354 -- Assise sur des braises

Publié le par JaneDo

  Assise sur des braises
354 - (19/déc/08 -ven)

La semaine prochaine, c'était Noël. Au lieu de me réjouir comme les années précédentes, j'étais tendue. Je n'avais vraiment pas envie de le fêter en famille. Arf. J'avais envie de profiter de ces fêtes pour avoir un peu de temps à moi, d'avoir un peu de solitude. J'en avais jamais assez. Suis raide, crevée, vanée, j'ai besoin de repos, de calme.

De plus juste après les fêtes, on était sensé tous se retrouver à la montagne, cette fois dans le chalet de la famille à Pascal. Ses parents seront là à notre arrivée et quitteront le chalet le lendemain ou le jour après, je ne me rappelais plus. C'était peut-être ça qui me tendait.

J'étais tendue ce soir aussi. Toujours aucune nouvelles de Layne. C'était pas comme si je lui en avais donné non plus. Ce serait pire si je lui avais fait signe et qu'il ne m'avait pas répondu. Je me demandais s'il allait avoir la délicatesse de me dire bonjour si on se croisait? Bof, s'il ne le faisait pas, ça empirerait juste les choses. Mais alors... Est-ce que ça voudrait dire que c'était fini?

Avant de retrouver Thomas et Pascal au Tiger, j'ai été rejoindre mes potes pour prendre le café. J'aurai dû aller manger avec eux, mais manger avant de sortir me coupe les jambes et me donnait envie de dormir. Et être prête pour sortir avant minuit, c'est pas vraiment dans mes cordes. Je traîne toujours chez moi et quant je me sens d'attaque pour sortir, c'est toujours passé minuit. Là, j'ai fait un effort pour prendre un café avant de retrouver les autres. J'étais finalement tiraillée entre les 2 équipes, je commencais à ressentir un certain malaise avec mes potes. M'en voulaient-ils? Peut-être! Va falloir que je trouve une solution.

Pascal, Thomas, Jess, Barbie, Paul et les autres étaient déjà là. Ayant décidé de passer plus de temps avec mes potes qu'avec eux ce soir, je suis donc passée les saluer. Caroline et Alexia sont venu se joindre au groupe de Thomas peu après.

Layne est arrivé presqu'à la fermeture du bar. Il était tout sourire, jusqu'à ce qu'il passe vers moi. Là, son sourire disparaissait pour faire place à un visage froid et distant, place à Monsieur Sérieux, me demandant si j'allais bien pour la forme, mais en fait il s'en fichait. pas mal. Il est retourné aussitôt rejoindre son groupe d'amis.

Mouais... il était fâché!

On s'est tous retrouvé en boîte et les 2 groupes se sont  heureusement aglutinés à la même table près du bar. Pratique. Ce qui était sûr, c'était que Layne m'ignorait. Ils discutaient et riaient avec tout le monde, sauf moi. Quant nos regards se croisaient, une lueur de colère brillait dans le sien. Ou était-ce de l'indifférence? Ca m'atteingnait plus que je n'aurais voulu le reconnaître. Je ne savais pas quoi faire pour améliorer les choses ou pour rattraper la situation. Pascal m'observait. Je devinais à son expression, qu'il se posait des questions, pourtant je faisais bonne figure.

Les regards d'Alexia m'énervaient carrément. Jess est venue me poser des questions à propos de ce qui se passait avec Layne. Elle était curieuse de savoir si on sortait toujours ensemble ou si on avait rompu. Tout semblait porter à croire qu'on s'était quitté à cause d'Alexia. Embarrassée, je lui ai dis qu'on s'était juste disputé. Je me suis promise de lui faire avaler ses sourires à cette Alexia, un de ces quatre!

Layne avait l'air de passer une bonne soirée... sans moi. Presque devant mes yeux, je le voyais s'amuser et danser avec Alexia. Ca me rendait malade, mais je n'avais pas envie de me couvrir de ridicule en essayant d'intervenir. Pascal a voulu m'emmener danser quant les slows ont commencés. J'aurai bien voulu, mais je ne pouvais pas m'empêcher de penser à Jess. Avec ce que je ressentais de voir Layne me traiter comme un chien, je ne pouvais pas faire ça, alors j'ai refusé. Il m'a alors proposé de partir, mais là aussi... Jess... Il m'a prise la main de force et m'a traînée sur la piste.

Je ne sais pas si Thomas s'était rendu compte de la situation, mais il est venu prendre la relève. J'étais soulagée, danser avec Pascal m'avait vraiment mise mal à l'aise. Me retrouver dans ses bras me faisait toujours perdre toute notion et perdre la tête. J'avais tendance à tout oublier...

Layne m'a fusillé du regard. Heureusement, que ce n'était pas de vrais balles, je serais trouée et en train d'agoniser.

Miss Tennis est arrivée en millieu de soirée à la boîte. Comme si elle avait rendez-vous avec Layne, elle a été directement vers lui. Ils ont été prendre un verre à l'autre bar. On ne les voyait pas bien de la table et je n'osais pas aller vers lui, étant donné qu'il m'avait ignoré toute la soirée.

