Novembre 2016 - C'est dur... Comment survivre...
Novembre 2016 - C'est dur... Comment survivre...
L'hiver... si seulement j'étais un ours, je pourrais hiberner. J'aimerai tellement. Mon mois d'octobre a été sillonné d'anniversaires tous les week-end. Parfois, c'était même 2 ou 3 anniversaires la semaine. Suivant l'âge fêté, la fête était organisée pour le week-end. C'était pénible de faire semblant d'être joyeuse, alors que mon cœur était si lourd et triste.
Suivant la musique qui passait, ou parfois après un fou rire, j'avais de la peine à tenir mes larmes. Mes larmes passaient inaperçu, comme beaucoup d'entre nous avons les larmes aux yeux de trop rire.
Depuis que je lui avais jeté mon verre à la figure, Pascal ne m'écrivait plus. Le pire, c'est que je continuais à surveiller mon natel en espérant recevoir un mot de sa part. Évidemment, il était trop occupé pour perdre son temps avec le passé. "Moi" était le passé!
Je lui en voulais tellement, en même temps, j'espérais toujours un petit signe, et je crois j'aurai passé dessus ma colère.
J'avais recommencé à sortir un peu. Partout je cherchais sa silhouette, le son de sa voix. Sans résultat... Il me manquait tellement, je ne pouvais pas m'empêcher de le chercher partout... mais il vogue dans les bras d'une autre, je dois l'oublier... ça me brise le cœur...
Pour le voir, au moins le croiser, être entre les mêmes 4 mûrs, je devais sortir...
Quant Caro m'a demandé de l'accompagner au Bleu, je n'en avais pas envie. Ça m'aurait trop fait penser à Pascal. Mais quant j'ai su que Pascal y serait, j'ai changé d'avis. Évidemment, je ne me réjouissais pas de le voir avec une autre, mais, j'avais quand même envie de... le voir... je savais que ça allait me tuer. Que ce serait plus que difficile de les voir ensemble...
Et ça l'a été... Les mots ne peuvent même pas exprimer la douleur de voir l'homme que tu aimes avec une autre. De voir qu'ils ont l'air heureux. Je crois que c'est pire que tout. C'était insupportable!
Il me semblait que tout le monde pouvait voir que je me forçais à sourire. Qu'ils pouvaient tous voir que je crevais sur place. Pourtant, j'ai scrupuleusement évité de le regarder directement. Même de les saluer tout court. J'avais pris soin d'avoir l'air pimpante et en pleine forme.
Je riais même quant il n'y avait pas vraiment de quoi. Je suivais les autres. S'ils riaient, je riais. Parfois, je n'avais aucune idée pourquoi on riait. Je n'écoutais pas. J'étais trop occupée à chercher des surfaces qui pouvaient refléter l'image de Pascal. Quant je trouvais, ça me faisait souffrir.
Nos regards se sont croisés quant je l'ai vu venir dans notre direction. Ah non, je ne pouvais pas. Je ne voulais pas lui faire la bise, c'était trop. Paniquée, je me suis précipitée à l'extérieur. Je n'étais pas prête à lui parler. Ni à jouer la bonne copine. Que dalle. Mes jambes étaient en coton, mais j'ai réussi à atteindre le haut des escaliers et à sortir du bar. J'ai soufflé de soulagement.
Je ne m'attendais pas à ce qu'il ait le culot de me suivre. Après presque 4 semaines, il a eu le culot, j'y croyais pas! Quant je l'ai vu, je me suis éloignée, lui tournant carrément le dos. Non mais voyons! Pascal pensait qu'on allait fumer côte à côte à plaisanter gentiment? Que dalle oui.
Pascal est venu se planter devant moi. Je gardais les yeux baissés, je ne voulais pas le regarder. Il a dit qu'il savait que j'allais réagir comme ça. Ou même pire. Mais il pensait qu'après tout le temps qu'on avait passé ensemble, on pouvait au moins être amis.
Je n'en croyais pas mes oreilles; amis? J'ai levé les yeux pour le regarder. Il devait blaguer, non? Je n'avais pas l'intention de lui parler. J'ai penché la tête de côté et j'ai continué à le regarder, sans un mot, sans expression. Parle à mon cul, ma tête est malade. Je ne voulais pas m'engager dans une conversation quelconque avec lui.
Mon cœur a eu comme un petit frisson de le savoir si prêt, de le voir, de le regarder dans ces magnifiques yeux que j'adore. Puis, les échos de notre dernière conversation sont revenus me remettre la tête à l'endroit. Je crois que j'ai dû avoir un sourire ironique ou quelque chose du genre, parce qu'il m'a dit que je pouvais au moins nous laisser une chance de ne pas se perdre, de rester proche. Qu'on pouvait être ami.
Pfff, il est super gonflé... proche? Hum! Il voulait l'argent et l'argent du beurre!
Je me suis tournée pour partir, et il m'a demandé si on pouvait être ami. (J'ai failli rire) Que je pouvais au moins lui répondre. Qu'on se connaissait mieux que personne. Que je pouvais lui accorder 5mn, et non prendre la fuite comme je le faisais dès qu'il s'approchait de moi. Qu'on avait quand même passé 8ans ensemble.
Ça m'a arrêtée dans ma trajectoire... oui? non? Est-ce que j'agissais comme une idiote? Avait-il le droit de me demander ça? Pascal continuait à insister pour qu'on soit amis!
- On est toujours ami?
