Ven - 8 mai 2020 - Inverser les rôles
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Ven - 8 mai 2020 - Inverser les rôles
J'avais été un peu dure, peut-être même méchante avec Caro. Je n'en étais pas sure. N'arrivant pas à vraiment savoir ce qu'elle devait ressentir ou vivre, j'ai décidé de me mettre à sa place ce week-end. Tout le week-end. Je voulais savoir si c'était dure ou si j'étais trop gentille... Pascal n'était pas très chaud, Caro hésitait...
Caroline craignait les répercutions...
Si elle jouait vraiment le jeu, si c'était trop pénible et que je souffre de la situation, je risquais de lui en vouloir et de le lui faire payer. C'était drôle, Pascal a rigolé. Je lui ai assuré que je ne lui en voudrais pas, c'était mon idée. Je voulais vraiment savoir si c'était pénible ou pas. Il n'y avait pas 36 milles manières de le découvrir.
La soirée a bien commencé, mais très vite, j'ai commencé à me sentir mise de côté, et bouffée par la jalousie.
Pendant le souper, ça allait encore, malgré le fait que Caro soit à sa droite, j'étais de l'autre côté. Pascal avait passé son bras autour des épaules de Caro et lui avait fait des bisous 2 ou 3 fois, comme il le faisait d'habitude avec moi. Oui, ça allait encore. Puis, de me sentir ignorée a commencé à me piquer au vif.
Les regards surpris de Thomas et Bekky m'ont atteint en plein cœur.
Thomas, qui n'a pas la langue dans la poche a fini par me demander ce qui se passait. Est-ce qu'on s'était disputé? Alors je lui ai expliqué vite fait.
Il m'a dit que j'étais cinglée, j'allais la roter. Je me suis rendue vite compte que j'avais pris sa remarque un peu à la légère.
Après le dîner, on est resté à table pour le café et papoter. J'étais à table avec 2 couples qui s'entendaient bien et avaient tellement de choses à raconter, que je me suis sentie de trop. Baf, j'ai préféré quitter la table et boire mon café, dans mon coin, à lire sur le canapé. L'ambiance était chaleureuse et les rires fusaient.
Pascal passait son temps à lui faire des tonnes de petits bisous, jouait avec ses mains, des petits sourires, etc, et je me rendais compte comme ça devait être pénible pour Caro, qui restait juste à côté et devait subir les tourtereaux que nous étions. Je n'avais pas réalisé qu'on se touchait autant.
Quel crève cœur quant tu aimes quelqu'un. C'était vraiment dur de le voir tout câlin et amoureux. Toujours aux petits soins pour sa copine. C'était du Pascal tout cru, toujours à faire des bisous, à rechercher le contact, ne serait-ce que se toucher, à se prendre les mains.
Toujours très câlins. C'était pénible. Mon cœur avait de la peine à l'endurer...
Je crois que je commençais à comprendre ce que Caro devait vivre tout au long des week-ends avec nous. Je ne sais pas comment elle faisait pour supporter. Et plus, j'avais voulu lui laisser encore moins de place, alors qu'elle n'en prenait pas beaucoup.
J'en avais déjà assez. Je voulais arrêter, mais je n'osais pas le dire. J'aurai l'air d'une mauviette? Je n'arrivais même pas à supporter quelques heures, alors qu'elle supportait cette situation depuis des mois. J'ai fait le poing dans la poche, je devais tenir encore un peu, je suis plus forte que ça.
Peut-être que je pourrais arrêter demain sans perdre la face...
Le pire a été le moment d'aller se coucher. J'ai été reléguée dans l'autre chambre, celle que Caro occupait quant elle voulait rester. Déjà de les voir se chouchouter toute la soirée avait été pénible, mais là, c'était le summum du blues.
J'ai failli craquer et dire que j'arrêtais mon introspection. J'étais à 2 doigts de partir en claquant la porte. J'ai serré les dents, souri, et j'ai pris mes affaires pour me caser dans l'autre chambre.
Si Caro avait pu le supporter, je le pouvais aussi. Je n'ai pas réussi tout de suite à trouver le sommeil. Pascal était venu vers moi pour demander si j'allais bien, si je voulais qu'on arrête. Trop fière, j'ai dis que ça allait.
En fait non, ça n'allait pas du tout. J'étais au bord des larmes, la gorge serrée, et je n'en pouvais plus.
Quant il s'est retourné pour partir, je l'ai retenu et je lui ai avoué que c'était dur. Je le regrette... Je n'aurai pas dû me montrer faible. C'était foutu si je voulais prétendre après, que ce n'était pas si dur que ça. Je venais de me flinguer, me tirer 1 balle dans le pied. Afff... Je me suis bouchée les oreilles et compter les moutons.
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