313/2013 - Supplier... Je sais faire aussi...
Samedi, 9 Novembre 2013 - 313/2013 - Supplier… Je sais faire aussi...
Tout le coin au fond du bar était réservé à celui qui fêtait son anniversaire et ses invités. D’après ce que je savais, on bougeait vers minuit, pour aller en boîte. Il faisait si froid dehors, et il pleuvait maintenant à verse. Entouré de Pascal, Thomas, et de nos amis, j’étais bien. Surtout depuis que Pascal m’a fait comprendre que, ce n’était pas parce qu’on se dispute qu’on n’était plus ensemble. Je me demande d’ailleurs pourquoi j’avais pensé ça. Faut toujours que j’imagine le pire. Je les écoutais blablater, rigoler, s’échanger des idées, parlé de leurs boulots respectifs en souriant.
Dans les glaces en face de moi, j’observais Pascal le coeur battant comme tout un orchestre de tambour. J’aimais ce type; son rire, son sourire, sa façon de froncer les sourcils ou son petit nez que j’adore embrasser. Tout chez lui me fichait des palpitations d'amour.
J’avais oublié tout ce qui m’avait traversé l’esprit ses derniers temps. Tous les doutes, les questions, les hésitations et mes petites crises pour je ne sais même pas quelle raison. J’étais bien. C’était toujours comme ça dès que Pascal était à mes côtés. Tout ce qui m’avait fait pleurer, enrager, ou donner l’envie de vengeance disparaissait rien qu’avec qu’un sourire de sa part. Lamentable peut-être. Mais, j’étais si bien maintenant.
On était installé au bar avec Pascal et on discutait du week-end prochain au chalet, avec Michael et Paul. Pascal se réjouissait de remettre son surf. En fait, ils se réjouissaient tous de remettre skis et surf, de dévaler les pistes comme des fous, alors que moi, je me réjouissais pour une toute autre raison. Un bon bouquin, au coin du feu, alors que le chalet serait déserté toute la journée, voilà ce qui me faisait rêver.
Maud est venue se planter entre nous. Pascal avait son bras autour de moi, mais il a dû l’enlever pour se tourner vers elle. Elle en a profiter pour s’insinuer juste au milieu de nous deux. Maud est plus grande que moi, mais pas aussi grande que Pascal, donc il s’est penché vers sa bouche. J’avais pensé qu’elle passait juste pour le saluer avant de partir. Quant il s’est mis à rire avec elle, j’ai su que ce n’était pas ça. Petit à petit, à petit pas, Maud s’est mise carrément entre nous, me tournant le dos. Elle faisait écran. A cause de quelques coup d’oeil de Pascal, j’ai su qu’il s’en était rendu compte.
Maud cherchait à me provoquer, à me mettre mal à l’aise. Ou peut-être à me faire sortir de mes gongs et lui sauter à la gorge pour ridiculiser devant tout le monde, mais elle perdait son temps. Cela a eu pour effet de me rassurer et de faire redescendre la dose de moutarde qui avait commencé à me monter au nez. J’ai continué la conversation avec Paul, Michael et Julien qui venait de se rappliquer avec Caro.
A sa façon de me regarder en fronçant les sourcils, j’ai compris que Caro se demandait pourquoi je ne faisais rien. Pourquoi je ne réagissais pas. Qu’est-ce que Maud pouvait bien faire de plus que parler avec Pascal? Rien! Donc, pourquoi en faire tout un plat.
J’en avais assez de rester debout, j’ai décidé d’aller m’asseoir à une des tables. En partant, j’ai contourné Maud pour aller faire un bisou à Pascal, qui m’avait déjà saisi le bras. En me voyant bouger, il a dû croire que je partais, ou un truc du genre. J’ai éviter celle où se trouvait Thomas. Je ne voulais pas que Pascal pense que je cherchais à me venger, parce qu’il parlait à la jeune Sophia Loren! Je me suis laissée tomber à une table où se trouvait Sandra (je crois), une copine à Jess. Jess était en grande discussion avec un type qui jouait dans la même équipe que Thomas et Pascal.