Toutefois, Alexia a osé se pointer vers lui. Je n'aurais pas voulu être à sa place. Je les ai vu, tous les 2 s'éloigner du bar, pour discuter. Miss tennis les observait un peu surprise, mais dédaigneuse vis-à-vis d'Alexia. Quant Layne a voulu retourner la rejoindre, Alexia a essayé de le retenir par la manche. Il lui a pris les mains, je ne sais pas ce qu'il lui disait, mais ça avait l'air gentil parce qu'il souriait. Mais il est quand même allé rejoindre Miss Tennis. Tout en faisant la tête, Alexia est repartie rejoindre ses copines, mais ne quittait pas Layne des yeux.

Poussée par je ne sais quelle idiote folie, j'ai senti mes jambes se mettre en mouvement, et je me suis retrouvée auprès de Layne. Quelle honte. Je n'avais pas pensé à ce que je faisais et je n'avais pas prévu non plus quoi dire. Il a haussé les sourcils, surpris. Sous son regard, je me suis sentie me réduire à la taille d'une punaise, ucomme un moustique. Si j'avais pris le temps de réfléchir à ce qui pourrait se passer, je n'aurai jamais osé aller vers lui. En plus devant tout le monde, tous ceux que je connaissais... Je n'ai rien trouvé d'autre à dire que; "On peut rentrer maintenant?"

J'avais le coeur qui faisait des claquettes dans ma bouche, et les secondes qui ont suivis ont été les plus longues qui existent. Je l'ai vu hésité, puis il s'est tourné vers Miss Tennis, sans même m'adresser un mot. Je me suis sentie malade. Voilà, j'étais morte. Impossible de creuser un trou et m'enterrer dedans, j'allais devoir faire demi-tour et retourner comme une cloche à la table. Humiliée à jamais. Impossible de lui pardonner ça. Mais... il nous a présenté. J'étais tellement tremblante à l'intérieur que j'avais l'impression d'avoir les oreilles bouchées. Il n'y avait que mes yeux qui fonctionnaient et qui ont compris à l'expression de surprise sur le visage de Miss Tennis (Daniella) et des quelques mots captés au passage "Ma copine, Jane". En se retournant vers elle, il lui a marmoné quelque chose comme quoi, je devais être fatiguée et qu'on rentrait. Puis il m'a prise par les épaules et on est parti.

Je n'ai pas pu dire au revoir à qui que ce soit. J'étais bien trop sous le choc pour faire autre chose que de le suivre sans discuter. Pourtant, à son profil, je voyais bien qu'il était encore en colère. Mais je me suis surprise à éprouver beaucoup de tendresses pour ce type avec un si sale caractère. Je crois même que ce devait être de l'amour. Je me disais qu'il avait quand même une sacré paire de couilles. Il était drôlement Grand! J'étais carrément épatée par lui. C'était donc ça le charme qu'on trouvait à ce genre de mecs!

Seulement dans la voiture, en revenant un peu sur terre, que j'ai commencé à me taper la tête contre les murs en me disant que je venais de lui donner un bien mauvais exemple. Désormais, pour me faire réagir, il allait sans doute jouer à me rendre jalouse... Mauvais ça. Je n'aurais jamais dû faire ce que j'avais fait. Je le regrettais amèrement. Très très mauvais.

Sa main a cherché la mienne... et comment ne pas lui la donner?

Layne a voulu me déposé et repartir. Je lui ai demandé s'il retournait rejoindre les autres en boîte et il a haussé les sourcils; "Après avoir dit que je rentrais? Sûrement pas". Je n'osais pas lui demander de monter, je me sentais un peu ridicule et peut-être que j'avais peur qu'il m'envoie ballader. Mais il avait été tellement chou que je voulais qu'il sache à quel point je l'adorais d'avoir agi comme il l'avait fait, que je ne pouvais pas le laisser juste partir comme ça. Ce serait trop nul, mais je ne trouvais pas les mots.

  • -Tu veux que je monte?
  • -Si tu veux...

Je me serais tapée si j'aurai pu... non mais "si tu veux" ? Pffff, quelle idiote! Il m'a jeté un coup d'oeil en secouant la tête. Voilà, il ne voulait pas. Je n'arrivais toujours pas à m'exprimer correctement, et nous voilà face à l'incompréhension grâce à ma bêtise. Il a remis la voiture en marche. Voilà, c'était foutu. La prochaine fois que j'irai le déranger quant il parle avec une de ses copines, il m'enverra sur les roses, c'est sûr. Poisse. Ma langue pesait une tonne et mon cerveau fonctionnait à reculons.

  • -Tu devrais peut-être aller chercher ton chien, on va chez moi.

Il avait arrêter le moteur et s'est  laissé aller contre l'appuie-tête les yeux fermés, les bras croisés. Je me demandais ce qui se passait dans sa tête, parce qu'il n'avait toujours pas l'air de bonne. Il a dû sentir mon regard, parce qu'il m'a jeté un regard en coin et il a eu un petit sourire amusé. Grrrrr.

  • -Je n'ai pas l'intention de parler de nos histoires ce soir. Et je t'averti que tu va passer un sale quart d'heure.

M'en fiche, tout ce qu'il voulait. J'aurais pu lui sauter au cou et le vénérer jusqu'à l'aube, lui faire la danse du ventre et tout. Il me comprenait plus que je ne l'aurais pensé. Sale type! Je l'aimais à la folie en ce moment.

* * * * * * *

Publicité

Publié dans diary, jane-do, journal

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article