160/2015 - Effondrement - Mardi, 9 juin 2015

Publié le par JaneDo


Mercredi - 10 juin 2015 - 161/2015 - Effondrement

L’idée de prendre le café avec Pascal le lundi matin m’était insupportable. Hélas, je n’avais pas eu la bonne idée de filer durant la nuit. Lundi matin, à notre réveil, j’ai attendu qu’il aille prendre sa douche pour m’habiller et filer. Je n'avais aucune envie de lui parler. Ni même de le voir. Le regarder me faisait aussitôt penser à Manuella.

En fait, je ne suis pas partie. J’ai préféré me mettre hors d’atteinte, cachée dans la chambre d’amis. La porte était souvent entre-ouverte, comme celle du bureau d’ailleurs. Pascal est sorti de la chambre en se séchant les cheveux et a regardé dans le salon pour voir si j’étais là. Au cas où il aurait l’idée d’aller dans la chambre d’amis, je m’y étais préparée; je m’assieds sur le lit et je lui dis que je n'avais pas envie de lui parler. Il comprendrait.

Quant il a vu que je n’étais pas vers la machine a café, il a été regarder par la fenêtre. Il est revenu au milieu du salon, la tête basse et est resté un moment là, une moue de déception sur la figure. Il a secoué la tête et est retourné s’habiller. Le café avait déjà coulé, comme programmé, il s’est servi une tasse, puis a changé d’avis et a tout renversé dans l’évier et il est parti au boulot.

L’idiot! Il n’avait même pas pensé à me demander sa clé! Après avoir pris une douche, j’ai fermé derrière moi et jeté la clé dans la boîte aux lettres. Le taxi que j’avais appelé m’attendait déjà.

Lundi, j’ai passé par tous les stades de la dépression; larmes, rire jaune, silence total, essayé de dormir par pu, essayé de travailler sans réussir. Bref, une journée avec la tête perdue dans le fond de mes pompes, avec de petits lancements alarmants côté coeur. Mardi, c’était pas mieux. J’ai été contente de voir Gis foutre le camp à son cours pour avoir la paix.

Mercredi, j’ai rien foutu non plus. Mon corps pesait une tonne et demi, j’étais épuisée, et je n’arrivais pas à dormir plus de 3 à 4h d’affilée. Pascal me bombardait de messages, me demandant d’aller chez lui, qu’il fallait qu’on se dise ce qu’on avait sur le coeur. Que c’était mieux de tout mettre à plat, au lieu de faire la tête.

Les « Je t’aime » à la fin de ses messages avaient un goût amer et me foutait en rogne.

C’est fou, mais je suis tellement à cran que j’ai des envies de courir. Le hic, c’est qu’il n’y a pas vraiment de coins par ici pour faire du jogging. J’avais besoin d’un truc pour me défouler, me fatiguer au point de ne plus penser à ce qui me pesait sur la poitrine.

Et je ne savais toujours pas comment réagir vis-à-vis de lui... Je savais que je devrais trouver le moyen de tourner les choses et faire en sorte que ce soit avec moi qu’il complote, et pas avec Manuella. Hélas, j’étais encore trop retournée et furax pour réfléchir au moyen d’y parvenir.


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