365/12 - Jess menace...

Publié le par JaneDo

Samedi, 31 déc 2011 - 365/12 - (2)

Je pensais dormir encore parce que de toute façon, connaissant les garçons, ils allaient sûrement se martyriser à faire du sport. Je suis descendue avec Pascal juste pour regagner moi aussi ma chambre. Je pensais traîner au lit jusque vers les 16h. Mais, je me faisais des idées, 10mn plus tard, Jess déboulait dans ma chambre m’accusant de vouloir pousser Pascal à passer le réveillon avec moi, elle voulait que je m’en aille.

Pauvre Pascal, il essayait de la calmer, mais elle était remontée. Je ne me sentais pas en mesure de me défendre, j’étais à moitié à poil et je tenais fermement mon duvet au cas où elle voudrait se jeter sur moi. Jess a appelé Thomas à la rescousse et lui a demandé de me faire partir, il n’était pas question pour elle de supporter ma présence 1mn de plus.

Thomas ne s’est pas gêner pour nous faire remarquer qu’il avait raison, ça finissait toujours en queue de boudin parce qu’on voulait se voir, mais il n’était pas d’accord de me renvoyer.  Jess a voulu appelé les parents et ils lui ont demandé de ne pas les mêler à nos histoires. Mince, ça s’annonçaient mal pour ce soir…

Jess a dit que c’était toujours la même chose avec moi, c’était toujours la merde, ce qui n’était pas le cas de Caroline, qui elle, savait rester à sa place. Jess pétait les plombs, moi j’étais muette comme une carpe avec les yeux exorbités, pendant que Thomas et Pascal essayaient de lui faire entendre raison. Pour Jess, les larmes aux yeux, butées, c’était elle ou moi, mais elle n’acceptait pas que je sois la 1ère personne à qui Pascal souhaiterait la bonne année. Elle ne voulait rien savoir.

Ne trouvant pas d’aide ni auprès de son frère, ni de son mari, Jess est sortie de la chambre folle de rage, menaçant de quitter le chalet sur le champ si je ne partais pas. Peut-être que je devrais me montrer sport et accepter de partir sans faire d’histoires?

Pascal et Thomas avaient l’intention d’aller rejoindre leurs potes sur les pistes, mais Pascal avait peur que Jess réussisse à me faire fuir s’il sortait, alors je l’ai rassuré ; je restais! J’ai été encore plus cool que ça ; je lui ai dit que je supporterais que sa femme soit la 1ère à qui il souhaite la « Bonne Année ». Il n’était pas d’accord, on n’avait jamais pu vraiment passer le Nouvel An ensemble, alors cette année, il y tenait. Pascal allait parler à sa femme.

On n’avait pas remarqué que Caro se tenait derrière la porte, et quand elle l’a entendu me le promettre, elle lui a demandé ce qu’il faisait d’elle. Mince, on l’avait oubliée celle-là !

J’étais toujours couchée avec mon duvet ramené sous le bras, et ironiquement, je me suis demandé si c’était le salon où l’on cause ici!  Caroline s’est excusée envers moi de devoir s’imposer et avant de continuer ; mais elle se demandait pourquoi c’était toujours pour moi qu’il faisait des efforts, jamais pour elle? Pourquoi c’était toujours elle qui passait en dernier? Pourtant, elle lui avait prouvé qu’il pouvait lui faire confiance, alors elle voulait savoir quelle place il lui avait réservé dans ses plans pour la soirée?

Y avait pas à dire, les choses se présentaient très mal…

Pascal avait légèrement blêmi, en grimaçant, il lui a demandé de ne pas l’obliger à répondre à ça, mais Caro insistait. Sans répondre, il est sorti de la pièce me laissant seule avec Caro. Une fois de plus, je l’ai vu au bord des larmes. Elle n’avait pas osé me regarder, mais la déception se lisait sur son visage. Je pense qu’elle est sortie pour poursuivre Pascal et exiger des explications, ce qui m’a empêché de dormir. J’ai hésité à m’habiller pour les suivre. J’ai sauté du lit pour jeter un coup d’œil dans le couloir et je l’ai juste vu rattraper Pascal et le tirer par la manche avant qu’il ne se lance dans les escaliers.

Je crois que Pascal avait retiré son bras. J’ai eu le temps de les voir disparaître en direction de la chambre qu’occupait Caro. Ha, les boules quoi! Impossible de les suivre et écouter ce qu’ils se disaient. Aussi surprenant que ça puisse paraître, j’ai réussi à m’endormir. Je devais être très fatiguée.

Vers 17h, quand je suis descendue après avoir pris une douche, qui n’a pas fait le miracle que j’en attendais, j’avais encore la tête dans la vase. J’aurai bien dormi encore 1h ou 2, et si ça n’avait pas été le réveillon,  je serais surement restée au lit.

Pascal n’était pas dans le salon, je l’ai retrouvé en train de jouer au billard avec Paul. Caro jouait avec eux. Elle semblait avoir retrouvé sa bonne humeur. Bon, elle l’a perdu en me voyant… Pas très sympa. Dès qu’il m’a vu, Pascal m’a fait signe d’aller vers lui, en tendant le bras. J’étais un peu surprise… Pascal m’a fait un bisou et a passé son bras autour de mes épaules. Ça m’a intimidée qu’il se comporte aussi librement, il agissait comme s’il n’était pas marié, comme si on était ensemble. Ça m’a fait rougir. J’étais tellement embarrassée que j’ai, en quelque sorte, pris la fuite pour remonter au salon.

