110/14 - Badineries et vomissement! (2)

Publié le par JaneDo


Dimanche 20, avril 2014  - 110/14 - Badineries et vomissement! (2)

Dès que j’ai appris que Pascal était en route pour rentrer, j’ai tout laissé tomber et j’ai foncé chez lui. Sans réfléchir; sa femme à la maison, Thomas peut-être à l’étage, l’heure trop tardive, ou disons trop tôt, bref, j’ai foncé. Je voulais le voir. Peut-être pour le punir d’être rentré si tard, et l’empêcher d’aller se coucher. Tout se mélangeait dans ma tête.

Pascal n’était pas encore arrivé, et il n’y avait pas de lumière chez lui. Tant mieux. J’avais froid. Je me suis assise sur la balancelle et j’ai patienté. J’essayais de trouver une entrée en matière, une raison d’être là, mais ma tête était complètement vide. Vidée.

Le trac m’a terrassée quant j’ai entendu sa voiture prendre l’allée qui menait vers le jardin. Fouuuuh, je n’avais toujours pas trouvé les mots, ce que je devais dire. Rien. Le vide total. Tout ce que je savais, c’est que je voulais le voir. J’ai attendu qu’il soit hors de sa voiture et qu’il commence à monter les escaliers pour me montrer.

J’avais eu le temps de l’observer. Il n’avait pas l’air nerveux, fatigué peut-être, mais pas stressé. Quant il m’a vue, il a marqué un petit temps d’arrêt, de surprise aussi. C’est seulement là que j’ai senti un peu de nervosité.

Il m’a demandé ce que je faisais là, pourquoi j’avais quitté la soirée, qu’il m’avait envoyé une demi douzaine de messages et essayé de m’appeler. Il m’a fait en quelque sorte le reproche de n’avoir pas voulu lui répondre. Bref, j’ai eu l’impression qu’il cherchait à noyer le poisson.

  • Tu ne le sais pas? Bizarre. J’ai été malade, alors j’ai préféré rentrer. Mais, de toute façon, on s’était dit quoi? 3 mots? On s'est vu 3 minutes au plus!
  • Désolé. Oui, j’ai appris que tu ne t’étais pas senti bien. Je suis content de voir que tu vas mieux. Mais, pourquoi tu n’as pas voulu me répondre?

Pascal a dit que sa femme n’était pas là, et m’a invité à entrer. Mais, je préférais rester dehors sur la balancelle.

  • Tu rentres seulement maintenant de chez Paul. Vous êtes sorti en boîte?

Glups. Son regard s’envoler au fond du jardin. Il réfléchissait à toute allure; vérité ou mensonge.

  • Euh non, on n’est pas sorti en boîte.

Clairement Pascal essayait d’éviter le sujet. Mais apparemment, il ne voulait pas mentir non plus.

  • Alors, t’étais où?

Et voilà, la question était posée. Il ne cherchait pas mon regard.

  • Quant tu dis que tu préfères un bon mensonge plutôt que la vérité toute plate… le hic c’est que je ne comprends pas bien… Quand? Comment? Pourquoi? C’est surtout le quant que je ne pige pas!
  • Bon! Clairement tu en as trop dit…

Pascal s’y était mal pris, il l’a compris. Je voulais la vérité, sans détour. Ciel, j’espère qu’il ne me dira pas qu’il avait couché avec une de ces filles. Je le haïrais. Parce qu’hier, on était dans les bras l’un de l’autre, je ne comprendrais pas qu’il puisse le soir d’après sauté dans les bras d’une autre.

J’essayais pourtant aussi de relativiser; je ne pouvais pas lui en vouloir, il est, d’une certaine façon, célibataire, il ne m’a rien promis. Ce n’est pas parce, ce week-end, on a passé 2 nuits ensemble, qu’il s’était changé en moine. En même temps, ça bouillonnait à fond dans ma tête, entre la raison et les sentiments.

Mais j’avais une peur panique des mots qui pouvait sortir de cette bouche sensuelle, que j’aimais tant embrasser. L’idée qu’elle se soit peut-être posée sur les lèvres d’une autre me donnait des frissons de rage.

Sans être trop nerveux, il a dit avoir été invité à prendre un verre chez des copines à Paul. Au début, il n’avait pas pensé y aller, il avait juste dit oui pour ses copains. Il sentait qu’ils avaient très envi de faire mieux connaissance avec ces filles. Il avait pensé qu’il me retrouverait après la soirée pour finir la soirée ensemble, mais j’avais disparue. Alors, il les avait accompagné. Il ne pensait pas faire long, juste laisser le temps à ses potes d’être dans place. C’était en fait très sympa, elles étaient très rigolotes, et comme personne ne l’attendait nul part, il est resté. C’était tout.

