110/14 - Badineries et vomissement! (1)
Dimanche 20, avril 2014 - 110/14 - Badineries et vomissement! (1)
Je me rappelle encore de la tête que faisait Pascal quant il a dit qu’il n’avait pas envi de rentrer. Il était sincère. Je sais parfaitement, que même s’il m’a proposé de passer ces 2 derniers jours ensemble, ça ne voulait rien dire. Certainement pas qu’on était à nouveau ensemble.
Une chose de sûre pourtant, c’est qu’il aime passer du temps avec moi… heu… avec Caroline aussi. Peut-être beaucoup plus Caroline que moi? Il n’avait peut-être pas osé le lui proposer, parce que je l’aurait appris. Pascal s’attendait peut-être à ce que je cherche des excuses pour ne pas y aller, ou que je refuse, comme pour Paris?
Alors il aurait pu tranquillement partir avec elle? Je ne sais pas, en tous cas, c’est compliqué, il n’avait pas de compte à me rendre. Les sentiments, c’est compliqué!
Nous voilà de retour… zut, ça me faisait chier! J’aurai donné cher pour rester au chalet… profiter encore un peu plus!
J’avais pensé qu’on passerait un samedi soir tranquille dans le jardin chez Pascal et Thomas, mais hélas, il y avait autre chose au programme. Paul avait organisé une petite fête chez lui. Il y aurait des tas de gens que je ne connaîtrais pas. Je savais d’avance que j’allais me sentir un peu paumée, mais bon.
On avait rendez-vous chez lui à partir de 20h. Bien entendu, je n’ai pas réussi à m’arracher de la maison avant 22h. Faut dire que, si je commence la soirée trop tôt, la fatigue me tombe dessus vers les 22h, et je commence à bailler à m’en décrocher la mâchoire et j’ai toujours envie de rentrer. Vers les minuit, 1h, je recommence à me sentir d’attaque. J’ai supplié Caro de m’attendre, donc on est montée ensemble.
Comme je n’avais pas pris ma voiture, je pouvais boire jusqu’à perdre mon identité… hihihi.
C’est fou le trouble que je ressens chaque fois que je vois Pascal. Pourtant, on était ensemble, il y a encore quelques heures. Je l’ai tout de suite aperçu en entrant. La fête se déroulait dans le bas de la maison. Ses parents n’étaient pas là, donc on pouvait faire tout le bruit voulu. A part passer lui dire bonjour, je n’ai pas osé rester vers Pascal.
Malgré tout le soin que j’avais mis à choisir ce que je portais, pour avoir l’air cool, je me sentais moche, empotée, et invisible. Il y avait tellement de jolies filles. D’ailleurs Pascal discutait près du bar avec une jolie poulette, tout sourire, toute charmante, habillée très classe et sexy, ce qui me retournait un peu l’estomac.
Maud a fait son entrée bien après moi. Et une entrée remarquée. En tous cas par la gente masculine et tout autant pour les filles. Elle portait une robe moulante, scintillante, pleine de paillettes, avec un décolleté vertigineux qui ne masquait rien de son anatomie. Jamais je n’aurai pu porter un truc pareil. Je me serais sentie nue.
Déjà, je me sentais mal, déplacée avec mon simple jean, des baskets et mon T-shit trop grand. Qu’est-ce que Pascal pouvait bien apprécier chez moi? Flûte, le petit noeud au creux de mon ventre me signalait que j’avais les boules. Ma timidité a refait surface d’une force et s’est cramponné à ma nuque. J’allais passé une horrible soirée!
J’aurai dû mettre une jupe, ou un short au moins… on voyait les jambes galbées de toutes les nanas, sauf moi. Et les décolletés, en veux-tu en voilà. Moi non. Soupire. Chaque groupe auquel j’essayais de me coller, me faisait me sentir encore plus à l’écart. Je ne savais pas quoi dire, et je n’arrivais pas à m’intégrer.
Finalement, j’ai abandonné et je me suis assise dans un coin, à boire le fond de mon verre. Je n’osais même pas aller me resservir, parce que ça signifiait, traversé toute la salle pour aller au bar. Bar près duquel Pascal riait avec cette top-model qui lui faisait de l’oeil.
