099/11 - Il ne m'aime plus, mais je m'accroche! (2)
Il ne m’aime plus, mais je m’accroche! (2)
Samedi.9.avril.2011 (99/11)
Je n’étais pas sûr qu’ils allaient au local pour déposer les instruments de musiques, mais je ne pensais pas qu’ils retournaient à la fête. Donc, même quant je les ai perdu en route, je me suis dirigée sans hésitation au local. Et bingo, j’avais raison, ils étaient là. Mais merde, quoi faire? Fais chier d’avoir raison parfois! Si je ne les avais pas trouvé, j’aurai peut-être eu des visions horribles, mais je ne serais pas en train de trembler à ne pas savoir quoi faire et sachant que j’allais craquer et faire irruption là-bas!
J’ai eu Caroline en ligne, elle avait attendu chez Pascal et ne les voyant pas venir, elle avait été chez la nana. Elle était persuadée qu’ils étaient là étant donné que la voiture à Pascal était parqué dehors. Elle ne savait pas que j’avais eu le courage d’entamer la filature aussi de mon côté, je ne lui ai rien dit. Je me doutais que d’un moment à l’autre j’allais m’humilier et je préférais ne pas avoir de témoins de ma déchéance!!! Une dernière fois, elle a essayé de me convaincre de la rejoindre, mais j’ai prétendu que je ne pouvais pas parce que Thomas allait arriver!
Caroline avait décidé de faire le pied de grue chez cette bonne femme, d’aller sonner, et s’ils ne lui répondait pas, de rester, de faire le pied de grue chez la fille. Elle avait l’intention de lui faire une scène quant il sortirait de là-bas. Elle savait qu’il ne resterait pas dormir, donc il allait bien devoir rentrer avant le lever du jour. Je ne pouvais pas lui dire qu’elle attendait pour rien!
Je tremblais de la tête au pied. Après le coup de fils avec Caro, je suis sortie de ma voiture et j’ai pris une grosse respiration qui n’a pas réussi à soulager mon angoisse. Les ongles plantés dans la paume, j’essayais d’arrêter mes tremblements, tout en essayant de m’encourager à être raisonnable, faire demi tour et rentrer chez moi. Je ne devais pas aller essuyer encore une autre humiliation devant cette nana. Je devrais rentrer, sinon je me tape le ridicule et en plus, je ne pense pas qu’elle se gênerait pour le raconter.
Je me suis répétée une bonne vingtaine de fois; “N’y vas pas, n’y vas pas... Tu va te taper la honte de ta vie, n’y va pas”, mais rien à faire. Les jambes en coton, j’ai réussi à me diriger jusqu’à la porte du local, zut, c’était verrouillé, alors j’ai frappé de toutes mes forces. J’ai entendu leurs chuchotements; la pouffe lui dire de ne pas répondre, mais Pascal est quand même venu ouvrir. Il a marmonné quelque chose comme; “Hééé! Mais qu’est-ce.. enfin mais...”.
La nana faisait semblant de continuer à ranger les instruments après m’avoir jeté un coup d’oeil.
Tant pis, dans des moments comme ça, il n’y a pas de fierté qui fasse, je me suis jetée contre lui et je l’ai entouré de mes bras. Si je pouvais, je ne le lâcherais pas. Je ne voulais pas qu’il me fasse partir ou qu’il me jette dehors. J’espérais qu’il ne me fasse pas un affront pareil.
En chuchotant, il m’a demandé ce que je faisais là, j’ai juste secoué la tête. Trop d’émotions, trop tendue pour parler tout de suite. Il a essayé de me décoller, mais je tenais ferme. J’ai marmonné plus qu’autre chose pour le supplier de ne pas me laisser tomber, que je l’aimais trop. Il me tenait par les bras, je pense que c’était pour me repousser, mais ses bras se sont refermés sur moi, et il a posé une main sur ma tête.
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Pascal? Je crois qu'on a fini, on peut y aller je pense...
Pascal n’a rien répondu, alors elle a voulu lui dire 2 mots et à contrecœur, j’ai dû le lâcher. Je l’ai entendu lui dire que je ne pouvais pas rester là, c’était le local du groupe, qu’il devait me demander de m’en aller. Je l’ai vu hocher la tête et j’ai recommencé à frissonner de trouille; il allait essayé de me fiche dehors, et d’après sa tête, c’était exactement ce qu’il avait l’intention de faire.
