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Sam - 21 août 2021 - Petit rôle de sabotage
Bizarre d'être chez Pascal, sans qu'il soit là. Bizarre aussi qu'il ne me demande pas de lui rendre ses clés. Le coeur lourd, parce que j'avais laissé ici tellement de souvenirs heureux.
Natacha a appelé, elle savait que je voyais Pascal après. Elle voulait me parler. Même si le coeur n'y était pas, j'ai été souriante et jovial au téléphone. Je ne voulais pas qu'elle devine la jalousie que je nourrissait à son égard.
Hum, jalouse d'elle; mouais, ça risque de lui faire plaisir et flatter son orgueil.
Avant de quitter le bateau, elle m'a appelé. Elle m'a expliqué où il était parqué, la couleur, la marque, le numéro de plaque. Je savais déjà tout ça, sauf le numéro de plaque. Elle était parquée chez Caro.
On ne pouvait pas se retrouver là-bas. On nous aurait vu en amarrant le bateau.
A vrai dire, je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai accepté de la voir. J'aurai dû simplement dire non, parce que j'avais rendez-vous avec Pascal. Peut-être la curiosité. Ou peut-être qu'elle m'avouera être celle qui était avec Pascal à Marbella. J'ai laissé un mot à Pascal, pour dire que Natacha voulait me voir, je revenais après.
Je l'ai fait exprès, parce que je savais que Pascal risquait de trouver ça énervant de sa part. D'ailleurs, dès qu'il a vu mon billet, il n'a pas arrêté d'essayer de nous joindre; un coup moi, x coups elle. On dirait que Pascal n'était pas tranquille. J'ai préféré ne pas répondre, comme Natacha. Je voulais me montrer confiante.
Natacha était toute mielleuse, souriante, gentille, contrairement à ce qui sortait de sa bouche.
Natacha n'était pas contente que je veuille voir Pascal, son petit ami. J'avais rompu avec lui, et depuis, ils filaient le parfait amour, et elle ne comprenait pas pourquoi je cherchais à le perturber. Ce soir, alors qu'ils avaient autre chose de prévu, après la virée en bateau, Pascal lui avait appris qu'il devait me voir.
Natacha voulait savoir ce que je lui voulais... Inutile de dire à quel point j'avais des hauts le coeur de rage.
Avec une pointe de méchanceté, je lui ai dis qu'elle m'apprenait quelque chose. Pascal ne m'avait pas dit qu'il sortait avec quelqu'un d'autre. On tenait toujours l'un à l'autre, notre histoire n'était pas terminée. Que je doutais franchement qu'elle soit sa petite amie (paf dans la gueule).
On ne s'était pas quitté parce qu'on ne s'aimait plus, mais parce qu'il ne voulait pas parler de l'Espagne. Comme elle me disait qu'ils devaient se retrouver plus tard, une fois que je serais partie. Je lui ai dis que je ne ferais pas long alors. J'avais juste un truc à discuter avec lui, et après, il serait libre.
Tu parles! Je n'avais pas l'intention de taper l'incruste, je savais déjà que je ne pourrais rien empêcher. Mais, j'avais bien l'intention de faire en sorte qu'il n'ait pas envi de la voir après. Ça, c'était pour avoir voulu me faire mal en se plaçant comme petite amie. Seule préoccupation était, et si elle disait vrai?
Mes jambes avaient du mal à me porter jusque chez Pascal. J'étais sonnée, elle avait piqué là où ça faisait mal.
Pascal m'attendait, un peu pâlot. Il était nerveux ça se voyait. Je pense qu'il avait dû parler à Natacha juste après notre conversation. Je suis sûre qu'elle l'avait rappelé. Comme je n'avais aucune idée de quoi ils avaient parlé, j'ai fait mon cinéma. Après tout, dès le départ, je ne savais pas quoi utiliser pour avoir voulu le voir ce vendredi soir. Je n'avais rien trouver comme excuse!
Je me suis montrée un peu dans le vague, évitant son regard, et qu'il me touche. Pascal m'a demandé si ça allait, et je me suis éloignée en me mordillant la lèvre.
Toujours le regard dans le vague, sans lui répondre, je regardais autour de moi, comme si j'étais perdue. Après bien 3mn, j'ai secoué la tête, pris mes affaires et me dirigeait vers la porte. Je savais qu'il essayerait de me retenir, de savoir ce que j'avais... et c'est ce qu'il a fait. Heureusement.
Je l'ai laissé insisté un peu, avant de lui balancé mon petit speach; "Alors, Natacha est ta petite amie maintenant? Pascal secouait la tête en disant que ce n'était pas vrai. Elle n'était pas contente que j'aie voulu te voir, et chambouler vos plans de la soirée. Alors, je vais y aller. Après une petite larme; je ne t'embêterai plus".
