138/14 - Pas de fumée sans feu!
Dimanche, 18 mai 2014 - 138/14 - Pas de fumée sans feu!
Ok! Petite remise en question. Pascal n’est pas mon petit ami, je ne suis qu’une des femmes qu’il fréquente. Il est marié, ça, ce n’était pas un mystère. J’ai même été à son mariage. Donc, je n’ai pas de reproches à lui faire, pas de récriminations, il ne me doit pas d’explications, ni de comptes. Bref, une chance qu’il veuille encore me voir. Qu’il semble devoir s’expliquer, ou se justifier, c’est qu’il m’aime beaucoup, qu’il tient à moi.
C’est un plus que je dois considérer comme un cadeau du ciel. Voilà, un petit tour d’horizon dans ma tête, question de me remettre les idées en place.
Comme samedi soir, on pouvait faire nettement mieux que d’être coincée dans un bureau, planquée dans une armoire. Pas franchement reluisant. Pour l’heure, l’armoire restait ouverte en cas de la nécessité d’une retraite subite. Je restais scotchée à la porte à écouter Pascal et sa femme se prendre la tête. Le week-end à Paris avec Barbie n’avait été qu’un subterfuge pour essayer de choper son mari en flagrant délit. Mais à quoi ça aurait servi?
Jess était persuadée qu’il n’était pas seul. Hier, en rentrant plus tôt que prévu, elle avait surpris Caroline installée dans son canapé. Pascal a tout d’abord tenté de calmer le jeu. Voix calme, voix douce, mais rien à faire, Jess montait les tours. Elle a été vérifier dans sa chambre, pour être sûre qu’il n’y avait pas une autre femme cachée sous les couvertures.
Je suis toujours étonnée de voir que la plupart du temps, personne ne pense à regarder sous le lit. Ni dans les autres pièces d’ailleurs. Ou peut-être seulement Jess! Moi j’aurai regardé partout.
Pascal semblait en avoir par dessus la tête de ces discussions. Il lui a rappelé que ce n’était pas la première fois qu’elle lui faisait des retours surprises, et il ne savait pas pourquoi il continuait à accepter ses crises. C’est elle qui avait voulu continuer cette mascarade, que lui voulait tout simplement y mettre fin, et divorcer. Qu’elle l’avait piégé dans un mariage auquel il ne tenait pas. Bien sûr, il tenait à elle. Elle était spéciale pour lui, le serait toujours.
Qu’il avait rencontré quelqu’un à qui il tenait par dessus tout, mais ce mariage avait fini par tout gâcher. Et lui avait coûter sa relation avec cette personne. Qu’il avait perdu plus qu’elle. Ce n’était pas parce qu’il ne disait rien, qu’il ne lui en voulait pas. C’est pas parce qu’il essayait de faire en sorte que tout le monde soit content que ça ne l’avait pas atteint.
Pascal voulait qu’elle s’en aille, qu’elle déménage, il ne pouvait plus supporter de l’avoir tout le temps dans les pattes, ça le rendait désagréable et agressif avec elle.
Il avait été manipulé, utilisé, blessé, et tout le monde semblait trouver ça normal. Qu’il devait se contenter d’une petite excuse, et bien, ça ne suffirait jamais. Il lui a demandé d’arrêter son cirque. Il en avait assez. Jess semblait désespérée, triste, jalouse. Oh la la, je connaissais si bien ces sentiments! Elle disait l’aimer, qu’elle essayait de se raisonner, mais qu’elle avait par moment du mal à vivre comme ça.
Bref, ça a duré des heures. Trois heures enfermée dans un bureau à attendre! En fait qu’est-ce que j’attendais? Elle n’allait pas s’en aller, donc? Et même si elle le faisait, je ne pourrais pas rester, ce serait vraiment pousser mémé dans les ortilles. En attendant, la tension m’avait fichu des courbatures dans les bras et les jambes. Je n’en pouvais plus.
Pascal semblait tasser la colère qui couvait en lui, cela s’entendait dans sa voix. Je crois que Jess s’est mise à pleurer et qu’elle s’était réfugiée dans les bras de son mari. Le silence et les reniflements qui ont suivi indiquaient que Pascal la consolait. Je ne pouvais qu’attendre.
Il était plus de minuit, plus de 3h que j’étais cachée dans le bureau, l’oreille collée à la porte. Je devais attendre un peu pour être sûr qu’ils soient endormi et je pourrais enfin tenter de me glisser hors de la maison. 20mn plus tard, Pascal a passé la tête dans le bureau. J’avais pris place dans le fauteuil du bureau, la tête posée sur mes bras en croix. Fatiguée, mais je savais qu’il ne fallait pas que je m’endorme.
J’ai donc filé et il a fermé derrière moi. Il a chuchoté qu’il m’appellerait le lendemain. Je n’y comptais pas trop. C’était le genre de truc qu’on dit comme ça, sans vraiment le penser. Pas de bisou volé, rien. Juste nos mains qui s'effleurent.
Pffff, en rentrant, j’ai dû sortir la chienne en vitesse, la pauvre. Ensuite, raide, je me suis jetée au lit. J’étais naze. Mais, j’ai eu beaucoup de mal à dormir, je repensais à tout ce que j’avais entendu. J’avais même enregistré certains passages, jusqu’à ce que mon natel m’avertisse que je commençais à manquer d’espace.
A mon réveil, j’ai à nouveau sorti la chienne dans les bois. Des idées de peintures jouaient la farandole dans ma tête. Dès que je rentrerai, je me lancerais dans la réalisation. Il y en avait surtout une qui me trottait dans la tête depuis plusieurs jours; quelques personnes sur le bord du toit d’un immeuble regardant une explosion de gaz. Je voulais le faire avec du Bleu et du jaune.
Finalement, j’ai tout fait dans les bleus. J’ai aussi fait les poteries et bouteilles qui me trottaient dans la tête.
Pascal me manque. J’aurai bien aimé avoir des nouvelles, mais il avait sa vie, je n’en faisais pas partie. Grâce à sa crise d’hier soir, Jess avait la chance de passer la journée avec Pascal. Il sera sûrement très gentil avec elle. Tendre même. Comme je l’envie. Pour ne pas jeter de l’huile sur le feu, je ne lui ai pas envoyer de sms.
En début de soirée, Pascal m’a envoyé un message qui n’a fait qu’aggraver le manque; “Coucou Babe, je t’aime tu sais!”.
Je n’aurai tout simplement pas dû accepter de le voir. Il n’avait qu’à rester avec son Elodie après tout. Je me sentais légèrement dégoûtée. Pascal était déjà arrivé et se changeait. J’ai tout de même 



C’était déjà 6h du matin, il était temps que je m’en aille. Pascal a voulu insisté pour que je reste jusqu’au petit déjeuner. Mais étant donné 

J’ai donc été voir… Bon, il avait un match, donc c’était trop tôt pour traîner chez lui, alors j’ai été voir au club. Personne. 
