313.1 -- Week-End.. Pascal
Week-End.. Pascal
(8 nov 08 -sam)
Hum, que c'est bon de se réveiller auprès de la personne qu'on aime. Je l'ai regardé dormir, arrrrh, il est si chou-x. J'aurai pu le regarder longtemps, j'aurai pu y passer la journée, mais il a ouvert un oeil. Il a souri de son sourire adorable. Hum, moi, je ne souri jamais en me réveillant, faudra que je prenne exemple, parce que c'est drôlement chouette. J'ai sauté du lit pour vite aller me laver les dents pour revenir me jeter dans ses bras encore chaud (je déteste les baisers-poubelle au matin! Lui aussi, hihihi). D'habitude, je ne supporte pas d'avoir quelqu'un dans la salle de bains en même temps que moi, mais j'étais émerveillée d'être avec lui. Et on s'est lavé les dents en coeur. J'étais dans un état de félicité et ses petits bisoux dentifrises dans la nuque me faisaient frissonner et je riais comme une sotte.
J'essayais de ne pas le fixer, mais je le dévorais des yeux... miam. Qu'est-ce qu'il est bien fichu, arhhh. Je crois que j'aurai bien voulu pouvoir me réveiller tous les matins avec lui... Petit coup d'anxiété... Euhm, non. Et non, je ne voulais pas non plus aimer tant quelqu'un, parce qu'après, on se fait de la bile pour eux. On vit avec une angoisse permanente à l'idée qu'il pourrait leur arriver quelque chose. On pouvait même aller jusqu'à faire un pacte avec le diable et donner sa vie pour eux. Berk... non je ne voulais pas aimer à ce point, mais plus je le regardais et plus je me rendais compte que j'étais peut-être déjà fichue. Ouais, suis vraiment raide dingue de lui, ça me rendait faible.
On a aussi pris la douche ensemble, une longue douche, miam. Je passais mon temps à le dévorer des yeux. Ça aussi, c'est un truc que je déteste... heum... détestait! Je détestais que le mec que je fréquente dérange mon moment avec l'eau et dans la salle de bains. Mais Pascal, c'est pas pareil ;) Il m'a soulevée et emportée comme un fétu de paille pour me jeter sur le lit. On s'est larvé au lit et devant la cheminée tout le reste de la matinée et une grande partie de l'après-midi.
Le déjeuner avait été une petite merveille. Le genre de déjeuner que je ne prends qu'en vacances. Quant je ne suis pas en vacances, je suis bien trop stressée pour me relaxer et prendre de bons déjeuner; des oeufs aux bacons, miam-miam, de super bons petits croissants, de la confiture de toutes les sortes, de petites saucisses... hahhhh, il me fallait plus d'un matin pour me goinfrer de tout ça! Vivement demain matin!!!
A nous 2, on avait eu assez d'appels pour remplir un standard. Jess rappelait à Pascal qu'ils avaient rendez-vous. Elle était passée chez lui dans la matinée, comme elle ne l'avait pas trouvé, elle lui avait laissé messages sur messages. J'ai été m'enfermer dans la salle de bains sous le prétexte de me préparer pour le laisser téléphoner, mais j'avais l'oreille collée à la porte. Je n'entendais pas grand chose. Quant je suis sortie de la salle de bains je l'ai vu sur la terrasse, tête baissée, il avait l'air si abattu, ça m'a serré le coeur. Je suis sortie sur la terrasse l'entourer de mes petits bras pour lui transmettre ma force et tendresse en espérant que cela lui remonte le moral. J'étais en grande partie responsable de la plupart de ses problèmes, mais je ne voulais pas me sentir coupable.
- -On ne tiendra jamais 5ans...
Il avait dit ça dans un souffle, en chuchotant, comme s'il se parlait à lui-même. Glups. Lui aussi pensait à ça? Il avait poussé un gros soupir. C'est drôle comme on peut facilement oublier ce qui se passe dans la tête des autres! Et qu'est-ce que j'aurai bien pu répondre à ça? Je n'en savais rien. J'étais presque sûr de pouvoir tenir 5ans, mais ce qui me faisait le plus peur, c'est... Est-ce qu'il m'aimera toujours, ou se fatiguera-t-il de moi? Ou, horreur, s'il se mettait à aimer Jess? Ou, encore plus angoissant, si une autre me vole son coeur?
- -Et si on tient 5ans, on aura peut-être trop pris l'habitude de se voir comme ça... et peut-être que les aléas du quotidien nous détruira? Et quant on pourra enfin vivre ensemble, on se rendra peut-être compte que ce n'était qu'un mirage?
Wohhh, il me faisait peur! Heum, d'abord, je ne voulais pas vivre avec quelqu'un! Mais, ce n'était certainement pas le moment idéal pour le lui rappeler. Mais en plus, il avait raison, vivre ensemble était un "tue-l'amour" dont je me passais très bien. Mes ex, je les aimais beaucoup en "temporaire", mais en fixe, plus tellement. Leurs petites habitudes, leurs manies et tout, finissaient par me porter sur les nerfs. Il fallait avoir une sacré paire de couille pour vivre à 2, pour se marier et avoir des enfants. Fallait sacrifier sa vie pour l'offrir à quelqu'un d'autre ou à sa nouvelle famille. Les mecs, de nos jours, ont plutôt des cacahuètes, et les cacahuètes, je ne les aime que salés et avec un apéritif comme amuse-bouche. Je n'étais pas assez généreuse, ni assez courageuse pour offrir mon coeur en pature à quelqu'un et bien trop lâche pour me donner sans savoir ce que j'aurai en retour.
