avec Layne le laissaient tranquille et discutaient dans leur coin.

Je suis restée env.2h auprès de lui, après je ne pouvais pas m’enfuir assez vite de cet environnement étouffant.

A la maison, je lui ai quand même préparé quelque chose de léger pour le cas où. Cette fois, Layne est rentré vers les 3h du matin, complètement sur les rotules. Apparemment, les opérations s’étaient bien passé et qu’il fallait attendre le lendemain pour connaître son état. Layne a avalé ce qu’on appelle vraiment “un morceau” et il a été se coucher. Pauvre chou.

Je n’avais pas sommeil, mais je me suis couchée à côté de lui en le prenant dans mes bras jusqu’à ce que je sois sûre qu’il s'endorme pour me relever. Je n’étais pas fatiguée.

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C’était un accident (31 jan 09 -sam)

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