103/2013 - Un goût amer...! (1)

Publié le par JaneDo


Samedi, 13 avril 2013  - 103/2013 - Un goût amer! (1)

J’avais décidé de changer de tactique. Connaissant Pascal, j'étais sûre que Nina avait sa propre chambre. Elle n'était certainement pas dans celle à Pascal. Les choses se décideraient dans la soirée. J’avais encore toutes mes chances. Ce soir, j’ai décidé de le séduire. Je voulais l’attirer à moi sans avoir besoin de m’imposer. Je savais bien que ça pouvait raté, ou qu’il résisterait. Mais, j’avais mes chances.

Je devais juste me méfier de mes mouvements d’humeurs.

Dehors, je l’ai laissé allumer ma clope. C’était l’occasion de poser ma main sur la sienne, l’occasion de le toucher. Quant j’ai plongé mon regard dans le sien, j’ai tout de suite senti son trouble. Son hésitation aussi. Ces sentiments si visibles sur son visage était une des choses qui m’ont fait tomber amoureuse de lui. Je me suis alors lancé dans des excuses confuses. Je lui ai dit que j’avais trop envie de le voir pour ne pas braver son interdiction de venir quand même au chalet.

Pascal a tiqué quant j’ai dit “interdiction”. Parce qu’il ne m’avait jamais interdit, mais seulement suggéré de ne pas venir. Le fait que je sois si honnête en lui disant à quel point j’avais besoin de le voir l’a scotché. J’en ai profité pour me rapprocher et me serrer contre lui. D’abord raide, il a fini par m’entourer de ses bras. J’étais dans ses bras. C’était une toute petite victoire.

  • T’es vraiment une adorable petite emmerdeuse…

Je me suis arrachée à ses bras à contre coeur pour lui sourire. Il n’y avait rien à répondre à ça. C’était vrai. Après m’avoir dévisagée, Pascal a dit que je ne devais pas m’habiller comme ça. Surtout quant je sors seule, ça pouvait donner de fausses idées aux mecs. Puis, sortant enfin de sa réserve, il m’a embrassée. C’était soudain, inattendu, et j’ai adoré. Encore une petite victoire.

Après s’être laissé allé comme ça, il était pressé de retourner à l’intérieur. Mais avant, il m’a dit qu’il aurait bien eu envi de rester encore un peu avec moi, mais il ne pouvait pas. Pascal se sentait obligé de tenir compagnie à Nina. Elle était venue jusqu’ici, en Suisse, pour le week-end, il ne pouvait pas la planter toute seule.

A l’intérieur, j’ai fait l’effort de ne pas changer d’humeur et de ne pas rester collé derrière lui. Mais, j’étais tout près. Nina essayait de les isoler du reste de la bande, Pascal au contraire, essayait de l’intégrer au reste du groupe, de la faire participer. Nos regards, que ce soit Pascal et même Nina, se croisaient souvent. J’ai réalisé que Pascal surveillait mes faits et gestes, écoutait tout ce que je racontais.

L’équipe a décidé de changer de crémerie, d’aller en boîte. Nina, elle, a voulu rentrer au chalet. Ça m’a perturbée. Pas question de les laisser seuls. Trop dangereux. Elle allait lui faire le coup de la séduction, et ce sera foutu pour ma tête. Caroline a aussi senti le danger. Mais, on a eu de la chance, on n’était pas les seules à avoir entendu. Aussitôt, tous les copains ont commencés à les charrier, à insister pour qu’ils restent avec nous. Il n’en fallait pas plus pour que Pascal accepte.

Je ne sais pas si j’aimais finalement tellement l’idée d’aller en boîte. Il allait danser avec elle. C’était aussi plus facile pour elle de les isoler dans un coin et l’accaparer toute le reste de la soirée. Je crois que j’aurai presque préféré rentrer avec eux au chalet. Là-bas, je leur aurai collé au train jusqu’à ce qu’elle aille se coucher. Ensuite, j’aurai tout fait pour faire en sorte que Pascal m’invite dans sa chambre.

Mais que faire si l’autre là se pointe dans sa chambre?!? Nina, accrochée au bras de Pascal, ne semblait pas vouloir le lâcher non plus...

Michael avait trop bu, et il commençait à être un peu collant. Je pouvais difficilement m’en débarrasser sans être désagréable. Et demain, ce serait la honte pour lui. Thomas est venu à ma rescousse. J’avais vu que ça énervait Pascal, il surveillait et avait failli lui aussi intervenir. Il a entraîné Nina sur la piste pour venir danser avec nous. Le hic, c’est que Thomas aussi était un peu trop entreprenant!

