036/11 - W-E tranformé en enfer! - (2)
Week-end transformé en enfer! (2)
Samedi 5 février 2011 - (036/11)
Petit moment de silence, chacun plongé dans ses pensées ou plutôt plongé dans un puits de doutes. J’étais contente quand même qu’il ait pris le temps de venir me parler, même si c’était à travers une porte fermée. Contente de sentir qu’il avait voulu rester avec moi, malgré la présence de cette autre fille.

-
Jane?
- Oui...
- Pourquoi?
- Pourquoi quoi?
- Thomas... Est-ce qu’il te rend heureuse? Est-ce que tu l’aime? On dit que, quant on aime quelqu’un, on veut son bonheur, ben, c’est de la foutaise, que des mots pour se faire mousser la tête... Ça me rend fou de voir que tu as l’air plus heureuse avec lui... Ça m'enrage de vous voir ensemble, je peux pas le nier! Ça me donne envi d’exploser, et j’avoue que par moment, j’ai envi de te faire souffrir comme je souffre!
- Oh!
- Vous allez bien ensemble, vous êtes mignons tous les 2... Hum, de le dire, ça me fait monter la rage là!
- Pascal... Tu sais, je n’aimerai jamais personne comme je t’aime...
- Ouais, ça me fait une belle jambe! Je ferais mieux de me calmer... Heu... Attend... Comme je t’aime et pas; comme je t’aimais? C’est exprès? Tu as utilisé le présent, pas le passé?
J’ai entendu une porte et tout de suite après la voix de Nina. J’ai juste entendu un petit "chit" de la part de Pascal et je l’ai entendu se lever précipitamment... Notre conversation venait de s’interrompre brutalement.
• Qu’est-ce que tu fais? (Nina)
• Rien... Ha! On discutait un peu, c'est tout! (Pascal)
• Je n’arrive pas à dormir... (Nina)
Ils sont descendu au rez. Curieuse, je me suis faufilée vers le balcon qui surplomb le rez. Ils s’étaient installés vers la cheminée, je pouvais les entendre parler. Pascal avait certainement ravivé le feu, parce que la cheminée se donnait à fond. De temps en temps, il jetait un coup d’oeil par dessus son épaule. Hum, se doutait-il de ma présence?
Sur le canapé, elle était allongée dans ses bras et ils discutaient en se faisant des bisous. Est-ce que c’était le même homme qui, quelques minutes plus tôt, avait de la peine à résister à l’envie de me sauter dessus?
Nina voulait qu’ils passent la nuit ensemble, elle le cherchait. Je crois qu’il n’en avait pas trop envi, je le connais assez pour reconnaître les signes. Elle cherchait aussi à comprendre le fond des excuses qu’il lui avait donné pour faire chambre à part. Ils étaient venu si loin pour être tranquille, elle trouvait que c’était pénible de devoir me supporter, qu’ils auraient mieux fait de rester en Allemagne. C’était moi ou Thomas! Pascal lui a expliqué qu’il ne se sentait pas à l’aise, parce qu’il ne voulait pas que je le prenne mal. Elle s’en fichait, après tout, c’était fini non? J’étais l’ex, et je sortais déjà avec quelqu’un d’autre, alors elle ne comprenait pas.
Pascal lui a expliqué, qu’on ne s’était jamais affiché, rien qui aurait pu le mettre mal à l’aise, alors il voulait en faire autant.
Alors qu’ils discutaient, elle s’était mise sur lui, a enlevé son pull et s’est penchée pour l’embrasser. Elle n’avait rien sous son pull. Elle a enfilé ses mains sous son t-shirt. Grrrhhh, j’avais envie de lui couper ses pattes avec lesquels elle osait toucher sa peau. Fallait que je me reprenne, si je ne voulais pas voir ça, je n’avais qu’à aller me coucher. J’étais sur le point de le faire quant Pascal lui a dit; “Pas ici... Jane pourrait descendre”. Hum, voilà ce que je devais faire!!! Alors elle s’est levée pour le tirer par la main pour monter. Pascal pensait que ce n’était pas une bonne idée non plus.
