59/15 - Tramontane (vent froid, sec et violent)

Publié le par JaneDo


Samedi 28 février 2015 - 59/15 - Tramontane  (vent froid, sec et violent)

Samedi matin, j’ai jeté un oeil sur mon natel, espérant un message de Pascal. Ou même de Caro. C’est dire à quel point j’étais désespérée. Rien. Bon, je m’y attendais. S’il n’y avait pas eu la neige hier soir, peut-être que j’aurai été voir chez Caro et chez Pascal. Je me demandais s’ils ont passé la nuit ensemble?

Je n’avais pas beaucoup dormi, mais je n’arrivais pas à retrouver le sommeil. Je pense que je me sentais mise de côté et inquiète. J’avais une foutue boule à l’estomac qui ne voulait pas me laisser tranquille. Que Pascal ait pu me traiter comme ça me faisait trop mal. Puis, out of the blues, mon natel a sonné.

Je l’avais encore dans les mains, vu que je vérifiais toutes les 2 secondes si Pascal appelle, et si ce fichu appareil marchait comme il faut. J’ai même vérifié la batterie à chaque fois.

C’était Caroline, apparemment surprise que j’aie répondu à la première sonnerie. Elle s’était préparée à me laisser un message sur le répondeur. Essayant de cacher sa surprise, elle m’a dit d’une voix toute pimpante qu’ils étaient en route pour le chalet, qu’ils étaient désolé, hier soir, ils ont fini tard et ont pas pu monter.

Puis, gargouillis… elle a dit; “Oups, perte de réseau, alors à toute”.

Tu parles! Elle savait bien que je n’étais pas au chalet, et Pascal aussi. Pourquoi ce n’était pas lui au téléphone? Pourquoi avoir fait appeler Caroline? Le lâche. Ils voulaient monter sans moi, ça je venais de comprendre. Ça m’a fait fondre en larmes. Pourtant, je n’avais pas spécialement envie d’aller au chalet.

Ce n’était vraiment pas cool. Là franchement, je me sentais trompée, salement laissée pour compte. J’étais toute seule, alors j’ai pu me laisser aller et pleurer de tout mon saoule. Terriblement peinée, je me sentais aussi terriblement trahie. Et je leur en voulais à tous les deux.

Fini terminé, si d’aventure les choses s’arrangent avec Pascal, si j’arrive à lui pardonner cette haute trahison, je ne laisserai plus Caro l’approcher. Terminé le trio magique. Terminé pour Pascal la liberté de faire ce qu’il veut. Il devra choisir, s’il veut toujours qu’on soit ensemble, c’est terminé les petites escapades.

Ahhh, j’avais mal à la tête d’avoir trop pleuré, les yeux comme les yeux de poissons frits, enflés, rouges. J’ai essayé de calmer la douleur avec de l’eau froide, mais, je fondais presque aussitôt à nouveau en pleurs. En espérant oublier mon chagrin, j’ai avalé 2 somnifères. Mais pas de chance, je n’arrivais toujours pas à dormir, et les larmes continuaient à couler. J’avais tout de même de petits moments de répit.

J’étais installée sur mon canapé, la télé tournait, et par moment je m’effondrais d’avoir trop pleuré et je dormais un petit moment. Mais je me réveillais après quelques minutes comme si on m’avait tabassée à coups de batte. J’étais beaucoup plus que déprimée, le chagrin est lourd et me barrait la poitrine.

Ça a sonné à ma porte… Je me suis demandée qui ça pouvait être. J’ai essayé d’écouter, mais je n’entendais rien. C’était probablement ma voisine du dessus, mais je ne voulais voir personne. Et je ne pouvais pas. Impossible d’ouvrir. Hors de question que quelqu’un me voit dans cet état, avec les yeux comme ceux d'un pogonas.

J’ai discrètement essayé de voir par la fenêtre, mais je ne voyais rien. J’ai entendu qu’on me scotchait quelque chose sur la porte. J’ai attendu 5 bonnes minutes que la personne s’en aille et j’ai voulu voir ce qui pouvait traîner derrière ma porte.

Pas de chance… je me suis faite avoir comme un bleu… c’était Pascal…

Il avait juste fait semblant de coller quelque chose sur la porte, parce qu’il savait que j’étais là et attendait que ma curiosité fasse le reste. Son sourire a aussitôt disparu quant il a vu ma tête! Je devais être tout sauf sexy. Il a immédiatement mis le pied dans la porte pour m’empêcher de la refermer.

Et merde… et heureusement que j’avais pris un bain et mis un training potable, sinon, j’étais sciée à vie!

Pascal a évidemment tout de suite remarqué que j’avais pleuré. Et sans doute réalisé que j’avais passé ma journée à ça depuis leur coups de fils. Il s’est montré concerné, s’est vautré dans des excuses plus ou moins convaincantes.

Après avoir fini si tard, Pascal n’avait pas osé m’appeler. Il a pensé que j’étais certainement fâchée et que, très probablement, je ne lui répondrais pas. Le lendemain, quant il est passé prendre Caroline, il n’a pas non plus osé m’appeler. Puis, il a demandé à Caro de le faire, pour se justifier et pouvoir prétendre qu’il pensait que j’étais montée hier soir.

Je lui ai dis que ça n’aurait jamais marché, que c’était justement ça qui m’aurait fâchée… cette lâcheté. J’aurai été super en colère qu’il essaie de me faire croire qu’on s’était mal compris!

En chemin, il a changé d’avis. Il aurait pu faire demi-tour, mais il a préféré se débarrasser de Caro au chalet avant de venir affronter ma colère. Quant je n’ai pas répondu à la porte, loin de se douter que c’était parce que j’avais pleuré, il a juste pensé que je ne voulais pas lui ouvrir.

J’avais noté qu’il était passé chercher Caroline, donc ils n’avaient pas dormi ensemble. Ça m’a rassurée. Mais, heu… elle était peut-être rentrée juste préparer ses affaires? Bah m’en fiche, il était là, c’est tout ce qui comptait.

Je me suis réfugiée dans ses bras. Mince, les somnifères ont alors décidé de commencer à faire effet. Je me sentais partir...

Pascal m’a demandé ce que j’avais envie de faire, est-ce qu’on monte, ou on reste là tous les deux? Je voulais monter. Je voulais que Caroline sache qu’il était venu me chercher. Je voulais que tout le monde le sache en fait. Mais en même temps, avec la tête que j’avais, je ne sais pas si…

Pascal me faisait tout plein de câlins. Je pense qu’il se sentait coupable de m’avoir laissée dans le doute et de m’avoir fait pleurer. C’était chou. Et j’étais si fatiguée. Je n’aurai jamais dû avaler ces somnifères! Mais si je ne l’avais pas fait et qu’il n’était pas revenu, je serais morte de chagrin.

Probablement rassurée par la présence de Pascal, par sa gentillesse, sa douceur, sa chaleur… je ne sais pas ce qui est arrivé après, parce que… malheureusement, je me suis endormie! Pas génial pour un samedi soir!!! Mais j'étais dans ses bras, et mes rêves étaient peuplées de douceurs...


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