312/2013 - Que je t'aime...

Publié le par JaneDo


Vendredi, 8 Novembre 2013  - 312/2013 - Que je t’aime...

Pas d’appels, pas de réponses à mes messages; c’était clair, Pascal ne voulait pas me parler, ni me voir. Moi, j’avais besoin, envie de le voir, même s’il me faisait la tête. Ce soir, justement, Thomas m’a prévenue qu’ils avaient d’abord l’intention de monter au chalet, puis finalement, ils restaient ici. Un copain à eux fêtait son anniversaire au Tiger. Donc en principe, ils allaient tous être là. Même Pascal.

J’ai contacté Caro pour qu’on y aille ensemble, après avoir refusé l’invitation de Thomas de l’y accompagner. J’ai mis 3 plombes à me préparer. Aucune idée quoi mettre pour faire mon petit effet. J’ai finalement opté pour la simplicité. Surtout ne pas en faire trop. Et j’avais peur. Je sentais que j’allais morfler ce soir.

Donc on est arrivé très tard. J’ai tout de suite repéré Pascal…

Pascal n’était pas au bar avec ses copains. Il y a des tables à l’entrée, avec quelques petites tables rondes, hautes. Un peu surélevé, 2 marches plus hauts, il y a le bar, et tout autour il a de petites tables rondes.

Pascal était accoudée à l’une d’elle. A cette table, ils n'étaient que quatre personnes; Maud, et un couple d’amis, et Pascal.

Mon coeur a fait un faux pas. Puis un autre. Il battait trop vite. Ma tête perdait le Nord. On aurait dit une sortie à 4. Deux petits couples de sortie. La jalousie et la colère m’ont voilé la vision. Si je n’avais pas été fière, j’aurai laissé les larmes qui se battaient en duel au bord de mes paupières, me ravager le visage.

Alors voilà pourquoi il ne répondait pas à mes appels? Il n’avait pas attendu que mon cadavre soit froid pour se jeter dans un relation avec Maud. Le salaud. L’empêche, si j’avais osé, je me serais jetée à ses pieds pour le supplier de ne pas me laisser tomber. Je me forçais à sourire, mais mon coeur était en larmes.

J’ai dit bonjour aux copains installés au bar avec Thomas. J’ai jeté encore un coup d’oeil à la table du délit, vers Pascal et nos regards se sont croisés. Je m’étais mise de manière à pouvoir être face au spectacle de ma déchéance.

J’étais en chaleur, mon sang roulait trop vite, et je manquais d’air. Pascal m’avait vue. Il a eu un geste qui m’a presque fait imploser. s’est penché pour faire un bisou sur la joue à Maud. Je me suis dit, qu’il avait fait exprès de l’embrasser devant moi, même si ce n’était que sur la joue. Le message semblait clair; "lâche moi les baskets, maintenant, je suis avec Maud". Mourir là tout de suite aurait été une bénédiction suprême.

Thomas, qui était à côté de moi, avait vu mon expression, et m’a frictionné le dos. C’était sensé être un geste pour me rassurer, et j’avais envie de me blottir contre son épaule et pleurer.

Pascal est ensuite venu vers moi. Il m’a fait aussi un bisou. On n’était pas du genre à se rouler des pèles, donc rien de surprenant. Mais de l’avoir vu en faire ni plus, ni moins avec Maud, j’ai eu l’impression que son bisou m’avait brûler la joue. Cette bouche s’était posée sur la joue de l’autre vache avant d’atterrir sur la mienne. Ça me démangeait de me frotter l’endroit où ses lèvres se sont posées jusqu’au sang. Mais, je me suis retenue.

Après avoir traîné une minute à la table, Pascal a passé son bras autour de ma taille, et m’a proposé de sortir discuter. Ouhhhh, je sais pas si j’avais vraiment envie d’aller dehors me faire poignarder devant les fenêtres du Pub, au vu de tous! Mais, je l’ai quand même suivi. Frénétique, nerveuse, j’ai aussitôt commencé à parler pour ne pas laissé un lourd silence planer entre nous.

  • Tu as zappé tous mes appels et messages, alors je ne m’attendais pas à ce que tu viennes même me dire bonjour! J’ai pensé que tu m’éviterais toute la soirée...
  • Ah bon! C’est ridicule… Je ne m’attendais pas à te voir ce soir. Mais, on s’est disputé, ça n’empêche pas qu’on est toujours ensemble. Pourquoi tu n’es pas venue vers moi directement? Pourquoi c’est toujours moi qui doit venir à toi?

Wah! Alors je me serais trompée? Apparemment. Je l’adore trop fort. Malgré notre dispute, il me considérait toujours comme sa copine. J’avoue que j’avais eu un tel choc, que je sentais mes jambes me lâcher. Je me suis assise. J’avais déjà tout peint en noir. Je voyais le mal direct, imaginait l’horreur. Pfffouh, j’étais heureuse de m’être trompée.

Du coin de l’oeil, j’ai admiré le profil de celui qui me fait tourner la tête, qui me rend dingue par sa seule présence. Un seul petit sourire de lui, me fait presque grimper aux rideaux. Que je t’aime Pascal. A ce moment précis, je me suis dit que je ne le méritais pas. Si je pouvais, je me pincerais pour me rassurer, pour être sûre que je ne rêve pas. Que lui, Pascal, était bien là à mes côtés.

  • Pourquoi tu me regardes comme ça? A quoi tu penses?
  • Oh… rien… seulement… que je t’aime…

Dans le vert profond de ses yeux, j’ai fondu. Je voyais des tonnes d’étoiles d’amour qui dansaient autour de moi. Pascal m’a relevé pour me serrer contre lui et m’embrasser. Un vrai baiser cette fois. Loin des autres, loin des questions. Puis, il a dit qu’il n’aurait pas dû faire ça, parce qu’il était toujours furax contre moi. Malgré ça, il m’a prise par la main pour retourner à l’intérieur. Ce simple contact me mettait dans tous mes états, mon coeur s'affolait. Je rougissais comme une adolescente, folle d'amour.

Au passage, j’ai croisé le regard méprisant de la Maud. Elle était certainement verte de rage. Si on avait été dans un poulailler, on en serait venue aux mains. Pfff, j’ai pensé; “va te faire voir chez les grecs… il est à moi”. Et je lui appartenais de toute mon âme.


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