Je me sentais tout à coup extrêmement fatiguée. Je rêvais d’être ailleurs… avec Pascal… Chez lui par exemple. Au chaud, enroulée dans ses bras. J’avais envie de dormir dans ses bras, de faire l’amour.
Ok, j’en avais marre. Prenant mon courage à 2 mains, j’ai décidé d’aller vers lui et de lui proposer de partir, de rentrer. Mais pour aller où? En tous cas, pas chez moi. Chez moi, ce n’était pas assez bien pour lui. C’était pas possible. Baf, on pouvait toujours aller chez lui. Enfin, chez Thomas. Si on rentrait avant Thomas, ce serait parfait. On aurait plusieurs heures de tranquillité, et je pourrais toujours filer avant que Thomas ne rentre.
Petit problème; Pascal avait l’air de s’amuser!
Faisant comme Maud tout à l’heure, j’ai tapoté le bras à Pascal et comme avant, il s’est tourné vers moi. Je me suis aussi, comme elle, interposée entre eux, lui tournant le dos. Et comme elle, vu le bruit de la musique, j’ai pris un malin plaisir à chuchoter aux oreilles de Pascal. Je suis sûre que Maud a dû apprécier le retournement de la situation.
Pascal n’avait pas vraiment envi de partir, il était encore trop tôt. Et d’après ce qu’il m’a dit, on était sensé tous se retrouver plus tard, au petit pavillon de son pote. La fête semblait devoir durer toute la nuit. Alors, je me suis mise à le supplier. Et tout ça en chuchotant à son oreille. Il m’a sorti une ou deux bonnes raisons de rester. Des raisons pour que je change d’avis, mais j’étais raide et j’avais envie de l’avoir pour moi toute seule. La foule soudain me sortait par les oreilles. Alors, j’ai joué le tout pour le tout, en lui avouant que j’avais envie de lui.
Ça a eu de l’effet. Pascal a piqué un fard géant. Il s’est mordu la lèvre en regardant aux alentours, comme s’il vérifiait que personne n’avait entendu, ou que personne ne puisse se douter de ce qui l’avait fait autant rougir. Puis, il m’a demandé; “Là, tout de suite?”. Ça m’a fait sourire. En fonçant mon petit nez et en rigolant, je lui ai dis que je pouvais bien attendre d’être à la maison, qu’un peu de confort ne ferait pas de mal.
Pascal a souri et m’a fait un bisou sur les lèvres tout en me chuchotant; “D’accord”. Iahhh, boum boum boum. Mon coeur recommençait ses conneries de battements désordonnés.
A Maud, il a jeté en passant qu’on rentrait, et main dans la main, on a fait le tour pour dire au revoir à tout le monde. Je n’ai pas pu m’empêcher de jeter un petit regard ravi et un sourire empreint de fierté à la maudite Maud. Peut-être un peu de mépris aussi. Pascal a discuté quelques minutes avec celui qui fêtait son anniversaire. Quant ils ont eu fini, je l’ai gratifié d’un sourire en lui faisant la bise, réitérant mes voeux et on a filé.
Pascal s’est assuré que Thomas n’était pas près de rentrer… En fait, il passait la nuit ailleurs. Quel bonheur…
Sur tout le chemin du retour, c’était bisous bisous tout le long. Bisous dans le cou pour le distraire alors qu’il essayait de nous conduire le plus rapidement possible à la maison. Lui me faisait des bisous sur la main, dans la paume, m’en volait un à chaque arrêt. A chaque feu, on se jetait l’un sur l’autre.
A la maison, de l’entrée à la chambre, on était déjà à moitié dévêtu. Dès qu’on a passé la porte, Pascal a jeté ses clés sur la petite table, en me prenant dans ses bras. Sa veste à atterri parterre, il a viré la mienne de la même manière. Mon coeur avait perdu le rythme, j’étais hors d’haleine… mais heureuse. Tellement heureuse que c’en était presque douloureux. Je ne regrettais rien de ma vie, puisqu’elle m’a permis de rencontrer l’amour. De rencontrer quelqu’un d’aussi exceptionnelle que lui. Ses mains connaissaient mieux mon corps que moi. Je l’aimais tant que ça me donne envie de pleurer.