66/2013 - Fini, c'est fini... C'est trop tard! (2)

Publié le par JaneDo


Jeudi - 07 Mars 2013  - (66/2013) - Fini c’est fini… C'est trop tard! (2)

Je restais muette. Je voulais le voir partir. Mais, un petit peu aussi, rester! Il suffisait qu’il trouve les mots miracles, quelque chose, n’importe quoi, comme ça je ne perdrais pas la face et je pourrais le laisser rester. Mais pour l’instant, rien. Perplexe, il me dévisageait, cherchant un petit signe sur mon visage, dans mes gestes. Mon coeur tapait à vive allure, et je trembleais. J’aurais voulu avoir une raison de lui sauter au cou, me lover dans ses bras. Je voulais le toucher. Je devais me battre contre moi-même pour éviter de me trahir, éviter de laisser les larmes me monter aux yeux. C’est vrai que je n’avais pas vraiment envie de le voir partir.

  • Regarde moi au moins? Tu n’es pas sérieuse là! Après toutes ces années… Maintenant? Là comme ça? Je t’averti, si je pars, je ne reviendrais pas. Je suis sérieux Jane! Si c’est un de tes petits jeux, je t’assure que ça ne m’amuse pas plus que ça.

Pour montrer que j’étais sérieuse, j’ai ouvert la porte. Intérieurement, je tremblais jusqu’à la pointe des cheveux. J’avais peur. Pascal a cherché encore à me faire changer d’avis, à initier la discussion, mais je suis restée ferme. J’étais fière de moi, même si j’étais tout autant dévasté. Oser aller si loin? Ciel, est-ce que j’étais sûre de moi? Est-ce que c’était vraiment ce que je voulais? Je remettais tout en question.

Finalement, fatigué sans doute d’essayer de me tirer les vers du nez. Pascal est parti. A la porte, il m’a encore demandé si c’était vraiment ce que je voulais. Je ne savais pas quoi répondre. J’ai fermé la porte.

Et là, je me suis sentie couler. Morte. J’étais catastrophée. Pascal aurait peut-être dû essayer plus fort? Je me sentais si vide. Un gros gros vide que même la bouffe n’arrivait pas à combler. La douleur de la perte me tordait le ventre. C’était atroce. Comment est-ce que j’allais supporter de le croiser partout? Peut-être sûrement au bras d’une autre? Aïïïe! Peut-être que j’aurai dû attendre un peu? Puis non, comment supporter qu’il passe son temps à courir vers Caroline et pas moi, il lui raconter tout, et à moi rien.

Merde, j’avais oublié de lui dire que je savais qu’il avait parlé à Caro depuis son “retrait du monde”, à moi non. Ouf, la colère remontait et me confortait dans ma résolution. L’empêche, ça fait terriblement mal. Mais, je me sens soulagée aussi.

La journée a été une longue et funeste journée d’attente. J’espérais que Pascal m’appelle. Qu’il trouve une idée géniale pour qu’on puisse effacer le passé. Qu’il me parle enfin de ce qui se passe avec Jess. Peut-être que j’aurai dû insister plus? Lui dire que je savais à peu près? Zut, toutes mes pensées tournaient autour de Pascal. Je n’arrivais pas à tourner la page.

Je sais que je n’aurai certainement pas le courage de sortir ce soir. L’espoir de le voir ne suffisait pas. De toute manière, je suis presque certaine qu’il ne sortirait pas. Et là, si j’étais sortie dans l’espoir de le croiser, je serais encore plus triste. Mon imagination finirait la petite torture, à l’imaginer en train de prendre du bon temps ailleurs, ou avec quelqu’un d’autre.

Thomas a voulu m’inviter à manger, j’ai prétendu avoir déjà quelque chose. C’était évidemment faux. Je n’étais pas encore assez forte pour errer dans sa sphère.

Inutile de dire que j’ai passé la journée entre, pleurer sur mon sort, pleurer sur le manque, le vide de son absence. Mais aussi, il y a eu des moments d’apaisement, en me souvenant et à me répéter les raisons qui m’avaient fait prendre cette décision. Me rappeler à quel point j’étais malheureuse. Ça ne pouvait certainement pas être pire.

Le soir Thomas, pas dupe par mes excuses, s’est pointer sans prévenir. Rhhh, je déteste ça. Je n’avais envie de voir personne. Personne. La boule à l’estomac ne voulait pas s’évanouir, donc, je la traînais tant bien que mal.

  • Pascal était dans un état lamentable hier soir, alors je venais aux nouvelles! D’après ce qu’il m’a dit, tu l’aurais plaqué?Il s’est passé quoi entre vous 2?
  • Thomas, t’es chou, mais je n’ai vraiment pas envie d’en parler. Je n’ai pas trop la tête à ça. Je préfère rester un peu seule.
  • Pas de ça avec moi, allez, raconte.

Rhhhhh, je ne voulais pas parler de ça, surtout pas avec un de ses proches. Je ne voulais pas me mettre à chialer comme une idiote. J’ai changé de sujet. Mais, c’est pas facile de se détourner

  • Ecoute, s’il parle plus volontiers avec Caroline, ça ne veut pas dire qu’il l’aime plus que toi. C’est juste que parfois, et on est tous comme ça, on parle volontiers à quelqu’un de moins proche parfois, quant les choses nous touchent trop. On ne veut pas perdre la face devant la personne à qui on essaie toujours de faire bonne impression. Ou devant qui on joue les durs et tout. Faut pas lui en vouloir pour ça.
  • Rhhh, Thom… C’est tout un tas de choses, et ces temps, je ne me sentais pas très bien. Et il a fallu ça en plus. Je veux dire, si, et je dis bien si, j’avais été concernée, il m’en aurait parlé en 1er… Donc, je ne l’étais pas! Il a couru direct vers Caro, et tu ne trouves pas ça moche? Mets toi à ma place! Si ta copine était enceinte, tu ne trouve pas que c’est à toi en 1er qu’elle en parlerait en 1er si tu étais concerné bien sûr, donc le père. Alors comment tu réagirais si elle en parlait à un de ses amis “masculin” en 1er? Tu ne te dirais… Rhhh, ça, c’est vraiment le pire exemple de la terre!

