149/15 - Ecouter son 6ème sens
Vendredi - 29 mai 2015 - 149/15 - Ecouter son 6ème sens
Pascal m’a dit que ce soir, il jouait avec Varios et son groupe à Zurich. Il ne m’a pas demandée de l’accompagné. Il dormait sur place et serait de retour samedi. Par contre, il m’a demandé de ne pas en parler à Caroline. Il ne voulait pas l’avoir accrochée à ses basques, essayant de s’incruster dans sa chambre d’hôtel.
Ils jouaient au Monkey, près de l’université de Zurich, pour un anniversaire, organisé par des parents bourgeois, d’une jeune fille de bonne famille, qui fêtait en grande pompe ses 20ans.
J’imagine que Pascal me l’a dit pour me faire comprendre pourquoi je n’étais pas invitée. Je ne pouvais décemment pas m’immiscer dans une fête où je n’étais pas invitée. Mais ça ne m’aurait pas embêtée d’attendre dans sa chambre d’hôtel. Je lui ai demandé à quel hôtel ils descendaient. Il ne savait pas encore, mais m’appellerait de l’hôtel dès qu’il serait là-bas.
Pascal ne m’a appelée de l’hôtel, mais du restaurant du Monkey où ils s’apprêtaient à manger. On ne s’entendait pas au téléphone. Pascal a subtilement détourné la conversation, quant j’ai demandé à quel hôtel il était descendu avec le groupe.
Tu parles que j’allais me contenter de ça! Ni une, ni deux, j’ai appelé Caro. Elle parle le suisse allemand comme personne. Elle a attendu mon arrivée pour appelé Varios et lui demander où livrer les costumes. Varios a paru surpris. Son Allemand était mauvais, alors Caro a pris un accent d’une allemande parlant très mal le français pour demander l’adresse.
Encore surpris, Varios le lui a donné. Caro s’est faite passé pour la stagiaire du père de celle qui fêtait son anniversaire. Pour taire sa méfiance, elle avait demandé si c’était Lotti qui avait fait les réservations. Heureusement, qu’il n’a pas songé à demander le nom du père, ni de la jeune fille en question.
Bref, Varios ne voulait pas que son groupe ait à se déguiser, ni devoir porter de costumes. Caro a quelque peu insisté, puis a capitulé en disant qu’elle transmettrait. Qu’après tout, Monsieur était peut-être un peu vieux jeu et comprendrait que si Mademoiselle avait choisi son groupe, ce n’était pas pour qu’ils viennent costumés comme un groupe pour « papa ».
Sur ce, Caro et moi avons pris la route, direction Zurich. On ne savait pas encore ce qu’on allait faire. Ce qui était sûr, c’est qu’on ne pouvait pas parquer tout près, ni de l’hôtel, ni du Monkey. Une voiture avec des plaques vaudoises seraient bien trop visibles. Sur place, on a couru louer une voiture. Jeez, la ruine.
Caroline connaissait mieux le groupe que moi! J’ai senti un petit pincement de jalousie à l’idée qu’elle connaissait mieux les amis de mon mec que moi-même. Elle avait téléphoné et réservé une chambre dans le même hôtel, et au même étage.
Caroline a un bol pas croyable; elle a réussi à avoir une chambre, non seulement près du groupe, mais à côté de celle de Pascal! Je me suis félicitée de l’avoir mise dans la confidence. J’espère seulement qu’elle saura tenir sa langue.
J’ai confié à Caro que, je n’étais pas sûre de vouloir, ni de pouvoir supporter de dormir près de Pascal, sans le voir, sans savoir ce qu’il fabriquait dans cette chambre en étant à seulement 2 pas de lui. J’avais peur de ne pas pouvoir fermer l’oeil de la nuit. Il était impossible d’avoir accès à sa chambre! Et je me sentais vraiment très nerveuse due à mon imagination super fertile.
Il fallait qu’elle annule la voiture, on allait être coincée dans la chambre avec la peur au ventre de croiser quelqu’un du groupe. On ne pourra décemment pas quitter notre chambre, et ça c’était pesant. Sauf lorsque le groupe serait occupé à la fête, à laquelle on ne pouvait pas participer.
A notre arrivée, le groupe était déjà parti. On a fait un petit tour pour se repérer dans les alentours. Pratique de voir qu’il y avait plusieurs bistros, restos et autres en face et juste à côté de l’hôtel, dans la petite rue piétonne. Encore fallait-il savoir lesquels seraient encore ouverts lorsqu’ils rentreront. Et qu’ils n’aient pas la bonne idée de s’y arrêter!!! Mais on a trouvé mieux!
