131/2013 - Affronter... la rivale (2)

Publié le par JaneDo


Samedi, 11 mai 2013  - 131/2013 - Affronter… l’autre rivale!  (2)

C’est justement parce qu’il était gentil et adorable que je le trouvait si attachant. Il n’aime pas faire du mal, comme certains, juste pour le plaisir de blesser les autres. Pascal ne voulait pas me faire de peine, mais il ne voulait pas non plus en faire à Elodie. Il ne voulait nous décevoir ni l’une, ni l’autre, et c’était bien ça le problème. Ça me foutait les boules, me torturait, mais je ne pouvais plus faire semblant d’ignorer qu’il semblait ressentir de l’attirance pour Elodie.

Je crois que Pascal avait baissé les bras, ne sachant pas comment se débrouiller pour partir ou, pour me faire comprendre qu’il était temps que je m’en aille. Il avait déjà été plus qu’adorable de m’inviter chez lui l’autre soir, je ne pouvais pas lui faire le coup de le coller et l’empêcher de faire autre chose.

Pascal avait bien essayé de me dire qu’il avait un truc avec un copain, mais j’ai fait semblant de ne pas capter. Bien sûr, je savais que le copain n’existait pas et qu’il voulait aller voir Elodie. Il avait des explications à lui donner. Elle lui fera le coup des larmes et (flûte) il la consolera. L’idée me rendait malade.

Bon, je savais que Pascal devait toujours aussi avoir des sentiments pour moi, et moi, je ne voulais pas le perdre. Je crois que j’avais décidé de le lâcher un peu, de rentrer, même si ça me faisait mal. Parce que je l’aimais, je devais le laisser faire ses propres expériences, faire sa propre opinion, faire ses propres choix.

Je pouvais le perdre dans le processus… et ça, ça me faisait très peur…
Mais avant de le laisser, je voulais ressentir son corps, sentir son amour, ressentir sa chaleur, le sentir à moi encore un peu…

Etendue à ses côtés, je caressais son visage, lui faisant de petits bisous sous l’oreille qui le faisait frissonner. Il avait les yeux fermés, mais il souriait. Sa main caressait ma nuque, descendait le long de long de mon dos, se faisait tendre avant de me serrer contre lui un peu plus fort. Il avait l’air détendu, bien.

  • Pascal… Est-ce que tu m’aimes encore?

Surpris, il a ouvert les yeux, puis il m’a renversée dans le lit pour plonger son regard vert dans mes yeux marrons remplis d’incertitude.

  • Tu sais bien que je t’aime, non? Sinon, c’était quoi tout ça? Juste de la baise?

Un demi sourire aux lèvres, il me caressait la joue. Son doigt s’aventurait le long de ma gorge, descendant doucement toujours plus bas. J’ai soutenu son regard. Je voulais voir l’expression de son visage quant je lui poserais la question qui me brûlait les lèvres.

  • Et Elodie… Une rivale?

Son regard s’est brouillé. Son geste s’est suspendu. Pascal a détourné les yeux. Imperceptiblement, il était devenu plus distant. Aoutch! Je connaissais la réponse. D’habitude, je n’aurai jamais mentionné une autre fille dans des moments aussi intimes. C’était une horreur. Le faire penser à une autre fille, c’était la pire des choses à faire, mais je devais savoir. Et maintenant que je savais, je n’étais pas plus avancée. Et je me demandais aussi si j’avais bien fait, ou si je n’aurai pas dû me taire et continuer à jouer les idiotes. Ce que je ne voulais pas, c’est qu’il se mette à me parler d’elle ou ce qu’il ressentait.

Au lieu de ça, Pascal s’est levé. Comme s’il voulait s’éloigner de moi. S’éloigner de la chambre. Comme s’il voulait prendre des distances avec ce qui venait de se passer. Est-ce qu’il se sentait coupable? NON??? Quand même? Je faisais partie de sa vie avant elle? Est-ce qu’il se sentait coupable d’avoir couché avec moi au lieu d’être avec elle? Orhhh, j’espère que non. Ça ça me ferait hyper mal. Mais je ne lui demanderais rien.

Pascal préparait du café, l’air absent. Oui, il se posait des tas de questions. Je me suis approchée et je l’ai entouré de mes pauvres bras tremblant. Pascal ne s’est pas dérobé. Ouf. Puis, après bien 2 minutes, sa main s’est posé sur les miennes. Ouf, il tenait encore à moi malgré tout.

