159/2015 - Perdante
Lundi - 8 juin 2015 - 159/2015 - Perdante
Pascal est rentré entre 3 et 4h du matin. Je lui avais envoyé un message pour qu’il passe par l’appart de Thomas, parce que j’allais me coucher. Pascal est venu vérifier si je dormais. Il a caressé mes cheveux, et est resté un moment assis sur le lit, avant de repartir au salon. Non, je ne dormais pas. Peut-être voulait-il me raconter avant de tout oublier?
J’ai hésité. Il était assis sur le canapé, la tête entre ses mains et semblait troublé. Ça m’a tordu l’estomac et fichu la chair de poule. Peut-être que j’avais eu tord de l’envoyer dans les bras de cette fille? Non, non, non, je ne voulais pas commencer à me faire des films. Pascal est revenu dans la chambre, et j’ai continué à faire semblant de dormir.
Il semblait préoccupé, nerveux... Pourquoi? On dirait qu’il avait de la peine à se résoudre à se coucher. Owh, parce que j’étais là? Non. J’espère que ce n’est pas ça.
A force d’attendre que Pascal vienne se coucher, j’ai fini par m’endormir. Quelque chose m’a réveillé, et j’ai réalisé qu’il était au téléphone. Au téléphone avec Manuella.
Il se passait quelque chose de franchement inquiétant. Au sens propre, j’ai commencé à transpirer, à bouillir de l’intérieur. J’avais si chaud que même mon coussin me paraissait brûlant. Je croulais de chaleur.
J’aurai voulu aller jusqu’à la porte pour écouter, mais s’il revenait brusquement, je me ferais surprendre. Mauvais. Alors je suis restée couchée et continué à faire semblant de dormir quant il s’est enfin décidé à venir se coucher. Pascal m’a prise dans ses bras et j’ai dû me faire violence pour ne pas le repousser, tellement j’avais chaud. Il s’en ai rendu compte, alors il a monté l’air conditionné.
Dimanche, Pascal était tendu, même s’il essayait de le masquer. J’ai tenté de lui demander comment ça c’était passé avec Shandra, il a juste répondu qu’il n’y avait rien eu de spécial. Clairement, il ne voulait pas en parler. Je me suis sentie frustrée. Pourquoi donc? C’était-il passé quelque chose qu’il ne voulait pas me dire?
J’ai passé la journée avec une buche dans la poitrine. Pascal évitait de me regarder dans les yeux, et je ne savais pas pourquoi. Cela m’a inquiété. Du coup, je n’ai pas osé revenir sur le sujet. Je ne sais pas si j’étais plus déçue que fâchée, ou inversement. Ce devait être un savant mélange du tout; frustration, déception, colère, trahison et j’en passe. Cela m’a rendu plutôt silencieuse et distante à mon tour.
Je me suis dis que peut-être, quant je l’ai entendu au téléphone, qu’il avait fini par se décider à répondre aux multiples coups de fils de Manuella. Rien de spécial. Elle avait dû lui faire une scène. C’était tant mieux.
En fin d’après-midi, je n’ai pas tenu, je lui ai reposé la question pour hier soir (la nuit de samedi à dimanche). Pascal a finir par se décider. Il a voulu que je m’asseye en face de lui et a pris mes mains entre les siennes. Ma température a viré au rouge. Il fuyait mon regard.
Avant tout, il voulait que je sache qu’il m’aime, et que je n’avais rien à craindre.... malgré ce qu’il s’apprêtait à me dire. Le sang dans mes veines s'est changé en acide brûlant. Ça ne sentait pas bon tout ça. Le fait qu’il évite mon regard, qu’il m’ait fait asseoir et même qu’il tienne à ce que je me souvienne qu’il m’aime, c’était pas bon. Tous mes sens clignotait au rouge.
Il voulait parler sans être interrompu. Ça ne signifiait qu’une chose; que c’était grave. J’ai eu peur.
Pascal a été ramené Shandra. Il est monté chez elle, mais n’est pas resté. Il a prétendu que c’était l’anniversaire d’un copain, et que lui et d’autres copains avaient décidé de lui faire une surprise en débarquant chez lui à l'improviste, c’est pour ça qu’il devait partir. Elle a semblé très bien comprendre et ils ont remis ça pour une autre fois.
