112/15 - L'autre visage...

Publié le par JaneDo


Jeudi 22 avril 2015 - 112/15 - L'autre visage...

  • Demande lui de te rendre ta clé. Imagine si elle nous avait surpris hier soir! Elle risque bien de se pointer encore ce soir! Je sais que je t’embêtes, mais tu devrais lui demander de te rendre ta clé.

Pascal ne disait rien. Il avait l’air d’être ennuyé par la tournure de la discussion. Il a fuit en direction de la cuisine pour se servir un verre de lait avant de filer se changer dans sa chambre, Caroline sur les talons.

  • On fait comment quant on habitera ensemble, hein? Elle va débarquer comme ça au milieu de la nuit?
  • Ecoute, laisse tomber, parlons d’autre chose tu veux bien. Par exemple, t’as faim?
  • Non, j’ai pas faim. J’aimerai savoir ce que tu vas faire?

Pascal évitait les questions, se cantonnant à un silence buté. Caroline continuait son harcèlement. Je m’attendais à voir Pascal s’énerver ou l’envoyer balader. Mais, ce n’était pas son genre. Pourtant, il le devrait. Puis, c’était quoi ce «si on habitait ensemble» ???

Une fois en training Pascal a traversé le salon pour aller à la cuisine, toujours Caro scotché dans ses pas.

Après l’équitation avec ma puce, je suis venue directement chez Pascal. Je m’attendais à le trouver à la maison. J’avais juste oublié qu’il avait le basket ou la natation. Quant j’ai entendu sa voiture, je me suis précipitée à la fenêtre, prête à sortir l’accueillir sur le pas de la porte.

Quant j’ai vu Caroline descendre de voiture, j’ai été prise de panique, comme si j’étais en faute. Ridicule. J’avais tous les droits d’être là. C’était trop tard maintenant, je n’avais plus qu’à rester où j’étais en espérant pouvoir me tirer et revenir par la porte. Trop surtout à la lueur de leur discussion.

Dire que je croyais que Caroline était mon amie, mon alliée, maintenant, j’en doutais sérieusement. Ou peut-être n’était-ce que normal? Je ne connaissais pas cet autre visage de ma copine. Une forte animosité m’a prise au ventre. Pourtant, ma logique me disait que je n’avais pas le droit de lui en vouloir.

  • Arrête de faire comme si tu ne m’entendais pas. Tu sais très bien qu’elle va continuer à refuser d’emménager ici. Tu le sais n’est-ce pas? Tu devrais lui demander cette clé.
  • Oh Caro arrête. Je n’ai vraiment pas envi de parler de ça. C’est entre Jane et moi, alors s’il-te-plaît, laisse tomber.
  • Non, je suis pas d’accord. Dis moi ce qui se passera quant j’emménagerai ici? Hein? J’ai déjà donner mon congé pour l’appart, parce que je sais très bien qu’elle te dira non.

Pascal ne répondait toujours pas, préférant ignoré ses propos. Il est passé près d’elle se jeter dans le canapé. Caro l’a regardé une petite seconde réalisant qu’elle n’aura pas de réponses de sa part. Elle a haussé les épaules.

  • Si tu ne les lui demandes pas, je le ferai moi.
  • Je te l’interdis.

Pascal s’était redressé et lui a jeté un regard furieux.

  • Je te l’interdis, répéta-t-il. Cça me regarde. Et pourquoi tu as donné le congé pour ton appart, t’es folle ou quoi?
  • Pourquoi tu dis ça? On avait parlé, tu étais d’accord.
  • J’étais d’accord? Quant est-ce que j’ai dis que j’étais d’accord?

Bref, ils ont commencé à tourner en rond, Caro insistant qu’il n’avait pas dit non non plus, lui qu’il n’avait rien dit de ce genre. Pascal a reçu u appel, ce qui a mis temporairement un stop à la discussion. Un copain l’attendait dans un bar, mais il n’a pas dit lequel. Sans doute pour mettre un terme définitif à la conversation, Pascal est retourné se changer pour sortir. Caroline l’a quand même poursuivi avec ses questions.

  • Alors, qu’est-ce que tu va faire?
  • Caro, fiche moi la paix. Je ne veux pas lui demander la clé.
  • Pourquoi? Tu avais dis que tu la quittera si elle refuse, et tu ne veux pas lui redemander ta clé?
  • Laisse moi tranquille avec cette clé. C’est la sienne... T'es chiante! Et ne me force pas à te faire dresser les cheveux sur la tête.
  • Mais, je ne...
  • Je l’aime encore Caro... Tu le sais très bien. J’aurai préféré que tu ne me forces pas à le dire. Est-ce qu’on peut parler d’autre chose maintenant?
  • T’es nul.
  • Je sais merci.

Pascal ne lui avait pas demandé de l’accompagner, mais elle avait décidé du contraire. Pascal ne s’y est pas opposé. Dès que la voiture a disparu, je suis sortie de ma cachette et je me suis effondrée. J’ai pleuré longtemps, puis je suis rentrée. Il était clair qu’ils allaient rentrer ensemble et qu’elle dormirait surement ici. Et ça, je ne voulais pas de confirmation. Je préférais rester dans le doute et l’ignorance.

Chez moi, j’ai vu que Pascal avait essayé de me joindre pendant que je versais des rivières de larmes dans le coin de son salon. Avec Caroline à côté. C’est naze. Je n’avais pas envie de lui parler pour l’instant. De toute façon, je suis sûre qu’il cherchait juste à savoir s’ils allaient tomber sur moi au retour.

C’est fou, mais je suis tombée comme un masse et j’ai dormi. Je ne croyais pas pouvoir fermer l’oeil pourtant, donc je suis étonnée. Mais c’est vrai, j’avais eu une longue journée et j’étais crevée.


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