96/14 - Week-end à Milan... sans moi... (2)

Publié le par JaneDo


Dimanche, 6 avril 2014 - 96/14 - Week-end à Milan... sans moi... (2)

Samedi soir, une heure après ma honte d’avoir appelé Pascal, raccroché et éteint mon natel, j’ai fini par le rallumer. Contre toute attente, j’espérais encore qu’il me rappelle. J’avais 3 appels en absence, toutes de Pascal. Ouf. Il semblerait qu’il ait alors envie de me parler? Ou a-t-il seulement pitié? Quelques minutes plus tard, l’appel tant espéré est arrivé.

De voir son nom sur l’écran de mon natel m’a retourné l’estomac. C’était fou qu’un truc aussi banal me fasse autant d’effet.

  • Hey, enfin! J’ai imaginé que tu avais peut-être éteint ton natel!
  • Hey! Non, je ne l’avais pas éteint.
  • Ok. Dis pourquoi tu as raccroché comme ça?
  • A cause du bruit.
  • Bien sûr que ça  m’a fait plaisir que tu m’appelle! J’étais content, moins quant t’as raccroché!
  • Sorry, j’ai eu un coup de sang. Je me si tu voulais vraiment me parler, tu te serais éloigné du bruit.
  • Bon ok. J’ai compris, t’as vu? Presque pas de bruit, comme ça tu ne me raccrocheras pas au nez cette fois j’espère?

J’ai rigolé. Jeez, ça me faisait plaisir de l’entendre. Encore plus plaisir de le sentir disponible et heureux de m’avoir en ligne.

Il m’a raconté qu’ils ont été voir le stade, La Scala, mais aussi le Duomo (Cathédrale de Milan). Ils étaient morts de fatigue, ils avaient passé l’après-midi à visiter la ville, voir les monuments historiques et aussi un Musée d’art, la Pina… je-ne-quoi. Pascal m’a dit que ça m’aurait plût, qu’il y avait des tableaux incroyables.

  • C’est dommage que tu ne sois pas là, je te jure que ça t’aurait plu.
  • Y a pas de dommage, personne ne m’a parlé de ce voyage. Tu avais plus envi qu’Elodie soit là, pas moi, sinon tu m’en aurai parlé.
  • Ja-aaa-ne! Bien sûr que j’avais envi que tu sois là! J’ai essayé de t’appeler vendredi en fin d’après-midi. Puis, j’ai ré-essayé vers 20h. J’en avais parlé par hasard à Elodie, qui a voulu venir pour faire du shopping, mais c’était pas prévu, contrairement à ce que tu as l’air de penser. Normalement, on devait rester entre mecs, mais Michael et Ju ont emmenaient des copines avec, alors je ne pouvais pas refuser qu’Elodie vienne! Puis, j’ai pensé que Thomas t’en avais sûrement parlé, alors je ne me suis pas inquiété plus que ça. J’ai été surpris de ne pas te voir quant on s’est retrouvé pour partir. C’était trop tard pour t’appeler pour te dire ou passer te chercher.
  • Mouais… Et tu as appelé vers 20h, c’était pas un peu tard?

Pascal a reconnu que c’était tard, mais comme il l’avait dit, il était persuadé que Thomas m’en aurait parlé, étant donné qu’on se parlait presque tous les jours. Alors, il avait été très surpris de ne pas me voir. Il avait pensé que je n’avais peut-être envie d’y aller, avant de poser la question à Thomas. Je lui ai reproché de n’avoir pas pris la peine de m’appeler en remarquant mon absence.

Il n’avait pas osé.

En douceur, on est revenu sur le sujet des visites à travers Milan. J’ai essayé de savoir si Elodie était avec lui, et aussi si elle avait fait la route avec lui. Mais, astucieusement, Pascal éludait les questions se rapportant à Elodie. J’ai arrêté. Je ne voulais pas être lourdingue non plus.

Puis, je me suis rendue compte qu’elle était tout près, à cause de certains silences ou changements de sujets. J’ai réalisé aussi qu’il changeait de place, et j’ai entendu sa voix. Elle l’appelait. La moutarde m’est monté au nez direct. Ou c’était plutôt la jalousie, je n’arrive pas faire la différence. Mais, je me suis calmée en réalisant aussi que Pascal n’avait pas l’air d’être pressé de raccrocher. Ça m’a fait plaisir.

