060/11 - L'autre femme, ma rivale et moi

Publié le par JaneDo

L’autre femme, la rivale et moi
Mardi - 1er.mars.2011 - (060/11)

J’avais passé toute la journée du lundi à me morfondre, finalement, je ne tenais plus, l’absence de Pascal me torturait. J’avais besoin de le voir. Avant de prendre la route, je lui ai parlé, sans lui parler de mes intentions, je voulais juste m’assurer qu’il était bien sur place, pas en voyage d’affaires ou un truc du genre.

Ce n’était peut-être pas une brillante idée juste après la tentative de suicide de sa femme, c’était presque le harceler. Il avait peut-être eu peur et avait peut-être aussi pris de nouvelles résolutions, mais tant pis, je n’en pouvais plus d’attendre qu’il me fasse un signe. J’allais le faire moi!

Ni 1, ni 2, j’ai téléphoné pour réserver l’appart dans le même hôtel que Pascal et zut, c’était déjà loué. Mince, quelle poisse! Tant pis, au pire, j’irai chez Caro.

Caro n’avait plus de boulot, mais elle restait à Munich pour continuer à voir Pascal, pourtant de son propre aveux,  ils ne se voyaient plus beaucoup depuis qu’il avait rencontré Nina. De plus, la plupart du temps quant ils se voyaient, ce n’était que pour aller prendre un verre, sans plus.

Donc, elle s’était mise à le suivre, le surveiller pour voir ce qu’il faisait.

Un soir, après qu’il soit rentré, sachant que Jess était absente, elle avait été sonner chez lui. Elle n’avait pas eu de réponses. Le lendemain, depuis la fenêtre du corridor, à l’angle de son appart, elle l’avait bien vu rentrer dans le bâtiment et avait attendu presqu’1h, mais il n’est jamais arrivé à son étage.

Elle avait fini par l’appeler. Pascal lui a menti en prétendant qu’il venait de rentrer pour se changer, qu’il ne pouvait pas la voir parce qu’il avait un truc avec le boulot et qu’il ressortait aussitôt. Il y avait un bug! Il ne se doutait pas qu’elle était devant sa porte depuis presque 1h!

Triste, elle est ressortie se poster dans la rue, elle n’avait pas pu se résoudre à partir, elle voulait le voir. Elle avait surveillé son appartement. Tout était éteint. Elle l’avait pourtant vu entrer dans le bâtiment, mais pas ressortir. Puis, elle a compris; il avait rendez-vous avec Nina. Alors qu’elle surveillait l’entrée, elle a vu Nina s’engouffrer dans l’immeuble, mais chose surprenant, toujours pas de lumières dans l’appartement. Elle est remontée sonner à sa porte. Rien, personne, pas de réponses!

Elle a été voir au bar de l’hôtel; rien. Elle a pensé qu’ils étaient peut-être ressorti alors qu’elle faisait le tour du restaurant et du bar. Dépitée, elle a été voir dans le garage souterrain, la voiture n’avait pas bougé, elle était bien là. Gelée, tremblante, elle a quand même attendu 1 bonne heure, les yeux accrochés à ses fenêtres. Son appartement semblait désert. Avant de rentrer chez elle, elle l’a rappelé.

Cette fois, Pascal a prétendu avoir du monde à la maison, qu’il ne pouvait pas parler, il lui a promis de passer le lendemain chez elle. Mais, il ne l’a pas fait, il l’a simplement invitée à prendre un verre. Elle avait fait semblant de le croire, elle était déjà contente qu’il ait répondu sans l’envoyer chier. Pour quelqu’un qui était sensé avoir des gens à la maison, tout était éteint.

Tenace, Caro avait fait le pieds de grue, et ce n’est que vers les 1h du matin qu’elle avait vu de la lumière chez lui, et peu après, elle a vu Nina quitter le bâtiment. C’est clair pour ce qu’ils avaient envi de faire, ils n’avaient pas besoin de lumière, mais quand même!

Caro est venue me chercher à la gare, et on a été déposer mes affaires, puis on a bavardé. Sujet; Pascal, bien évidemment. Elle m’a racontée sa vie à Munich depuis qu’elle ne travaillait plus, en fait, ce n’était qu’une longue attente quant elle ne voyait pas l’homme de sa vie. Elle n’avait pas d’amies, se sentait seule et s’ennuyait. Elle avait même pensé rentrer en Suisse, parce que depuis qu’il était avec cette Nina (elle aussi elle disait “cette” Nina), elle le voyait très peu.

J’ai été franche avec elle, ça me faisait toujours quelque chose quant elle me parlait de Pascal, je n’avais pas encore tourné la page, Pascal comptait toujours pour moi et je n’arrivais pas à me décider à laisser tomber.