Thomas m’a appris que Jess et Pascal s’était sévèrement disputé et qu’elle avait quitté le chalet. Il savait que ses parents finiront par l’apprendre. Ça lui faisait mal au cœur de savoir que sa sœur souffrait en ce moment même et que Pascal semblait ne pas s’en faire. Ce qui le traumatisait, c’est qu’il comprenait, qu’il n’avait pas envie de me voir partir, mais tout ça c'était au dépend de sa sœur.

Je me suis demandé si Thomas me disait tout ça pour que je me décide à partir sans qu’ils aient besoin de me pousser dehors. J’ai dit à Thomas que, même s’il ne le montrait pas, je suis sûre que Pascal souffrait de la situation. Mais qu’est-ce que je pouvais faire? Rien! Ce serait à mes dépends? Je n’allais quand même pas partir?

Oui, même si Pascal affichait un sourire, même s’il jouait et riait avec ses potes ,il était torturé de savoir que sa femme, cette fille qui était autrefois son amante et sa meilleure amie, souffrait. De temps en temps, quand il s’oubliait, je voyais de la tristesse traverser son regard. Mince, est-ce que je devrais m’oublier, oublier mon propre bonheur pour laisser Pascal courrir derrière sa femme? Non, je m’y refusais. Zut, moi aussi j’avais droit à un peu de bonheur, non ? Est-ce égoïste de ma part de vouloir passer la soirée du Nouvel An avec celui que j’aime?

Je me suis torturée la tête pour savoir quoi faire, finalement, j’ai pris une décision que j’espère ne pas regretter Si je le faisais, c’était uniquement pour Pascal, pas pour Jess! Rien à foutre d’elle.

J’en ai discuté avec Pascal… Au début, il n’était pas d’accord, mais une grande partie était de la bravade, il ne voulait pas me décevoir. Finalement, après m’avoir laissé insister un peu, il a fini par se ranger à mon avis. Je devinais qu’il s’était senti soulagé. Je lui ai proposé de disparaître de la vue de sa femme en prenant un truc dans un hôtel, et comme ça, dès qu’il peut, s’il le veut, il pourra venir me rejoindre, ni vu, ni connu. Ce qui ennuyait Pascal, c’était que sa femme risquait de répéter ce genre de chantage, puisque ça avait marché une fois! Mais c’était évident qu’il était soulagé.

Jess avait quitté le chalet pour rentrer, je ne sais pas ce qu’ils se sont dit, mais Pascal est parti la chercher. Avant cela, il nous avait pris une suite à l’hôtel du Clochard. Toutefois, je savais qu’une grande partie, sinon toute la soirée, se déroulerait au chalet. Thomas a été choqué de ma décision et a tenté de me faire changer d’avis.

Sur le moment, j’étais fière d’avoir joué la grande fille, mais une fois seule dans ma suite, beaucoup trop luxueuse et beaucoup trop seule, et il neigeait à mort par-dessus le marché. J’ai failli sombrer dans la déprime, je regrettais déjà d’avoir choisi de m’exclure de la soirée. Les minutes passaient lentement, lourdement, et je me sentais vraiment seule. Heureusement pour moi que je ne m’ennuie jamais, j’ai aussitôt sauté sur mon ordi pour jouer au Monopoly en ligne. Mince, j’aurai peut-être dû rester avec ma famille, je ne me serais pas sentie aussi minuscule et laissée pour compte.

Vers les 23h20, l’hôtel m’a livré du champagne plongé dans de la glace, seulement, je n’aime pas le champagne. Mais, pour une fois, je me suis préparée à boire du champagne sur le coup de minuit, et de porter un toast à moi-même. Après tout, j’avais fait ce qui était le mieux pour mon petit homme à moi, même si je me sentais un poil triste de ne pas être avec lui sur le coup de minuit, je sais qu’il pensera à moi. Peut-être pour les autres, c’était une mince consolation, mais pas pour moi.

Je me suis donc préparée à boire mon verre, toute seule, sur les 12 coups de minuit, abandonnée, toute seule dans une suite. J’avais pris un bain tout en jouant au Monopoly, que j’avais installé sur une des chaises que j’avais tiré dans la salle de bain. Ensuite, enroulée dans la robe de chambre moelleuse de l’hôtel, je me suis assise sur le lit, la corbeille à champagne près de moi. Je me préparais à me porter un toast quand ça a frappé à la porte ; j’ai pensé que Pascal m’envoyait une autre surprise comme lot de consolation.

Méfiante, j’ai ouvert tout en callant mon pied derrière la porte ; c’était Pascal ! Ben ça alors !!! Pendant une petite seconde, j’ai été perdue ; minuit était déjà passé ?

Mais non, Pascal n’avait pas voulu passé le cap de la nouvelle année avec Jess, mais avec moi… trop trop chou !

Pascal n’avait pas envie de champagne, ni de discuter, ni rester planté devant la télé à regarder les 12 coups de minuit sonner,  ni se planter devant les fenêtres pour entendre les cloches du village… A minuit, j’étais déjà au 7ème ciel…

Ce n’est qu’après que j’ai réalisé que Jess allait être furax, qu’elle n’allait pas aimer qu’il la fasse revenir au chalet pour la planter à minuit. Mince, il allait encore s’attirer des ennuis. D’ailleurs, en larmes, Jess lui avait laissé un message pour le remercier chaudement de l’avoir laissée tomber, traitée comme la dernière des merdes. Ça lui a fait de la peine, alors j’ai compris qu’il retourne auprès d’elle après avoir entendu son message. Je suis sûre que Caro lui avait aussi laissé un message, mais il n’a rien mentionné à ce sujet.

A minuit et ½, me revoilà à nouveau toute seule… mais cette fois, je n’étais pas au bord de la déprime, mais plutôt rose de bonheur. Oui, je crois qu’il m’adore! Alors 2012, me voilà!

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