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Viens, je te raccompagne à ta voiture.
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Non... Je veux pas...
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Jane voyons...
L’autre pouffe évitait de croiser mon regard, mais sa face montrait tous les signes de satisfaction contenue. Elle sentait que Pascal allait rester et que j’allais finir la nuit à pleurer toutes les larmes de mon corps, elle n’a pas pu se retenir de me lancer un dernier petit regard dédaigneux à la perdante que j’étais. Son petit regard m’a blessé et j’ai décidé de ne pas me laisser faire. Je me suis immobilisée et je me suis retournée pour m’accrocher à Pascal. A demi mot, je lui ai demandé s’il rentrait avec moi, il a hésité en me dévisageant, puis il a dit oui.
Hahhhh.... soulagement... victoire! Que je l’aime lui... Mon prince charmant, mon chevalier rentrait avec moi. Je voulais que ce soit clair pour elle aussi et lui faire avaler son regard de pétasse, lui faire avaler son petit air de ne pas y toucher. J’avais remarqué sa veste sur le dos du canapé, et je lui ai rappelé qu’il l’avait oublié. Il a fait demi tour pour aller le chercher.
La pouffe aussi avait entendu qu’il rentrait avec moi, alors en lui montrant bien qu’elle faisait la tête, elle a ramassé ses clefs et avant qu’il n’arrive à sa hauteur, elle lui a tourné le dos pour enfiler sa propre veste. Pascal avait un peu rougi, il était gêné, embarrassé, il l’a saluée. En se tournant à moitié vers lui, elle lui a demandé s’il pouvait lui donner un coup de main pour transporter la console de mixage et des partitions.
En disant ça, elle a jeté un regard boudeur en ma direction, j’ai compris comme Pascal, qu’elle voulait que je me tire, elle voulait lui parler, seul à seul. Que dalle oui, je n’ai pas bougé, et je n’en avais pas l’intention.
Toujours embarrassé, Pascal a regardé dans ma direction, puis il s’est penché pour l’aider à débrancher le matériel. Elle boudait ouvertement. Puis, n’ayant pas le choix, elle lui a demandé en chuchotant s’il allait vraiment la planté là, dans ce bled perdu, toute seule dans le noir, s’il ne pouvait pas me demander d’y aller et la raccompagner, qu’elle avait peur que la bus tombe en panne au milieu de nul part.
Pascal s’est tourné pour me dire d'y aller, il a hésité, puis ouf, il a changé d’avis et lui a dit qu’on la suivrait jusqu’à la route principale. Énervée, elle a jeté les partitions et elle est sortie, en me bousculant au passage.
Pascal a poussé une gros soupir. Il a tout reposé et on est sorti en fermant derrière nous et planqué la clé du local sous un pavé. Quant on est arrivé à la voiture, la camionnette était toujours là. La garce était partie à pieds.
Tsss... Il faisait nuit noir, mais elle imaginait bien qu’on la croiserait au cas où on ne faisait pas attention au mini-bus, et elle savait bien que Pascal, ni personne d’ailleurs, ne la laisserait s’aventurer seule dans la nuit, à pieds sur une route de campagne. Pascal est aussitôt parti en courant pour la rattraper. J’étais verte, je ne pouvais pas le suivre, ce serait ridicule. Alors, pestant sur place, j’ai attendu. Une fois la rage descendue, je me rendais compte que je n’étais pas tranquille non plus plantée là dans le noir, alors je me suis avancée dans leur direction.
J’entendais leurs voix; Pascal lui a demandé d’arrêter de faire l’idiote, de revenir prendre le bus ou sinon, elle pouvait rentrer avec nous. Boudeuse, elle a refusé, alors il l’a menacée de la laisser plantée là, parce qu’il n’avait pas l’intention de passer la nuit à lui courir après, qu’il était crevé et qu’il voulait rentrer. Pascal l’a attrapée par le bras et l’a forcée à le suivre, elle faisait mine de se débattre, mais elle suivait.
J’ai cru que c’était bon, qu’on allait enfin pouvoir rentrer, mais presque à ma hauteur, elle lui a arraché son bras, et en jouant à la femme enfant avec son petit air boudeur, en chuchotant pour que je n’entende pas, elle lui a demandé pourquoi il ne me demandait pas de partir en avant, qu'il me rejoindrait.
