Sam - 9 mai 2020 - SOS cœur brisé
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Sam - 9 mai 2020 - SOS cœur en souffrance
Ah, pas la forme. Pas assez dormi. Même en me bouchant les oreilles, je les ai entendu baiser toute la nuit. Heureusement, je devais être chez moi avant 8h, pour la femme de ménage. J'ai pu ainsi éviter de les croiser.
J'avais une sale tronche, et des cernes jusque parterre. C'était donc tout ça que Caro subissait le week-end, quant elle reste avec nous... Horrible. Je ne me rendais pas compte qu'on faisait autant l'amour!
Pas envie de bouger de la maison. En même temps, si je ne me bouge pas les fesses pour aller chez Pascal, ça montrera que je n'ai pas les tripes, et que je ne supporte plus.
Je ne supporte pas, mais, j'avais choisi de voir ce qu'elle subissait, alors, je veux me montrer plus forte que Caroline.
Quant Pascal est passé vers moi hier soir pour savoir comment j'allais, il a voulu me prendre dans ses bras. Je n'ai pas pu empêcher ma bouche de lui demander, s'il faisait pareil quant il passait vers Caro. Je me doutais bien de la réponse, mais, ça écorche quand même les oreilles, de l'entendre me dire que oui.
OMG, j'en ai plein la tête... Je suis contente de me débarrasser de Slavika en la jetant à la station de métro. Mais, faut quand même le dire, on a fait un super boulot dans le jardin. Elle a presque failli, encore une fois, bousiller ma tondeuse à gazon. Le jardin derrière mon garage avait vraiment besoin de la tondeuse!
Elle a essayé de se fourguer chez moi vendredi prochain, mais j'ai annulé 2h après l'avoir larguée au métro. Je comprends qu'elle cherche à compenser pour les heures perdues pendant le confinement, mais, je ne pourrais pas la supporter toutes les semaines. Non merci.
Fallait me débarrasser des brins d'herbes qui piquent etc. J'en avais partout; dans mon t-shirt, les cheveux, les yeux, bref, il me fallait une bonne douche. Pourtant, je n'ai pas envie de m'habiller, j'avais la flegme... Bien sûr, voir Thomas, Bekky, Paul et probablement Michael, ce serait cool. Je sais qu'on passera une bonne soirée.
Après la douche, j'ai fait une sieste, question de rattraper mon sommeil, avant de me pointer chez Pascal vers 18h.
Ils se préparaient à faire une grillade. Il faisait encore beau, mais, le ciel était bas et gris, donc la pluie menaçait. D'ailleurs, on a dû tout ramener sur la terrasse, parce qu'il s'est mis à pleuvoir. On a eu du bol ! C'était de la pluie fine, les grosses gouttes ont attendus qu'on soit installé sur la terrasse pour descendre en trombe.
Bizarrement, j'avais vraiment l'impression d'être la 5ème roue du char. D'être de trop. Pascal et Caro avaient l'air plus proche que jamais. Est-ce qu'on avait nous aussi l'air aussi proche, et que je ne m'en rendais pas compte? Pascal-Caro, Thomas-Bekky, avaient l'air de 2 couples d'amoureux. J'étais dégoûtée, ils allaient trop bien ensemble.
Caro irradiait de bonheur. Je me demande si elle avait jamais été aussi jolie? Ça m'a tordu l'estomac. De la jalousie ou l'envie? Je ne sais pas. Je souffrais le martyre. Je faisais beaucoup d'efforts pour avoir l'air détendue, faire semblant que tout était normal, et pour sourire.
Aussi, un gros gros efforts pour ne pas les regarder sans arrêt...
Je devais me rebooster avec ma phrase fétiche. Je crois qu'on a tous une phrase, que dès qu'on se le dit dans sa tête, on trouve de la force. Si non, ben moi oui, depuis l'âge de 12ans je crois.
Chaque fois que j'ai besoin de me libérer de ma timidité ou d'une situation difficile, je récite ma phrase. C'est mon secret.
Dieu j'avais envie de dire STOP, je veux plus, on arrête... De les voir tout le temps collé-collé... Très très dur...
Je pensais déjà à après, quant je devrais aller à nouveau dormir toute seule. Ça me bouffait déjà. Il y a eu un petit répits, à cause de l'appel des parents à Pascal. On est resté dehors, mais on entendait tout. Ils étaient en appel vidéo.
