142/2015 - Je n'empêcherais rien

Publié le par JaneDo


Vendredi - 22 mai 2015 - 142/2015 - Je n'empêcherais rien

On se voyait samedi soir. J’ai prétendu avoir déjà quelque chose que je ne pouvais pas annulé vendredi soir. J’avais bien l’intention de le garder à l’oeil. Mais vendredi soir, j’ai flanché. Je ne me voyais pas passer mon temps à traîner autour de chez lui toute la nuit, ou à le poursuivre à travers la ville, alors que je pouvais profiter de mon appart, puisque Gis n’était pas là.

Désespérément, j’ai essayé de me convaincre que Pascal n’aurait pas l’indélicatesse de me remplacer illico par cette Manuella, que je commençais à détester avec force.

Avant de rentrer en fin d’après-midi, j’ai fais les courses et réapprovisionné mon stock en clopes. Une nana, jeune pourtant, m’a servi et j’ai failli lui demander ce qui était arrivé à ses cheveux. Jeeez, sur sa tête, ses cheveux formaient une espèce de montage, genre chouchoute des années 60.

J’ai essayé de me souvenir s’il y avait carnaval, mais, pas que je me souvienne. Son maquillage ultra coloré et vulgaire complétait le tableau.

J’ai discuté avec Pascal au téléphone en début de soirée. Il était adorable. Je l’ai été aussi. Moi, pour lui donner mauvaise conscience je crois, au cas où il avait l’intention de faire des conneries, et lui probablement pour endormir ma méfiance. Il a dit qu’il allait au bowling avec des potes, il pensait rentrer directement après. Et que si je voulais lui faire une visite dodo, je pouvais.

J’ai décliné en disant que je pensais faire tard, un enterrement de vie de jeune fille d’une copine. En fait d’enterrement, c’était l’enterrement de mes illusions. Je préférais rester cloîtré chez moi, et profiter d’une soirée toute seule. Cela faisait un bail que je n’en avais pas eu. Enfin, c’était tout comme.

Malgré mes inquiétudes, je ne laisserai rien me gâcher ma petite soirée de rêve, seule et tranquille, étalée sur mon canapé, à bouffer le cheese-cake que j’avais préparé en rentrant. Non. J’avais bien l’intention de me taper la série « The 100 », saison 1 et 2 non-stop. Après tout, Caro était sûrement en train de faire le sale boulot à ma place.

Pour en être sûre, je lui ai lancé un petit coup de fils, avant de m’installer. Revenue à la raison, et le cheese-cake y était certainement pour beaucoup, j’ai demandé à Caro de ne pas le surveiller. Qu’il fréquente Manuella ou une autre, je savais que quoique j’aie peur des retombées, de la trahison, de le laisser peut-être trop libre, je n'empêcherais rien.

Pascal m’avait dit plus d’une fois, quant je manifestais ma peur, que je n’avais qu’un mot à dire, et j’ai toujours capitulé. Jamais je n’aurai le courage de l’empêcher de faire quelque chose que j’aurai moi-même fait si j’avais été un mec, ou si j’étais à sa place, et même si j’étais raide dingue de ma nana!

Pascal a appelé avant de sortie. Surement pour savoir si je n’avais pas changé d’avis. Je n’ai pas répondu, parce que clairement, je n’étais pas dans une soirée. Il s’en serait aperçu. A son 2ème essai quelques minutes plus tard, j’ai répondu, et je lui ai dis la vérité; je voulais rester chez moi, et ne voulais aucune visite. Il a rit et a compris. Il me connaissait et savait comment j’étais.


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