Hihihi, il ne voulait pas, alors il a prétendu qu’il ne se sentait pas à l’aise de me savoir à 2 pas. Cette fois c’en était trop pour la miss, énervée elle a arraché son pull qui traînait sur la table du salon, l’a remis en lui disant qu’il commençait à l’énerver avec “la Jane”, que leur week-end était foutu à cause de moi.
Je me suis dépêchée de ramper jusqu’à ma chambre. Avant de me glisser à l’intérieur et de fermer la porte, je l’ai entendu lui demander s’ils ne pouvaient pas rentrer le lendemain, ou même ce soir. Elle n’en pouvait déjà plus???
Zut, non... Je ne voulais pas que Pascal s’en aille. Je n’ai pas entendu sa réponse, mais il me fallait trouver le moyen de le faire rester coûte que coûte.
Puis... Après réflexion, je me suis demandée si je n'étais pas tombée sur la tête? Est-ce que j’oubliais Thomas? J’essayais de m’encourager à lâcher prise, mais rien à faire, je savais au plus profond de moi que, je ne le voulais pas vraiment. Je dois être accro à la souffrance morale ou mazo, c’est sûr.
Ils se sont disputés. Nina lui faisait une petite crise de jalousie. 1er soir, pas mal. Si je voulais foutre en l’air leur séjour, j’avais peut-être réussi. En même temps, je réalisais qu’ils étaient plus engagé que je ne le pensais, pour qu’elle ose lui faire une scène. On ne fait pas de scène quant on sait pas où on en ait!
Elle pensait qu’ils auraient pu aller dans un hôtel quelque part ailleurs, en Allemagne, au lieu de s’expatrier pour éviter son beau-frère, et devoir se taper la nana du beau-frère. L’un dans l’autre, pour elle, ça revenait au même. Pascal ne disait pas grand chose, je pense que sa petite crise ne devait pas l’amuser et qu’il devait la voir avec d’autres yeux. Enfin, c’est ce que j’espérais.
Merde, 4h du matin, et on ne dormait pas encore!!!!!
J’ai entendu encore des bruits de portes, mais je n’osais plus bouger de ma chambre. C’était de ma faute s’ils s’étaient engueulé, alors autant ne pas en rajouter et l’énervé. Qu’elle s'énerve, je m’en fichais, mais je ne voulais pas que Pascal soit énervé contre moi.
J’ai mis long avant de m’endormir. Je me suis couverte les oreilles par prudence. Pfff, dur de dormir avec les oreilles en feu. J’avais de grosses crises de chaleur, peut-être les nerfs. Bouillante, transpirante, 1h plus tard, j’ai écouté, tout avait l’air silencieux, alors j’ai ouvert les fenêtres. Je crevais de chaud. Je n’ai pas beaucoup dormi et pas très bien non plus.
Samedi matin, vers les 11h; j’ai entendu les 1ers bruits de la matinée. Je ne sais pas qui, mais je n’ai pas voulu me lever, j’avais la tête dans le cul, complètement naze. D’ailleurs, mon miroir était d’accord. Après ces longues heures sans sommeil, j’avais décidé de faire un effort pour participer et ne pas rester en retrait comme hier soir.
Vers midi, je suis descendue, ils terminaient de déjeuner. En descendant vers la cuisine, j’ai entendu Nina insister pour qu’ils retournent en Allemagne, Pascal n’en avait pas envi. Quant elle m’a vu arriver, elle a voulu partir, apparemment, ils avaient prévu quelque chose. J’ai dit bonjour à tous les 2 et Pascal m’a servi mon mug de café. Elle a remarqué son geste et a foncé les sourcils. Pascal m’a proposé de les accompagner, ils avaient prévu d’aller visiter la station, monter sur les pistes pour grignoter quelques choses et peut-être faire un tour en ballon.
- Ah, c’est juste, Nina n’est jamais venue à Gstaad? C’est la 1ère fois que tu viens, hein?
