313/14 - Imagination débordante
Dimanche, 9 Novembre 2014 - 313/14 - Imagination débordante
Vers les 4h du matin, j’ai entendu du bruit en bas. Réveillée par le bruit, la peur de la première seconde a fait place au soulagement. Ils étaient de retour. Je n’étais plus seule. Je ne risquais plus rien. J’ai attendu et je me suis un peu endormie. Comme je le regrette. J’aurai dû descendre tout de suite, mais je ne l’avais pas fait.
Quant je me suis réveillée le matin, j’étais toute seule dans ce grand lit vide. L’angoisse m’a terrassée. Pascal n’était pas venu se coucher, pourquoi? Je tremblais en me dépêchant de m’habiller pour descendre à la cuisine, en ayant l’air calme et décontractée. Mais je n’étais ni l’un, ni l’autre.
Au rez, je n’ai pas vu Pascal, l’angoisse m’a coupée le souffle, des tonnes d’idées cauchemardesques ont commencé à traverser mon esprit.
Pascal aurait-il osé dormir ailleurs? Chez quelqu’un d’autre? Chez une autre fille ici ou ailleurs? Argh, je priais que ce ne soit pas le cas, sinon, je serais contrainte de ne plus venir, ce serait la honte totale.
Je suis sûre que je le cherchais pour descendre dans la salle de jeu! Je ne descends jamais dans cette salle pendant la journée! Alors je pense que je voulais fouiller tous les recoins du chalet, ensuite, je me serais postée en bas, face aux escaliers.
Pascal s’était endormi sur l’un des canapés du bas, les bras croisés sur le torse. Sur le canapé d’à côté, Paul, tout habillé dormait lui aussi du sommeil du juste. Rassurée, je suis repartie sur la pointe des pieds pour les laisser dormir en paix.
Oui, j’ai été rassurée sur le moment, mais à la réflexion, peut-être que Pascal était resté en bas exprès? Il ne voulait finalement peut-être pas qu’on passe la nuit ensemble? Je me suis sentie tout à coup vraiment très triste. Je ne dirais rien, mais en tous cas, vivement que je retrouve mes pénates.
Pascal est monté peut-être 2h plus tard. Je lisais près de la cheminée que Thomas avait eu la gentillesse d’allumer pour moi. Pascal m’a fait un bisou sur le front en se dirigeant vers la cuisine pour se faire du café. J’ai continué ma lecture. Je ne voulais pas le regarder, parce que ce qui me trottait dans la tête me brisait le coeur.
Il est venu ensuite s’écrouler dans le fauteuil à côté de moi. Il m’a demandé si j’avais bien dormi et m’a raconté s’être endormi en bas, etc. J’ai juste souri et continué ma lecture. Je comptais les heures qui allaient enfin me délivrer de l’étau qui me serrait la poitrine.
Thomas et Michael se sont approchés de la cheminée, et après concertation, ils ont tous décidés d’aller se baigner à la piscine. Avant de descendre, ils s’étaient mis à discuter du week-end prochain. D’après ce que j’avais pu grappiller de la conversation, il y avait une sortie avec le basket, mais il ne savait pas si c’était le jeudi ou le vendredi soir. Et je crois que le vendredi, Pascal devait encore remplacer le bassiste du groupe de son pote Varios.
En tous cas, Varios devrait penser à le remplacer celui-là, Pascal doit tout le temps jouer à sa place! Il fout quoi? Quant on fait partie d’un groupe, on se rend disponible, non?!
La plupart des résidents du chalet sont sortis pour aller traîner dans le village. Ils ont été voir ce qu’il y avait déjà en service côté activités. 2h après leurs retours, on rentrait enfin. Mon sac était déjà bouclés, j’avais profité de leurs absences pour le faire.
Dans la voiture, sur le trajet de retour, un silence presque palpable plombait l’ambiance. Pascal semblait absorbé, dans la lune. Je n’ai pas voulu le déranger.
Pourtant, à mesure qu’on approchait de la maison, je me sentais gagnée par l'urgence; si je voulais lui parler, c'était maintenant ou jamais! J’avais des tonnes de questions, malheureusement, aucune ne semblait pouvoir être exprimée sans ressembler à des reproches.
Pourtant, par moment, quant il s’apercevait que je l’observais, il me souriait et posait sa main sur mes genoux. Alors, peut-être que je me faisais des idées! Et aussi, pourquoi ne me proposait-il pas de rester chez lui???
Pascal m’a déposée chez lui pour que je puisse prendre ma voiture. Il a dit qu’il devait passer chez Varios. Après avoir mis mes affaires dans mon coffre et fait un bisou, il est reparti presque aussitôt. Je me suis demandée si je ne devais pas rester et l’attendre!
Chez moi, je me suis plongée dans le travail, tout en ayant la tête complètement saturée par mon imagination! Je me suis couchée tôt. J’étais sous pression, inquiète, et quelque peu déprimée; ce week-end, rien ne s’est passé comme je l’avais rêvée! Et moi qui était si contente qu’il m’ait emmenée et demandé à Caro de ne pas monter!