  • Vous êtes où là? En train de visiter?
  • Non, au resto. On a trouvé un restaurant sympa, on s’apprête à manger… Tu me manques, j’aurai bien aimé que tu sois ici.
  • Hum! (petit rire narquois). Tellement facile de dire ça maintenant, puisque je suis trop loin pour risquer de te flinguer ta soirée.
  • Me flinguer ma soirée? Qu’est-ce que tu veux dire? Jane, je le pense. Je pense ce que je dis; ça t’aurai plu la visite du Musée d’art, et tu me manques, j’aurai aimé que tu sois là.
  • Oui, sauf que je ne te crois pas. T’aurai aimé que je sois là pourquoi? Te regarder flirter avec Elodie?
  • Arrête de dire des trucs pareils! J’aurai préféré que tu sois là plutôt qu’Elodie.

Il avait baissé le ton chaque fois qu’il disait que je lui manquais, et encore plus en parlant d’Elodie. Aucun doute qu’ils étaient tout près. Ils pouvaient peut-être même l’entendre? Ou peut-être qu’il était dehors et ils pouvaient le voir depuis le restaurant? Non, s’ils étaient dans le restaurant et lui dehors, ils ne pouvaient pas l’entendre, alors pourquoi baissait-il le ton? Cela me travaillait!

  • Ta femme n’est pas venue? Elle aime faire du shopping, non?
  • Elle est à Paris. Surement en train de dévaliser les magasins de la capitale française!

Il avait dit ça avec amusement. Malgré tout, on dirait que ce que faisait sa femme l’intéressait. J’ai même senti une sorte de tendresse, comme si… enfin, je ne sais comment l’expliquer. Moi, j’aurai utilisé ce ton en parlant de quelqu’un que je trouve marrant et chou. Je ne sais pas, mais c’est bizarre!

On ne pouvait quand même pas passer 3h au téléphone, donc il a fallu raccrocher. Surtout que j’entendais les autres l’appeler. Alors, j’ai préféré être l’initiatrice.

Après le dîner, Pascal a rappelé. Ils retournaient à l’hôtel pour se changer avant de sortir. Drôle, mais pour me rappeler autant,  on dirait que je lui manquais vraiment! Touchée par son geste inattendu, je me suis laissée allée à lui dire qu’il me manquait, que ça me faisait vraiment beaucoup de peine de ne pas être là-bas avec eux. Surtout avec lui.

Sa femme ne rentrait que lundi soir. Petit pincement au coeur. Donc, il aurait pu refuser d’aller s’expatrier à Milan et rester ici avec moi?

On a parlé pendant tout le trajet jusqu’à sa chambre d’hôtel. Je l’ai entendu passer par la réception. Apparemment, il était parti de son côté, juste pour pouvoir me parler au téléphone. Je lui ai demandé de me décrire sa chambre. Je voulais pouvoir l’imaginer dans la chambre. Il la partageait avec Thomas. D’ailleurs, en arrivant à son tour, et apprenant que Pascal était en ligne avec moi, il lui a arraché le téléphone pour me faire un coucou et un bisou virtuel. Pascal est sorti sur le balcon et m’expliquait la vue. J’entendais le bruit de la circulation.

J’étais drôlement contente qu’il partage sa suite avec Thomas. Au moins, Elodie ne dormait pas avec lui. Ouf.

Pascal semblait un peu triste, ou sinon, il jouait bien la comédie. Il a voulu savoir ce que j’avais fait vendredi soir, et aussi ce samedi soir. Après avoir tourné autour le pot, il a voulu savoir si j’avais vu Steven, et quant. J’ai cru déceler une pointe de jalousie, mais je n’en étais pas sûre. Je lui ai dis que j’avais un truc, sans préciser quoi. Mais, je n’avais rien de rien. Je n’avais rien prévu.

Pascal a dû aller se changer, alors on a dû raccrocher. Puis, 20 minutes après, il me rappelait pour me demander encore une fois ce que j’avais ce soir. Je suis restée évasive. Il a insisté. Je trouvais ça bizarre. Peut-être qu’il pensait que je tentais de lui cacher un rendez-vous avec Steven? Pascal a voulu savoir si je rentrais tard, si je dormais chez moi, etc. Hum! C’était curieux!!!