Sans me retourner, en tournant la tête, enfin, plutôt l'oreille dans sa direction, j'ai fini par lui adresser la parole.
- On ne traite pas ses amis, ni même ses ennemis comme tu l'as fait... Mais ok, on est ami. Je peux y aller maintenant.
- Non mais attend... Jane?
J'avais fait deux pas, et je me suis sentie obligée de m'arrêter. Il voulait qu'on parle. Mais, parler de quoi donc? Je n'avais rien à lui dire. En tous cas, rien de ce qu'il aurait envi d'entendre. Donc, on avait carrément rien à se dire. Je lui tournais toujours le dos, et il est venu se planter devant moi, tout penaud. Mais ça prenait plus.
Il s'était bien foutu de ma gueule et pendant longtemps. Je le regardais sans montrer que ça me faisait quand même quelque chose. Je me sentais froide à l'intérieur, je le regardais avec détachement, parce que je me rappelais qu'il avait dit à Jess, que si elle voulait se foutre en l'air, elle n'avait qu'à le faire, et tout ça, c'était pour cette pouffe, alors je n'avais aucune envie de lui tendre une perche.
Pascal s'est confondu en excuses inutiles. Parce que je savais que ses excuses ne signifiaient rien et ne changeaient rien. Ce n'était que du blabla. Un moyen de se donner bonne conscience. Il a eu le culot de dire qu'il voulait qu'on puisse se voir sans se détester, sans rancune. Sans rancune hein? Ça, c'était encore à voir.
Je ne l'écoutais pas vraiment. Je me foutais pas mal de ce qu'il avait à dire. Il m'avait planté. Planté un couteau dans le cœur sans aucun scrupule, alors je n'en avais rien à foutre de ce qui sortait de sa bouche. Ce qu'il avait fait m'avait fait mal, mais il n'était plus la personne à qui j'aurai envie de me confier. Donc, ami? Tsss, n'importe quoi.
Dès qu'il a fait une pause pour chercher mon regard, mon approbation ou que sais-je, je lui ai juste demander si on pouvait retourner à l'intérieur. Il faisait froid. Il a encore baragouiner je-ne-sais- quoi, et quant le flot de mots s'est arrêté, j'ai à nouveau demandé si on pouvait rentrer.
Je me rappelle seulement de son long soupir et il s'est mis de côté pour me suivre à l'intérieur. Je suis allée directement vers Caro et je lui ai dis que j'avais envie de rentrer chez moi. J'en avais marre. Et j'avais envie de rentrer encore plus quand Pascal est venu nous demander si on venait aussi au Baroque.
Je ne m'étais pas rendue compte que j'avais automatiquement fait un pas en arrière quant il s'est approché du groupe. Il s'est tourné vers moi pour avoir ma confirmation, j'ai fait fait oui de la tête. Mais je savais que je n'irais clairement pas. Faut quand même pas me prendre pour une idiote; aller là-bas pour le regarder fleurter avec la pouffe? Que dalle.
Il paraît que Pascal m'a cherchée. Ben, je suis encore plus contente d'être partie. Qu'il a même demandé à Caro de m'appeler pour savoir où j'étais. J'avais vu l'appel, mais je n'avais pas répondu. Je crois que je me suis doutée qu'il ne s'agissait pas d'un simple appel de ma copine.
Caroline m'a raconté que Olivia s'accrochait souvent à lui ou lui prenait la main, et Pascal a dû lui dire à plusieurs reprises qu'il ne fallait pas qu'elle fasse ça. Même devant elle. Olivia semblait oublier que tous ces gens étaient aussi des amis à Jess. Elle imaginait sans doute avoir le droit de manquer de respect à sa femme!!!
Après s'être croisé au Bleu, Pascal a essayé de m'appeler une fois, mais je n'ai pas répondu. Il m'a aussi envoyé un message en me disant qu'il aurait bien aimé qu'on prenne un verre ensemble. Il aurait voulu me parler ou me voir. Je n'en sais rien, parce que j'ai effacé le message en lisant qu'il voulait "prendre un verre".
Peut-être que je n'aurais pas dû. Je n'en sais rien, mais c'était encore trop frais pour moi. Et je ne vois pas ce que ça pourrait changer. J'avais encore mal. Ma tête l'imagine sans arrêt avec la pouffe, ce qui me fait naviguer entre le fond du puits et la colère. Le message suivant commençait par; N'efface pas STP... Tsss, gonflé! J'ai effacé sans lire.
Il y a des moments où je le déteste à fond, et d'autres... je donnerais cher pour qu'il me prenne dans ses bras! Je voudrais pouvoir débrancher mon cœur et ma tête, l'oublier. Ne plus avoir ces images horribles de lui avec elle. Oublier son rire, sa voix, ses yeux... sa bouche...
Là, la colère est montée direct; quoi? cette bouche qui m'a jetée? Pfff, je ne veux même pas savoir son nom.
A d'autre moment, je sombre complètement et passe des heures à pleurer, à être à deux doigts de faire un pacte avec le diable pour lui vendre mon âme pour que Pascal revienne. Heureusement, je suis superstitieuse, alors je ne le fais pas. L'empêche, si j'étais sûre que ça marcherait, je le ferais. J'étais prête à tout.
Je voudrais qu'il m'aime encore... Je voudrais qu'il revienne... Qu'il revienne à genoux me supplier de le reprendre... Mais je sais que je me fais seulement des illusions!
Publié 18/05/2019