143/2015 - Mauvais départ!
Samedi - 23 mai 2015 - 143/2015 - Mauvais départ!
Pascal avait la natation cet après-midi, donc j’étais tranquille jusqu’à ce soir. Je me suis faite plaisir en me plongeant dans un nouveau roman et un bain. Il y avait du vent et il pleuvait, c’était un temps idéal pour lire. Pascal passait me chercher vers 21h.
Jonas, un de leurs copains, avait invité toute l’équipe chez lui. Il vivait encore chez ses parents, mais avait son propre appartement au rez. Ce devait être une soirée piscine et beuverie, mais vu le temps merdique, la soirée se déroulait à l’intérieur. Il y avait le jacuzzi, mais il était aussi à l’extérieur. Il y avait quand même quelques tarés qui s’étaient entassés dans le jacuzzi.
Natacha avait essayé de convaincre Pascal de se jeter à l’eau. J’ai été moyennement heureuse de la voir à la soirée, mais encore plus d’y voir également Manuella. Elle et Pascal faisait semblant de ne pas se connaître.
Etrangement, Natacha est venue se coller à Caroline et moi pour « babiller ». Elle se donnait beaucoup de mal pour faire copine-copine. Caroline qui est d’habitude très sociable et bavarde avait perdu la parole. Je sentais bien qu’elle n’aimait pas Natacha. En fait, ça se voyait. Mais, Natacha faisait celle qui ne remarquait rien et continuait à essayer de se faire apprécier.
Caroline pensait qu’elle faisait ça, juste pour se rapprocher de Pascal. Elle voulait nous utiliser, c’est tout. Elle avait probablement raison. Comme elle ne parlait pas à Natacha, je me suis sentie obligée de combler, et parler pour nous deux. C’était rasant.
Je sentais que cette soirée allait me faire bouillir. Je n’avais aucune envie d’être là. Je voulais rentrer.
Déjà, je me sentais seule, perdue au milieu de tous ces fêtards. Pascal discutait avec ses potes, et Caro et moi étions coincées dans un autre coin, rien que les deux. Caroline a bien voulu me tenir compagnie, mais je sentais bien qu’elle aurait plutôt envie d’aller se coller dans le groupe avec qui Pascal discutait.
L’air de rien, j’avais l’impression d’être un pestiférée, incapable de m’immerger dans la soirée. Arh, j’avais une boule à l’estomac, ma timidité avait décidé de me faire une petite visite.
Je rêvais d’avoir le courage de mettre un pied devant l’autre et de marcher jusque vers Pascal, et ensuite, de trouver encore un peu plus de courage pour lui demander de rentrer. Mais, ce serait lui gâcher sa soirée. Je pouvais toujours rentrer avec sa voiture et l’attendre à la maison.
C’était peut-être la meilleure idée. Je ne pouvais pas rester ici, sinon, j’allais passer la pire soirée de l’année!
Manuella a fini par approcher Pascal et a passé son bras sous le sien. Son regard a balayé la foule et accroché le mien. C’était plus pour vérifier où j’étais qu’autre chose. La brique dans ma poitrine s’est faite lourde et lancinante. Non, je n’allais pas pouvoir supporter une soirée à péter de peur, chaque fois qu’une fille s’accaparait l’attention de Pascal.
Je restais là, pétrifiée, à essayer de reprendre mon souffle, parce que ma tension avait pris la tangente. Je voulais aller vers Pascal et pousser cette garce loin de lui, mais mes pieds, enfoncés dans le sol, refusait tout simplement de bouger.
J’ai avalé une vodka on the rocks cul sec pour me donner un peu de punch, mais, mes pieds restaient cloués dans les dalles du coin bar. Caroline a remarqué que je ne l’écoutais plus. Bien sûr, j’avais détaché du dos de Pascal et de cette fille occupée à lui chuchoter à l’oreille et fixait Caro, mais j’avais du coton plein les oreilles. Je voyais sa bouche articuler, suivait les expression de son visage, mais rien n’arrivait jusqu’à mon cerveau. Je me sentais aussi déplacée, de trop. Pas dans le coup.
Caro m’a prise mon verre des mains pour le poser sur le bar et a passé son bras autour de moi. Je tremblais.
Pendue à son bras, grâce à son soutien, on a fait les quelques pas qui nous séparaient de Pascal. Dès qu’elle nous a vu arrivée, Manuella s’est aussitôt éclipsé. Cette fois, son regard n’était pas vague, il m’était destiné. Elle souriait. Mon degré de tension a augmenté en flèche.
Une baston m’aurait fait du bien. J’aurai voulu lui mettre mon poing dans la gueule et lui foutre quelques petites claques.
Caro a posé la main sur le bras de Pascal et il s’est retourné. Mince, il a aussitôt vu qu’il y avait un problème. Il m’a demandé si ça allait, et j’ai menti. J’ai prétendu que mon asthme m’embêtait. Rassuré, il a souri. Cela avait été difficile de venir jusqu’à lui, alors je me suis lancée à lui dire que je voulais rentrer.
Pascal a tout de suite posé son verre, prêt à me suivre. Je l’ai arrêté. Je lui ai dis que je ne voulais pas gâcher sa soirée, qu’il devrait rester, que je prendrais sa voiture et l’attendrais à la maison. La clé de son appart était sur le porte-clé, donc, il n’avait pas besoin de venir avec.
Evidemment, on s’est âprement pris la tête avec les; « mais non, je rentre avec toi, et les, non, je t’assure, y a pas besoin ». J’ai gagné. C’était une mauvaise victoire, parce que, dès que je me suis retrouvée seule dans sa voiture, j’ai commencé à baliser. Je n’aurai peut-être pas dû partir. Est-ce qu’il rentrera après la soirée, ou ira-t-il chez cette garce?