J’essayais d’être sympa, ça l’a prise de court, et elle m’a répondu à contre cœur. Pascal l’a remarqué. J’ai fait remarquer que je n’avais jamais, non plus, visité la station. Nina a expiré lourdement, exaspérée. Elle a dû penser que j’allais les coller, ben non. Visiter la station ne me tentait pas des masses, j’allais pouvoir en profiter pour dormir un peu plus. Après tout, tant qu’ils seront à l'extérieur, ils ne pourraient pas se sauter dessus.
Pascal a insisté pour que je les accompagne, pour finir, en voyant que ça ne servait à rien, et que plus il insistait, plus ça avait l’air d’énerver Nina, j’ai fait celle qui ne voulait pas à cause d’elle. Petite vengeance. Pascal a proposé de m’appeler plus tard, pour savoir si je voulais qu’il passe me prendre, suivant ce qu’ils faisaient. Là, j’ai accepté. Avant de partir, il m’a demandé si j’avais déjà appelé Thomas. Ben non. J’avais oublié. Alors, il m’a rappelé ma promesse de ne rien lui dire.
Dès qu’ils ont tourné les talons, j’ai été me replonger au lit.
Vers les 15h, Pascal m’a appelée pour savoir si ça me tentait un tour en traineau ou un survol de la station en ballon. Non. Le traineau, c’était plutôt un truc pour les amoureux, alors le ballon peut-être? J’ai voulu savoir combien de temps ça prenait, env. 1h30, donc ils ne seront pas rentré avant 17h. J’ai prétendu que je voulais les laisser tranquille, que j’étais aussi sortie faire un tour, que je ne serais pas rentrée avant 17h non plus. C’était juste une excuse pour ne pas y aller. Le traineau, on ne l’avait jamais fait les tous 2, et voilà qu’il y allait avec elle? Pfff, l’idiot. C’était impardonnable.
Je suis sûre qu’elle n’écoutait pas, parce que Pascal a insisté que j’étais toujours la bienvenue. Qu’il ne fallait pas? Qu’est-ce qu’il a encore voulu dire? J’avais oublié mon décodeur, alors si on ne me dit pas les choses clairement!!! Je me suis donc installée confortablement près de la cheminée pour lire. Je pensais être tranquille jusqu’aux env. de 17h...
Quelle ne fût pas ma surprise de les entendre rentrer 10mn plus tard!!!
Prise de cours, j’ai foncé me planquer dans l’attique. Merde. Je ne m’attendais pas à ce qu’ils décident de rentrer au chalet. J’ai regretté d’avoir dit que je ne serais pas là, parce qu’apparemment, ils n’attendaient que ça!
Et ils en ont profité! L’heure qui a suivi a été un calvaire pour moi. Horrible, j’entendais tout. Et ils s’en sont donné à cœur joie. Je ne m’attendais pas à ça de la part de Pascal en fait. Dire que j’avais pensé que Caro était bruyante, mais c’était parce que je n’avais pas entendu Nina! A comparer, je suis muette. Les larmes ruisselaient sur mon visage, je lui en voulais, je le détestais à mort. Je me suis promise qu’il ne me touchera plus jamais. J’étais révulsée, je tremblais de la tête aux pieds.
Il devait vraiment la désirer pour y mettre autant de vigueur...
C’est impossible d’expliquer la douleur et toutes les images qui nous passent par la tête, ni cette impression de mourir un peu à chaque seconde! Comme une morte vivante, vacillante, je suis descendue au rez. J’entendais encore les bruits qui provenaient de la chambre. Normal, ils se croyaient seuls. Impossible d’arrêter mes tremblements. Je ne savais pas si j’arriverai à lui pardonner un jour.
Pascal est descendu en caleçon pour aller chercher, je ne sais quoi, à la cuisine, il a été surpris de me voir. A ma tête, il a tout de suite su que j’avais tout entendu. On s’est regardé, sans un mot. Un instant bloqué dans son élan, son air content de lui a disparu instantanément. Il a eu l’air de vouloir dire quelque chose ou de venir dans ma direction, mais que dalle, je ne voulais pas lui parler, ni le voir d’ailleurs.
