328/14 - Manque de confiance
Lundi, 24 Novembre 2014 - 328/14 - Manque de confiance
Ce n’est que très tard dans la soirée du dimanche, que je me suis décidée à aller chez Pascal. J’avais passé tout le dimanche à me retenir de le rappeler, à ne pas courir chez lui. Pour finir, j’ai craqué. Peut-être parce que je savais qu’étant donné l’heure, on ne parlera pas longtemps.
C’était 2h du matin, il y avait encore de la lumière chez lui, mais les rideaux étaient tirés. J’ai sonné. J’aurai pu utiliser ma clé, mais j’ai préféré sonner. Si Pascal ne répondait pas, j’aurai laissé un billet, et je serais rentrée la conscience tranquille.
Pascal m’a ouvert en training. On aurait dit que je l’avais réveillé. Il faisait un froid de canard, et pourtant, il se tenait au milieu de la porte et ne m’a pas invitée à entrer.
Ça pouvait se comprendre, il était peut-être fâché que je l’ai laissé en suspens pendant tout le week-end. Mais pourtant, il n’avait pas l’air tellement en colère.
Puis, une voix de femme l’a appelé, il a blêmi. Je comprenais maintenant pourquoi il se tenait au milieu du passage et ne me laissait pas poser le pied dans son appart. Ridicule. J’ai voulu aussitôt repartir, mais Pascal m’a retenue par le bras.
Rouge, il m’a dit qu’il ne fallait pas que j’aille imaginer des choses, il ne se passait rien. Hum, difficile à croire. En chuchotant, Pascal a dit que Maud était passée, vu l’heure, ils s’étaient endormi sur le canapé. Avant qu’il ait pu même terminé sa phrase, Maud s’est rappliquée, enroulée seulement dans le plaid, qui se trouve habituellement sur le fauteuil près de la cheminée. Elle était à poil dessous.
Pascal a eu l’air choqué. Et peut-être parce qu’il semblait si surpris, ça m’a calmée en quelque sorte. Il s’est mis à bredouiller, à me répéter en me fixant, l’air complètement désespéré, qu’il ne se passait rien, tout en la regardant comme si elle avait été catapulté dans son appart. Il n’a rien trouvé à dire de concret pour sa défense.
Aussi surprenant que ça puisse paraître, je l’ai trouvé touchant et tellement chou. Au moins, il tentait ce qu’il pouvait, et de l’entendre parler, même si tout était confus et incohérent, ça le rendait crédible. S’il s’était muré dans le silence, je ne lui aurais même pas laissé le bénéfice du doute, je serais partie.
Mais là, je commençais à me dire que cette garce avant peut-être profité du fait qu’il soit à la porte pour enlever ses vêtements et se pointer pour me faire partir. Pourtant, le doute subsistait, et mon coeur tapait fort jusque dans mes oreilles.
Presque affolé, Pascal continuait à me lancer des regards désespéré. Il me tenait toujours par le bras, et cette fois m’a fait entrer. Toujours sous le choc qu’il ne soit pas seul, je gardais le silence et j’essayais de comprendre la scène qui se déroulait sous mes yeux.
Une fois la porte fermée, Pascal m’a lâchée et à dit à Maud qu’il lui appelait un taxi. Pfff, gonflée, Maud a répliqué qu’elle était là la première, qu’il n’avait qu’à me demander de partir. Elle avait le culot d’avoir l’air fâchée.
Les doutes m’ont de nouveau assailli, parce que Pascal lui parlait encore gentiment, au lieu de lui dire de fiche le camp, et de la jeter dehors avec ses vêtements.
Pascal a vu mon petit mouvement de recul, mais avant qu’il ait eu le temps de réagir, j’avais pris la tengente. Il était tard, et je n’avais pas envie de me mettre en compète avec cette garce. Par bien des façons, elle me faisait penser à Jess. Et contre Jess, je n’ai jamais fait le poids!
15mn après alors que j’avais presque fait la moitié du chemin, j’ai regretté de n’avoir pas laissé le bénéfice du doute à Pascal. Après tout, il avait l’air sincère, et Maud est une salope, elle avait probablement manigancé tout ça pour m’énerver.
C’est parce que Pascal n’a pas essayé de m’appeler qui m’a fait continuer ma route. Sinon, j’aurai été capable de faire demi-tour. Puis non, il était trop tard. S’il avait été seul, j’aurai peut-être demandé un “temps-mort”, et on aurait discuté une autre fois de ce qui n’allait pas. Mais, après tous ses messages, il a quand même trouvé le moyen de se mettre dans un position de merde. Tant pis.
Mince, j’aurai peut-être dû rester…
Je me suis couchée direct en rentrant après avoir coupé mon natel. S’il m’appelait maintenant, je ne lui répondrais pas, et s’il ne le faisait pas, ça allait m’énerver encore plus. Alors autant ne pas savoir.
Après le souper en famille du lundi soir, je suis rentrée direct. J’avais du boulot sur mon album. Et j’étais raide, préoccupée et déprimée. Perdue aussi. Je l’aime ce mec, et je n’arrive pas à me le sortir de la tête. Je trouvais ça grave, et je me sentais passablement nulle.
Si je continuais comme ça, j’allais me fiche toute seule dans la “M”… et ce sera entièrement de ma faute!