102/2013 - Attaque en force...

Publié le par JaneDo


Vendredi, 12 avril 2013  - 102/2013 - Attaque en force... On oublie le trac...

J’ai quand même rappelé Pascal. Oui, difficile de me retenir plus que ça. Il n’a pas répondu, tant pis, j’avais de toute façon prévu de lui laisser un message sur sa boîte vocale. Je lui proposais qu’on se voit plutôt vendredi soir, que c’était un peu tard pour se voir aujourd’hui, il travaille demain, donc, ça ne valait pas la peine.

Non mais, pourquoi est-ce qu’il me proposait toujours de manger ensemble à midi? Moi, je voulais le voir en soirée. Comme il savait si bien le faire avec Caro.

Toute ma journée n’a été qu’une longue préparation dans l’espoir de voir Pascal dans la soirée. J’ai l’impression d’être en altitude, parce que j’ai les oreilles bouchées en permanence. Puis, j’ai l’épiderme gelée. J’ai chaud, mais, j’ai aussi froid

Pascal avait l’air de très bonne humeur quand il a appelé. Ça m’a redonné de l’espoir. Je me suis excusée d’avoir vu son message trop tard, mais que je lui avais laissé un message sur sa boîte vocale.

Pascal a dit que ce n’était pas grave, mais que je pouvais l’appeler à n’importe quelle heure. Que je devrais le savoir depuis le temps qu’on se connait.

Hé??? Je lui ai demandé quelle tête il aurait fait si je l’avais appelé à 2h du matin! Il dormait surement. J’ai été stupéfaite que Pascal me demande ce que je faisais jusqu’à 2h du matin. Sa question m’a tellement surprise, que je n’ai rien trouvé à dire. J’ai changé de sujet. Mouais, je sais bien qu’il avait demandé ça sur le ton de la plaisanterie, et qu’il n’en avait rien à fiche en fait.

Puis, son ton a changé pour devenir plus sérieux. Plus embarrassé aussi.

  • Ecoute, ce soir, ça ne joue pas, j’avais déjà prévu autre chose. Désolé. Au fait, tu fais quoi ce week-end?

Hiiii? Chouette, il voulait me voir? Me donner rendez-vous? M’inviter? Alors tant pis si on ne peut pas se voir ce soir. Je voulais bien attendre demain.

  • Rien de spécial, pourquoi?
  • Tu pensais aller au chalet?
  • Heu… Cça dépend. Pourquoi? Tu montes aussi, non?
  • Justement… Ecoute, hum, je ne sais pas comment dire ça. En fait, ce serait mieux que tu ne montes pas au chalet ce week-end. Nina est là pour le week-end, et je monte avec elle. J’ai pensé que tu préfèrerais le savoir, qu’il était préférable que tu ne viennes pas ce week-end.
  • Waouh! … Waouh! And it keeps coming!

C’est tout ce que je trouvais à dire. Pas très intelligible, mais, je me comprenais. Pascal n’arrêtait pas de m’en mettre plein la poire. Est-ce qu’il m’avait vraiment aimée un jour? Parce que comme ça, j’avais vraiment de la peine à l’imaginer. Jamais je n’aurais pu lui en faire autant en si peu de temps. D’ailleurs, je n’aurai pas pu m’empêcher de le voir, même si on n’était plus ensemble.

  • Comment?
  • Comment ça, comment?
  • Comment elle a su que Jess n’était pas dans les parages, que… qu’on était plus ensemble, etc? Vous vous parlez tout le temps ou quoi?
  • Heu oui, on se parle assez souvent.

Waouh, c’était un peu beaucoup pour moi. Dire que la conversation avait si bien commencé, il avait l’air sympa, mais là… Là, c’était trop.

  • Je ne t’ai pas vu depuis une semaine. Chaque fois que je te propose quelque chose, tu as déjà autre chose. On dirait que…

Non, je ne voulais pas le dire, pas mettre en paroles que j’avais l’impression qu’il ne voulait pas me voir. Que depuis qu’il était “officieusement” célibataire, il faisait tout pour m’éviter. J’ai flanché…

  • Je t’aime et tu me manques tellement… J’ai envie de te voir, et toi, tu as toujours quelque chose.
  • Désolé… Tu me manques aussi… Mais, je te rappelle quand même que c’est toi qui a voulu rompre! J’essaie de me protéger, et c’est vrai que je préfère éviter de te voir sans arrêt. Après tout, on est plus ensemble. De quoi ça aurait l’air si on passait notre temps flanqué l’un avec l’autre?
  • C’était pas ce que je voulais…
  • Mais alors bordel, pourquoi avoir rompu? Pourquoi? Enfin non, je ne veux pas le savoir. Tu n’as qu’à aller voir Layne, je suis sûr qu’il saura te remonter le moral. Pour en revenir au chalet, c’est mieux pour toi de ne pas monter. Bon, je dois te laisser là.

Waouh, il avait raccroché. Aussi sec que ça. Pascal m’avait carrément raccroché au nez. Je n’arrivais pas à le croire. Je regardais bêtement mon téléphone. Est-ce que je le rappelle? Non, vu le ton, il ne me répondra pas. Que faire? Je ne pouvais décemment pas aller au chalet. Il m’avait averti. Et la manière qu’il a eu de me parler, c’est clair qu’il m’évitera même là-haut. Et est-ce que j’avais envie d’aller là-bas pour me faire du mal?