- -Alors peut-être qu'on devrait profiter de chaque moment parce qu'on ne sait pas combien de temps ça va durer? Mais, moi, j'ai pas peur (menteu-euuuu-se! j'avais la trouille oui). Je t'aime, alors je veux bien essayer...
- -Tu ne te rend pas compte que ça va être dur, très très dur et le mot peut difficilement exprimer à quel point. Tu crois vraiment qu'on a une chance d'y arriver?
Il avait besoin d'être rassuré, je voyais des lignes se creuser sur son front adoré et ça me faisait l'aimer encore plus. On allait souffrir, c'était sûr, enfin... j'allais morfler, mais je ne pouvais pas renoncer à lui.
- -Je ne peux pas... Je ne veux pas te faire vivre ça, ce serait trop moche...
- -Ah non hein... écoute moi... ne me redis plus jamais ça, sauf si tu cherche un moyen de rompre sans me faire trop de mal. Ne redis plus jamais ça. Pascal... Je t'aime et je préfère un petit bout de toi que rien du tout. Je suis vraiment sérieuse, ne le redis plus jamais.
- -Mais...
- -Non, pas de mais. La prochaine fois que tu dira des trucs pareils, c'est que tu veux me plaquer.
- -Ecoute moi...
Il a attrapé mes mains que j'agitais en parlant, à l'italienne, comme d'habitude quant j'étais sous pression!!!!
- -Ecoute... C'est normal que je me pose la question. C'est normal que je ne veuille pas t'entraîner dans une sâle histoire. Jane... hé... C'est déjà dur aujourd'hui... alors essaie d'imaginer... 5ans de pire en pire?
Je ne voulais même pas le regarder, ni l'écouter, mais il a subitement arrêté de parler, et j'ai vu toute l'angoisse du monde traverser son regard. Ca m'a serré le coeur. Puis il a continué à détailler; les rendez-vous manqués, les 5 à 7, les petits rendez-vous en cachette, jamais assez de temps ensemble pour construire quoi que ce soit, l'enfer de ne pouvoir vivre une vie normale de couple rempli de quotidien, mentir, mentir tout le temps, etc etc... Arf... Il pensait que je sacrifiais ma vie.
- -Je ne veux pas t'entraîner dans mon enfer. Je ne peux pas, non plus, te promettre de ne plus en parler.
Je l'ai fait me promettre de ne plus douter de moi, de ne plus me sortir des trucs pareils parce que ça me faisait peur. J'avais peur qu'il essaie de rompre et que je n'accepterais qu'il me dise ça, que si c'était vraiment ce qu'il voulait faire. Il allait essayer. Je me rendais bien compte que je lui mettais la pression. Que s'il voulait se simplifier la vie, il devait se débarrasser de moi... Afff, et ça, je ne voulais pas l'imaginer. J'étais prête à m'accrocher à lui, comme une huître à son rocher, aussi longtemps et autant que je le pourrais.
- -Tu vas finir par me déprimer, je me mastique assez dans la tête toute seule. Si ça peut te rassurer, j'y pense aussi assez souvent.
Je ne sais pas si j'aurai dû lui dire ce qui a suivi, mais c'était déjà sorti de ma grande bouche avant que j'aie pu retenir les mots. Je regrettais seulement de souligner ce qu'il devait déjà savoir, et s'il n'y avait pas pensé, alors zut;
- -C'est moi qui t'ai entraîné en enfer. A cause de moi, tu te retrouve... dans la merde.
Ca l'a fait sourire, il m'a fait taire en me prenant dans ses bras et en me rassurant avec ses baisers. Heureusement... parce que j'avais encore tout un wagon de choses à me reprocher. La chaleur de son corps et de ses caresses m'ont transportés au paradis de l'oubli.
Pascal devait aller retrouver Jess. De mon côté, je me suis larvée au lit. J'avais du sommeil à rattraper. Avant de partir, Pascal avait confié Maxou au garçon d'étage qui l'avait sorti pour moi. Maxou était tout heureux à son retour et dès que Pascal est parti, Maxou est venu dormir sur le lit à mes pieds. Maxou a toujours dormi aux pieds, dans le bas du lit. Térette, ma chienne, elle, quant elle le pouvait, c'est-à-dire, si la place n'était pas occupée par mon ex, elle dormait à mes côtés. Ma petite fifille était un vrai bébé. Bien sûr ses poils posaient un problème, mais j'adorais quand même l'entendre ronfler collée à mon dos. Ca me fait rire d'y penser, parce qu'autant je ne supporte absolument pas les ronfleurs, j'aimais entendre ma puce ronfloter.