359/2013 - Le pire des Noël...

Publié le par JaneDo


Mercredi - 25 déc. 2013 - 359/2013 - Le pire des Noël...

Thomas m’a raconté que Pascal était passé chez lui hier soir, après mon départ. Il était mal. Il lui avait dit avoir blessé et déçu une personne qui comptait vraiment pour lui. Il a avoué qu’il pensait ne rien me dire, mais Pascal faisait tellement peine à voir. Ils avaient longuement discuté et Pascal lui a raconté ce qui s’était passé.

En me disant qu’il était avec Elodie, Pascal pensait que je l’aurai envoyé chier et que je serais partie. Il s’était retenu de rentrer après avoir reçu mon appel. Mal au bide de devoir me faire face. Peur de craquer encore une fois. Il lui a même avoué avoir craqué, m’avoir dit des choses qu’il n’aurait jamais dû me dire. Bref, il lui a tout raconté.

L’empêche, ça me rassurait qu’il ait été mal, parce que moi, j’en avais bavé. J’avais tellement pleuré que mes yeux étaient encore gonflés et tout rougis. Thomas m’a encore demandé de l’accompagner à Gstaad. J’ai décidé d’accepter de passer. Les parents à Pascal allaient sûrement tirer la gueule.

Normalement, comme je n’étais pas sensé être là-bas, je savais pertinemment que je devrais assister à la remise des cadeaux. Quoique… Si je partais en début de soirée…

Thomas m’attendait devant le pub près de la poste. On a été au chalet ensemble pour interdire aux parents de faire leurs petites crises. Avec Thomas, je me sentais en sécurité. Ma présence a pourri un peu le dîner de Noël. J’imagine qu’ils avaient dû lui demander ce que je faisais là. Après le dessert de Noël, c’était la distribution des cadeaux.

Thomas m’a offert un bracelet Bulgari en or rose, incrusté de diamant. C’était celui j’avais admiré bien des mois plus tôt, alors que je me promenais avec lui à Genève. Je me rappelle encore parfaitement de ce jour là. J’avais dit que je retournerais pour me l’offrir. Il me plaisait beaucoup. Mais en vérité, il était bien au-dessus de mes moyens.

J’étais embarrassée. Je ne me sentais pas en droit de l’accepter. Je lui ai dit que je ne pouvais pas, mes joues et mes oreilles avaient pris des teintes rosés, et j’avais chaud. J’imaginais ce que pouvait pensé ses vieux!!! Il y avait un 2ème paquet que je ne voulais pas ouvrir, déjà gênée par le premier. Je déteste ouvrir un cadeau devant celui qui me l'offre, qui me scrute, étudiant mes réactions. Horreur.

Pascal était plutôt silencieux, et gardait une certaine distance. Je n’osais de toute façon pas le regarder.

Vu l’insistance de Thomas, j’ai été obligée d’ouvrir le 2ème cadeau. C’était aussi une petite boîte, et les petites boîtes sont souvent les plus coûteuses. Mes oreilles avaient virés au violet déjà, et si j’avais pu, j’aurai vite plongé la tête dans le frigo, ou serait sortie prendre l’air. J’ai presque tout de suite deviné que le 2ème était de Pascal.

Il avait demandé à Thomas de me l’offrir. Je n’ai même pas pu lui faire un bisou pour le remercier. Je l’ai fait à Thomas, rouge comme une pivoine. C’était un collier en or rosé aussi, également de Bulgari. J’imagine que les garçons avaient fait leurs achats de Noël ensemble?! Il était magnifique. Hélas, je ne le porterais jamais, c’était bien trop précieux.

Jess était translucide. Les lèvres pincées, elle restait prostrée dans son fauteuil. De Pascal, elle avait reçu un bracelet qu’elle estimait moins beau que celui que Thomas m’avait offert. Je me demande si Pascal avait fait exprès. Tout de même, il lui avait offert le set; le bracelet et le collier qui allait avec.

Je me sentais mal d’être là, mal de ne pas savoir où me mettre. Mal à l’aise, je voulais m'en aller. Gênée tout de même de le faire juste après avoir ouvert des cadeaux. Je gigotais dans le canapé, cherchant une position confortable et à me soustraire des yeux inquisiteurs qui m’entouraient.

Thomas a très bien senti mon malaise, alors il me serrait la main et faisait tout pour que je me sente bien. Pascal était tout aussi silencieux que sa femme. J’ai réalisé qu’il cherchait à faire bonne figure, mais il était toujours remonté contre ses parents. Il n’avait pas voulu ouvrir les cadeaux qu’ils lui ont offert, faisant pleurer sa mère. Il se tenait à l’écart. Pas un sourire.

J’ai été soulagée de foutre le camp de là-bas pour aller prendre un verre avec Thomas au village. Pascal et Jess suivaient aussi joyeux qu’une porte de grange. C’était une atmosphère bizarre. On les a planté à mi-parcours et filé se terrer dans un petit bar d’un des hôtels de la place.

On les a vus passer. Ils nous cherchaient, surtout Jess. Pascal était indifférent, les mains plantés dans les poches. Il suivait sa femme c’est tout. Il était ailleurs, perdu dans ses pensées. Mince, je l’aimais.

J’ai été soulagée une fois dans ma voiture. Je me sentais plus légère. Vivement la maison. Je rêvais de me planter dans mon canapé et m’oublier devant un film quelconque à la télé. Je savais bien que je passerais quelques heures à pleurer sur mon sort, mais tant pis.

Tchoy n’était pas là. Il fêtait Noël avec son fils Théo chez sa soeur. Ils sont 11 frères et soeurs, avec les partenaires et les neveux, ça donnait un sacré nombre de personnes. J’ai fait semblant de dormir quant ils sont rentrés. Je ne voulais pas qu’on remarque mes yeux enflés comme des pastèques. Le soir de Noël en plus!

Il pleut non-stop, comme si le ciel pleurait avec moi ou sentait ma détresse. Comment est-ce qu’on survit au manque… au manque d’amour… au manque qu’on ressent quant la personne qu’on aime nous laisse tomber...


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