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Pourquoi est-ce qu tu me laisse tomber pour me planter ici, en pleine nuit, en pleine campagne avec ce vieux tas de ferrailles, alors que c’est elle qui nous a suivi ici? Elle n’a qu’à partir déjà, et vous parlerez plus tard, ou demain?
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On a à parler, et puis, je ne peux pas la laisser rentrer toute seule dans cet état, alors...
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Et moi alors? Tu ne peux pas la laisser te mener par le bout du nez...
Oups! La vache! J’ai eu un coup de chaud. Intérieurement, j’avais déjà les pieds au mûr, j’allais faire ma Caro, pas question que je lâche Pascal d’une semelle. Pour lui laisser le temps de lui monter le bourrichon? Ou qu’elle réussisse à lui faire changer d'avis et qu'il reste avec elle? No way! Pas question que j’aille où que ce soit sans lui. Pascal a tourné les yeux dans ma direction, puis à nouveau vers elle. Il avait poussé un énorme soupir.
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Je ne peux pas faire ça...
Pfffouuuh! C’était mon tour de pousser un gros soupir. J’étais trop tendue, j’avais peur, et à chaque phrase j’avais peur que Pascal se décide à me demander de partir en me promettant de venir me rejoindre et là, je serais obligée de dire non, de pester, bref, avoir le mauvais rôle, parce que je ne pouvais pas utiliser le coup de bouder!
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Je veux rentrer avec elle... Parce que c’est ma nana...
Hhhha! Qu’est-ce qu’il a dit? J’étais sa nana? Ohhhh, je l’adore trop fort. J’ai fondu. Mes nerfs ont lâchés. J’avais été tellement tendue depuis des mois, et après ce qu’il m’avait dit vendredi, je ne m’attendais pas à celle-là, je me sentais toute flasque d’un coup et mon cœur a commencé à faire des tonnes de “boum-boum”. Puis, un courant électrique m’a traversée de la tête aux pieds; est-ce qu’il disait ça comme ça ou il le pensait? Ou peut-être juste pour qu’elle nous laisse discuter? Non, non non non, il n’aurait pas dit ça s’il ne le pensait pas, enfin c’est ce que je voulais croire. J’étais re-flasque et pourtant je me suis mise à trembloter à nouveau et le dévorait avec de grands yeux surpris!
La nana avait pris une douche froide, ça l’a fait reculer. Elle m’a jeté un regard, puis sceptique; “Tu plaisantes?”. Pascal n’a pas eu besoin de répondre, il lui a tendu les clés du minibus.
Après nous avoir dévisagé l’un après l’autre, elle a pris les clés et m’a frôlée en passant, presque bousculée. Sans un mot, elle a grimpé dans la camionnette et elle est partie.
Pascal me dévisageait, il attendait que je dise quelque chose. C’était peine perdue, je n’aurai pas pu prononcé un mot, j’avais la gorge dans un étaux, et j’étais bien trop perplexe pour réussir à trouver quelque chose d’intelligent à dire. Pourtant, Pascal ne pipait pas le mot. Les mains dans les poches, il continuait à me fixer tranquillement. Impossible de lire sur son visage ce qu’il pensait. On avait l’air malin, dans la nuit au milieu de nul part, alors j’ai dit la 1ère chose qui me traversait l’esprit;
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Je... Je comprends pas? Tu avais pourtant dit l’autre jour que...
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Ben, il faut croire que j’ai menti.
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Je comprends pas (ouais, je me répète), mais pourquoi?
Gros silence que j’ai trouvé plutôt pesant.
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J’étais furieux, je le suis encore... J’aurai voulu que tu me retienne...
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Je comprends pas...
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Pour l’Allemagne, j’aurai voulu que tu me demande de rester, j’aurai voulu savoir... tu restais toujours calme, j’avais l’impression que ça ne te faisait rien qu’on soit séparé par des tonnes de kilomètres... J’aurai voulu que tu retienne, pas que tu me sortes que tu comprenais, que tu attendrais... et puisque tu as dit que tu m’attendrais, j’aurai voulu que ce soit vrai... Je me suis accroché à ça, mais tu as menti, ce n’étais que des bobards...