Rouge, il a dit qu’elle avait juste voulu un baiser avant qu’il s’en aille et il l’a embrassée. Après, il s’était traité d’idiot, et s’était dit qu’il aurait peut-être dû rester. J’ai demandé si elle embrassait bien. Mais il m’a fait taire. Ça avait dû lui coûter d’avouer qu’il avait eu envi de rester, je comprends.
C’est ensuite que j’ai perdu mon envie de blaguer et que la moutarde m’ait monté au nez. J’avais retrouvé mon calme, quant il a dit qu’il n’avait pas voulu coucher avec elle. Mais la suite m’a transformée en Pulsar!
Pascal m’a avoué qu’il avait rencontré quelqu’un. Les battements de mon coeur ont viré. Le sang tapait dans mes oreilles, j’avais la chair de poule.
Rencontré quelqu’un? C’est pas un truc qu’on dit à la légère ça! J’avais les mains moites, et l'envie de les lui arracher. A ce moment précis, je ne supportais pas son contact.
Alors il avait rencontré quelqu’un.... !!!
Pascal a continué; cela faisait un moment qu’ils se voyaient. En partant de chez Shandra, il avait roulé au hasard un long moment. Elle était là ce soir, et elle l’avait vu partir avec une autre fille. Elle devait lui en vouloir ou être déçue. Quoi??? Et moi alors??? J’aurai préféré être sourde que de l’entendre me parler d’elle. Pascal voulait aller la rassurer, lui expliquer, et en même temps, il savait qu’il devait probablement m’en parler. Il n’avait pas su quoi faire. Alors il a tourné en rond pour essayer de s’éclaircir les idées.
Pfff, à voir, ça n’avait pas dû être très efficace son petit tour en voiture!
Pascal m’a rappelée que je lui avais demandé s’il me trompait. Il a aussitôt pensé à son histoire avec Manuella. Voilà, il l’avait nommée! Il a prononcé son nom comme si je devais savoir qui c’est. J’avais du mal à respirer. Il a pensé que c’était pas le moment de parler de ça, là-bas, avec nos amis qui nous attendaient à l’intérieur. Je crois bien que j’avais les joues en feu. Je pense que je devais avoir rougi, et cette fois, ce n’était pas seulement des oreilles.
Pascal a continué, en me tenant toujours les mains et en évitant toujours de croiser mon regard. Il y aurait vu des flammes géantes. Je devais faire appel à toute ma volonté pour rester calme et pas lui lancer quelque chose à la tête. C’était vraiment le monde à l’envers; il pensait à ses sentiments à elle? Et les miens alors?
Après presque 1h à rouler sans but, il a donc été chez Manuella...
Là, je lui ai arraché mes mains. Je ne voulais plus le toucher. Il me faisait horreur. Je me sentais comme la dernière des perdantes. Manuella avait dû bien rigoler à mes dépens. Pascal a voulu me retenir. Je l’ai sauvagement repoussé. Je ne voulais plus l’entendre, ni même le voir.
Je me suis calmée quant il a dit qu’elle n’était pas chez elle. Elle était chez sa meilleure amie. Sa copine lui avait laissé un message pour lui dire que, s’il voulait venir la chercher, Manuella était chez elle, qu’elle était en larmes, et attendait son appel. Il n’a pas osé appelé et encore moins aller la chercher là-bas.
Le ton acide, je lui ai dis que c’était tant mieux, sinon, je lui aurais arraché la tête... Que là, c’aurait été le plus sale coup bas qu’il aurait pu me faire.
Les lèvres pincées, furax. Je lui ai demandé s’il connaissait la copine à Manuella, s’il savait où elle habitait. Donc, il avait été chez elle avec Manuella. Il a confirmé que oui. J’avais envie de le frapper. Mais même ça ne me soulagerait pas. Je transpirait de rage. Tellement furax, que toute mon énergie était bouffée pour contenir ma colère.
Nos regards se sont enfin croisés, et il a pu lire à quel point il me décevait. Qu’il ne dise ou ne fasse rien pour me calmer m’énervait encore plus. Il restait là, sans rien faire. Lamentable. Aucune idée ce qu’il aurait pu faire d’ailleurs.
