95/14 - Pascal à Milan? sans moi!
Samedi, 5 avril 2014 - 95/14 - Pascal à Milan… sans moi!
C’est quand même lamentable que je n’organise rien pour mes week-ends, je ne fais qu’attendre de savoir ce que font Pascal et Thomas! Depuis quand est-ce que j’étais devenue si dépendante? Me voici plantée devant mon téléphone à hésiter pour appeler Thomas, pour savoir s’ils étaient au chalet. D’après un message laconique de Caro, j’avais cru comprendre que le programme du week-end avait changé.
Donc, l’espèce de paillasson que j’étais devenue, ne savait pas quoi faire de son week-end, sans consulter Thomas. Heureusement qu’il est de mon côté, sinon, ce serait le néant!!! Les garçons font ce qui leur plaît, et nous, ben nous, on suit, comme des petits chiots.
Même si je m’en rends compte, je suis là à chercher des renseignements pour courir les rejoindre. J’ai relu le message de Caro; “Programme du week-end changé! mais je sais pas encore ce qu’ils font. Et toi?”. Ouais, ça ne m’avance pas des masses. Et moi? Ben moi, que dalle.
Café courage, et j’ai enfin composé le numéro à Thomas. J’aurai pu commencer par lui demander comment il allait et tout, mais il n’est pas stupide, il saura que j’appelais pour savoir où ils étaient, et ce qu’ils faisaient. Si Thomas aurait voulu s’amuser à mes dépens, il aurait pu tourner autour du pot, jusqu’à ce que je lui pose la question. Et s’il n’avait pas l’intention de me proposer de les rejoindre, il ne le fera pas et je me sentirais vexée.
Quant j’ai raccroché, j’aurai pu mordre mon téléphone, le bouffer, le fracassé, tellement j’étais énervée. Ils étaient déjà parti. Ils sont à Milan. Et moi, j’étais là, toute seule.
Ils avaient décidés, un peu à la der, de passer le week-end à Milan. Week-end chopping et tout. Au début, c’était sensé être un week-end entre mecs, finalement, il y avait quelques filles avec eux.
J’ai réussi à joindre Caroline. Pascal ne lui avait rien dit non plus. Le rat des bois. Elle avait bien sûr tenté de le joindre au téléphone, mais il ne lui avait répondu qu’une fois sur place. Caro hésitait à sauter dans le premier train pour Milan et de s’inviter dans sa chambre, pour lui faire regretter de ne pas l’avoir invitée. Elle voulait qu’on y aille toutes les deux.
Toutes les deux? Elle pouvait peut-être pousser l’effronterie de s’incruster dans sa chambre, moi non. C’était bête, mais je l’ai encouragée à le faire. Hum, moi, pas le courage. Elle voulait qu’on y aille ensemble. Non. Je me sentais frustrée de n’avoir rien su, et de m’y être prise un peu trop tard. J’ai prétendu avoir déjà autre chose.
Ouais, autre chose? Quoi donc? Quelque chose de mieux que d’être près de Pascal? Pfffh, sûrement. Cela faisait si longtemps que mes week-ends ne tournent qu’autour de Pascal et Thomas, j’ai perdu l’habitude de prévoir quoi que ce soit. Et ça y est, ma crise d’angoisse est revenu me terrasser; le noeud à l’estomac, la peau gelée, le bloc dans la poitrine.
Rhhh, j’allais passer un week-end à me torturer à imaginer des choses, mais je suis sûre qu’ils passeront un week-end encore mieux que tout ce que je pouvais imaginer. Au sommet de ma crise, j’ai appelé Thomas pour lui demander qui était avec eux. Il a voulu me charrier en ne me donnant que des noms de mecs, alors je me suis jetée à l’eau.
