214/2015 - Ma gentillesse me perdra... - Dim, 2.août.2015
Dimanche - 2 août 2015 - 214/2015 - Ma gentillesse me perdra...
Malgré son départ en pétard, Manuella est revenue 1h plus tard, la bouche pincée, la tête haute. Elle évitait de croiser mon regard ou celui de Pascal. Pascal l’ignorait lui aussi. Toutefois, je pense qu’il regrettait les mots prononcés, regrettait de lui avoir fait du mal. En même temps, mon honneur était sauf. Pascal avait remis l’église au milieu du village. Tout était clair pour les amis qui étaient là, et ça me convenait.
J’espérais que désormais, elle ferait attention de ne plus chercher à m’humilier devant tous nos copains. Manuella a garder ses distances, mais on pouvait voir la rancoeur et la douleur sur son visage. Elle avait pris un sacré coup dans les dents.
La fin de soirée s’est très bien passé. J’ai réalisé que tout le monde ne dormait pas chez Jonas en fait. Il avait prévu le coucher pour quelques amis; Thomas, Pascal Sébastien, Charly, un copain à lui, et Manuella. Il n’avait proposé qu’aux garçons de dormir sur place, à part eux, Manuella était la seule autre fille. J’ai compris que le lit d’appoint faisait partie du mobilier de la chambre, et que Thomas ne dormait finalement pas avec nous. Cool.
Caroline et les autres ont dû rentrer après la soirée. Ça aussi c’était cool. Ceux qui dormaient sur place traînaient encore autour de la piscine, à bavarder, à se baigner, etc. A 3h du matin, je n’en pouvais plus, alors j’ai décidé d’aller me coucher. Mais, impossible de dormir. J’ai donc surveillé ce qui se passait dehors, j’entendais tout.
Malgré mon absence, Manuella a continué à garder ses distances et à éviter de croiser le regard de Pascal. Lui de même. Ils s’ignoraient royalement, à se torturer mentalement chacun dans son coin.
Je pense que Pascal a dû trouver la présence de Manuella difficile à gérer. Il est donc venu se coucher peut-être 1h après moi. Comme je ne dormais pas, on a fait l’amour et bavarder un peu sur l’oreiller. J’ai réussi à lui faire avouer qu’il se sentait mal à l’aise. A la limite, il aurait préféré qu’elle ne revienne pas. On s’est retrouvé tous les 2 devant la fenêtre à regarder, les 2 derniers traînards; Jonas et Manuella.
Elle disait à son plus grand fan, combien Pascal l’avait blessée. Après tout, ce n’était que la monnaie de sa pièce. Je voyais le visage de Pascal dans les vitres de la fenêtre; il a baissé la tête, comme s’il se sentait coupable. Quant ils sont enfin rentré pour aller se coucher, on s’est aussi couché, et on a encore bavardé. Même s’il était adorable et câlin, que j’étais calfeutrée dans ses bras, je crois que Pascal avait de la peine à trouver le sommeil.
Et si j’ai fais ce que j’ai fais, c’est pour Pascal, pas pour elle...
J’imaginais fort bien ce qu’elle pouvait ressentir. Comme elle devait prier, espérer et pleurer de n’avoir pas réussi à avoir ce qu’elle espérait. Malheureusement, mon empathie est inné et je n’y peux rien. Mais surtout, j’aime Pascal plus que tout, je ne veux que son bonheur, son épanouissement et qu’il ait tout ce qu’il puisse espérer et vouloir dans la vie. Tout.
Alors, laissant parler ma gentillesse, mon coeur et mon amour infini pour lui, je lui ai dis d’y aller... D’aller la retrouver. Cela lui fera une surprise, et je ne doutais pas une seconde qu’elle lui pardonne instamment, rien qu’en le voyant. En tous cas moi, c’est comme ça que je réagirais. Pascal refusait de le faire. Il pensait qu’elle lui lancerait ce qu’elle trouvera sous la main, trop furax. Puis, non, il avait fallu mettre un terme à ses éclats, alors de quoi ça aurait l’air maintenant de faire marche arrière.
Je lui ai dis qu’il n’était pas question de faire marche arrière, mais était-il prêt à faire une croix sur ce petit extra avec elle? Je lui ai brossé le tableau; elle était certainement en train de pleurer toutes les larmes de son corps, avec la peur au ventre de ne plus jamais être proche de lui, que c’était fini. Je pouvais très bien imaginer ce qu’elle endurait. La souffrance est intolérable, je ne le sais que trop.
Malgré tout ce que je la déteste, Pascal pouvait aller la consoler. Par contre, je refuse qu’il y passe la nuit. Il devait faire attention à ce que personne ne le voit, ni entrer dans sa chambre, ni en sortir. Je lui laissais 1 ou 2h.