Je me suis levée pour remonter m’enfermer dans ma chambre. Il est resté planté au milieu des escaliers et a voulu m’arrêter quant je suis passée à côté de lui. Je lui ai arraché mon bras. Tsss, qu’est-ce qu’il me voulait encore? Qu’est-ce qui aurait bien pu dire pour tout effacer? Rien. Rien de rien. Et je ne voulais pas qu’il me touche avec ces mains qui avaient bidulés une autre fille.
Je les entendais parler, ils étaient dans la chambre d’à côté, celle de Pascal. Il s’habillait et Nina lui prenait la tête. Elle pensait que si j’étais sans gêne et que si j’avais le culot de venir frapper à sa porte aussi tard dans la nuit, comme hier soir, c’était de sa faute, parce qu’il ne faisait rien. Pascal lui demandait de baisser le ton, mais elle a continué; elle tenait à ce qu’il mette les choses au clair avec moi et tout de suite.
Pascal a eu le culot de débarquer dans ma chambre. Non mais! Mon sang n’a fait qu’un tour. L’appréhension? Peut-être que je me doutais de ce qui allait sortir de sa bouche? Je sais pas mais, mes poils étaient au garde à vous. J’avais raison.
C’était pour me dire que, Nina et lui sortaient ensemble, qu’il pensait qu’il devait me le dire.
Les larmes sont montés d’un coup, j’avais froid et chaud, les oreilles brulantes. Je ne voyais pas ce que j'aurai pu dire, ou parce que, quoi que j’aurai eu à dire, ce serait sorti au milieu de mes pleurs. Je l’ai regardé droit dans les yeux, si mes yeux avait été des missiles, Pascal serait mort. Calmement, malgré les larmes, j’ai été ouvrir la porte pour qu’il dégage de ma chambre, je n’avais rien à lui dire. Et j’ai pleuré.
Pascal n’arrêtait pas de me blesser, c’était une chose après l’autre, ça n’arrêtait pas... Avant les fêtes, il m’a planté une dague dans le cœur, soit-disant pour consolider son mariage, et voilà qu’il sort avec une autre nana, et cette fois, juste avant une autre fête; celle des amoureux. Il ne m’avait pas plaquée pour renforcer son mariage, c’était simplement qu’il avait rencontré quelqu’un d’autre, qu’il en avait marre de moi. Il ne m’avait jamais aimée pour me faire des trucs pareils, c’était pas possible.
Malgré mon chagrin, j’étais furax aussi. C’était clair qu’il jouait avec moi. Hier soir, il m’avait fait croire qu’il avait encore des sentiments pour moi, ici même, dans ma chambre, mais tout ça n’était qu’un jeu pour lui. Après, il s’est tourné vers elle, pas vers moi. J’en pouvais plus. Trop mal. Je le déteste. Je ne supporte plus de le voir.
J’étais au summum de la rage et de la peine, et soudain, ses bras se sont refermés sur moi. Je me suis laissé aller contre lui 1mn, puis la raison m’a secouée.
Qu’est-ce qu’il faisait là? Je ne l’avais pas entendu rentrer! Encore un petit jeu? Pour voir ce que j’allais faire, si j’allais à nouveau lui ouvrir mon cœur pour qu’il puisse le piétiner encore? Va chier! Je l’ai repoussé en lui disant d’aller retrouver sa chère Nina et de me ficher la paix.
-
Ne me repousse pas... Je ne comprend pas pourquoi tu le prend comme ça, t’es avec Thomas... Qu’est-ce que tu veux que je fasse? Comment j’aurai pu te le dire sans que ça te fasse de la peine?
-
Fou le camp. Je veux pas te voir, ni t’entendre. Laisse moi.
-
Explique moi, parce que là, je suis largué. Je ne m’attendais pas à une telle réaction.
-
Va-t-en Pascal. Je t’en prie, laisse moi. Ne me fais pas répéter encore stp. Fou le camp... DéGAge de là.