  • Et?
  • Et rien. On a papoté, rigolé. Un des copains est resté. Ou peut-être deux. Mais rien.

Waouh! Est-ce vrai? Il avait l’air de chercher à s’énerver là!

  • Pas de baisers volés? Pas de folâtreries? Tu n’as rien fait de plus que papoter?
  • Rien de plus que papoter.
  • Tu me le jures?
  • Je te le jures. Quoique, je ne devrais pas avoir à le faire, tu ne penses pas?

C’est vrai. Il ne me devait rien. Il a voulu savoir ce que j’avais, si j’avais attrapé froid, pourquoi je m’étais sentie mal. J’hésitais à lui balancer un petit mensonge, mais j’ai dis la vérité. Je l’avais vu discuter avec ces filles.

  • J’étai dehors à fumer et je suis passée devant le carnotzet et je t’ai vu tout sourire, en train de draguer. Si tu te rappelles bien, tu m’avais plantée dans le canapé en disant que tu revenais. J’ai attendu, mais tu ne revenais pas. Alors quant je t’ai vu, quant j’ai vu pourquoi tu ne revenais pas, ça m’a retourné l’estomac.

Appuyé en avant, les coudes sur ses genoux, Pascal me regardait par dessus son épaule. Quant j’ai eu terminé, il a froncé les sourcils; “Je suis désolé Jane. Je ne pensais pas que tu pouvais prendre les choses tellement à coeur.”. Il m’a tirée vers lui et posé ma tête sur son épaule, et un petit bisou sur ma tête; “je te jure qu’il ne s’est rien passé. C’était simplement une petite fin de soirée entre amis. Il ne s’est strictement rien passé de mon côté. Rien. Alors arrête de t’imaginer des choses qui n’existent pas. D’accord.”.

D’accord. Il n’avait rien à ajouter, je le croyais, et s’il mentait, c’était très bien. Il le faisait si bien.

Pascal a voulu que je reste ce soir. Avec beaucoup d’appréhension, j’ai accepté. J’espère que sa femme n’aura pas la mauvaise idée de rentrer. Elle ne rentrait que vers midi demain, alors je serais partie avant. Il était déjà 7h du matin, il ne restait pas beaucoup d’heures pour dormir. Comment ne pas vouloir rester.

De toute façon, on n’a pas dormi. Je n’ai pas senti le parfum d’une autre sur lui quant on a fait l’amour. Bien sûr, je l’ai scruté. Je lui ai dit que j’avais cherché des traces sur son corps, des marques louches, reniflé aussi. Ça l’a fait rire. J’adore le voir rire. Il avait l’air détendu, rien à cacher. C’était rassurant.

Après ces quelques heures passées dans ses bras, je me suis dépêchée de me rhabiller pour rentrer. C’aurait horrible de croiser sa femme sur le pas de la porte! Pascal et sa femme dînaient chez ses parents, alors on se verrait après. Pascal a promis de m’appeler et qu’on fixerait quelque chose.

J’ai fondu dans mon lit. J’avais du sommeil à rattraper, il n’était pas question d’avoir un teint de papier mâcher ce soir, je voulais au top; reposée et tout.

19h, Pascal a appelé. Il avait décidé de ne rien manger chez ses parents. Il voulait qu’on mange ensemble après. Il m’a dit de réserver où je voulais et de lui envoyer un sms pour dire où. Rendez-vous à 22h.

J’ai appelé Caro après pour lui raconter les derniers évènements. Lui dire que j’avais foncé chez Pascal ce matin. Elle le savait déjà. Donc, j’ai bien fait. Elle ne m’a pas cachée qu’elle était un peu jalouse de savoir que je le voyais ce soir. On a un peu discuter, en mentionnant comme on se réservait bêtement chaque week-end, pour Pascal.

Est-ce que Caroline commençait à se réveiller? Chercher l’amour ailleurs?? Hum… je parle aussi pour moi là!

C’était un long week-end, on aurait pu partir quelques jours, prévoir des trucs avec nos propres amis, mais non, on reste là, comme des cruches à attendre!!! Elle était aussi frustrée de ne pas avoir été invitée. Caroline nous attendra au Time-Out. Je lui ai promis qu’on irait y faire un tour.