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Ce n’étais pas des bobards! Mais je ne voulais pas être une épine dans ton pied.
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Mes pieds auraient tenu le coup... j’espérais une réaction, au moins une larme... rien. J’ai essayé de te faire réagir, mais là encore, rien... j’en ai déduit que tu en avais rien à foutre, presque comme si t’étais contente que je m’en aille que tu puisse te vautrer dans les bras de Thomas. Tu n’attendais que ça, tu n’attendais qu’une bonne excuse... Comme tout le monde, je n’aime pas souffrir, j’ai préféré prendre les devant. Je ne te crois plus.
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Mais, c’est FAUX!
C’était un cri du cœur! Et moi qui pensait bien faire en ne montrant pas mes sentiments, aujourd’hui c’était ce qu’il me reprochait. C’était à n’y rien comprendre.
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Mais alors pourquoi lui avoir dit que (ça me gênait un peu de le relever), pourquoi lui avoir dit que j’étais ta nana?
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Pour qu’on puisse parler, c’est pas ce que tu voulais?
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Mais, elle est fâchée maintenant, entre vous c’est... fichu...
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Contente? C’est ce que tu voulais non? De toute façon, ça n’a aucune espèce d’importance.
Je devais bien avouer que oui. Je ne supportais pas de le voir avec une autre.
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Jane? Qu’est-ce que tu veux de moi? On a chacun notre vie, on est plus ensemble, tu es avec quelqu’un et tu veux qu’on continue à se voir? Tu n’aurai pas dû faire ce que tu as fais ce soir! Tu veux être ma maîtresse, et tu continue à agir comme si... Jane, qu’est-ce que tu attends de moi?
Quoi dire? Que je voulais une petite place? Oui, c’est vrai, mais je ne supportais quand même pas de le voir s’intéresser à une autre. Alors non, au fond de mon cœur, je savais que je le voulais tout à moi. Non, en fait, c’est aussi faux, je voulais être sûre et certaine qu’il m’aimait, qu’il m’aimait plus que tous les autres, que j’étais la seule qui comptait... Mais je ne pouvais pas lui dire ça? J’ai baissé la tête. Je ne savais pas quoi dire, et parfois, il a des circonstances où il vaut mieux ne rien dire du tout.
Soudainement, je me suis retrouvée dans ses bras, il me serrait tellement fort que je n’arrivais presque pas à respirer. Je me suis sentie soulagée, aussi fatiguée, libérée de l’angoisse qui me rongeait l’estomac.
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Une fois de plus, tu veux parler et pourtant tu ne dis rien!
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Sorry...
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Pfff, t’excuse pas va! On est pareil pour ça, pas très fort quant il s’agit de s’extérioriser!
Pas vrai! Il était beaucoup plus sincère, il savait s’extérioriser lui, c’était d’ailleurs une des qualités chez lui que je trouvais des plus sexy et que j’admirais à mort. Ça me coupait toujours le souffle. J’aurai bien aimé être un peu plus comme ça, au lieu de me retrouver chaque fois coincée dans ma tête.
Pascal a proposé qu’on se bouge. De toute façon, il me connaissait assez pour savoir que pas grand chose ne sortirait de ma bouche.
En arrivant chez l’autre pouffe, j’ai préféré lui dire que Caroline était sûrement dans le coin, donc c'était mieux que je le dépose un peu avant. Alors, il a proposé qu’on aille discuter chez moi. Mais ça, c’était pas possible, je lui ai expliqué que Thomas attendait chez moi hier soir. On ne pouvait pas aller chez lui non plus, parce que si Thomas n’était pas chez moi, il était peut-être rentré.
Poisse, c’était l’impasse, pourtant je ne voulais pas qu’on se sépare encore... J’ai bien remarqué qu’il semblait légèrement agacé, je ne savais pas si c’était parce qu’il en avait marre, qu’il voulait rentrer, ou que ma présence commençait à le gonfler??? Après un long silence, il m’a dit que c’était préférable qu’on rentre chacun de son côté. Butée, je ne voulais pas, je voulais rester avec lui.