Je crois que j’étais hors champs. Et trop furieuse pour pouvoir émettre quoi que ce soit de concret sans l’envoyer se faire cuire des oeufs sur Mars. Avant de dire quoi que ce soit de regrettable, je crois que je ferais mieux de partir.
Pascal voulait que je me rappelle ce qu’il avait dit au début; qu’il m’aimait et que je n’avais rien à craindre. Pfff! Ces mots dans sa bouche sonnaient comme des insultes. Je le lui ai dis. J’ai demandé s’il lui avait parlé depuis. Hé oui. Là j’ai foncé en direction de la porte, furax. En lui jetant à la tête que ça, son comportement avec cette Manuella, était la pire des trahisons.
Avant de passer la porte, Je lui ai aussi demandé, s’il comptait courir la consoler en la baisant au passage, dès que j’aurai tourné les talons. Rouge, il m’a demandé de rester, qu’on devait parlé. Que bien sûr qu’il n’irait pas chez elle. Alors je lui ai dis que rien que de lui parler au téléphone, dans mon dos, c'était une trahison. Que je me demandais s’il avait la moindre idée de ce que je pouvais ressentir
Les derniers mots que je lui ai dis, c’est que quoi qu’il fasse, ça m’était égal, mais s’il lui reparlait par téléphone ou nuage de fumée, ou allait la voir, ou la recevait chez lui, c’était fini. Que je n’admettrais aucune excuse. Il n’avait qu’à être en contact avec elle, et couper le contact avec moi. Point final.
Pascal m’a couru après, a bloqué la porte de ma voiture pour m’empêcher de monter. Il m’a supplié de revenir dedans. J’étais épuisée. Je ne voulais pas pleurer devant lui. Je me sentais lourde, comme si on avait remplacé l’intérieur de mon corps avec des pierres. J’étais trop trop enragée et la tête vidée.
On est resté assis sans rien dire un long moment. C’était relaxant. Je n’aurais pas supporté de l’entendre encore parler. Je ne pouvais même pas le regarder tellement qu’il me sortait par les yeux. Dans ma tête, il ne se passait rien, c’était tout vide. J’étais juste fatiguée. Là, je ressentais la gravité, mon corps semblait attiré lourdement vers le sol, prêt à se tasser en flaque. Pascal a voulu me prendre la main, je l’ai retirée vite fait, et je me suis éloignée de lui.
Pascal a voulu me prendre la main, je l’ai retirée vite fait, et je me suis éloignée de lui.
Amusant, mais cette conne a essayé de l’appeler 3x de suite, puis lui a laissé un message. Quant il a voulu le lire, je l’ai fusillé du regard. Pascal a aussitôt posé son natel. Je l’ai pris et j’ai effacé son message. Pascal n’a rien dit.
1h plus tard, quant elle a essayé a nouveau, il m’a demandé si je voulais répondre à sa place. Je l’ai encore fusillé au bazooka. Puis quoi encore? Pour qu’elle sache qu’il m’avait parlé d’elle? Qu’on se disputait? Chacun dans notre coin du canapé, on restait là sans se parler, sans bouger, sans même la télé. Juste 2 âmes perdus dans d’immenses fauteuils en cuir blancs. Incapable de communiquer.
On a fini par se décider, d’un commun accord, à aller se coucher. Mais, lui, sur le canapé. Je ne supporterais pas de l’avoir à côté de moi.
Il m’a entendu pleurer, et il a voulu venir vers moi. Je l’ai renvoyé aussi sec. Qu’il aille se faire voir.
Zut, j’aurai peut-être dû lui parler, lui expliquer ce qui n’allait pas.
Au lieu de ça, j’avais éclaté. J'ai vu rouge. Pas très rationnelle! Du coup, j’ai peut-être coupé son envie de se confier à moi. J’aurai pu réagir autrement. Je l’avais coupé dans son élan, c’était stupide.
Mais qui a dit que j’étais intelligente? Son image m’a traversé l’esprit; il me regardait paniqué, les yeux hagards, les bras ballants, hésitant, il ne savait pas quoi faire ou dire. Le pauvre... Non, pas question que je me laisse attendrir.
J’ai pensé que je n’arriverais pas à fermer l’oeil, mais, je devais être si épuisée que j’ai presque sombrer dans le sommeil direct. Tant mieux, ça m’évitait de me torturer.