  • Mince, tu dois y aller, ton pote doit t’attendre…

Je savais pertinemment qu’il ne voyait pas de copain, mais je préférais qu’il pense que je le croyais. Cça évite des explications que je ne veux pas entendre. Perturbé par ma réaction, Pascal m’a fixé, puis il a fait une petite grimace sans répondre. En temps normal, j’aurai pensé qu’il ne voulait pas sortir, ou pas y aller, mais là, c’était parce qu’il ne savait pas quoi dire. Et je crois qu’il se sentait un peu coupable.

J’ai été m’habiller. Pascal n’a, je pense, pas osé appelé Elodie. Probablement, parce qu’il avait peur que je m’en rende compte ou que j’intervienne. Avant de filer, j’ai proposé de l’attendre, ou de revenir plus tard. Il m’a fait comprendre que c’était mieux

  • C’est mieux pas. Je ne sais pas à quelle heure je vais rentrer, ou même si je rentre. Je resterais peut-être chez mon pote, alors…
  • Afff, si tu me manques trop, peut-être que je viendrais t’attendre quand même…
  • Ou te jeter dans les bras de Layne ou Thomas?

Oups! J’avais bien entendu? Pascal chercherait-il à ce qu’on se dispute? Waouh! La tactique pour se dédouaner de la culpabilité? Désolé mec, je connais la musique. Je marche pas.

  • C’est méchant.

La petite larme qui a sauté dans mes yeux a fait son effet. Ce n’était pas exprès, ça m’avait juste choquée qu’il me parle comme ça. Et tout ça pour cette pouffe? Je lui en voulais, et j’en voulais aussi à cette pouffe. C’était de sa faute si mon mec cherchait à me faire du mal. C’était pour elle, et c’est pour ça que ça me faisait mal. J’ai gardé la tornade qui couvait au fond de moi et j’ai tenté de sourire. Ça ne devait pas être très convainquant, parce qu’il a semblé regretté et il m’a serrée contre lui en s’excusant. Il disait regretter d’avoir sorti un truc pareil.

Je suis donc partie sans qu’on soit au clair, si je l’attendais ou pas. Ça me laissait une porte ouverte. J’ai été chez Caro. J’avais besoin de parler ou pleurer sur l’épaule de quelqu’un. Peut-être que Pascal n’avait pas tout tord!?! S’il ne m’avait pas sorti sa tirade sur Thomas et Layne, je crois bien que j’aurai été me plaindre dans le gilet de Layne. Ou si je n’avais pas réussi à le joindre, j’aurai trouvé Thomas!

Caro avait vu une partie de la soirée. Elle nous avait observé, en faisant des aller retour chez elle, pour se réchauffer. Elle a voulu qu’on retourne à sa planque pour surveiller Pascal. C’est ce qu’on a fait.

Pascal a passé un moment au téléphone. Il faisait des aller retour lui aussi entre le salon et la terrasse. On n’entendait rien, mais ce devait être épique. 1h plus tard, il est sorti. On l’a suivi. Il a été directement chez Elodie. Maintenant, Caroline savait où elle habitait elle aussi.

J’avais l’estomac dans les grolles. Attendre comme ça, c’était affolant. Mon imagination prenait des détours hallucinants. Bon, Carol n’était pas mieux. Mais elle, elle disait à haute voix ce que j’imaginais tout bas. Horrible. Les heures défilaient et ils ne sortaient pas de là. Affreux. Que pouvaient-ils bien faire? Ben, on en avait une bonne idée…

Après plus d’une heure coincée dans sa voiture, les fesses plates en forme des sièges, Caroline ne tenait plus. Elle voulait aller sonner, faire une scène, demander des comptes à Pascal. Ça ne lui ressemblait pas vraiment de se mettre dans des états pareil. Puis, on savait toutes les 2, que ça n’aurait servi à rien, sauf à le mettre en colère. Et je ne voulais pas faire partie de ça. Puis, je l’imaginais mal demander des comptes à Pascal devant l’autre pouffiasse. Ça risquait de mal tourner, elle risquait de se faire jeter dehors sans façon, et l’autre pourrait encore mieux jouer la pauvre fille agressée. Pfff, ce serait trop nul.

Non, il fallait qu’on s’en aille. C’était affreux de rester là à les imaginer prenant du bon temps, à imaginer Pascal lui faisant l’amour, alors qu’on crevait juste à côté, à deux pas de lui.


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