66/2013 - Fini, c'est fini... Trop tard! (1)

Publié le par JaneDo


Jeudi - 07 Mars 2013  - (66/2013) - Fini c’est fini… Trop tard! (1)

Mince, ce que je peux me sentir fatiguée. Désillusionnée. Je pensais me sentir mieux d’avoir finalement pris la décision de rompre avec Pascal. Parce que, depuis quelques temps, je ne me sentais pas très heureuse. Loin de là. J’étais malheureuse comme les pierres. Complètement à bout.

Après avoir envoyé un message sms de rupture, je me suis mise à le regretter. Mais, je ne pouvais pas me sentir pire que ces dernières semaines. Donc, il y avait un léger mieux. Mais c’était pas encore ça.

Enfoncée dans mon canapé, je m’attendais à voir Pascal débouler chez moi. Ça n’a pas manqué. Enfin, il avait retrouvé mon adresse. Normal presque. Quant les choses ne se passent pas comme il le veut, alors il réagit. Est-ce que c’était la raison qui m’avait fait lui envoyé un tel message? J’en doute, mais peut-être un peu quand même.

Mon coeur a fait un bond au plafond. Je suis toujours sous sa coupe, et quant mes yeux se pose sur lui, je me sens tout de suite en état de manque, de demande. L’envie affolante d’être aussitôt dans ses bras. C’est fou, même si ma tête sait que je ne dois pas flancher, mon coeur lui, le veut encore. C’est clair que je l’ai dans la peau. Il y a pas si longtemps, il disait aussi m’avoir dans la peau.

  • J’ai reçu ton message…

Glups. Me voilà  court de mots, prête à bégayer si j’ouvre la bouche. Alors, je n’ai rien dit. Je le regardais avec de grands yeux étonnés. Pourtant, j’étais pratiquement sûre qu’il se pointerait, mais encore étonnée qu’il l’ait fait. Etonnée aussi de le trouver toujours aussi mignon, aussi séduisant et plein de charmes, malgré les lignes qui barraient son front. J’ai senti mon coeur et tout mon être fondre, mais j’étais décidée à ne pas fléchir.

Si je fléchi maintenant, je serais foutue. Il me marchera dessus, de long en large et en travers. Je ne pouvais pas m’abandonner.

  • Je peux entrer?
  • Je préfère pas.
  • Jane… Tu ne pense pas ce que tu as dis…
  • Si, si. Sinon, je ne t’aurai pas envoyé un message pareil. Y a rien d’autre à ajouter, alors je ne vois pas le but de te laisser entrer.
  • Tu sais que si tu te montre à ma porte, jamais je ne te laisserai sur le palier… Tu veux vraiment qu’on discute là, comme ça?
  • Pascal… Afff, tu m’énerve. Tu ne donnes pas de nouvelles, ne dis pas pourquoi tu disparaît subitement comme ça… Et, il faut un message comme ça pour que tu daignes te montrer.
  • Jane, je ne suis pas en état de me prendre la tête avec toi. Il y a eu quelque chose d’assez grave pour ma part… Je n’avais ni envi d’en discuter, ni de voir qui que ce soit. Tu te doute bien que ce n’est pas juste comme ça, que je ne fais… Rhhh, je n’ai vraiment pas envi de la tournure que prend cette discussion. Je ne veux pas que ça se passe comme ça. Laisse moi entrer au moins pour qu’on puisse discuter.

En disant ça, il s’est avancé et a tenté de me prendre contre lui. J’ai reculé tout en tendant la main devant moi, pour qu’il comprenne que je ne voulais pas qu’il me prenne dans ses bras, ni qu’il entre.

  • STP, laisse moi entrer.

Gros soupir. C’est vrai que c’était un peu ridicule. J’ai des voisins, et je ne voulais pas qu’on puisse nous entendre. De mauvais poil, frustrée, j’ai dû admettre que c’était préférable qu’il entre. Mais, pas long. Je suis toujours mal à l’aise quant il est chez moi. Je me sens écrasée, petite, et lui trop grand. J’ai dû lui faire signe de s’asseoir. Même mes fauteuils ont l’air étriqué et petit du coup. Pas assez style ou luxueux. C’est bizarre, parce que Thomas est bien plus du style à s’acheter un fauteuil que parce que c’était cher. Pas Pascal.

