314/2013 - Au bord de l’affrontement
Dimanche, 10 Novembre 2013 - 314/2013 - Au bord de l’affrontement
Hahhh samedi… Trop cool. Un samedi à moi. J’avais envie de passer ma journée à bricoler, entrecoupée de petites siestes. J’étais raide d’avoir passé la semaine à courir. Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai pu me larver toute la journée et la soirée avec. Mais hélas, ce soir, j’avais promis de passer chez Aurore, ma copine qui habite à Morges. Pourtant, j’avais d’autres projets, alors je cherchais une excuse pour annuler. En priant que ce soit elle qui le fasse, j'ai allumé "Whatsapp". Et bingo. Dans son message, Aurore me demandait si on pouvait repousser. Fantastique. Mais bien évidemment. J'étais aux anges et libre comme l’air.
Pascal, lui de son côté, avait une journée chargée. Entre ses obligations familiales avec sa femme, et ses répétitions avec le groupe de musiciens, il n’avait pas une minute. Mais, il aime bouger, alors ça ou autre chose, ça lui plaît. On avait décidé de se retrouver dans la soirée...
Alors c’était simple; soit j’accompagnais Pascal à une fête, dans la villa d’un copain, au-dessus de Nyon, ou je le retrouvais chez lui après. Le copain en question était musicien lui aussi, mais ne faisait pas partie du groupe de Varios. D'ailleurs c'est quoi comme nom Varios?!?!! Bref. Le type qui invitait, avait invité plusieurs groupes et potes musiciens, et leurs avaient demandés de jouer pendant la soirée pour ses invités.
Pascal se réjouissait de retrouver ses potes, de jouer, et faire la fête. J’avais aussi très envie de profiter d’une journée et d’une soirée tranquille, alors je l’ai encouragé à y aller. Je l’attendrais tranquillement à la maison, chez Thomas.
En fin de matinée, Pascal m’a proposé de le retrouver en ville pour dîner ensemble. Hum, je n’avais pas envie de me bouger, mais c'était chou ça! Finalement, c’était bien de sortir un peu prendre l’air. Même si on pouvait dire prendre la pluie et se geler un petit coup. Parce qu’il faisait passablement froid. Je suis en pleine convalescence, après une angine carabinée, alors j’ai encore peur de faire une rechute.
D’ailleurs, après mon petit tour, j’ai recommencé à tousser comme une dingue. J'avais oublié mon écharpe, Pascal m'a refilé la sienne. Miam, j'avais son odeur autour du cou. C'était affriolant. Mais, je crois que le mal était fait, j’avais une amygdale qui gonflait. Je me suis aussitôt bourrée de médics.
Pascal voulait que je l’accompagne ce soir. En fait, j’étais gênée d’y aller, je ne connais pas grand monde. Comme je ne parle pas vraiment à ses proches, je me sentirais plutôt isolée. Je voulais plutôt l’attendre au chaud, à la maison. Pascal m’a demandé si j’avais prévu autre chose. Je n’ai pas osé lui dire que c’était juste me larver à la maison. Il aurait pu penser que je préférais être tranquille chez moi, plutôt qu’avec lui. Alors j’ai fini par me plier à sa volonté. Rhhh, foutu ma petite soirée tranquillos! Mais tant pis si ça fait plaisir à mon pti coeur!
Pascal avait beaucoup insisté, moi beaucoup résisté. Finalement, il m’a dit qu’il me laisserait tranquille pendant la soirée, et ferait presque comme si je n’étais pas là. Hum, ce n’était pas tout à fait ce que je voulais!!! Mais, comme je lui avais sorti des trucs, comme quoi je n’avais envie de voir personne, que la foule m’ennuyait ce soir, que je n’étais pas encore en top forme, bref, un tas d’excuses bidons, c'était bien fait pour ma tête. Pascal a dû penser que je voulais rester dans mon coin. Zut.
Il m’a dit qu’il avait envi d’être avec moi, mais si je n’en avais pas envie, alors, bah, je pourrais voir comment il est quant il sort sans moi. Qu'il avait juste envi de sentir ma présente. Là, ça a titillé ma curiosité. Ben, pourquoi pas! C’était aussi un apprentissage, pour savoir comment fonctionner, en évitant des gestes ou comportements déplacés. Après, on pourrait en discuter et voir ce qu'il fallait changer. En plus, de mon côté, je n’avais pas grand chose à faire, à part rester à l’écart.
Pascal est donc venu me chercher vers 20h. J’avais pris mon iPad, ce qui faisait toujours sourire Pascal. Au pire, je pouvais lire dans mon coin, mettre mon journal à jour, etc.