Merde… Nina en plus! J’aurai l’air d’une idiote si j’insistais, ou si je vais au chalet quand même…

Que ferait Caroline à ma place? Elle irait c’est sûr. Et moi, je fais quoi? J’avais tellement envie de le voir, mais je ferai quoi une fois là-haut? Est-ce que je devais le faire? Lui montrer que je tenais à lui? Que je voulais continuer à faire partie de sa vie? Est-ce que c’est ce qu’il espérait? Ou est-ce qu’il ne voulait tout simplement ne pas me voir? Je me noyais dans des tonnes de questions idiotes, comme moi.

Le truc c’est que, je ne savais pas quoi faire!

J’ai beaucoup pleuré. Me suis torturée à les imaginer là-bas, à faire la fête, et moi, il me manquait, et je me sentais seule sans lui. Puis, je n’arriverais pas à dormir. En tous cas, pas sans somnifère. Je ne pouvais pas me résoudre à rester plantée ici. Il fallait que j’aille là-bas.

Je savais bien que je me préparais à beaucoup de déception, de me faire encore jetée encore plus directement q’avant, mais je ne pouvais pas passer le week-end ici à me morfondre. Au moins, chaque méchanceté m’aidera peut-être à tirer un trait une bonne fois pour toute.

C’était passé 22h, mais j’ai tout de même tenté d’abord d’appeler Caroline. J’aurai dû y penser avant et on aurait pu monter ensemble. Au moins, je n’aurais pas été toute seule.

Comme je m’y attendais, Caroline était déjà là-bas. J’entendais la tension dans sa voix. Elle ne s’attendait pas à voir Nina. Hum, au moins ça, j’ai été la 1ère à l’apprendre! Merci bien Pascal. Quel rat. Pascal ne l’avait pas avertie. Elle ne savait pas même qu’il montait au chalet. Il lui avait fait croire le contraire. Mais, elle l’avait su par Alexia, qui l’avait su par Paul.

J’ai décidé de monter. Caro m’a dit que si jamais, on pourrait partager la même chambre. J’étais sûre que Thomas avait sûrement fait préparer toutes les chambres, donc je pourrais certainement avoir celle que j’avais l’habitude d’avoir. Je ne voulais pas qu’elle dise à Pascal que je montais. Caroline pensait qu’au contraire, ça lui ferait les pieds de s’inquiéter un peu. Alors, je l’ai laissé le choix de faire comme elle le voulait.

J’avais la trouille… Je me demande comment ça allait se passer… Est-ce que Pascal me ferait la honte devant l’autre greluche?

Mes affaires étaient déjà prêt, je n’avais plus qu’à prendre la route. J’étais nerveuse. J’ai tremblé presque tout le chemin. J’étais en nage. Il pleuvait, c’était l’orage total. Peut-être était-ce un signe? Mauvais signe! Il était passé 23h20 quand je suis arrivée à la station. Ils étaient au Pub encore. J’avais demandé à Caro de m’attendre devant.

En bon petit soldat, elle y était. Je l’adore cette nana, et pourtant, on était rivale. On se battait pour gagner les faveurs du même homme.

Laissant ma nervosité et mon trac cacher au fond de ma poche, j’ai suivi Caroline, toute souriante. Thomas m’a tendu les bras, et je lui ai sauté au cou pour lui dire bonjour. J’ai vu le regard surpris de Pascal se poser sur nous. Nina aussi a eu l’air surprise. Je me demande si Pascal l’avait assuré que je ne viendrais pas? Elle lui a jeté un petit regard en coin en voyant son visage se décomposer.

Et bien, tu ne t’attendais pas à celle-là, hein? Tu ne t’attendais pas à ce que j’ai eu le courage de venir quand même n’est-ce pas Pascal?

Toujours souriante, j’ai salué ceux que je croisais, puis j’ai été lui faire la bise. Ciel, il était super tendu, raide comme un bâton. A l’oreille, je lui ai demandé si je pouvais lui parler 2mn. Puis, je me suis tournée vers Thomas et Caro, juste derrière lui, sans saluer l’autre pouffe.

J’ai accepté le verre de Vodka que me tendait Thomas. Je l’ai aval cul sec. J’avais besoin de quelque chose de fort pour me donner du courage. Derrière moi, j’ai cru entendre Pascal et Nina se consulter pour filer l’anglaise. J’ai ri aux blagues et aux histoires que me racontaient les copains, sans même savoir de quoi ils parlaient exactement. J’étais tendue.

Je me suis déplacée discrètement pour me mettre de manière à pouvoir voir Pascal et lui lancer quelques petits sourires. Et montrer que j’allais bien. Enfin, je faisais semblant.

Ça avait l’air de marcher, parce qu’il avait de la peine à me quitter des yeux. Normal, j’avais mis un truc qu’il aimait beaucoup, un haut noir transparent genre bas résille. C’est un top qui m’avait coûté une fortune, on voyait ma poitrine et mon soutien gorge à fleurs en transparence. J'avais mis ça exprès pour lui. Alors, faisant celle qui était parfaitement à l’aise, je me suis tournée pour enfiler mon bras sous celui de Pascal et lui demander si on pouvait se parler un petit moment.

Pascal n’a pas opposé de résistance. Je lui avais laissé le temps de s’habituer à ma présence, de se détendre. Donc, il ne s’attendait pas à mon intrusion. Et je voulais le choper avant qu’il ne disparaisse avec l’autre. J’étais assez contente qu’elle soit plantée toute seule au bar. Mais c’était loin d’être gagné!


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