  • Je suis désolé si ça t’a froissé que je ne donne pas de nouvelles, mais je n’étais pas trop d’humeur. Je ne veux pas pour autant, que ça nous cause des problèmes tu sais.
  • Ouais ouais! L’empêche que tu as su venir jusqu’ici, seulement après m’avoir poussée à péter un câble. Tu ne pouvais pas répondre, ne serait-ce que pour dire qu’il y avait un problème, ou un minuscule sms? Je sais pas, genre; “Besoin d’être un peu seul, te rappelle.”?
  • Je ne savais pas quoi dire. Je n’aurai pas su quoi mettre dans le message. Puis, tu m’aurai surement demandé des explications, et j’aurai dû inventer quelque chose. Je… Si on laissait ça de côté pour l’instant. Tu veux vraiment plus qu’on soit ensemble? Juste là maintenant? Tu ne peux pas juste me laisser un peu de temps?
  • Tu ne veux pas me dire ce qui se passe?
  • Voilà, tu vois… Ça en revient toujours là! Je n’ai franchement pas envi d’en parler pour l’instant. Est-ce qu’on peut en parler dans quelques jours.
  • Ok… Pas de problème!

Pascal a semblé soulager. Il me connaissait mal. Je pouvais même entendre le “ouf” qu’il a poussé dans sa tête. Il n’a pas eu le temps d’apprécier son répit.

  • Très bien. Par contre, est-ce que je peux te demander une chose, te poser une question? Et STP, pas de mensonges, d’accord?
  • Alors ça veut dire que c’est pas fini?
  • Jeez, j’admire la manière que les hommes ont de sauter tout de suite à la conclusion, sans passer par le start, et tout ce qu’il y a au milieu!
  • Oh! Alors ça veut dire que ça dépend de ma réponse?
  • Par quel miracle, c’est toi qui pose les question maintenant? Par quel tortueux cheminement, on en arrive à ce que ce soit toi qui ait des réponses à tes questions et pas moi? Alors jure moi que tu me donnera la vérité et pas une autre version.

Pascal a voulu savoir si la question concernait les raisons de son absence, en me rappelant qu’il m’en parlerait dans quelques temps, il n’avait pas envi de parler de ça pour le moment. Je jubilais. Il aurait eu mieux fait de se taire en fait. Je l’ai assuré que je ne lui poserais pas de questions sur le sujet. J’avais compris. Alors, il a juré sur la tête de ses parents. Parfait. Et dommage pour lui.

  • Est-ce que Caroline est au courant? Et s’il te plaît, pas de mensonges! Tu sais bien que je finirais par l’apprendre.

Waouh! Je l’ai vu pâlir, puis rougir. Il a dû se rendre compte qu’il était plutôt mal barré. Sans le quitter des yeux, je me suis assise sur le bras du fauteuil d’en face. Je ne voulais pas interrompre le chambardement qui se déroulait dans sa tête. Donc, motus. Je lui laissais le temps. Et il lui a fallu plus de 2mn pour trouver de quoi vomir une réponse. J’étais calme.

  • Tu as raison. De toute manière, tu finirais par l’apprendre... Mais, c’est pas ce que tu crois, ça ne s’est pas passé comme tu imagines...

Mon Dieu, la phrase classique de chez classique. Il aurait pu trouver mieux. Rien que ça, et il s’était déjà enfoncé. Si je ne savais rien, il n’aurait pas eu à en dire plus. Je connaissais la réponse. Il s’enfonçait à mesure qu’il parlait. C’est navrant.

  • ….Alors promets moi que tu ne te fâchera pas. En plus, c’était pas voulu, ça c’est juste fait par hasard. C’est juste que… J’en avais trop la tête, j’ai fichu le camp de la maison, sans savoir où aller… Et Caroline habite pratiquement la maison d’à côté. Alors, j’ai débarqué chez elle. J’étais à chaud, alors c’est sorti tout seul. Remarque, depuis, je ne lui en ai pas reparlé. Je voulais juste être seul. Ça y est, on en reparle encore… Ha là là. Peut-être que je devrais te le dire, mais je t’averti, c’est encore sur le coup de la colère, donc, je ne sais pas si je réagirais pareil dans quelques jours.
  • Non! Je ne veux rien savoir! Tu devrais peut-être y aller maintenant. Attend, tu ne savais pas où aller? Alors, tu as dormi chez elle?
  • Heum… Désolé.
  • Ça veut dire quoi; “Heum, désolé…”?
  • Oui, j’ai dormi chez elle. Je t’ai dis, j’étais en colère, j’étais énervé. Il ne sait rien passé, j’espère que tu le sais?
  • Pascal, tu devrais y aller.
  • Tu es fâchée n’est-ce pas? C’est vraiment pas ce que je voulais...

