38/14 - Sa vie continue... sans moi...
Vendredi, 07 février 2014 - 38/14 - Sa vie continue… sans moi…
Comme béquille, j’ai pris Caroline au passage pour monter à Gstaad. Elle était enchantée que je me sois décidée à passer le week-end au chalet. J’avais un peu la trouille, peur que ce soit beaucoup trop difficile d’être si près de Pascal. Je sais pertinemment que je l’aime toujours à la folie.
Nous sommes arrivés sur place vers 23h. Je voulais qu’on aille déposer nos affaires au chalet, Caro voulait qu’on aille directement au bar retrouver les autres. Mouais, on aurait dû faire comme je l’avais dit! Pascal n’était pas au bar, il était resté au chalet.
Mon humeur a été flingué sur le coup, Caro aussi.
Caroline a voulu retourner au chalet illico, moi, je n’osais pas. Mais, je cherchais une bonne excuse pour en faire autant. Auprès de Thomas, qui me regardait déjà avec un air entendu, j’ai prétexté devoir l’accompagner au chalet, et que je reviendrais tout de suite après l’avoir déposée.
Au chalet, je l’ai accompagnée jusqu’à sa chambre. Le salon était vide, d’après les bruits, ils étaient à la piscine. Caroline a été jeté un oeil. Ce que je l’ai laissé faire, moi, j’étais trop lâche. Bien sûr qu’on l’a vue. Il y avait Pascal, Jonathan et Paul, et 5 filles. De toutes celles que Caro m’a énuméré, la seule que je connaissais un peu, c’était Linda. En tous cas, ils avaient l’air de s’amuser comme des petits fous. On entendait beaucoup de cris et de rires.
Après avoir déposé Caro et posé mes affaires dans notre chambre, je suis retournée au Pub. Je ne rêvais que de rentrer. La soirée m’a parue extrêmement longue.
Caroline n’a pas pris le temps de ranger ses affaires, elle a enfilé son maillot de bain pour aller à la piscine vers Pascal. Il n’a pas été ravi de la voir de prime abord, mais je pense que Pascal a dû avoir pitié de la voir à l’écart, seule dans son coin, alors il s’est radouci pour rester un peu avec elle. Après la piscine, ils se sont amassés sur le canapé pour regarder un film.
Pascal s’est levé pour aller chercher des trucs à grignoter à la cuisine, après à peine 1mn, une des filles l’a suivi. Ils ne sont pas revenus, ils avaient disparu à l’étage. Ça a complètement retourné Caro. Elle a attendu bien 2h, avant de se décider à aller se coucher. Elle espérait le voir revenir. En passant devant la chambre à Pascal, elle a tendu l’oreille; rien, pas de bruit. Elle a pensé qu’ils étaient dans la chambre de la fille, mais elle ne savait pas laquelle c’était.
Quant je suis rentrée, Caroline était couchée, dans le noir, tout habillée sur son lit, les yeux grands ouverts. C’est la première fois que Caroline suggérait qu’on s’en aille, qu’on rentre. Ça lui faisait trop mal de voir comment Pascal se comportait. Moi, je m’y attendais. L’empêche, j’avais l’estomac tout retourné avec l’envie de vomir.
Au Pub, Thomas m’avait demandé si je voulais dormir avec lui, je ne voyais pas pourquoi j’aurai dit non. Alors en rentrant, Thomas est passé me chercher.
Caroline dormait. Elle avait pleuré jusqu’à s’endormir (She cried herself to sleep; et je ne sais pas exactement comment traduire ça).
Elle m’a fait mal au coeur, au poing que j’ai oublié mon propre chagrin. Elle hoquetait en parlant, les mots coupés par ses larmes, reniflait comme une petite fille. S'essuyait rageusement les yeux du revers de la main.
C’était triste. J’espère que je ne fais pas aussi triste que ça. Caroline était dégoûtée que Pascal l'aie plantée au salon, pour disparaître dieu-sait-où, avec cette fille.