Si j’étais venue en Allemagne, elle se doutait bien que j’allais tout faire pour le voir. Seul petit problème; Jess! Je n’avais pas averti Pascal de ma venue, j’avais peur qu’il essaie de m’éviter. Difficile de savoir comment m’y prendre pour le voir, je me doutais bien qu’il apprécierait moyennement que je me pointe à son appart, mais que faire d’autre? L’appeler? L’attendre devant la porte?

On connaissait le chemin qu’il prenait pour aller et venir du boulot, donc c’était facile de se poster sur son passage. Il risquait de me dire qu’il devait rentrer, que sa femme l’attendait. Pourtant, je n’avais pas trop le choix.

Pascal a été surpris de me voir et de voir Caro. C’était difficile de savoir si ça lui faisait plaisir ou si ça l’ennuyait, mais, comme je m’y attendais, il ne pouvait pas passer du temps avec nous, il devait rentrer. Il avait l’air triste de devoir me faire faux-bond, mais ça pouvait aussi être du cinoche. Il a voulu savoir si Thomas était au courant de ma présence, mais, évidemment que non.

Je lui ai demandé s’il ne pouvait pas se débrouiller pour passer plus tard, mais il avait un truc avec le boulot vers les 20h et il a prétendu ne pas pouvoir annuler. Du coup, il a décidé de rester un peu. J’aurai voulu le voir seul à seul et j’ai regretté que Caro m’ait accompagnée, on ne pouvait pas vraiment se parler.

Pour être polie, j’ai voulu savoir si Jess allait bien. Toutefois, j’ai senti que tout la situation le mettait hors de lui, alors j’ai abrégé. Pour lui, ce n’était qu’une manière de le rappeler à l’ordre, avec la menace de mettre ses parents au courant. Toutefois, il s’était un peu calmé, mais il ne voulait pas la laisser le mener par le bout du nez. Ça l’avait un peu énervé de voir Thomas débarquer pour lui faire la morale. Puis, on a appris que Jess avait décidé d’aller passer quelques jours à New York avec ses parents. Je pense que c’était pour le culpabiliser un max.

Je lui ai fait croire que, le lendemain, je retournais en Suisse, pour essayer de lui forcer la main à me voir ce soir, mais ça n’a pas marché. Il n’est resté qu’1h avec nous et il est rentré.

  • Toi alors!!! Tu aurais dû me dire que tu pensais venir, j’aurai probablement pu m’arranger, mais là, à la dernière minute, c’est pas possible.

J’étais hyper super déçue, mais j’ai prétendu que ce n’était pas grave, après tout, j’étais aussi venu pour rendre visite à Caro. Pouahh, rien de plus faux. Caro tout comme moi n’avions pas pu nous résoudre à partir, on voulait voir s’il avait vraiment un truc ou s’il voulait tout simplement nous zapper. On s’est dit au revoir devant le bistrot et on a fait semblant de partir, pour revenir aussi sec s’asseoir et attendre.

1h à peine plus tard, on l’a vu partir en voiture. On s’est jeté dans le 1er taxi et on a essayer de le suivre, mais on l’a très vite perdu dans la circulation. Et merde! Ça nous a un peu sapé le moral, mais on a pas baissé les bras pour autant. Pfiouh, heureusement que Caro était là, seule, j’aurai sûrement déprimé.

On a donc fait le tour des endroits où il était susceptible d’aller avec ses collègues de boulot. Caro savait mieux que moi où chercher. On partait parfois dans des fous rires incontrôlables, on était ridicule et on le savait. C'était chouette que Caroline soit là.

Bingo! On a fini par retrouver sa voiture. Pascal était dans un pub où elle avait déjà été prendre un verre avec lui.

Caroline me proposait d’aller prendre un verre là-bas aussi, en faisant semblant qu’on ne savait pas qu’il était là. Moi, ça me gênait, je ne voulais pas. Je préférais attendre dehors, près de sa voiture. Caro a tenu à aller voir dedans, pour être sûr qu’il était là.

Si elle tombait sur lui, elle sera peut-être obligée de rester un peu. Glups, il se demanderait sûrement où j’avais passé. On a mis une stratégie au point; si elle lui tombait dessus, elle ferait semblant de m’attendre, et fera sonner mon natel. Si Pascal lui posait la question, elle lui dirait que j’étais au téléphone, alors elle était entrée.

Pascal avait probablement été chercher Nina, avant d'aller rejoindre l'équipe du boulot. Enfin, je crois. Donc, il n’avait pas menti!

Quand même, si c’était juste pour prendre un verre, franchement, Pascal aurait pu annuler s’il avait envi de me voir. Déprimée, je devais me rendre à l’évidence qu’il n’en avait pas eu envi. Déception.