Tendue comme une hélice, encore plus déprimée après mon coup de fils, je rêvais de tomber dans le coma, qu’on me fasse une piqûre pour que je puisse dormir non-stop tout le week-end. Elodie était à Milan avec eux. C’était la nouvelle la plus déprimante du siècle. Il y avait aussi d’autres filles que je ne crois pas connaître. J’étais verte. Ce week-end allait être long, un véritable cauchemar pour moi.
Merde… et on était seulement samedi midi… L’horreur. Les minutes s’écoulaient lentement. Le temps me jouait des tours. Pour noyer mon esprit et ma tête, j’ai passé la journée à bouffer. Steven avait un truc la journée, mais quant il a essayé d’appeler en début de soirée, et laissé un message pour me demander ce que je faisais, si j’étais là, et si j’aurai envie qu’on se fasse un ciné, j’étais trop dégoûtée pour répondre.
J’avais trop mangé, pas le courage de me préparer, ni envie de sortir. Si on se connaissait mieux, j’aurai proposé qu’on passe la soirée chez lui à mâter des films. Hélas, si je lui proposais ça, il allait imaginer que je voulais m’envoyer en l’air. Et j’en ai absolument pas envie.
De toute façon, j’aurai été de très mauvaise compagnie et je l’aurai sûrement bassiné à parler sans cesse de Pascal. Je préfère ne pas m’exposer aux regards des autres dans cet état. Autant garder mes mauvaises facettes pour moi. Je me sentais plus bas que terre, lamentablement désespérée, stressée et au bord des larmes.
Quelques heures plus tard, au bord de la folie, j’ai osé appeler Pascal. Quelle horreur. Le truc à ne pas faire. Dès qu’il a répondu, j’ai raccroché. Je me sentais ridicule de l’appeler comme ça, en plus, je ne savais pas quoi lui dire. Rentre? Ne regarde pas d’autres filles? Ne leur parle pas? Reste enfermé dans ta chambre d’hôtel et n’ouvre à personne? Pfff.
Détail crucial; j’avais oublié qu’il pouvait voir mon numéro! Pascal a essayé aussitôt de me rappeler. J’avais les boules, je voulais lui répondre, mais pour lui dire quoi? J’ai laissé sonné trop longtemps, et il a raccroché. Je me suis sentie obligée de le rappeler. Mais, était-ce juste une excuse parce que je voulais l’entendre?
Rhhh, je me suis laissée tomber sur mon lit, la tête dans l’oreiller. Je me serais baffée. J’étais là à me mastiquer le cerveau, non mais, j’avais quel âge moi! Pourtant, je n’étais pas du genre à vouloir enfermer l’homme que j’aime dans une jolie boîte, alors qu’est-ce qui m’arrive enfin!
Finalement, après avoir perdu plus d’une demi heure à calmer les battements de mon coeur, pour éviter d’avoir la voix qui tremble. Je l’ai rappelé. Rhhh, difficile de s’entendre, il y avait un bruit fou. Il devait crier pour me parler. C’était un peu énervant. Pascal aurait quand même pu s’éloigner avant de me répondre. Quant j’ai su qu’il était entouré, et qu’Elodie était sans doute juste à côté de lui, j’ai raccroché.
J’étais énervée! Il n’imaginait quand même pas que ça me plairait de lui parler pour les oreilles de tous! Pascal a essayé de me rappeler. Je n’ai pas répondu. Par contre, dans ma lancée, je lui ai envoyé un message; “Trop de bruit! Tu aurais pu trouver un endroit moins bruyant, non? Donc, j’imagine que tu n’avais pas envi de me parler”. Trop furax moi!
Après ça, après ce semblant de scène navrant, plus que ridicule, j’ai éteint mon natel. Pourquoi? Parce que s’il tente de me rappeler, je ne répondrais pas. Il ne réussira qu’à m’énerver encore plus s’il tentait de se justifier. Et s’il ne faisait même pas l’effort de me rappeler, ça me déprimerait et m’énerverait encore pire.
C’était trop nulle de l’avoir appelé, encore plus de lui avoir fait entrevoir à quel point j’étais désespérée!