353 - Agir ouvertement !? (2)
Dimanche, 19 déc 2010 -- On sentait tous les 2 que Thomas ne trouvait pas le sommeil, avec l’impression de l’entendre faire les 100pas au-dessus de nos têtes. Je suis sûre qu’il avait l’oreille collé au mur. Il devait épier tous les bruits provenant d’en bas. On avait raison, parce qu’1h plus tard, il est venu taper à la porte, il n’a pas sonné, mais taper à la porte.
On était étendu sur le canapé à discuter sans oser se toucher. On est vraiment ridicule, non? Pourquoi être autant bourré de scrupules?
Thomas s’est donc joint à nous, et Pascal a automatiquement changé de sujet et a commencé à parler de son boulot, les projets sur lesquels il travaillait et comment il vivait ce déplacement à Munich. Thomas m’a jeté un petit coup d’oeil. Je suis sure qu’il se demandait si Pascal m’avait parlé du prolongement de sa mission en Allemagne?
Il ne l’avait pas fait et j’en avais pas parlé, mais le petit regard de côté de Thomas me l’avait rappelé. Je lui en parlerais plus tard, quant on ne sera que tous les 2. J’espérais secrètement que ce soit faux. J’ai aussi parlé de mon boulot, sans trop me vanter d’avoir été sélectionnée sur plus de 1000 candidats!
1h plus tard, je luttais contre le sommeil et Thomas ne faisait toujours pas mine de vouloir partir. Inconsciemment, ou peut-être consciemment, je me suis rapprochée de Pascal et j’ai fini par m’endormir sur lui. Je sais qu’il m’a portée dans sa chambre, ensuite que lui et Thomas ont continué à discuter, mais Pascal n’a pas voulu mentionner la conversation pendant la journée.
Dimanche matin, petit réveil câlins. Afff, palpitations de la tête aux pieds. Mais on a été interrompu par l’arrivée de Thomas. Arfff, je lui aurai bien taillé les cheveux en 4 moi, mais ma mauvaise humeur est vite tombée, il était clair que Thomas n’avait pas fermé l’oeil de la nuit.
J’avais prévu de passer la journée avec Pascal, collée à ses basques, mais Thomas avait apparemment l’intention d’en faire autant. C’était une situation bizarre, en plus je n’osais même pas regarder Thomas en face, ni même dans sa direction. Des copains invités par Thomas ont commencés à arriver, et Thomas les a tous invité chez Pascal. On s’est retrouvé envahi. Je savais que Thomas l’avait fait exprès, je crois que Pascal aussi. Je me suis retrouvée toute seule comme nana. C’était embarrassant au possible, il était évident que je devais m’en aller, mais j’avais envie de m’incruster. Je commençais à friser le ridicule, d’autant que certains avaient remarqué que je portais les même vêtements que le soir précédent.
Pascal était aussi très mal à l’aise, il ne savait pas très bien quoi faire. Il tentait de me faire participer à leur discussion, mais je ne trouvais rien à dire. Chaque fois que je me retrouvais un peu à l’écart, il me tirait près de lui, mais dès qu’on se mettait à chuchoter ou à discuter tous les 2, Thomas nous interrompait.
Pascal prenait la route vers les 16h, et plus les heures passaient, plus je flippais, je me rendais compte que je ne réussirais pas à rester 5mn avec lui. Intérieurement, je commençais à déprimer sérieusement.
Lassée par la présence de toute cette foule, je réalisais qu’il fallait que je m’en aille, j'étais de trop. La mort dans l’âme, j’ai fait la bise à tout le monde, puis Pascal et Thomas ont commencés à se chamailler pour me raccompagner. Fait chier. Thomas pensait qu’il devait me raccompagner puisque Pascal avait du monde chez lui. Hum! On se demande pourquoi? Pascal a insisté, il allait me déposer avant de prendre la route, ses affaires étaient prêt. Les copains nous regardaient bizarrement, comme s’il pensait que c’était à moi d’intervenir. Mais pour dire quoi? J’étais si surprise que je ne savais pas quoi faire.
J’ai décidé de prendre un taxi, Pascal ne pouvait pas franchement se tirer en laissant toute cette bande chez lui!
J’avoue que je suis partie la larme à l’oeil. Arf, j’avais la honte d’être restée scotchée chez Pascal, au milieu de tous ces garçons qui me regardaient curieusement. Rhhh, ils devaient sûrement penser que j’étais la pire salope de la planète, se rendre compte que je courais après Pascal, arrrh, la honte. Pour ma défense, j’avais tellement espéré passer l’après-midi avec lui!
Pascal est un fou furieux, et parfois il me scotche avec les folies qu’il fait. C’est une de ses grosses qualités que j’aime chez lui. Je l’adore! Il a poursuivi le taxi, lui a fait signe de s’arrêter, payé et m’a tout simplement arraché de mon siège. Ridicule mais, avant j’avais juste la larme à l’oeil, là, j’ai fondu en larmes comme une mauviette.
Après mon départ, il n’a pas perdu du temps pour ramasser ses affaires, laissé le soin à Thomas de fermer et a filé sans prendre le temps de correctement saluer ses potes pour essayer de me rattraper. Mince, je l’adore, Pascal est mon prince charmant en armure flamboyant. Il avait vraiment l’art de m’étonner, de me faire perdre pied.
On avait qu’1h devant nous, ça s’était transformé en 2h puis presque 3h... Je l’adore ce bonhomme, il est vraiment trop trop chou, trop adorable, trop romantique. Quant il est parti, mon cœur était gonflé d’amour. Ça n’a duré qu’une petite 1/2h, après j’étais denouveau triste à mourir... Il me manquait!
Même les heures suivantes qu’on a passé au téléphone n’ont pas suffit à effacer ma peine. J’ai été lamentable en plus; pleurnicheuse et tout! Carrément à jeter!
Pascal a essayé de me remonter le moral, de me dire qu’il serait là le week-end prochain, qu’il aurait 2 semaines de congé, qu’on pourrait se voir plus, mais rien n’y faisait. J’ai pensé lui demander si sa mission en Allemagne serait terminée et s’il rentrait définitivement, mais j’étais déjà assez triste. Le fait qu’il ne parle que de congé, sans dire qu’on ne sera plus séparé me faisait me douter de sa réponse!
Bouuuuh, quelle sale journée, horrible dimanche... enfin... sauf la partie où l’on était ensemble... Pour le reste, c’était la dèche!
------ Agir ouvertement? (2) -- Dim.19.Déc.10 - (353) ------