80/15 - Pascal est froid!?
Samedi 21 mars 2015 - 80/15 - Froid!
Caroline l’avait suivi bien sûr. Elle savait où il avait parqué sa voiture. Elle est restée à proximité. Elle le verrait passer pour prendre sa voiture. Pascal a terminé la soirée aux env. de 2h du matin, et elle a vu Pascal et une fille, qui avait passé son bras sous le sien, se diriger à sa voiture.
Elle avait espéré les voir partir chacun de leur côté et a été dégoûtée de voir la fille grimper avec Pascal. Les filles n’ont plus de voitures de nos jours ou quoi? Caro avait emprunté une smart, et très vite elle a perdu Pascal dans la circulation. Pfff, pas étonnant, avec une de ces horribles petites caisses à savon qui n’avancent pas. Ou peut-être avait-il remarqué qu’elle le suivait?
Après avoir cherché un peu dans la direction où Pascal avait disparu, elle a fini par rentrer attendre près de chez lui. J’aurai peut-être dû lui donner mes clés qu’elle puisse attendre à l’intérieur? Non, non.
Tenace, Caro a attendu des heures, elle claquait de froid et tombait de sommeil. Pascal est rentré après 9h du matin. J’enrage!
Après le retour de Thomas vers 3h du matin. Fatiguée d’attendre près des buissons, les pieds plantée dans l’herbe froide, Caroline l’a attendu sur balancelle de son balcon. Apparemment, il n’a pas apprécié. Attitude quant on a quelque chose à se reprocher!
Pascal n’a pas apprécié de voir Caroline sur son balcon, pas apprécié d’être attendu, et probablement qu’on sache à quelle heure il est rentré! Après une petite prise de tête, parce que Caro a voulu savoir où il était jusqu’à maintenant, Pascal l’a renvoyée. Je suis sûre qu’il devine que Caroline allait me raconter?
Je n’avais pas beaucoup dormi, vu que Caroline m’a appelée à midi pour me raconter ce qu’elle avait vu. A 15h, comme Pascal n’appelait toujours pas, je l’ai appelé. Il était en ville. Déjà? Il dort quand lui? Il m’a proposé de le rejoindre. Hum, il savait pertinemment que ce serait impossible; d’ici que je sois prête, que j’aille jusqu’à Genève les magasins seront tous fermés et il serait en route pour chez lui.
On s’est donc retrouvé chez lui vers 19h. Argh, j’étais un peu crevée, mais bon. Encore une fois, j’ai senti cette distance. Pascal était plus froid que d’habitude. Renfermé même. Alors que je lui posais des questions sur sa soirée, il répondait par monosyllabe, et gardait le dos tourné.
- Alors t’es rentré à 9h ce matin?
- Oui, comme Caro a dû te le dire.
- Tu me l’aurais dit autrement?
- Pourquoi? Y a rien à dire.
Mes questions l’emmerdaient. Pour éviter des histoires et qu’on se prenne la tête, j’ai préféré bâcher. Ça ne me ressemble pas, mais j’avais l’impression que ce n’était pas le moment. J’ai lâché l’affaire. Autant y aller mollo. Sans un mot de plus, j’ai été regardé par la fenêtre. Grande contemplation du lac. J’attendais que ce soit lui qui engage la conversation. Pascal semblait à fleur de peau.
Waouh, rien ne venait et je ne savais pas quoi dire. Du coup, je me suis sentie mal à l’aise, comme de trop. Je n’aurais pas dû venir. Jamais je ne m'étais sentie aussi mal en sa compagnie.
Pascal était en t-shirt et moi j’avais froid. Il s’affairait dans la cuisine. D’après sa tenue, on ne sortirait pas ce soir. Peut-être qu’il ne voulait pas se montrer avec moi? Ou il aurait aimé me voir partir? Il avait peut-être rendez-vous? Peut-être qu’il s’ennuyait tout simplement avec moi? Argh, voilà que je me torturais à nouveau parce qu’il ne parlait pas.
- Tu veux un coup de main?
- Non. Ça ira.
Point. Rien d’autre à ajouter. D'habitude, il aimait bien que je traîne près de lui dans la cuisine, on papote, on boit un petit verre de vin, des bisous par-ci par-là, mais là, niet! Je me suis alors installée sur le canapé pour lire. L’odeur qui venait de la cuisine était alléchante. Je me suis rendue compte que j’avais faim. Je crevais la dalle.
Je relisais la même phrase, incapable de me concentrer sur mon bouquin, parce que je pensais à l’atmosphère, à la froideur de Pascal. Ça ne lui ressemblait pas. Une fois qu’il eu terminé de tout préparer et que ça mijotait, il s’est assis près du piano -loin de moi- et s’est mis à gratter sa guitare.
Mais qu’est-ce que je faisais là? Est-ce qu’il essayait de me faire comprendre qu’il fallait que je dégage ou quoi? Est-ce que je dormais ici ce soir? On dirait qu’il cherchait à me faire fuir pour pouvoir ensuite se tirer et aller dieu-sait-où! Quant un mec coure une autre lapine, il agit toujours comme ça. L’angoisse m’a terrassée à nouveau. Le chagrin m’a anéantie.