En fait, j’avais peur qu’il retourne vers l’autre là! Je ne supportais pas l’idée. Je savais comment ce genre de truc finissait... Elle ferait sa petite victime, quelques larmes pour réchauffer le tout, lui la consolerait, il finirait par tomber dans ses bras, ils finiront par faire l’amour et le lendemain, il sera persuadé que c’était parce qu’il l’aimait et me dira d’aller planter des choux en Tasmanie. Alors non, je ne pouvais pas prendre le risque de le laisser aller vers l’autre, no way. Pourtant Pascal insistait. Il me proposait de trouver un moment demain, et on pourra continuer cette discussion si j’en avais envie, pour l’heure, il ne voyait pas ce qu’on pouvait faire d’autre.
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Tu veux aller la rejoindre, c’est ça?
J’ai vu ses sourcils décrire un arc, puis il m’a lancé un regard de travers:
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Non! Pfff, pas du tout! Je n’ai pas du tout l’intention de passer chez elle. Je n’ai absolument pas envi de me compliquer l’existence, je trouve que c’est déjà assez compliqué comme ça!
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C’est vrai?
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Oui, c’est vrai.
Mais je voulais rester avec lui, dormir dans ses bras, je ne pouvais pas imaginer rentrer toute seule et passer la nuit loin de lui à me languir de sa présence. J’étais consciente qu’il n’y avais pas d’autre solution, mais je n’arrivais pas à me résoudre à accepter de m’en aller. Non non non, je ne voulais pas. Pascal a regardé sa montre, il était tard, alors, il a tenté de me convaincre gentiment, puis pour finir, il m’a dit de rentrer, qu’il irait chercher sa voiture, passerait me prendre chez moi et on ira faire un tour et s’arrêter quelque part pour discuter. Rassurée, j’ai donc accepté de partir, mais c’était pas sans qu’il me promette de ne pas m’appeler entre 2 pour me dire qu’il ne viendrait pas. On s’était mis d’accord que si Thomas était chez moi, je devais laisser la lumière dans la chambre de devant pour l’avertir.

En rentrant, j’ai vu que j’avais reçu des messages de Thomas, mais je n’avais pas le cœur de lui répondre, je ne saurai pas quoi lui dire. Il me cherchait et se plaignait de passer encore un week-end sans savoir si on se verrait où pas, et comme par hasard, Pascal était dans les parages. Thomas me demandait de lui dire carrément si j’étais avec Pascal comme ça, il arrêterait de me chercher ou d’espérer de me voir. Il me demandait d’avoir au moins le courage de lui envoyer un petit message.
C’est vrai, j’aurai dû... mais pour dire quoi??? Je cours après Pascal?
Par contre, j’ai appelé Caro. Elle m’a dit qu’elle avait vu Pascal. Elle avait vu l’autre rentrer seule puisque la voiture de Pascal était chez elle, et elle avait été encore plus surprise de le voir, lui, 1h plus tard venir à pieds chercher sa bagnole!!! Caro pensait qu’ils s’étaient disputé parce que dès qu’il est arrivé à sa voiture, l’autre est sortie du bâtiment pour aller vers.
Après quelques minutes à discuter avec cette nana, Pascal lui a fait signe d’attendre et il s’est dirigé vers sa voiture; la voiture à Caro, qui aurait voulu mourir sur place. Je devinais qu’elle s’était raplatie dans sa voiture, elle a juste eu le temps de me chuchoter qu’il venait dans sa direction avant de raccrocher.
Glups... J’aurai voulu savoir ce qui se passait!
J’étais rentrée et j’attendais. Après un temps interminable, alors que je tournais en rond comme une lionne en cage, Pascal m’a rappelée... Pfffffff, comme je l’avais soupçonné, pour me dire qu’il ne pouvait pas venir là, tout de suite. Il y a quelques minutes, après avoir trouvé Caro en train de l’espionner, Thomas l’avait appelé, donc, il pensait que ce serait préférable que j’aille retrouver Thomas, parce que finalement, il ne pensait pas pouvoir venir.
J’étais tellement déçue, je me suis mise à pleurer au téléphone...
Je lui ai dis que je m’en étais doutée, que je savais qu’il ne pensait pas venir et que c’était pour ça que je ne voulais pas m’en aller, que j’étais sûre qu’il m’avait dit ça juste pour se débarrasser de moi. C’était lamentable, mais j’avais le cœur lourd et l’impression de l’avoir perdu si prêt du but, que je m’étais faite avoir de l’avoir cru.