J’en pouvais plus. J’avais mal partout, jusqu’à la pointe des poils de mon corps. Je voulais juste qu’il disparaisse de ma vue.
-
Qu’est-ce que tu veux que je fasse?
-
Tu te répète, alors fiche le camp. Je ne sais pas dans quelle langue te le dire; DÉGAGE! Nina doit t’attendre et si elle te trouve ici, c’est encore moi qui va en prendre plein la tête.
La haine avait pris le dessus, les larmes coulaient toujours, mais les hoquets de pleurs avaient cessés. Plus calmement, je me suis levée pour aller lui ouvrir la porte encore une fois, mais surtout pour m’extirper de ses bras qui me brûlaient maintenant, plus qu’autre chose.
-
Ok, maintenant ça suffit. Tu me parles oui ou merde.
-
Alors, ce sera merde!
Il a refermé la porte, attrapée par le bras et m'a fait asseoir sur le lit. J’avoue qu’il m’avait prise par surprise. Jamais personne n’aurait osé réagir comme ça avec moi, quant je suis dans un de mes épisodes de folie furieuse. Jamais. D’habitude, ça fait battre en retraite et on me laisse tranquille. Ça m'a prise de court et rien de plus pertinent ne me venait à l’idée.
-
T’es drôle toi... Jamais tu n’a laissé tombé quelqu’un pour moi. Je connais toutes tes parades. Quant tu étais avec Layne; le pauvre, tu ne pouvais pas lui faire ça! Alors, pour ne pas faire de peine au pauvre Layne, tu m’as mené en bateau pendant des semaines... Je devine qu’avec Thomas, c’est la même chose. Si je te demandais de le plaquer, tu le ferais? Noooon! Surtout ne pas faire de peine au pauvre Thomas, hein? Je te rappelle que c’est quand même toi qui a choisi!
Je ne savais pas quoi dire, la mine boudeuse, la seule chose à laquelle je pensais c’était, que je ne voulais pas le voir, que j’en avais rien à foutre de ce qu’il pouvait bien baragouiner, décidée à ne pas déserrer les dents, sauf pour lui dire encore de dégager. Pascal a continué à énumérer les fois où je l’avais fait passer après les autres sans penser à la peine que je pouvais lui faire.
-
C’est pas vrai... Je te rappelle que je t’ai choisi toi et pas Layne, et à Halloween, je l’ai planté pour toi. Pourtant, il n’avait rien fait pour mériter que je...
-
Rien fait pour mériter? Tu te fou de ma gueule j’espère? S’il y a bien quelqu’un qui le méritait, c’était bien Layne! De toute façon... Oui, t’as raison, je me rappelle... Mais comme je disais, de toute façon, je t’avais laissé le choix dans ma lettre, tu n’avais qu’un mot à dire... Et tu as choisi Thomas... Pas moi, Thomas! De toute manière, vous les filles, vous aimez les sales types, alors je peux en faire autant. Je peux aussi être un sale type!
-
Quelle lettre?
-
Quelle lettre? Celle que j’ai laissé à Thomas, celle où je me suis laissé allé à te dire ce que je ressentais. Celle à laquelle tu n’a jamais jugé utile de répondre!
-
Jamais reçu de lettre. Thomas ne m’a rien donné de ta part.
-
D’accord... Bref! On va pas aller sur ce terrain.
-
Ah oui, comme quant tu as dis vouloir donner une chance à ton mariage? C’est avec cette Nina que tu pratique la remise en forme de ton mariage? Oh non, suis-je bête, c’était juste pour me larguer! Tu n’avais pas besoin de chercher une tonne d’excuses pour ça.
-
C’est pas vrai, et voilà qu’on se prend la tête! Quel week-end de merde!
La Nina a frappé à ma porte, elle cherchait Pascal. Des éclairs de fureur ont traversé mon regard.
-
Puis, c’est quoi comme nom pour une allemande; Nina?
-
Je te laisse... Je crois que ça nous mènera nulle part cette discussion.