Le début de soirée, n’était pas mal. Pascal m’a présentée à celui chez qui on avait été invité, puis s’est arrangé pour m’installer avec des copains que je connaissais. Pascal passait de temps à autre me faire de petits bisous, discuter et disparaissait dans la foule. Il s’inquiétait de savoir si tout allait bien. Puis, très vite, j’ai commencé à m’ennuyer comme un rat mort. La table en fait, ne servait qu’à poser les verres, les sacs à main ou les vestes. La plupart restait debout et naviguait d'un groupe à l'autre. Je me suis retrouvée à être la seule assise. Je me suis donc levée. De plus, en étant assise, je ne voyais pas Pascal. Il n’était plus très souvent à la table, et par fierté, j’avais dis que tout allait à merveille. C’était faux évidemment.
Thomas est venu me tenir compagnie un moment, puis m’a entrainée vers un des petits bars aménagé dans les petits coins. J’ai découvert que la connasse de Maud était là elle aussi. Et devine quoi; Pascal traînait avec elle. Mon cerveau a tourné au bleu-vert et par accoup. Maud avait passé son bras sous celui de Pascal, le couvant de sourires charmeuses. Ils se déplaçaient ensemble, comme s’ils étaient en couple. Ça m’a énervée, mais j’ai décidé de ne rien dire. Je ne voulais pas m’énerver. Je ne voulais pas être une chieuse non plus et lui gâcher sa soirée.
Avant de monter sur la petite scène, mise en place pour l’occasion, Pascal est passé m’avertir et me faire un bisou. Ce qui m’a fait péter un câble, c’est que quant Pascal jouait, Maud a décidé de s’improviser chanteuse. Elle a grimpé sur la scène en embarquant un des micros, avec sa robe beaucoup trop moulante et trop échancrée sur le devant. Maud s’est mise à chanter en faisant tout un tas de mimiques à Pascal, lui collant même ses nibards contre son bras nu. Bon, elle chantait plutôt bien et avait une jolie voix.
Mon sang n’a fait qu’un tour, je bouillonnais, avec la furieuse envie de monter là-bas et la jeter hors de la scène. En chantant, elle ne regardait que Pascal, qui a eu, en plus, la mauvaise idée de lui renvoyer ses sourires. Encouragée, son micro dans une main, elle lui a passé un bras autour du cou. C’était une chanson d’amour et elle semblait le chanter rien que pour lui. Je n’entendais rien, mais veines gonflées battaient dans mes oreilles et la fumée me sortait du nez.
En jetant un regard autour de moi, j’ai remarqué que tout le monde souriait ou encourageait Maud. C’était encore pire. Ils avaient tous les yeux rivés sur la scène. Maud avait tellement approché son visage de Pascal que j’ai crains qu’elle ne l’embrasse. Là, tant pis, je m’m’assois sur ma fierté et je la déguille de la scène. En attendant, j’avais des palpitations, et je manquais d’air. Et Pascal qui souriait en la regardant droit dans les yeux! Une partie des gens ont commencés à scander; un bisou, un bisou… Wouhhhh, pas intérêt, sinon lui aussi, je le scalpe.
Maud s'est alors avancé pour l’embrasser, mes poils se sont dressés au garde à vous, mais... Pascal a eu le réflexe de détourner la tête au bon moment, pour lui tendre la joue… Ouf… Peut-être avait-il vu mon regard qui lançait de dangereux éclairs? C'était la fin de sa représentation, Maud a salué la foule en faisant la révérence, les incitants à l'applaudir encore plus fort.
Dès que Varios et son groupe ont laissés la place au groupe suivant, j’ai foncé vers Pascal. Maud, s’était accrochée à son cou et ils discutaient yeux dans les yeux. Leurs lèvres étaient à un doigt. Un doigt très fin! Elle semblait avoir un peu trop bu. Pascal souriait, en la tenant par la taille. Dans ma rage aveugle, je n’ai pas tout de suite réalisé qu’il essayait de la maintenir à distance.
Hystérique, j’ai attrapé un de ses bras et plongé mes ongles dans sa chair, lui intimant l’ordre de lâcher Pascal. Elle m’a regardé comme si je parlais chinois. Mais, elle l’a lâché en poussant un petit cri de douleur. Pascal n'a rien dit, mais j'ai cru apercevoir un petit sourire.
Et je crois que c’est ce sourire qui m’a fait retrouver instantanément mon calme. J’ai compris qu’il était ravi de me voir réagir, et que je n’avais rien à craindre. La rage m’avait fait perdre la raison. Un peu plus, et j’envoyais la pouffe valser sur les tables en contrebas. C’est fou comme la colère décuple la force. Je me suis retrouvée un peu conne, ne sachant pas quoi faire. Je ne voulais pas m’excuser envers Maud, ce serait trop humiliant.
Prise de court, j’ai demandé à Pascal si je pouvais aller m’isoler un moment quelque part. Il m’a dit qu’il y avait une bibliothèque en haut. Maud a voulu s’accrocher à nouveau à son bras pour nous suivre. En la décrochant de son bras, Pascal lui a marmonné quelque chose, puis il m'a prise par la main, et on est monté.