C’est nul d’être célibataire, ou plutôt, c’est nul que tous savaient qu’on était plus ensemble. Chacun pensait avoir le droit de tenter leur chance pour me mettre à l’horizontale. C’est nul. Pourquoi est-ce que Caroline n'avait pas le droit aux mêmes attentions de la part des garçons??? Hein? Parce qu’ils savaient tous qu’elle voyait toujours Pascal?


En tous cas, culottée, Caro s’était installée à côté de Pascal et Nina. Cette dernière était agacée par la présence incontournable de Caro. Hihihi, ça ne semblait pas incommoder Pascal. Alors, en quittant la piste, j’ai été me flanquer à côté de Pascal aussi.

J’en ai profité pendant que l’autre était partie aux toilettes. Je crois qu’elle voulait que Pascal l’a suive. Ça devait être ce qu’elle lui a chuchoté à l’oreille en partant. Alors, je lui ai tenu la jambe, l’empêchant de quitter la table.

Avec Caroline, on s’était mise d’accord, autant que Pascal finisse la soirée avec l’une de nous deux, mais pas avec Nina.

Les choses se sont plutôt bien passé. Profitant d’un des seuls slow, j’ai entraîné Pascal sur la piste, me collant à lui comme une limace, on a dansé. Ses mains étaient chaudes. Je le sentais fléchir à mesure que nos corps se languissaient au rythme de la musique. Sa bouche près de mon oreille, j’ai senti son petit bisou discrets, il me serrait de plus en plus fort. On s’est regardé.

J’ai senti qu’il avait eu envi de m’embrasser à ce moment là.

Profitant de son trouble, je me suis recollée à lui, j’en ai profité pour lui murmurer que j’avais envie de lui. Pascal m’a serré encore plus fort contre lui, puis il a avoué que lui aussi. Alors, j’ai proposé de le retrouver en rentrant dans sa chambre. Pascal a souri, il n’a pas dit non. Hahhhh, c’était presque gagné
!

Pascal restait beaucoup vers Nina. Il faisait tout pour qu’elle se mêle aux autres. Mais elle faisait de la résistance. On se lançait de petits regards discrets qui en disait long. Puis Pascal s’est penché vers moi, alors qu’on dansait en groupe, pour me dire qu’il était content que je sois là. Ça m’a fait drôlement plaisir.

De retour au chalet, beaucoup ont voulu continuer à faire la fête. Une fois de plus, Nina a voulu les isoler du reste du groupe. Elle a par exemple essayé de l’entraîner vers la piscine. Elle aurait dû savoir, si elle connaissait Pascal, que ce n’était pas la bonne technique. Il aimait être avec ses amis, et chercher à faire bande à part, si ça ne venait pas de lui,  ne pouvait que le faire fuir.

J’ai voulu prendre les devants et aller attendre Pascal. A Caro, j’ai prétendu que j’étais crevée que je montais me coucher. J’avais juste oublié que j’avais encore mes affaires dans ma voiture!!! Culottée pour une fois, j’ai demandé de l'aide à Pascal. Je n’en avais pas besoin, ce n’était qu'un sac comme d’hab.

C’était juste une excuse pour qu'il sache que j’allais l’attendre dans sa chambre. Je croyais qu’il sauterait sur l’occasion, mais il a commencé à me dire qu’il ne pensait pas que ce serait une bonne idée, etc. J’ai caché mon agacement en lui faisant un clin d’oeil. Il a compris que je le ferais quand même.

Et je l’ai attendu presque 1h…

Bon, ce qui me rassurait, c’était que Caro ne le quitterait pas d’une semelle tant qu’il n’irait pas se coucher. Seul. Pascal a eu de la peine à se défaire d’elles. Nina a tout fait pour qu’il l’accompagne à sa chambre. Caro suivait comme un petit chien. Elle n’avait aucune intention de les lâcher d’une semelle. Elle n’a pas caché qu’elle ne lâcherait pas Pascal. Quant Nina a proposé la piscine, elle s’est enthousiasmée à l’idée d’une baignade.

Y a pas à dire, Caro est vraiment très forte! Ça, c'est ce que j'appelle avoir des couilles en béton!!! Moi, j’aurai lâché l’affaire. Je dois prendre exemple sur elle. Ça c’est mon prochain challenge.

Pour finir, il a été obligé de les planter là, toutes les 2, pour monter se coucher. Il était crevé. En fait, je crois qu’il voulait qu’elles le lâchent pour venir me retrouver…

Pascal savait qu’il me trouverait là. Il a souri en me voyant en travers du lit, à moitié à poil, mes lunettes et un bouquin à la main. Il a aussi vu mon sac, qu’il avait pourtant déposé dans ma chambre, posé devant le fauteuil près du sien. Prudent, Pascal a fermé sa porte à clé. Les mots étaient inutiles. On s’est retrouvé avec passion dans les bras l’un de l’autre.


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