-
Oui... surtout vite une excuse pour courir la retrouver, pas besoin de faire tout un cirque, vas-y!
J’avais appelé Thomas entre temps, il s’emmerdait ferme. Il n’avait pas réussi à mettre la main sur Pascal. J’aurai peut-être dû lui dire d’arrêter de le chercher, ce n’était pas cool de le laisser dans le noir. Il avait passé la soirée à faire la navette entre les 3 appartements. Il pensait que peut-être Pascal était parti en week-end ailleurs avec l’autre fille. Il était passé à son appart, avait sonné et n’avait eu aucune réponse. Il avait renouvelé l’opération à plusieurs reprises sans succès. La seule qu’il avait réussi à trouver, était Caro, alors ils s’étaient donné rendez-vous le soir pour dîner et discuter.
J’aurai aussi dû réfléchir à ce que j’allais lui dire avant de l’appeler. Mon silence l’avait inquiété, il s’était demandé pourquoi je n’avais pas répondu ou rappelé plus tôt. Il a voulu savoir ce que j’avais fait. Pour ne pas mentir, je lui ai dit que j’ai été chez lui pour sentir sa présence, qu’il me manquait. J’ai immédiatement pensé qu’il avait deviné que je n’étais pas chez moi, mais j’ai détourné ses questions pour ne pas lui dire que j’étais au chalet en changeant de sujet dès que j’avais l’impression qu’il revenait à la charge.
Je n’osais plus sortir de ma chambre, je ne voulais pas voir Pascal et je voulais qu’il sache clairement que je faisais la tête. Mais à quoi cela servirait-il? S’il s’en allait ou s’ils sortaient sans moi? Je me suis endormie, j’étais crevée et j’avais mal à la tête.
Vers 19h30, Pascal est venu frapper, et n’obtenant pas de réponse, il est entré pour me réveiller. Ils avaient l’intention d’aller manger dehors, puis de prendre un verre quelque part et voulait savoir si je venais aussi. Zut, avec tout ça, j’avais oublié d’aller faire de petites courses pour manger. Merde, et je l’aimais tant... Si seulement je pouvais me serrer contre lui... Il a tout de suite senti que j’avais de la fièvre. Il a proposé qu’on reste au chalet et qu’on n’avait qu’à commander. Ils étaient déjà prêt tous les 2 et n’attendaient que sur moi.
Hm! Le culot... Après tout ça, il agissait comme s’il ne s’était rien passé, s’inquiétant de mon état! J’avais mal au cœur, presque la nausée, et mon mal de tête n’avait pas disparu. J’étais down quoi. Je lui a dit de ne pas compter sur moi, ils n’avaient qu’à faire comme si je n’étais pas là.
-
Reste, stp...
-
Jane, je ne peux pas... Nina m’attend...
J’avais flanché, je suis trop faible! Je m’étais accrochée à sa chemise. Ridicule. Je m’en rend compte maintenant, mais que pouvais-je faire d’autre, je ne voulais pas le perdre.
Il s’était levé comme s’il avait une bombe où il était assis, il me dévisageait d’un air triste. Enfin, c’est ce que j’ai pensé. Puis il a répété qu’il ne pouvait pas et voulait savoir si je venais ou si je préférais qu’on reste au chalet. J’ai dit que je ne me sentais pas assez bien, que je préférais rentrer chez moi. Il n’a rien dit et il est parti. Pfff, je ne comptais vraiment plus pour lui!
Là dessus, j’ai décidé que c’était assez. J’avais fait tout ce que j’avais pu, j’avais tout essayé, je m’étais même ridiculisée à mort. Assez. Je n’en pouvais plus. Il était temps pour moi de tirer ma révérence.
Pascal a voulu m’empêcher de partir...
Ils étaient allongés tous les 2 sur le canapé, comme un couple de siamois. Ça aussi, je croyais que ce n’était qu’avec moi, quelle erreur. J’ai été récupérer mon livre et Pascal a cru que j’avais enfin décidé de les accompagner pour aller manger au resto. Ben voyons! Comme 3ème roue du char? Quant il a compris qu’en fait j’étais en train de partir, il m’a poursuivie pour m’arracher les clés.