Ses parents voulaient savoir quant est-ce qu'il pensait rentrer pour être auprès de sa femme. Assez gênant. Thomas était avec lui. Sur la terrasse, on se regardait tous à les entendre se prendre la tête. Pascal n'a pas osé être trop dur, parce qu'on était là j'imagine.
Dès que l'appel a été terminé, tout de suite, Caro a été vers Pascal et l'a prise dans ses bras, comme pour le consoler. Une chose que je n'aurais pas pensé faire. J'en ai éprouver de l'animosité. J'avais des tonnes de progrès à faire moi. J'espère qu'il ne va pas lui ouvrir son cœur à propos de ses ressentiments envers ses parents.
J'estime que ça me revient, pas à elle. Ah, je crois que je lui en voudrais sinon... J'aurai dû aller vers lui... J'aurai dû penser!
C'était elle, Caro, assise sur ses genoux, les bras autour de son cou. C'était elle dans ses bras. Encore elle assise entre ses jambes, quant il jouait aux jeux vidéos. Encore elle à qui il faisait de petits bisous dans le cou, sur les lèvres, dans la paume. C'était ses mains qu'il cherchait en passant près d'elle. C'était elle qu'il entourait de ses bras...
C'était avec elle qu'il partageait ses sourires, ses clins d’œils, des baisers volés...
Et moi, je n'arrive même pas à aller vers lui, comme Caro l'aurait fait à ma place. Au contraire, je l'évitais. J'évite de les avoir sous les yeux. J'évite de croiser son regard. J'évite d'aller à la cuisine en même temps que lui. Quant je le vois venir dans ma direction, je prends la fuite. Des trucs que Caro n'aurait jamais fait.
Je suis la plus grosse dinde idiote de la planète. Je ne sais pas prendre le contrôle... J'angoissais déjà de voir tout le monde partir et me retrouver avec eux deux. Je vais me sentir seule, amer, avide et... envieuse... Si javais le courage, je demanderais à Pascal si je pouvais dormir avec eux. Mais, je n'ai jamais été courageuse.
Grâce au ciel, Caro est venue me le proposer. J'avais failli me confondre en remerciements jusque parterre!
Par fierté, j'ai voulu dire non, mais, sachant que j'allais le regretter, j'ai dit oui. Mais, à vrai dire, je n'en avais absolument pas envie. J'aurai préféré qu'elle me dise qu'on arrête, que Pascal voulait qu'on arrête, et qu'elle aille dormir dans l'autre chambre... Euh... J'ai été m'enfermer dans les douches de l'autre chambre pour pleurer.
J'étais à bout. Aïe, est-ce que j'aurai le culot de lui faire ce genre de chose; l'expédier dans l'autre chambre???
C'était tout aussi pénible de les voir faire l'amour. Tout aussi pénible de me retenir de ne pas le repousser quant il s'est tourné vers moi, alors que toute mon âme, j'avais envie de le mordre, de refuser de passer en 2ème.
Tout aussi insupportable de le voir la prendre dans ses bras pour dormir. D'habitude, c'était ma place... J'avais un nœud à l'estomac. Avions nous été comme ça, sans cœur?
Je n'arrivais pas à fermer l’œil. Et les voilà qui remette ça. Ils n'arrêtaient pas, comme si Pascal était rentré de l'armée après une longue absence. Était-il en manque à ce point là? Grhhh. C'est vrai que Pascal était assez porté sur le sexe, mais, je n'avais jamais pensé qu'elle pouvait nous entendre depuis l'autre chambre.
Parfois, je pensais faire attention de ne pas trop faire de bruits. Parfois, j'avais fait exprès, pensant qu'elle préfèrerait rentrer chez elle la prochaine fois. J'étais trop méchante.
Le bruit du lit, matelas, les petits bruits qui s'échappent de nos lèvres... ça ne trompe personne. Est-ce que Caro souffrait autant quant c'était nous?
Comment est-ce qu'elle avait fait pour nous supporter tout ce temps, toutes ses années!
Mon Dieu, comme elle a dû souffrir depuis tout ce temps en silence. Chapeau. Impossible que je me montre moins forte qu'elle. Impossible. Encore juste 1 jour, et c'était fini. Il allait falloir que je me remette en question. Que je réfléchisse comment gérer et ne plus lui infliger autant de souffrance.
J'avais souvent été carrément égoïste, et je ne me rendais pas compte du courage qu'il lui avait fallu toutes ces années. J'avais même été vraiment vache par moment... Ce week-end avait été le pire de toute mon existence...
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