Pascal m'a dit que ce n'était pas vrai. Elle n'était pas sa petite amie du tout. Qu'il se foutait pas mal des plans qu'elle avait, le plus important, c'était qu'on puisse discuter, et... Il a soupiré rageusement... Il voulait que je reste, que je ne fasse pas attention à ce qu'elle avait imaginé. Que c'était faux.
Vicieuse, je lui ai dis qu'elle m'avait dit un truc qui m'avait un peu sonné... Je verrais bien si elle dit vrai.
Pascal a tiqué. Je lui ai dis qu'en tous les cas, je ne voulais pas être responsable d'avoir foutu en l'air sa soirée. Ni son week-end. La suite ne dépend pas de moi, mais de son comportement à lui. J'avais du mal à parler, parce que j'avais vraiment mal. Le rôle que j'avais choisi de jouer reflétait ce qui se passait à l'intérieur, et il voyait bien que je souffrais.
Pascal a tenté de me rassurer, je l'ai laissé me prendre par les bras, mais je l'ai repoussé quant il a voulu me serrer contre lui. Ça va ou quoi? Il pensait peut-être qu'un peu de tendresse allait me faire oublier? Tss, les mecs!
Je lui ai dis qu'elle attendait son coup de fils, et je lui avais promis de dégager.
J'ai encore poussé le bouchon, en lui disant que, le mec qui dit m'aimer, laisse une autre femme me planter un couteau dans le coeur, me dire que je gêne, que je dois lui foutre la paix. Et dès que j'ai tourné les talons, ce mec lui roule des patins, lui fait des mamours et se jette au lit avec elle, n'est pas le genre de type que je veux dans ma vie.
Pascal essayait de me retenir, mais je l'ai repoussé et je suis partie en courant. C'est vrai que je pleurais, mais j'étais contente de mon petit rôle. Je crois que j'avais fait ce qu'il fallait.
J'ai tout de suite vu que j'avais bel et bien saboté leur soirée... Bien fait.
J'avais entendu son natel sonné, bipé et tout. Il n'y faisait pas attention. J'imagine que Natacha essayait de le joindre pour me couper l'herbe sous les pieds. Pendant toute notre entrevue, elle était restée calme, gentille, montrant de la curiosité. Ça avait l'air sincère. Mais Pascal était à moi, et je n'étais pas prête à le lâcher.
Pascal faisait les 100 pas, à tourner comme un lion en cage. Il a répondu au téléphone. C'était Caro. Il lui a dit que ce n'était pas le moment, et lui a raccroché au nez. Après une pause, il a essayé de m'appeler. Je n'ai évidemment pas répondu. Cette fois, c'était Natacha. Pascal ne voulait pas discuter avec elle.
Il était furax qu'elle ait été me voir dans son dos. Il lui a demandé si elle cherchait à foutre en l'air notre relation. Je ne sais pas ce qu'elle disait, mais il a raccroché. 2mn après, elle était là.
Même s'il ne fait jamais de grosses crises, ça se voyait que Pascal était furieux. Il ne comprenait pas qu'elle ait osé lui dire qu'ils étaient ensemble, alors que ce n'était pas le cas. Natacha a essayé de se justifier, en prétendant que c'était pour le protéger. Qu'elle pensait bien faire, que comme ça, je finirais par le laisser tranquille.
"... et si je ne voulais pas qu'elle me laisse tranquille? En quoi cela te regarde?"
Elle avait dépassé les bornes. Comment avait-elle osé essayé de s'insinuer dans notre relation. Il ne supportait pas ce qu'elle avait osé faire. Ce qu'elle avait fait était inadmissible. Pascal lui a demandé de partir. Il ne voulait pas la voir. La regarder le mettait en colère. Natacha a voulu plaider sa cause, mais il a ouvert la porte sans un mot.
Dès qu'elle a franchi le palier, elle s'est retournée, mais il a refermé la porte, sans même la regarder. Pascal m'a ensuite envoyé un message pour me dire qu'il voulait me voir. Qu'il attendrait que je veuille bien lui parler. N'importe quant, n'importe où. J'étais contente. J'allais le laisser poiroter sans rien lui répondre de la journée. En tous cas, foutu pour Caro et Natacha...
En fin de journée, j'ai envoyé un message: ce qui s'est passé était dur à digérer... J'avais du mal. Du mal à vouloir lui parler. Je lui avais toujours fait confiance, toujours laissé faire ce qu'il voulait, mais là... c'était un peu beaucoup pour moi. Bien sûr, il a voulu me voir pour se justifier, comprenait que je ne lui réponde pas... Suppliait de lui laisser une chance...
Gagné! Je pense avoir encore une chance de le récupérer. En plus, la chance du hasard fait que les choses sont en ma faveur!
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