Le nul. Il ne devinait pas que c’était trop tard?
On ne s’est pas vraiment bagarré, mais, après les clés, il m’a arraché mon sac, barré le passage, a prétendu que je n’étais pas assez bien pour conduire, etc. Au bout d’un moment, Nina lui a dit de me laisser partir, j’étais une grande fille, je n’avais pas besoin de lui pour décider à ma place. De quoi je me mêle, mais bon! Pascal a insisté, il voulait que je reste, qu’on parle. Je n’avais strictement rien à lui dire et je n’en avais rien à foutre de ce qu’il pouvait bien avoir à me dire. C’était trop tard, je voulais rentrer.
-
Pascal, laisse là faire ce qu’elle veut! Ta façon d’agir avec Jane est bizarre! Elle est encore amoureuse de toi, et ta façon d’agir ne fais que lui donner de faux espoirs, c’est pas net! (Nina)
-
De quoi je me mêle? (moi à Nina)
-
Tu es pathétique! (Nina à moi)
-
Et elle m’insulte en plus... (moi)
Pascal s’est pris la tête en les mains... Calmement, je lui ai demandé de me rendre mes clés, que j’avais mal à la tête et que je voulais juste rentrer. Narquoise, je lui ai dit que je les laissais tranquille, qu'il devrait être content, ils pourraient reprendre leurs exercices. Pascal a blêmi.
Comment? Il ne se doutait pas que je les avais entendu? Pfff! Quel cinoche!!!
Butée, je ne voulais rien savoir, pas question que je reste 1mn de plus. Pascal étant aussi têtu pour moi, j’ai fini par me calmer. De toute manière, je me foutais pas mal de ce qu’il voulait me dire, je voulais bien lui accorder 5mn, ensuite je me barre.
Je me suis assise sur le bras du fauteuil le plus proche de la porte et j’ai attendu. Moi, je n’avais rien à dire, alors s’il voulait discuter, c’était à lui de se lancer. Toujours blême, il s’est assis et s’est pris la tête dans les mains. Moi, je regardais ailleurs, je n’avais pas envie de le regarder, surtout quant il agissait comme ça, ça risquait encore de me faire fléchir, et je n’en avais pas l’intention.
Après des secondes interminables, il a enfin émis quelques mots. Je n’ai rien trouvé à répondre, pour moi, ce n’était que de la foutaise.
-
Je ne veux pas que tu partes... Je n’ai jamais voulu... (Pascal)
-
Laisse la partir. (Nina)
-
Je t’en prie, ne te mêle pas de ça! (Pascal)
-
Comment? Elle est venue exprès nous foutre en l’air le week-end, et elle veut enfin se tirer, alors laisse la partir! (Nina)
-
Jane, je t’en prie, reste... Je suis désolé pour tout... Je n’ai pas envi de te voir partir, alors reste. (Pascal)
-
Trop tard! (moi)
Nina nous regardait l’un et l’autre, mais surtout lui. Elle n’en croyait pas ses oreilles. Moi, je continuais à regarder ailleurs. J’avais de petits pincements au cœur, j’aurai voulu pouvoir passer sur tout ça et avoir le courage de lui répondre, de le regarder, mais je savais que je ne pouvais pas. Même si je flanchais 1mn, tout me reviendrait aussitôt en tête, et la fureur reprendrait le dessus.
-
Trop ambigüe tout ça! Tu n’es plus amoureux d’elle, c’est toi qui me l’a dit, et tu continues à la traiter comme un bébé qu’on doit protéger de la réalité? (Nina à Pascal)
- Reste en dehors de tout ça. (Pascal à Nina)
-
Je t’ai écouté, je peux avoir mes clés maintenant? (moi)
-
Jane... Je t’en supplie... (Pascal)
-
Pascal? J’aimerai savoir ce qui se passe? (Nina)
Hum! La seule phrase qui me traversait la tête était; “Va te faire foutre”. Pascal s’est approché, j’ai pensé que c’était pour me donner mes clés, alors je n’ai pas bougé, mais il a essayé de me prendre la main. Je l’ai retirée violemment. Ça m’a picoté comme s’il m’avait brûlée, je ne voulais pas qu’il me touche.
