66 - La Maîtresse !
Ça m’a carrément déprimée de me réveiller le lendemain matin toute habillée. Pascal ne m’avait pas rappelée après avoir raccompagné sa femme. Inquiète, j’hésitais à l’appeler ou à lui envoyer un message. Pourquoi n’avait-il pas appelé? Est-ce qu’il était resté avec Jess? Se sont-ils encore disputés? Hélas, je ne savais pas non plus quoi lui envoyer comme message...
Il avait son basket en fin de matinée, alors ça ne servait pas à grand chose d’essayer de le joindre. J’avais les boules et j’étais aussi de très mauvais poil, parce qu’après tout, rien ne l’empêchait de prendre 2mn pour m’appeler.Vers les 14h, enfin, Pascal m’a appelé. Au dernier moment, j’ai décidé de ne pas lui répondre, à son tour de se poser des questions et de se demander si j’étais ou non fâchée. J’ai regardé mon natel sonner, sonner... petit sourire... je n'allais pas lui répondre.
Bon, ça pouvait se retourner contre moi s’il finissait par abandonner, j'aurai l'air maligne!!!
Ce soir, je sortirais faire la fête. S’il avait vraiment envi de me voir et de passer la soirée et le week-end avec moi, il n’avait qu’à me chercher. Et quant il me trouvera... on verra! Pascal m’a envoyé plusieurs messages que je n’ai ni ouvert, ni lu. Pas question que ma détermination se ramollisse.
Le soir, après avoir été mangé avec Brian, je l’ai fait m’accompagner au Tiger. Question d’être sûr que mes copains étaient là pour ne pas me retrouver toute seule. Après, il devait partir.
Thomas et Jess sont arrivés avec leur groupe assez tard. Pas de Pascal. Jess m’a sauté au cou comme si on était de supers copines de longues dates. Vache. Elle me l’avait pris hier soir, normal qu’elle soit de si bonne humeur. Peste. J’ai joué le jeu; enjouée, contente, tout baigne. Il n’était pas question que j’avais encore hier soir en travers de la gorge.
Pascal est arrivé peu avant minuit. J’ai le coeur qui a sombré dans les baskets direct. Hahhhh. Il me fait toujours chaviré, y a rien à faire.
Oups, il avait le regard sombre, pas de sourires sur son visage. Glups, il semblait un peu tendu.
Évidemment, il a dû saluer ses copains, Jess était dans ses bras avant qu’il ait le temps de dire “ouf”. Pascal a jeté un petit coup d’oeil dans ma direction, mais j’ai fait semblant de ne pas le remarquer.
Après s’être débarrassé de Jess, il s’est enfin approché. Avec le coeur qui battait dans les oreilles, inutile de dire que je n’entendais rien du tout. Sentir sa main sur ma taille était suffisant pour me faire décoller. Je n’ai presque rien entendu de ce qu’il m’a murmuré à l’oreille. Cela pouvait passer pour de l’inattention parce que j’étais trop prise dans la discussion avec mes potes et Thomas. C’était complètement faux bien sûr. J’avais tout le corps en alerte, je manquais de souffle, j’étais bien trop occupée à donner l’apparence du “super cool et à l’aise” et la tension me rendait sourde.Je voulais donner l’impression que tout allait bien, que je n’étais pas fâchée, et que je n’avais même pas remarqué qu’il m’avait posé un lapin hier soir, et même, j’avais autre chose à faire que d’attendre ses appels. Alors avec tout mon savoir faire, tremblante à l’intérieur, je me suis tournée vers lui avec un grand et radieux sourire. Pascal a souri aussi. Je ressentais son soulagement.
Discrètement, il m’avait collée à lui, et encore une fois sa joue a frôlé la mienne pour me chuchoter je ne sais quoi à l’oreille. Sans avoir besoin de la regarder, je savais que Jess nous épiait. Par pur méchanceté, je me suis hissée sur la pointe des pieds pour chuchoter à son oreille aussi.
Pascal voulait qu’on s’en aille. Je n’étais pas pressée. Il ne voulait pas prendre le risque d’attendre que je le rejoigne chez lui, et ne voulait pas me quitter d’une semelle. Pour le plaisir de le mettre sur les charbons ardents, j'ai fait traîner un peu et je ne me suis pas privée de chuchoter, à tout bout de champs, dans son oreille. Par pure vengeance et pour le plaisir d’enrager Jess, on est parti ensemble. J’ai quitté le bar au bras de Pascal. Il était évident que Pascal était venu exprès pour me chercher, j’imagine que Thomas s’en était rendu compte.Même si je lui en voulais un peu beaucoup, pas question de lui faire de scène ou de se prendre la tête pour ça, sinon Jess aura gagné.
Pascal était un peu tendu. Il m’a dit avoir tenté de me joindre toute la journée et même juste avant de me retrouver au Tiger. Il s’est excusé pour n’avoir pas rappelé hier soir, il disait être rentré un peu tard et avait eu peur que je sois déjà endormie.
Je n’allais pas lui dire que je n’avais presque pas dormi ayant attendu son coup de fils toute la nuit. Que j’avais eu des sueurs froides de le savoir avec elle et qu’il aurait pu trouver une minute pour m’appeler ou même m’envoyer un message. Quant on veut, on peut. Je savais parfaitement que l’heure tardive était une excuse bidon.
Pascal s’est détendu en voyant mon humeur joyeuse et tendre. Je méritais vraiment un oscar. C’était facile de jouer le jeu; j’étais vraiment contente d’être enfin avec lui. Après tout, hier, c’était hier.Je ne voulais pas laisser Jess m’atteindre.
Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond, je le sentais, mais je n’aurai su dire quoi. Peut-être s’était-il disputé avec Jess, mais je ne voulais rien savoir, ça ne me regardait pas. Pascal était tendre et chaleureux comme d’habitude, et ça me suffisait.
On a passé une soirée de rêve et Pascal a passé tout le week-end à me chouchouter. Il essayait sans doute de se rattraper pour hier soir.
2 à 0 pour Jess... 1 lapin pour la St-Valentin, 2è lapin vendredi soir... Mouais!!!
Mais c'était ça être sa maîtresse, c'était pour ça qu'il m'aimait tant. Avec le peu de temps qu'on passe ensemble, une maîtresse digne de ce nom ne veut jamais le gâcher à se disputer, alors on laisse tomber les prises de têtes, c'est réservé à la légitime. On est toujours toute mielleuse, gentille, agréable, de bonne compagnie, ce qui fait qu'on en devient automatiquement ça de plus attachante, ce qui leur donne l'envie de passer plus de temps avec la maîtresse, toujours moins chiante que la femme!
Ouais, je venais de me rendre compte que je n'étais que sa maîtresse...
Celle qui accepte et qui comprend les rendez-vous manqués, celle qui laissera sa mauvaise humeur dans un tiroir chez elle, celle qui le reçoit toujours avec un sourire... Est-ce que cela me convenait? J'allais me rebiffer pour me répondre que non, mais c'était ça ou pas de Pascal.!!! Alors je n'avais pas vraiment le choix...
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La Maîtresse ! - (66 -sam-07mar09)
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