Je savais que je ne fermerai pas l’oeil tant qu’il n’était pas de retour, mais je ne lui ai rien dit. Je ne voulais pas que cela le préoccupe. Je le lui dirais à son retour. De toute façon, il verra bien que je ne dors pas. Je me suis mise à lire aussitôt après son départ. Il fallait que je plonge ma tête dans autre chose, sinon j’allais me faire des films.
Pascal m’a raconté que Manuella était effectivement en train de pleurer, qu’elle ne dormait pas. Elle a été surprise de le voir, et lui a avoué qu’elle priait pour le voir passer sa porte, mais au plus profond de son désespoir, elle savait qu’elle rêvait. Jamais, après ce qui s’était passé, elle n’avait espéré le voir venir à elle. Elle pensait que je ne savais pas qu’il était avec elle, et Pascal l’a détrompée et lui a dit que je savais parfaitement où il était.
Pascal m’a dit que j’avais raison sur toute la ligne; elle a complètement oublié pourquoi elle était en larmes une seconde plus tôt, ne lui a fait aucun reproche, trop contente qu’il soit là-bas. Quand même un peu honteux, Pascal m’a remerciée d’être si ouverte, si compréhensive. Si humaine, même avec ma pire ennemie. En tous cas, elle n’avait plus intérêt qu’elle essaie de me rabaisser, après ça, je crois qu’il le prendrait très mal.
C’était notre secret, Caroline n’avait pas besoin de le savoir. Elle me traiterait d’idiote infinie! Bizarrement, j’avais l’impression de la trahir. Penser à elle me faisait de la peine; je me disais qu’elle devait se sentir bien seule par moment.
Dimanche, au petit déjeuner, Pascal était tout chou comme d’habitude avec moi. Il continuait à ignorer Manuella, malgré la manière que la nuit s’était terminée. Et elle, elle se tenait à carreau. Mais il était évident qu’elle était moins malheureuse qu’on pouvait s’y attendre. Son regard sombre et triste d’hier soir s’était éclairé, son sourire était radieux.
La plupart de ceux qui avaient assisté à l’esclandre d’hier la regardait avec respect, se disant qu’elle prenait les choses plutôt bien. D’autres se disaient qu’elle allait finir par sombrer, qu’elle faisait du cinéma. Seul Janos semblait savoir. Je pense qu’elle avait dû lui raconter. Je le voyais me jeter parfois des petits regards, certainement pour voir si j’étais au courant, ou si Pascal avait menti.
Janos ne pourrait pas se déterminer, je continuais à ignorer Manuella comme d’habitude, et elle, elle faisait tout pour rester hors de mon champ. Donc on s’ignorait joyeusement. On était d’ailleurs les 2 seules filles, jusqu’à ce que Caro s’invite toute seule à venir prendre le déjeuner. Ça n’a pas plut à Janos, mais il n’a rien osé dire.
On a traîné toute la journée chez Janos. Parce que je me sentais un peu coupable vis-à-vis de Caroline, je lui ai laissé ma place près de Pascal. J’ai lu sur le balcon pendant que tous se baignaient dans le lac. Pas question de mettre les pieds dans cette eau sale. Je ne voulais même pas que Pascal m’embrasse sans s’être essuyé comme il faut. Beurk.
Hum, peut-être que Pascal se sentait lui aussi un peu coupable, parce qu’il a passé presque tout le temps à jouer avec elle dans la flotte, à la charrier, lui courir après pour la jeter à l’eau. Ils ont aussi bavardé un long moment tous les 2 en se baladant le long du lac en fin de journée. Je sais que Janos a dû lui dire quelque chose à propos de Caro, mais il a dit que c’était lui qui lui avait demandé de venir nous rejoindre.
On a mangé tous ensemble le soir avant de rentrer enfin. Pascal semblait avoir passé une superbe journée, il était gai et taquin. Comme il faisait bon, on a encore pris un verre ensemble sur la terrasse jusqu’au retour de Thomas. Il est arrivé avec des copains, alors on s’est vite barricadé chez Pascal, pour éviter d’être envahi, alors qu’on voulait rester que les 2. Thomas est descendu nous demander de se joindre à eux, mais il a vite compris qu’il était inutile d’insister.
J’adore être avec Pascal. Je ne vois pas le temps passer, et je regrette toujours le moment d’aller se coucher, parce que je sais que le lendemain, c’est lundi, et que je ne le verrais pas de la semaine. Ça m’embête même de dormir.
Je pourrais passer la nuit à discuter avec lui, à me calfeutrer dans ses bras. J’aime ses rires, son sourire, sa petite fossette sur la joue, sa bouche est si douce que je pourrais l’embrasser pour l’éternité. Mon coeur explose quant il me passe la main sur le visage, ses petits bisous dans le cou, dans la paume de ma main me font toujours autant fondre.
Je voudrais que le temps s’arrête, qu’on puisse rester comme ça jusqu’à la fin des temps...
On avait passé l’après-midi à faire des 