J’ai aussitôt regretté ma promesse. J’avais envie de l’avoir pour moi toute seule. Pas envie de voir les potes, de se forcer à sortir en boîte, ni traîner dans les bars habituels.

Alors je l’ai rappelée pour lui dire qu’en fait, je ne savais pas si Pascal serait d’accord. Que je ne pensais pas qu’on irait là-bas. Evitant de dire que c’était moi qui ne voulait pas. Caroline a alors proposé qu’on passe chez elle. Qu’on pourrait se regarder des films, papoter, passer la soirée ensemble. Glups, affreux à dire, mais je ne voulais pas. Pas envie.

Hélas, tout ne dépendait pas de moi! Caroline a aussitôt, sans me prévenir, contacté Pascal pour lui faire la même proposition. Ce qui fait que, à peine à table, Pascal m’a demandé ce que j’en pensais. Hum! Apparemment, lui avait envi d’y aller. C’était ça, ou l’hôtel. Moi j’aimais bien aller à l’hôtel!

Oh puis zut… Et pourquoi pas! On pouvait aussi bien aller chez Caroline.

Après tout, on est bien ensemble, à l’aise et tout. Et Caroline est toujours au petit soin, ne cherchant qu’à faire plaisir. C’était peut-être plus sympa qu’à l’hôtel. Et aussi, je crois que je me suis faite à l’idée de ses sentiments pour elle. Pourquoi devrait-il être déchiré entre nous deux.

Dire qu’à la base… Il n’y avait que lui et moi… Avais-je commis une grave erreur en laissant Caroline mettre les pieds entre nous? Pascal a semblé content. Heureux même. Alors, j’avais pris la bonne décision. Pascal voulait tout de même aller prendre un verre avec ses copains. Alors on a été un moment au Time-Out.

Pascal avait prévenu sa petite Caroline chérie, donc, quant on est arrivé, elle était déjà là. Elle était venue en taxi. Elle avait tout prévu pour qu’on rentre ensemble. Prévision aussi pour qu’on ne change pas d’avis, autrement, elle aurait tout le temps de plaider sa cause, alors qu’on la raccompagnait.

Pascal nous a presque abandonné dans notre coin pour discuter avec ses potes. Des potes qui avaient ramené, comme d’habitude des nanas. Caroline et moi avons bu notre verre tranquillement à discutailler, sans chercher à nous mêler au groupe. De temps en temps, il nous lançait un petit clin d’oeil, ou vérifiait qu’on était toujours où il nous avait laissé. C’était pas dur, on était juste à côté.

Ses copains ont bien essayé de l’embarquer avec eux, pour filer faire la fête ailleurs, aller en boîte, jaccusi chez l’un, mais il a tout refusé. Pascal nous a fait signer d’aller le rejoindre, mais on a préféré rester accroché à nos tabourets de bar. Quant il nous a donné le signal du départ, on l’a rejoint juste pour saluer tout le monde. Pascal a passé automatiquement son bras autour de ma taille.

Fausse note; sa femme lui interdisait tout geste de ce genre!!! Il avait oublié. A tel point qu’une des filles a demandé à Julien si j’étais sa femme. Intérieurement, ça m’a fait plaisir.

Chez Caroline, je ne m’attendais pas à voir Alexia. J’avais pris l’habitude de son absence chaque fois que je passais. Elle avait l’air déprimée et de s’ennuyer ferme. Notre arrivée n’a pas semblé lui plaire. Elle tirait la gueule. Pascal a été sympa avec elle. Moi, je n’ai pas su de quoi parler avec elle, alors j’ai gardé le silence.

Alexia a voulu regarder la télé avec nous, alors on est resté au salon, au lieu d’aller dans sa chambre. Pourtant, je voyais les regards qu’elle nous lançait. Faut dire qu’on était toute les deux collées à Pascal.

Caroline avait pris ma place entre ses jambes. Comme le canapé est un canapé-lit, Caroline l’avait ouvert pour qu’on puisse s’y installé les 3.

Pascal jouait avec les cheveux de Caroline, lui faisant de petits bisous dans les cheveux. Son bras autour de moi, la tête posée sur son épaule, moi j’avais droit à des baisers.

C’était un film comique. Bon choix. Aucune idée du titre, mais on a bien ri. Par contre, je ne crois pas avoir entendu Alexia rire une seule fois. Elle avait les yeux éteint. Il y a eu des moments où on a même oublié sa présence.

Hum! C’était une bonne idée de dormir chez Caroline!


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