-
Tu m’expliques? (Nina à Pascal; sa voix était quelque peu hystérique).
-
Y a rien à expliquer, rien de sérieux, une aventure tout au plus. (Pascal)
Dans ces moments là, je n’agis pas avec du sang froid, la rage m’inonde tellement que j’ai de la peine à redescendre. Impossible de me contrôler. Il n’avait qu’à continuer son week-end en amoureux avec sa planche à pain, ça ne me regardait pas.

-
Jane, reste... Je t’aime, tu le sais, alors je t’en prie reste. On pourrait parler, tu veux bien? (Pascal)
-
Comment? Tu te fou de ma gueule? Tu as dis que tu n’éprouvais plus rien pour elle, ni pour ta femme d’ailleurs! (Nina)
Fâchée, Nina avait ramassé ses pompes et elle a foutu le camp à l’étage. Elle devait fulminer et devait l’attendre de pieds ferme! Je sais bien que j’aurai dû me calmer et au moins lui accordé une chance de s’expliquer, mais je trouvais que j’en avais assez fait. Il aurait dû se réveiller plus tôt. Maintenant, rien ne pouvait reculer le temps, ni rien effacer, alors basta. Moi, je signe ma sortie. Je voulais mes clés c’est tout.
-
Je n’ai jamais cessé de t’aimer, même pas 1mn.
Hooooh, trop belle occas pour que je ne l’attaque pas! Et j’ai frappé en dessous de la ceinture.
-
Oh! Vraiment? Bla-bla-bla... Même quant tu étais en train de lui faire sa fête? Attend.. A quel moment exactement de la minute est-ce que tu m’aimais? In or out? Quant tu l’a déshabillais tu m’aimais aussi? Allé, dis moi quant et où tu m’aimais?
Pascal est devenu tout pâle avec les joues en feu. Pfff, quoiqu’il fasse, ça ne me concernait plus. Il n’avait qu’à se débrouiller avec sa louise, celle qu’il avait préférée à moi, celle avec qui il m’avait fait souffrir. Chaque kilomètre qui m’éloignait de lui était comme une bouffée d’air frais, j’avais hâte d’être à la maison.
Pascal a commencé à me harceler par téléphone, pour finir, je l’ai coupé. Il m’avait laissé des messages pour dire qu’il passerait chez moi, j’ai juste répondu que je n’y serais pas. Point final.
J’ai pensé appeler Layne pour passer la soirée avec lui, mais si Thomas venait à le savoir, il se fâchera. Alors, pour être sûre d’éviter Pascal, j’ai été me réfugier chez Thomas. Pascal ne pensera pas à me chercher là-bas, d’autant plus qu’il ne voulait pas qu’on sache qu’il était en Suisse!
J’ai parlé avec Thomas avant qu’il n’aille à son souper avec Caro, je lui ai dit en riant que j’étais chez lui. Je crois que ça lui a fait chaud au cœur de me manquer autant. S’il savait... Puis j’ai baissé les stores dans sa chambre, et je me suis plantée devant la télé avec mon ordi.
Ciel, je me rends compte que je m’étale trop, j’écris trop, j'y mets trop de détails inutiles, parce que c’est trop frais. C’est arrivé il y a 2 jours, les détails sont encore gravés dans ma mémoire. D’habitude, j’écris tout en gros, le brouillon, et comme j’ai le temps, je me donne la peine de résumer. Là, avec tous les détails, j’ai dépassé les 10 pages A4, pfffff, et ça aurait pu être encore pire! En plus, je me répète sans arrêt. Bon, au moins, même si je perds la mémoire, en relisant tout ça, je me rappellerais de chaque détail.
Et si je me sens flancher quant Pascal est dans les parages, je n’aurai qu’à me relire pour que ça me refroidira aussitôt!