Ce fût un grand moment de solitude! Tout le monde était occupé à faire la fête, s’amusait et moi… je me sentais seule!
J’ai croisé malencontreusement le regard de Pascal une ou deux fois, ce qui m’a passablement gênée. Il avait dû sentir que je l’observais. Il m’a souri, mais j’avais trop précipitamment détourné le regard, me sentant prise au piège, alors j’ai manqué l’occasion de lui retourner son sourire.
Pascal est venu s’échouer dans le fauteuil à côté de moi. Il a demandé comment j’allais et j’ai menti en disant que j’allais bien, avec un sourire un peu trop forcé. Si je seulement je pouvais m’enfuir, vite fait, discrètement, sans qu’on me voit se serait parfait. J’avais envie de partir. Avant même que j’aie réussi à trouver une phrase intéressante pour alimenter la conversation et le faire rester, on l’avait appelé.
Pascal a baragouiné un “à tout de suite…” et il a disparu à travers les fesses et les nibards… et j’étais seule à nouveau. Je n’osais même pas me lever pour essayer de voir si j’apercevais Caro quelque part.
Je ne savais pas combien de temps j’allais pouvoir tenir ici. Je ne me sentais pas la bienvenue. Et la vache impression de ne connaître personne. En fait, c’était tous des copains, mais je ne les connaissais pas bien. Quelques mots vagues par-ci, par-là, c’est tout. J’avais même des difficultés à me rappeler des noms de certains.
Je suis sortie me promener sur la terrasse et le long de la maison pour fumer. En longeant le carnotzet, j’ai aperçu Pascal accoudé derrière le bar en peine discussion avec 2 nanas. Il était avec 2 autres copains. Il y avait un couple assis dans un coin, et discutait sans faire attention à ce qui se passait à 2 mètres d’eux.
- Ha d’accord, et ça fait combien de temps ça?
- Depuis deux mois. J’attends les vacances d’été avec impatience. Je pourrais enfin rentrer voir ma famille.
- Vous avez le droit de sortir comme ça le week-end?
- On a pris un appartement à 4, près du centre. 4 copines. On ne vit pas au pensionnat, trop triste.
C’était des étudiantes étrangères. Probablement des pays nordiques. Pascal avait son petit sourire de dragueur, j’aurai voulu le lui arracher. La discussion a continué comme ça sur un ton badin; ce qu’elles faisaient de leurs week-ends, depuis combien de temps elles connaissaient Paul, comment s’étaient-ils rencontrés, etc. Paul les avait draguées dans un bar.
Les filles les ont invités tous les 3 à prendre un café chez elle après, et j’ai été mortifiée de les voir accepté. Pascal aussi!
Morte de jalousie, la tête remplie d’appréhension, des images de fin de soirée romantique, palpitante, avec Pascal tenant une autre femme dans se bras, des baisers furtifs, passionné, des baisers furtifs m’ont donné envie de vomir. Tout ce que j’avais dans l’estomac, et même ce qui n’y était pas, ont atterris dans le gazon au bord de la terrasse.
C’est comme ça que Michael et Julien m’ont trouvé, la tête plantée dans le buisson, hoquetant et courbée, tremblante et essayant de combattre les crampes d’un estomac presque vide.
Sans trop réfléchir, j’avais là, la bonne excuse pour filer aussi vite que l’éclair. J’en ai profité. A la maison, j’ai avalé 3 somnifères, de quoi me plonger dans un sommeil comateux et sans rêves pour au moins 10h.
Je ne me suis réveillée qu’au milieu de l’après-midi. C’était bien, il fallait encore subir le reste de la journée. Le reste du dimanche, je l’ai passé dans un état proche de “stone”. Je me suis éclaté les yeux et l’esprit dans des épisodes de la série “Revolution”. Tout pour ne pas laisser mon esprit divaguer à penser à Pascal.
J’avais des messages; Time-Out ce soir… Est-ce que je devrais y aller, ou au contraire me terrer chez moi et attendre que le week-end se termine? J’avais assez de somnifères pour tenter un black-Out… J’avais aussi un message de Caroline; elle avait suivi Pascal chez une bande de filles et attendu jusqu’à l’aube qu’il ne se décide enfin à quitter les lieux.