Voilà, je m’emmêlais les pinceaux. Thomas était tout sourire, amusé par ma confusion.

  • Je veux dire… Le fait qu’il parle à Caro en 1er, dès qu’il a des soucis, ça m’agace. C’est pas normal… Chier, enfin, tu vois ce que je veux dire? Non. En tous cas, c’est clair dans ma tête, même si je n’arrive pas à le mettre en mots. Pourquoi c’est à elle que Pascal en parle en 1er? Hein? Pourquoi? Pourquoi est-ce qu’il court chez elle, puis à moi, il me dit qu’il ne veut pas en parler, qu’il m’en parlera dans quelques jours!!! Voilà, c’est pas normal.
  • Jane… C’est pas aussi étonnant que ça! Il se trouve que Caroline habite à 2 pas, puis, ça lui permettait, à chaud, de trier la rage dans sa tête. Mais, peut-être qu’il veut d’abord retrouver son calme, mettre de l’ordre dans ses idées avant de t’en parler, tu ne penses pas? Moi, je crois.
  • Ouais… L’excuse! T’es nul.

Thomas a rigolé. Mais son rire ne montait pas jusqu’aux yeux. J’étais prostrée dans mon canapé, j’avais remonté mes jambes contre ma poitrine pour empêcher mon coeur de sauter hors de ma cage thoracique.

  • Tu vois tout en noir. C’est surement pas aussi moche que tu l’imagines. Moi, je comprends qu’il ait parlé à la 1ère personne non concernée qui lui tombait sous la main. Je sais que tu l’aimes, mais parfois, t’es sacrément compliquée, et un peu bécasse!

Je lui ai lancé un regard incendiaire.

  • Merci!
  • Non sérieux, t’es trop bête… Pendant que tu t’énervais de ne pas avoir de nouvelles, de lui demander de te rappeler, l’engueulais certainement pas sms ou voice-mail, ben Caroline lui envoyait des petits mots d’encouragements, des petits bisous, des je-pense-à-toi, des je-t’aime à la pelle, bref… Tu vois où je veux en venir?
  • Ouais, mais t’avouera que c’était facile, elle, elle savait pourquoi il avait disparu des radars, ce qui se passait et tout. Moi non. Pascal ne m’en avait pas parlé, alors comment je pouvais deviner? Si ça se trouve, il était dans les bras d’une autre, alors j’allais quand même pas lui envoyer des “je t’aime” à la pelle!

Thomas a éclaté de rire. Il imaginait la scène. Ouais, moi aussi! Très drôle.

  • Dis Thomas… Tu étais au courant?
  • De quoi?

Glups, il ne m’a rien dit, donc, je ne pouvais pas lui avouer, en plus, que j’étais au courant. Et Thomas n’avait peut-être pas le droit d’en parler. Ou il ne s’en sentait pas le droit. Je n’étais pas sensée être au courant. Au contraire, pour Pascal, comme pour Thomas, je ne savais rien. Merde, j’aurai peut-être dû attendre un peu avant de me séparer de Pascal. Grrr, me voilà encore à chercher des excuses pour aller lui courir après, m’excuser. Bref, m’aplatir comme une crêpe, remplie de regret. Pas question.

Hum, l’empêche, Thomas n’avait pas tout tord. J’aurai dû contrôler mes nerfs et le soutenir, plus… Caro avait encore gagné des points... Encore! Pfff, je me demande ce que Pascal me trouvait finalement, j’agis toujours à côté de la plaque. Super! Après la visite de Thomas, je me sentais encore plus mal, plus coupable que jamais. Qu’est-ce que ça m’aurait coûté, ayant appris ce qui s’était passé, de me montrer plus subtile? Rien. Parfois, je suis vraiment stupide.

Puis… Non! Pascal n’avait qu’à me parler. C’est quoi cette histoire de me raconter plus tard, alors que la planète entière était déjà au courant? Pfff.

Thomas avait juste fait un saut avant de rejoindre une bande de potes au Bleu. Il m’a proposé de l’accompagner. Arrrh, je n’ai pas le courage de me retrouver face à Pascal. Puis, c’était pas certain qu’il sortirait. Rhhh, me voilà en train de me faire des films! Je me demandais où et avec qui il était.

Je n’ai pas pu m’empêcher de courir voir chez lui. Ouf, il était à la maison. Sa voiture était parquée devant. Je l’ai vu derrière les fenêtres de la cuisine. Il semblait être tout seul. Jess était sûrement avec lui, il y avait de la lumière en bas, mais je ne voyais personne bouger au rez.

Discrètement, en ayant un peu la trouille de la croiser en chemin, j’ai été aussi voir chez Caro. Ouf aussi, elle était chez elle, affalée devant la télé. En déshabillé sexy? Est-ce qu’elle attendait Pascal? Waouh…. Je ne vais pas rester là à me les geler. Il suffit que je le vois traverser son jardin pour que je me torture le reste de la nuit! Rhhh non, je n’étais pas en état de supporter ça. C’est déjà assez la galère comme ça.


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