Peu avant 23h, on a vu Pascal et Nina sortir du pub et s’engouffrer dans sa voiture. On a pas réussi à avoir un taxi assez rapidement et on n’a pas réussi à le suivre cette fois non plus. Perdue dans les rues de Munich, on a fini par battre en retraite pour aller attendre chez lui. Évidemment, on a discuté de savoir ce qu’on ferait si Pascal passait la nuit chez Nina. On ne savait pas où elle habitait et on a décidé d’attendre maximum 2h.

On a eu de la chance, un peu après 23h30, on l’a vu entrer dans le garage souterrain de son hôtel.

Pendant quelques minutes, j’ai espéré qu’il m’appelle pour me dire qu’il en avait terminé avec le boulot et éventuellement me proposer de prendre un verre, mais niet. Il est rentré sagement chez lui. Quant je dis sagement, hum, c’est pas tout à fait exact...

Je voulais aller sonner chez lui, mais pour ça, il me fallait me débarrasser de Caro. Je voulais voir Pascal toute seule et il m’a fallu beaucoup de persuasion pour convaincre Caroline de me lâcher la grappe et rentrer chez elle. On pouvait voir les fenêtres de l’appart à Pascal, il était chez lui, mais avant qu’elle ne se décide à foutre le camp, l’appartement a été plongé dans le noir. Caro voulait m’accompagner, mais c’était hors de question. Je commençais à m’impatienter, je ne voulais pas qu’il soit endormi, ça risquait de l’énerver.

Glups... Puis, on a vu la Nina se faufiler dans l’immeuble... Ha? Ils avaient rendez-vous? Donc Pascal préférait la voir elle, plutôt que moi, malgré tout le chemin que j’avais fait? Je me suis mise à trembler. Je ne sais pas si c’était la rage ou l’angoisse, ou de le savoir avec elle, celle qui semblait compter maintenant beaucoup plus pour lui que moi.

Le code de l’entrée de l’immeuble avait changé depuis ma dernière visite, impossible d’entrer. Poisse. J’ai essayé d’appeler pour une réservation tardive. Je dois dire que, du coup, j’étais contente que Caro soit là, j’étais vraiment trop nerveuse, tendue comme une arbalète et je tremblais de tout mon long. Merde, pas de chambre pour 1 personne de disponible et je n’avais pas assez sur ma carte de crédit pour une chambre double de luxe. Poisse.

Caroline, toujours très futée, m’a suggéré d’attendre près des garages et de profiter du passage d’une voiture. L’impatience me tordait le ventre et je voyais les minutes s’écouler avec angoisse. Et ouf, une voiture! Je me suis engouffrée derrière et Caro m’a laissé pour attendre à l’extérieur. Tant mieux. Je ne voulais pas qu’elle assiste à ma déchéance, ni à la rebuffade que je m’apprêtais à prendre dans les dents. Si je fondais en larmes, je ne voulais pas de témoins, surtout pas elle. Elle qui avait la chance de le voir de temps à autre, en tous cas, plus souvent que moi. J’avais tellement serré les poings que j’avais le dessins de mes ongles dans la paume.

J’ai sonné, et sonné encore, pas de réponses... Ça m’a foutu les larmes aux yeux. Je craquais. Je suis sûre qu’il se doutait de la personne qui venait l’emmerder à cette heure-ci et c’est pour ça qu’il ne répondait, ni à son natel, ni à la porte. Je me sentais au bord de la folie.

Anéantie, au bord des larmes, j’ai appelé Caro pour lui dire que ça ne répondait pas. Depuis l’extérieur, Caro m’a dit qu’il n’y avait toujours pas de lumières chez lui. Angoisse extrême. Ils s’étaient déjà couché? God, pourvu qu’il m’ouvre? Mais, pourquoi le ferait-il? Pour que je lui fasse une scène? Et de quel droit exactement? Est-ce que ce n’était pas moi qui sortait avec Thomas, alors qu’est-ce que je lui voulais? Arf, j’anticipais déjà tout ce qu’il pouvait me dire, mais je n’avais pas grand chose à répondre, mais impossible de ne pas sonner encore.

Rien. Toujours pas de réponses. Bizarre! Il ne pouvait pas ne pas entendre?

S’il ne voulait pas m’ouvrir, je trouvais ridicule de l’appeler, il ne répondrait pas non plus. Il n’y avait rien d’autre à faire, que de rentrer. On était toutes les 2 très déçues. On arrivait pas à imaginer que Pascal ne se donne même pas la peine de répondre à la porte, même si ce n’était que pour nous envoyer balader.

Il n’y avait toujours pas un voile de lumière aux fenêtres, on n’avait plus qu’à rentrer...


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