Les fenêtres de notre chambre donnaient dans une cour, en face, il y avait un immeuble avec les fenêtres des couloirs avec vue sur l’hôtel. On pouvait facilement se glisser dans l’immeuble. On ne savait pas s’il fermaient les portes pour la nuit, dans quel cas, on aura à attendre pour suivre quelqu’un à l’intérieur. Caro pouvait facilement faire ça, moi non, trop louche!
A ce stade, on ne savait pas quelle était la bonne tactique; attendre dans le bistro d’en face? ou rester dans notre chambre? ou encore, attendre dans l’immeuble de la cour??? Et s’il traînait avec les autres dans un bar? Ou une boîte de nuit? Ou dans la chambre d’un de ses compagnons de musique à boire des verres jusqu’au matin? On aura l’air conne et perdrait notre temps à poireauter dans l’immeuble d’en face.
Je me sentais déjà crevée à l’idée. Et j’avoue que je voulais rentrer. Je n’avais pas le courage d’attendre toute la nuit et probablement pour rien! Quoi, on allait le regarder se changer, peut-être regardé un moment la télé en se couchant? Ridicule.
Finalement, maintenant qu’on était là, je trouvais ça idiot. Pourquoi avoir fait ça? C’était abuser quand même. Pourquoi avoir entraîner Caro là-dedans. Comme si on était en mission d’espionnage. Comme si on le soupçonnait d’avoir menti. Il était bien là, et bien avec le groupe, on devrait retourner tranquillement chez nous, point barre.
Pascal jouait avec le groupe pour la fête d’une jeunette de 20ans, c’est tout. Après, il n’avait pas grand chose à faire d’autre que de rentrer à l’Hôtel, dormir et rentrer le lendemain. Alors toutes ces dépenses juste pour le regarder, à Zurich en plus? C’était barge. Je regrettais la mouche qui m’avait piquée et fait faire tout ce tralala.
Maintenant qu’on était là, Caro ne voulait pas s’en aller sans tout vérifier. Elle voulait être sûre qu’il n’avait pas menti, qu’il jouait bien pour un anniversaire. Je lui ai fais remarquer que si ce n’avait pas été le cas, Varios aurait tilté.
Donc, ils jouaient bien pour un anniversaire, pas de doute là-dessus. Elle a été obligée d’en convenir.
Mais, Caroline pensait que comme on était déjà là, avec une voiture de location et tout, on devait aller jusqu’au bout. S’il ne cachait rien, alors tant mieux. Caro trouvait quand même bizarre qu’il ne m’ait pas proposé de l’accompagner.
Et à vrai dire, moi aussi! Mais j’étais sûre qu’on perdait notre temps, et qu'on allait passer la nuit sans réussir à fermer l'oeil, et tout ça pour rien. Puisqu’ils jouaient pour une fête privée, ils allaient certainement finir au matin quant tout le monde sera fatigué et se décidera à rentrer... donc pas avant des heures et des heures!
Une fois qu’elle était sûre que la fête battait son plein, Caro a voulu vérifier par elle-même dans la salle. Elle a fait celle qui se trompait de salle et a pointé son nez pour jeter un coup d’oeil. Avant de se faire rabrouer, elle a pu constater que c’était bien Varios et son groupe qui jouait.
Elle a même poussé le vice a demander qui était le groupe et à quelle heure ils finiraient de jouer pour la soirée d’anniversaire. Comme toujours quant il jouait, Pascal ne regardait pas dans la salle. De toute façon, avec la lumière dans la figure, le groupe ne pouvait rien distinguer. Prétextant qu’elle aimerait bien leur parler après pour qu’ils jouent aussi à son anniversaire.
Le jeune homme a qui elle avait demandé s’était renseigner et était sorti pour lui donner l’info, ravi d’avoir pu lui rendre service. Elle voyait bien qu’elle lui avait tapé dans l’oeil et attendait quelque chose. Pour le remercier, elle lui a fait un petit bisou sur la bouche. Tout rouge, il est resté muet, les yeux écarquillés à la regarder se dandiner avant de disparaître. Il a demandé à ses copains s’ils avaient vu qu’elle l’avait embrassé. L’un d’eux lui a dit qu’il était con de n’en avoir pas profité de lui demander son numéro. Je devrais prendre des leçons, Caro est futée!
Dans la rue, on a couru en riant comme de solides imbéciles. Trop contente de savoir qu’à 2h du matin, le groupe aurait terminé sa prestation. Ils prendront peut-être un verre offert par la demoiselle de la fête, ou pas. On avait plus qu’à mettre au point notre stratégie. J’avais une petite boule à l’estomac en me disant que c’était une erreur d’être là, de faire si peu confiance à Pascal. J’étais honteuse d’avoir eu la stupide idée de mettre Caro dans la confidence. Surtout après que Pascal ait insisté pour que je ne le fasse pas. C’était moche.
J’aurai jamais cru que j’étais si stupide de lui faire confiance... Faut toujours écouter son 6ème sens!