Comme apparemment, je ne donnais pas des réponses qui lui convenait, il a voulu encore savoir si je répondrais s’il me rappelait plus tard, ou même en plein milieu de la nuit. Alors, j’ai arrêté de le torturer.

  • Ça t’embête tant que ça que je sorte? Alors que toi tu t’amuses à Milan avec… Elodie? T’es drôle! Ecoute, je ne sortirais pas ce soir, ok? Voilà. Je resterais sagement chez moi, et je te répondrais à n’importe quelle heure, ça te va?
  • Tu n’aime pas trop les surprises, alors… Je rentre. Je voulais juste… Enfin, je pensais débarquer chez toi, mais… tu ne vas pas apprécier, j’ai raison?
  • Non, je n’aurai pas apprécié! Mais, t’es fou ou quoi? Tu n’as pas à rentrer à cause de moi?
  • C’est une bonne raison non? Alors, puisque ce n’est plus une surprise, tu veux qu’on se voit où? Chez moi?
  • Chez toi? T’es malade? Et si ta femme n’est pas partie en fin de compte! Tu va te faire chier tout seul sur la route? Non, sérieusement, tu n’as pas à faire ça. Reste, amuse toi, et on se verra à ton retour si tu veux?
  • Non. c’est décidé, je rentre. J’ai envi de te voir. Enfin… si tu le veux aussi?
  • Bien sûr que je le veux aussi! Mais, ça ne me dit rien de te savoir sur les routes… Je serais trop inquiète. Sérieusement, reste. Ça me fait plaisir rien que l’idée que tu étais prêt à te taper je ne sais combien de kilomètres juste pour me voir. Mais franchement, si ta femme ne rentre que lundi soir, alors on se verra dimanche soir à ton retour. Alors, pas de conneries ok.

Pascal est resté silencieux un long moment. J’avais senti qu’il faisait son sac, mais après mon insistance pour qu'il reste, j’imagine qu'il avait dû stopper ses préparatifs et s'asseoir sur son lit. Thomas lui a demandé ce qu’il foutait. J’entendais ses soupirs. Pascal ne savait plus quoi faire; rester ou rentrer!

  • Tu n’as pas envie de me voir en fait, c’est ça?
  • Oh Pascal, pas du tout. Si tu savais… J’en meure d’envie, mais je ne veux pas que tu te précipite comme ça. C’est trop tard, et puis, tu rentres demain, avec les autres, donc ça ira, d’ac? Je ne veux pas te savoir sur les routes tout seul. S’il t’arrive quelque chose, ça me fera trop mal. Je t’aime d’avoir voulu courir ici pour moi. Je ne sors pas ce soir, je vais lire tranquillement, et demain, je serais en pleine forme à ton retour d’accord?

Pascal voulait rester à l’hôtel et qu’on papote au téléphone. Je trouvais ça idiot. Je crois que c’était pour me rassurer ou me prouver qu’il était sage. Thomas l’astiquait pour qu’il se préparer, que tout le monde attendait sur lui. Il m’a rappelée vers minuit, il pensait rentrer à l’hôtel et qu’on se parle encore.

C’était fou! Pascal ne m’appelle pas souvent, mais une fois en ligne, il ne veut jamais raccrocher! j’ai dû prétendre que j’allais me coucher, et lui dire de s’amuser un peu. Il était à Milan que Diable et avec ses potes! C’est vrai que j’étais rassurée. Même s’il passait le reste de la soirée avec Elodie, ça me faisait beaucoup moins baliser.

Ça me touchait vraiment beaucoup que Pascal ait été prêt à faire des miliers de kilomètres juste pour être avec moi. C'aurait été de la folie, mais c'est fou comme ça fait plaisir. C'est le geste qui compte. C'était fou qu'il fasse ça pour moi! Rien que pour y avoir pensé, d'avoir voulu le faire, je l'aime.

Dimanche, j’ai passé l’après-midi à jouer aux cartes chez Carmine. Carmine a préparé des pizzas dans son four. Il était tout fier. Il pouvait boutiquer pendant qu’Ella, Lilice, ma soeur et moi jouions. C’était chouette de revoir Ella, parce que depuis qu’elle ne sort plus avec Marco, on ne l’avait pas beaucoup vue. C’était pour elle que j’étais là, sinon, j’aurai annulé.


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