81/15 - Ignorée!
Dimanche 22 mars 2015 - 81/15 - Ignorée!
Mes yeux me picotaient, les larmes menaçaient. Il était peut-être préférable que je me tire. Pascal n’avait pas l’air ravi de me voir. Depuis le moment où il m’a ouvert, un bisou rapide sur les lèvres, nos regards se sont peut-être croisés 2 fois. Le néant total.
Peut-être que je me faisais des idées? Non, je ne me suis jamais sentie aussi seule, de trop, intruse. Pascal était distant comme jamais, et tellement froid. Je n’ai vraiment pas l’habitude qu’il soit comme ça. Ça me rappelle de mauvais souvenir. Mon coeur se serre. Pascal agit étrangement, jamais je ne l’avais vu comme ça. Ça me faisait trop mal.
Fatiguée du traitement de silence, j'ai pris mes affaires et je me suis tirée. J'ai fondu en larmes quelques kilomètres plus loin, parce qu'il n'avait pas cherché à me retenir, et n'avait même pas appelé. Ouais, c'était râpé. En fait, il n'avait même pas fait attention, et n'avait même pas réalisé que j'étais partie. Il lui a fallu 15 bonnes minutes pour me rappeler.
- Reviens. Pourquoi tu es partie comme ça. STP reviens. Ne m’oblige pas à devoir te pourchasser sur les routes, allé... Reviens Jane.
Je ne disais rien, ma voix aurait tremblé. J’aurai voulu lui dire qu’il lui avait fallu plus de 20 minutes pour réaliser que j’étais partie, alors ça ne valait pas la peine que je revienne. Mais je n’étais pas capable de lui parler. Alors je gardais le silence, essayant de deviner d’après sa voix, s’il était sincère.
- Jane? Reviens je t’en prie. On ne va pas se disputer comme ça? Jane, stp... J’étais un peu distrait, tu ne va pas m’en vouloir pour ça, allé viens, je t’en prie. Dis quelque chose?
Je ne répondais rien, mais je m’étais arrêtée. Je ne savais pas si ça valait la peine que je fasse demi-tour ou pas. En plus, vu que j’avais pleuré, j’avais les yeux bouffi. Arhhh, bien sûr que j’avais envie de retourner vers lui, mais... ce serait trop facile, non? Mince, que faire!
J’ai raccroché et n’ai pas décroché malgré ses nombreux appels. Je voulais un peu de temps pour réfléchir, mais comme il insistait, j’ai fini par lui répondre. Je lui ai promis de l’appeler demain, mais Pascal ne voulait pas attendre demain et menaçait de venir me chercher chez moi.
Pascal m’a averti que s’il ne me trouvait pas à la maison, il me chercherait partout. Il m’a encore suppliée de rentrer, qu’il ferait tout ce qu’il peut pour se racheter. Et j’ai fini par fondre et courir comme d’habitude chez lui. Pfff, je suis nulle.
Pascal m’attendait sur le pas de la porte, pieds nus et toujours en short. Ciel, pourquoi est-ce qu’il devait avoir l’air si mignon, même quant je lui en veux et que tout va mal?
Il a tout de suite remarqué mes yeux gonflés et rouges. Pfff. Pascal s’est confondu en excuses, m’a demandé de lui pardonner de m’avoir laissé partir. Waouh, ça, ça m’a scotché, j’ai carrément fondu en larmes. Je ne tenais plus. Je n'arrivais plus à faire semblant, de garder tout ça à l'intérieur.
Je ne lui en voulais plus, mais je pleurais pour toute la tristesse que j’avais ressenti quelques instants plus tôt, alors que j’étais près de lui, de la peur aussi, et aussi parce que j’étais contente d’être dans ses bras. J’étais contente qu’il me console, me caresse la tête. Contente de le sentir contre moi. D'être lovée dans ses bras.
Je n’ai pas voulu qu’on reparle de ça. Pascal a dit qu’il était distrait, parce qu’il cherchait comment me demander encore une fois de vivre ensemble. Qu’il échafaudait les différents scénarios, mes réponses, mes refus... Bref, il cherchait comment faire pour enfin entendre un « oui ».
Je veux bien, c'était plutôt mignon, mais je n'étais pas d'humeur à discuter. Trop triste. Je n’ai pas voulu qu’on en parle. Vu mes larmes, Pascal a laissé tombé. On en parlerait une autre fois, mais pas ce soir, ni demain.
Inutile de préciser que je n'ai rien mangé. Pourtant, ça sentait bon, mais je n'avais plus faim.
J’étais un peu mélancolique tout le dimanche, me contentant d’apprécier ses câlins en me calfeutrant dans ses bras. Pascal a abandonné sa guitare, et n’a même pas osé partir courir, de peur de constater mon absence à son retour.
La seule chose que je lui ai demandé, c’était concernant le week-end passé, quant il avait disparu. Je lui ai dis que j’avais remarqué qu’il avait disparu en même temps que... Natacha? Pascal avait violemment rougi, puis il m’a raconté en gros; «Natacha, heu, lui avait fait des avances. Ça l’avait étonné, il ne s’y attendait pas. Il pensait qu’elle courait après Thomas.».
Après, j’ai changé de sujet. Je n’aurai peut-être pas dû, mais je savais ce qui s’était passé, alors pourquoi s’étaler dessus et le faire penser à elle. C’était pas le moment. J’aurai plutôt voulu savoir qui était la fille avec qui il échangeait de petits regards bizarres. Mais ça, je ne savais pas comment le lui demander, ni comment elle s’appelait. Et je ne voulais pas le faire penser à elle non plus.
On a passé une journée tranquille. Je n’étais pas très en forme, pas d’humeur joyeuse. Je me sentais encore toute triste. Je n’arrivais pas à oublier ce que j’ai ressenti hier soir, comment il s’était comporté, sa froideur...