327/14 - Le chat et la souris
Dimanche, 23 Novembre 2014 - 327/14 - Le chat et la souris
Après m’avoir attendu pendant plus de 2h, et ne réussissant pas à me joindre, Pascal a réalisé que je lui posais un lapin. Après m’avoir avertie, il est donc sorti à ma recherche. Sans aucune surprise, il a trouvé ma voiture. Hum, j’avais raison de ne pas vouloir qu’il sache ce que je conduisais, ça m’aurait évité ça. Pascal ne m’aurait pas retrouvée.
Pascal n’a pas osé venir sonner. Peut-être son égo! Mais il m’a bombardée de messages; je sais que tu es là, je suis devant ta voiture, etc, etc. Evidemment, j’avais coupé mon natel, je dormais la conscience tranquille, je ne me doutais de rien du tout. Ne recevant aucune réponse, Pascal m’a menacée de partir au chalet. Hum, encore une fois, c’était lettre morte.
Cette fois, ne voyant aucune réaction de ma part, il… a… osé… venir sonner! Jeeez, la prochaine fois que je le chope chez une poulette ou chez Elodie, je ne me gênerai pas, tu va voir!
On n’a pas voulu ouvrir, mais comme il insistait lourdement, au risque de réveiller tout le quartier, Steven s’est décidé à aller lui ouvrir. Je me suis habillée en quatrième vitesse et je suis sortie dans le salon. Quand même pas pousser à l’obliger à me voir sortir de la chambre.
Pascal était livide. Je dois dire que de le voir dans cet état, ça m’a carrément brisé le coeur. Je pouvais très bien imaginer ce qu’il ressentait devant le petit sourire malin de Steven. Je l’avais souvent subi de la part de ces pouffes à 2 balles que Pascal fréquentait. J’avais le coeur serré. Inutile de dire qu’il était plus que furax, je le voyais bien.
Et dire que 5 minutes plus tôt, je dormais comme un bébé… maintenant j’ai le coeur qui bat de manière saccadée… son humeur me… terrorise. Quant il est comme ça, il a l’air calme, mais il n’est pas à prendre même avec des pincettes. J’étais dans mes petits souliers!
Sans le regarder, j’ai dis que j’allais sortir, qu’il pouvait m’attendre dehors, mais il n’a pas bougé d’un cheveux. Les mains dans les poches, les yeux verts sombres, il suivait mes mouvements, mouvements plutôt empruntés, étant donné que je voulais dire au revoir à Steven, mais devant lui… hum… j’osais pas.
Il le savait je pense, et c’est pour ça qu’il restait planté là, l’oeil mauvais.
En passant près de Steven, nos mains se sont effleurés, il m’a fait un petit clin d’oeil, en me disant de l’appeler plus tard. J’ai fait oui de la tête et je suis sortie. Presque en courant. J’ai foncé vers ma voiture sans me retourner. Je ne m’attendais pas à ce que Pascal soit collé derrière moi, alors quant il m’a retenue par le bras, ça m’a fait sursauté.
Ironique, il m’a dit que je ne devais pas avoir la conscience bien tranquille pour sursauter pareillement. Tsss.
On devait se retrouver chez lui… Mais une fois en route, je n’avais vraiment franchement pas envie de me retrouver entre 4 yeux avec lui. Je crevais de chaud, pourtant, il faisait aussi froid qu’au Pôle Nord. Pascal était devant moi, et j’ai fait exprès de raté le feu vert pour le distancer. Mais il m’a semblé changer de direction? Glups, il a deviné ma manoeuvre? Ben, je ne l’ai pas vu.
Je ne voulais pas aller chez lui...
Je ne pouvais pas aller chez moi non plus, et certainement pas retourner chez Steven. Pascal allait être furieux de chez furax, il allait m’en vouloir à mort. C’était presque 6h du matin, il n’avait pas fermé l’oeil de la nuit, il allait être super grincheux. Aïe. Non, non, je ne pouvais pas lui parler. Mais que faire? Où aller? Le seul endroit qui m’est venu en tête… Caroline!
