357 - Seule à Munich, je ne le trouve pas (1)
Jeudi, 23 décembre 2010 -- J’ai bien fait d’aller chez Thomas dans un sens; j’ai pu savoir que Jess était en Suisse, sans Pascal, donc Pascal était seul en Allemagne. De l’autre côté, elle allait sûrement raconter à Pascal que j’avais dormi chez son frère, et il pensera qu’il avait bien fait de couper les ponts. Ça, c’était pas possible.
Il neigeait à fond la caisse, mais j’ai décidé d’aller à Munich! Je devais voir Pascal, lui parler, je voulais comprendre. Avec ce temps, impossible de prendre la voiture. Thomas m’a raccompagnée chez moi avant d’aller au boulot, et j’ai pris le 1er train pour Munich sans penser à ce que je ferais une fois sur place.
Je suis arrivée en fin d’après-midi, alors j’ai été poireauter devant la porte de son appart.
Le ridicule ça ne tue pas, mais ciel, ça ébranle quelque peu la confiance!!! 17h30, Pascal devait rentrer d’1 minute à l’autre, 18h; toujours pas, 18h30; toujours rien. Je commençais à baliser. 19h, 19h30; rien. J’ai fini par m’asseoir parterre. Ceux qui passaient me regardait avec curiosité et même un peu de mépris. Qu’importe.
Prenant mon courage à 2 mains, j’ai finalement décidé d’avoir le courage de l’appeler. Pascal a dû voir que c’était moi, pourtant il ne répondait pas. 20h, toujours pas de Pascal. J’étais complètement à cran, tremblante. Où est-ce qu’il pouvait bien être? Puis j’ai pensé qu’il devait peut-être se trouver avec Caro? Alors, j’ai foncé là-bas. Personne!
Heureusement, il y a un bistrot presqu'en face de chez Caro. Au moins de là, je pouvais voir son entrée, alors je me suis plantée là et j’ai attendu. Si je voyais Caro rentrer seule, je retournerais chez Pascal, il sera rentré, ou j’essayerais de l’appeler avant d’y aller.
Purée, j’avais raison, ils étaient ensemble... Ça faisait déjà plus de 4h que je l’attendais!!!!
Vers les 21h10, mon cœur a fait boum-boum, je venais d'apercevoir la voiture à Pascal s’arrêter devant l’immeuble où habite Caroline. Ils sont restés un bon 1/4h dans la voiture avant qu’elle ne sorte pour s’enfiler dans son immeuble. Ouf, toute seule. Mais, j’étais verte. Je me demande pourquoi je n’avais pas été frapper contre la vitre de sa voiture? Mouais, je crois que c’était à cause de la grosse brique qui stagnait dans ma poitrine et mes pieds étaient comme scellés dans du béton armé.
Je pouvais les voir, tourné l’un vers l’autre à discuter, voir Pascal lui remettre une mèche derrière l’oreille et je pouvais même voir d’où j’étais, que Pascal souriait. J’étais mortifiée. Pascal n’avait pas l’air de souffrir du tout. Il m’avait crevé le cœur et il riait tranquillement! Heureux. Putain, j’avais mal.
Leurs têtes se sont rapprochés... Je ne sais pas s’ils s’étaient embrassés ou s’il ne lui avait fait qu’une bise, mais une main de fer m’a serré le cœur. Puis Pascal est parti.
Pendant quelques secondes, je me suis demandée si je n’allais pas monter chez Caro? Puis, non, ce serait ridicule. Je ne voulais pas qu’elle se moque de moi. Je tremblais comme une feuille, tellement que je n’ai pas pu me lever de mon siège. J’ai dû rester là encore un bon 1/4h espérant que ça s’arrête. Pourtant, je tremblais encore en entrant dans le taxi qui m’a conduite chez Pascal.
L’anticipation de le voir, mais aussi le trac ont accentué mes tremblements alors que l'ascenseur montait à son étage. Hélas Pascal n’était pas chez lui. Là, les larmes me sont montés aux yeux, ou est-ce qu’il traînait encore? Pourquoi n’était-il pas encore rentré? J’ai attendu, il ne devait plus tarder.
21h50, Pascal n’était toujours pas rentré. Panique à bord!
Ou était-il? L’hôtel allait probablement bientôt boucler ses portes et j’allais me retrouver dehors dans la rue? Si je restais là et qu’il ne rentrait pas, je risquais de passer la nuit derrière sa porte à dormir sur le palier? Il fallait que je le retrouve. Ma tension nerveuse augmentait avec les secondes s’écoulaient, à mesure, je pensais à tout ce qui pouvait clocher... Et s’il était parti pour la Suisse? Et s’il coupait son natel pour la nuit? Je risquais de passer la nuit à errer dans les rues de Munich, dans le froid, sous la neige et sans mon sac qui était dans un des casiers de la gare. Je commençais à débloquer de trouille.
Puis, j’ai retrouvé un semblant de calme... Au pire, j’irai sonner chez Caro! Ouf, je ne dormirais pas sous les ponts! Mais tout de suite après, c’était reparti... Je recommençais à baliser, à me faire des films. Toutes les images qui me traversaient la tête étaient détestables et me donnaient envie de pleurer ou de vomir. C'était de ma faute, c'était moi qui leur avait permis de se rapprocher, maintenant ils semblaient inséparables!
A cran parce que je ne trouvais pas Pascal, parce que j’avais commencé à l’imaginer dans des situations que ma tête ne voulait pas envisager et que mon cœur ne supportait pas, j’ai fait un dernier saut chez Caro, en décidant de lui envoyer, de chez elle, en dernier ressort, si je n'avais pas de nouvelles, je lui dirais que j’étais à Munich.
En fin de course, s’il ne me répondait pas et qu’il ne répondait pas à son natel, je demanderais l’asile à Caro!
Je n’avais pas voulu lui dire avant que j’étais à Munich, parce que je voulais le désarçonner, parce que je ne voulais pas qu’il se prépare à la confrontation, qu’il réfléchisse à ce qu’il allait me dire. Maintenant, je le regrettais un peu. J’avais peur d’être plantée dans ses rues froides, toute seule, toute la nuit, ni dormir chez Caro, je voulais le voir. Merde, je n’avais pas fait tout ce chemin pour dormir chez Caro quand même!
Choc total en arrivant chez Caro! Sa voiture était parquée devant l’immeuble... Il était donc là? Tout ce temps?
C’est clair, j’aurai pu résumer tout ce que je viens d’écrire et simplement dit; que je suis arrivée à Munich en fin d’après-midi et que je n’ai pas trouvé Pascal. Qu’apparemment, il ne semblait ne pas vouloir me parler, donc il ne répondait pas à mes appels. Que j’avais passé des heures à errer dans les rues de Munich, sous une tempête de neige, à faire des aller-retour entre son appart et celui de Caroline. Que finalement, je l'ai retrouvé vers 22h chez Caro... Mais, dans 1an, en me relisant, je ne me rappellerais plus de ce que je ressentais à ce moment là, ce jour là, ni peut-être comment j’avais vécu ces heures à le chercher et à l’attendre! Je ne me souviendrais pas de mon désarroi, de l’anxiété qui me tenaillait l’estomac... Ni qu’il était avec elle! Avec Caroline.
------ Seule à travers Munich.. Il m’a plaquée pour Caro? (1) -- Jeu.23.Déc.10 - (357) ------