En haut, Pascal a éclaté de rire. C’était rare de me voir dans un tel état. Apparemment, il me trouvait amusante. L’air de rien, Pascal trouvait ça assez flatteur et rigolo; me voir me jeter sur ma rivale comme une furie, était semble-t-il assez imprévisible. J’ai eu droit à un baiser enflammé. Il n’avait pas manqué mes ongles enfoncés dans sa peau. Pascal continuait à rigoler, il m’a confirmé que je n’avais rien à craindre, qu’il s’était méfié qu’elle tenterait un truc du genre.
Oui, mais s’il n’avait rien vu venir, et qu’elle l’aurait embrassé, là, devant tout le monde??? Hein???
Après avoir pianoté un moment sur le clavier de mon iPad, offert d’ailleurs par Pascal, j’ai été jeté un coup d’oeil en bas. Le toit de la terrasse extérieur est en verre. De l'étage, on pouvait voir tout ce qui s'y passait. Pascal discutait avec ses copains, et Maud venait sans arrêt le harceler. Dès qu’il se débarrassait d’elle et s’éloignait, elle le pourchassait et s’accrochait à nouveau à son bras.
Hum, j’ai eu l’impression que lui, ça l’amusait. Que quelque part, il le faisait exprès, pour qu’elle lui court après. J’ai aussi vu Elodie regarder ces scènes avec tristesse. Elle n’avait pas l’air de beaucoup s’amuser. Pascal a aussi discuté un moment avec elle. Je crois qu’elle est toujours amoureuse de lui. En tous cas, c'est l'impression que j'ai eu. Je la plains. Je suis retourné tapoter sur mon iPad. Je me suis rendue compte que j’avais passé plus d'une heure, à la fenêtre, à regarder en bas. L’empêche, j’aurai pu rester là toute la soirée. C'était presque mieux que d'être en bas.
Je me sentais obligée de redescendre dans la fosse. Dommage. Mais avant, comme pour me remettre dans l'ambiance, je suis retournée un moment à mon poste d’observation.
Pascal m’avait dit que je n’avais rien à craindre, pourtant, j’ai surpris une scène qui m’a paru étrange, entre Pascal et Maud. Il avait un bras autour de sa taille, elle les bras autour de son cou, et il lui chuchotait quelque chose à l’oreille. Quelque chose qui l’a fait sourire. Ensuite, ils se sont séparés. Son geste n’avait rien d’anodin. C'était peut-être les regards qu'ils ont échangés? Sa manière de se pencher vers elle? La manière dont leurs lèvres se sont éfleurées? Je ne sais pas, mais ça m'a fait légèrement chaviré.
Que lui chuchotait-il? Que lui a-t-il dit? Est-ce que j’avais raison de lui faire confiance? De le croire? Quel est ce sentiment étrange qui me tord les tripes? Est-ce mon sixième sens qui me faisait de grand signe? J’ai choisi de fermer les yeux, de ne pas écouter.
Après mon escapade à l’étage, Pascal était à nouveau un peu plus souvent vers moi. Il était même encore plus adorable et tout. La scène que j’avais surpris me tourmentait. Non, ça n’avait rien d’anodin, ça, j’en étais persuadée. C’était comme s’il lui avait dit de faire attention, de m'éviter, ou pour éviter que je me doute de quelque chose. Parce que depuis, Maud restait à l’écart, tout en lui lançant des sourires discrets dans mon dos. Je détestais ça. Caroline aussi s’en était aperçue.
Caroline m’a dit que c’était de cette manière qu’ils se comportaient eux aussi à l’époque… dans mon dos. Souvent aussi, ils s’arrangeaient pour se donner rendez-vous, même en ma présence, et je ne me rendais compte de rien. Les souvenirs de ce temps là m’ont blessés. Mal au ventre. Ça m’a rendue triste. Pourtant, Pascal était adorable. Et zut, je n’avais pas envie de lui demander des explications, ni de lui faire de scènes. Je continuerais à faire l'autruche ce soir.
Pascal a été chouky tout au long du reste de la soirée. Il est passé souvent me faire des bisous, ou même me prendre dans ses bras. Ça ne me gênait pas qu’il passe la soirée avec ses potes, ni même à discuter avec ses copines. Tant qu’il n’était pas tout seul avec elles dans un coin… sombre. Ou caché. Ou comme tout à l'heure avec Maud, dissimulés au milieu de la foule. Si j’étais toute seule dans mon coin, c’est parce que je le voulais bien. Si j’avais été en forme, j’aurai moi aussi apprécié de papoter à droite et à gauche. On n’avait pas besoin d’être, tout le temps, collé ensemble.
Je crois que je suis dans une mauvaise période… Je flippe pour un rien… M’imagine des choses qui n’existent pas… Ou peut-être pas? Ouais, peut-être simplement une mauvaise passe quoi… Ou est-ce qu’il me trompe??? Nooon...