Waouh! Si c'est pas ce que tu voulais, alors mon vieux, tu t'es loupé! Vois ce que tu as engendré! Non, mais!

  • Ecoute… On s’est pris la tête, il y a pas si longtemps, pour un truc du même genre. Et rebelote direct la semaine suivante! Donc, dur que je ne sois pas fâchée, non? Puis non, je ne suis pas fâchée, mais très très déçue. Plus que déçue. Moi je ne sais rien de ce qui se passe dans ta vie, Caroline oui. Donc, je ne vois pas ce qu’on fait ensemble, ni où est ma place. C’est vers elle que tu cours, alors va la retrouver et discute tout ce que tu veux avec elle. Moi, je cède ma “soi-disant” place!
  • Ne le prend pas comme ça…
  • Je le prends comme je veux. C’est mon droit. STP, va-t-en. J’ai besoin d’être seule aussi.
  • C’est pas comme tu crois…
  • Laisse tomber je te dis. Ça ne sert à rien d’essayer de me faire avaler des crapauds. Pas envie. Quoi que tu dises, ça ne passera pas. Alors STP, va-t-en, laisse moi maintenant.
  • STP, je n’ai pas envi de te laisser comme ça!

Ha! C'est maintenant qu'il pense à ce que je ressens? Il ne veut pas me laisser comme ça? C'est une blague? Il pense que j'ai tenu comment ces derniers jours? En plus, sachant qu'il a parlé à Caroline, et qu'il ne veut toujours rien me dire? Non mais, il rêve là? Ou c'est moi qui débloque grave?

  • Oh… Comme ces derniers jours? Parce que tu ne voulais pas parler du “problème” qui se passe dans ta vie? Problème que tu ne veux me raconter que dans? Quelques jours? Problème que t’as déjà débattu avec Caro? Ni voir personne d’ailleurs! Ah, oui, à une exception près. Je comprends parfaitement bien, merci. Sur ce, rentre chez toi… ou chez elle. Je ne supporte plus de te voir. Pour tout ce que je sais, tu aurais très bien pu inventer toute cette histoire, parce que tu étais avec une autre fille. Les rangs commencent à être serré, alors autant faire de la place, alors, je m’éclipse de l’équation.
  • Mais Jane voyons! Je n’étais pas avec une autre fille! Quelle idée!

Ça le faisait presque rigoler. En plus, il se moquait de moi? Ou simplement soulagé que ça me fasse oublié le vrai problème?

  • Bon, ben, je crois qu’on a fait le tour du problème… Et on a plus rien à ajouter! C'est fini Pascal, j'en ai assez.

Je me suis dirigée vers la porte, parce qu’il fallait qu’il parte. Qu’il parte, tant que j’étais encore enragée. Je ne voulais pas laisser le temps de recommencer à fondre, à lui trouver des excuses. J’avais évité de trop le regarder, parce que ça me serrait le coeur. Son visage reflétait de la culpabilité, et je voyais bien qu’il était préoccupé. Non, non, non, pas pensé à ses petits problèmes à lui. Non, je dois penser à moi d’abord. Après tout, il avait couru vers Caro, pas vers moi, alors qu’il aille se faire voir.

Pascal était complètement désorienté. Surpris même. Oh, cette expression sur son visage, ce visage que j'avais envie de prendre entre mes mains, d'embrasser. J'avais tellement envie de l'embrasser. Et cette main froide qui me serre le coeur.
Ça n'arrangerait rien, je le savais bien.

  • Tu blagues n’est-ce pas? On va pas se quitter comme ça? Comme ça, là tout de suite? C’est une blague? Voyons Jane…

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