Je pouvais me cacher chez elle. J’ai essayé de l’appeler, mais ça ne répondait pas. J’ai insisté, toujours rien. Tant pis, j’y vais quand même. Je venais de fermer ma voiture, et je surveillais les alentours pour ne pas tomber nez à nez avec Pascal, quant elle m’a rappelée. Elle dormait.
Hum… aussi con que cela pouvait paraître, j’ai pensé; “Elle dormait? Alors ça lui arrive de dormir?”. Je ne sais pas, mais si je l’imagine, je l’imagine dans les bosquets autour de chez Pascal, rarement chez elle. Et surtout pas en train de dormir.
Le souffle court par le stress, et de marcher à toute vitesse en me cachant quand même, je lui ai expliqué en gros le problème. Sans dire que j’étais chez Steven, juste que Pascal m’avait trouvée et voulait parler et moi non. Elle m’a tout de suite dit que j’étais la bienvenue.
Arghhh, elle voulait que je lui raconte, elle voulait parler, moi pas trop. J’avais l’oeil collé à la fenêtre pour vérifier que Pascal n’était pas dans le coin. Mon natel s'est mis à sonner, sonner, biper. Arh, j’étais trop méchante avec lui.
Je ne le voulais pas être vache, mais je ne pouvais pas lui parler maintenant, je n’en avais juste pas le courage. C’était pas cool, parce que je le laissais imaginer des choses et je le laissais sans explications, patauger dans la semoule. Mais, je ne pouvais pas imaginer qu’il puisse souffrir autant que j’ai souffert parfois.
J’ai bricolé une semi vérité pour Caro, tout ce que je voulais, c’était dormir. Dormir. Ah, je devais rappeler Steven, mais je n’osais pas faire ça devant Caro. J’ai été aux toilettes et je lui ai envoyé un message pour lui dire où j’étais.
Avant de se coucher, Caro n’a pu s’empêcher d’aller voir ce que faisait Pascal. J’ai pris le côté gauche du lit, comme d’habitude. Je pensais l’attendre, mais je me suis endormie. Je ne l’ai pas entendu rentrer.
Quant je me suis réveillée, Caro n’était pas là. J’ai pensé qu’elle était sortie courir avec Pascal, alors je n’ai pas osé sortir. Je risquais de tomber sur eux. Puis, j’ai vu le message de Caroline; elle avait été chez lui. La vache... Profiter de le consoler quant il est le plus vulnérable... Bien joué!
Comme elle n’était pas rentrée, je pense qu’elle a dormi là-bas. Hihihi, je vais en profiter pour mettre toute la faute sur lui… Je lui dirais que j’étais passé chez moi, me changer et prendre quelques affaires et mon chargeur, parce que je n’avais plus de batterie (la raison pour laquelle je n’avais pu répondre à ses messages ou appels), puis, quant je suis revenue, il y avait Caro!!! Alors, je suis repartie.
Hum, je vérifierais d’abord que Caro ne lui a pas dit que j’étais chez elle. Non, je ne pense pas, sinon il serait venu me chercher par la peau du hum-hum.
Si elle lui l’a dit après coup, je pourrais rajouter que j’avais besoin de parler à quelqu’un, alors je suis passée chez elle avant. Haha, il aura l’impression que, Caro sachant qu’on avait des problèmes, elle avait cherché à foutre la merde! Tant pis, c’est sa faute, elle n’avait qu’à pas lui dire.
Je suis donc rentrée. A la maison, j’ai lu les tonnes de messages que Pascal m’avait envoyé. Heureusement que j’avais appelé Steven avant, sinon, je me serais sentie coupable. Je me suis sentie si triste. J’avais l’impression d’avoir fait exprès de le faire souffrir.
J’ai gardé les stores fermés. C’était encore plus impossible de le voir maintenant. En plus, j’étais en colère. Après tous les messages désespérés qu’il m’a envoyé, il accepte que Caro dort chez lui? Et si j’étais vraiment passée? Il aurait fait quoi? Est-ce qu’il se rend compte comment les choses apparaissent à mes yeux?
J’avais sommeil aussi, alors je me suis recouchée. En me levant en milieu d’après-midi, j’ai jugé plus prudent de laisser les stores fermés et mon natel aussi. Enfin, une fin de dimanche tranquille. Pourtant, j’avais des palpitations. L’angoisse. Et je ne voulais pas penser à Pascal.