162/2012 - Juste encore un peu...

Publié le par JaneDo

Dimanche, 10 juin 2012  -  (162/2012)  -  Juste encore un peu...

On a passé presque toute la journée au lit. On s’est levé pour déjeuner, et on a dû se taper la présence de Nina. Là, c’était clair, elle ne m’adressait pas la parole. Je m’en suis rendu compte quand j’ai demandé si je pouvais me servir du café qu’elle avait préparé. Nina a fait semblant de n'avoir pas entendu. J’ai vu Pascal froncé les sourcils, mais il n’a rien dit. Clairement, on n’allait pas commencer la journée par se prendre la tête. Pascal m’a dit que je n’avais pas à demander, c’était sa chambre après tout.

Faisant comme si j’étais transparente, Nina a demandé à Pascal s’ils allaient chez un certain Georg comme prévu. Pascal a répondu qu’il n’en avait pas envie, et il ne pensait pas que ça me disait grand-chose. On avait plutôt envie de rester tranquille jusqu’à mon départ.

  • Après alors? Je vais l’appeler pour lui dire que tu as un empêchement pour l’instant.
  • Appelle pour toi. Moi après le départ de Jane, je serais trop déprimé. J’ai l’intention de passer les 4h suivantes au téléphone.

Pascal a dit ça en rigolant et m’a fait un clin d’œil. J’aurai préféré qu’il ne lui réponde pas et qu’il l’ignore comme elle le faisait avec moi. Il n’y arrivait pas. Nina est retournée dans sa chambre, alors on s’est installé sur le canapé avec l’intention de se larver devant la télé. On s’interrogeait sur ce qu’on allait faire pour le dîner du midi; sortir manger dehors, ou commander à la cuisine de l’hôtel. Hum, je n’avais pas trop d’opinion sur le sujet, parce que, dans les 2 cas, c’était lui qui payait. J’avais une petite préférence pour rester enfermé toute la journée. Et chouette, Pascal aussi.

Réalisant qu’on était encore au salon, l’autre est venu scouater le canapé d’à côté. J’ai essayé de faire comme si elle n’était pas là. Même si Pascal me rendait mes baisers, je voyais bien qu'il était embarrassé.

On est retourné s’enfermer dans notre chambre. Arfff, je l’adore, je l’aime et je l’adore encore plus. Je ne sais pas pourquoi je l’aime autant, mais tout ce qu’il fait, dit ou pense m’émerveille. Je le trouve trop chouky, trop craquant.

J’aime tout chez lui, je dois être complètement aveuglée, parce que je le trouve sexy quant il remet ses cheveux en place, le bracelet montre en cuir à son poignet, et des tonnes de petites choses comme ça. Pourtant, il ne fait pas grand-chose, il passe juste la main dans ses cheveux sans plus.

Comme ce matin, son croissant à moitié dans la bouche, il a jeté un œil dans le miroir en enfilant son jean. Rien que sa façon d’enfiler son jean me donne des palpitations!!! Ça me donne envie de lui sauter dessus et de tripoter ses fesses. J’suis tarée. Pascal a des fesses rondes, super musclées avec des fossettes de chaque côtés, et j’adore ses caleçons. Ou c’est peut-être parce que j’adore ce qu’il y a en-dessous? Hihihi. Hum! Il est trop chou. Il courrait chercher ce qu’on avait commandé pour dîner. Mais, je pense que ça attendra, parce qu’on finissait à peine de déjeuner.

Pascal avait pensé qu’on aurait pu aller se balader dans la vieille ville. J’avais tellement aimé Berne, qu’il tenait à me montrer des coins de Munich que je ne connaissais pas. Mais, je n’avais pas envie de bouger de l’hôtel. Dans quelques heures, je devais rependre la route et ça me fichait déjà un peu le cafard.

Ce matin, après avoir reçu le plateau du déjeuner, Nina a passé la tête par la porte pour demander si elle pouvait utiliser sa douche. Je suis sûre que sa douche allait très bien. Puis, sans attendre sa réponse, Nina a traversé notre chambre à moitié à poil. Elle tenait son linge à la main avec un simple petit paréo transparent et nous a fait un petit sourire. On voyait tout. J’ai vu Pascal tiqué un peu. Je pense qu’il avait vu aussi qu’elle ne portant rien en dessous. Hum! J’avais la folle envie d’aller voir si sa douche était vraiment en panne, mais je n’ai pas osé!!! Quelle pétasse. Rhhh, je n’avais pas très envie de laisser Pascal tout seul ici avec celle-là dans les parages. J’avais raison de me méfier d’elle.

On a été au salon pendant les ablutions de mademoiselle.

  • T’es sûr ? On aurait pu aller voir le Stade Olympique, le Jardin Anglais, et le Planétarium? Ça ne te dit rien?
  • Oui, j’suis sûre. Je veux juste rester là avec toi. Bon, sauf si ça t’ennuie?
  • Pfff… Moi? Si ça m’ennuie?

Pascal a rigolé. Non ça ne l’ennuyait pas. Il proposait seulement pour moi.

  • Dis… Je peux te demander quelque chose?
  • Vas-y…
  • C’est qui Georg ? Je connais ?
  • Heu non, c’est un copain à Nina. Hm, on sortait souvent avec lui et sa copine quant… hm… quant je sortais avec Nina.
  • Oh! Et tu ne veux pas y aller avec moi donc!
  • Pas du tout… J’avais juste envi de rester avec toi, et après, je ne pense pas avoir le cœur de sortir.

Pascal était assis sur le tabouret du bar-cuisine, la tête posée dans sa main. Il avait l’air d’un petit garçon studieux, occupé à décortiquer chacun de mes mouvements. Comme si faire du café pouvait être intéressant. Il m’a attrapée pour me ramener entre ses jambes, alors que j’allais m’asseoir sur le tabouret près de lui. Si je ne tenais pas une tasse rempli d’un liquide brulant, je l’aurai emprisonné entre mes bras. Au lieu de ça, j’étais encombrée de ma tasse à faire attention de ne pas le renverser sur lui.

J’étais contente qu’il ne pensait pas à sortir dès que j’aurai tourné les talons pour aller jouer les biens heureux avec l’autre pouffiasse à côté de lui. En plus avec des potes à elle! J’suis une nana plutôt cool et assez ouverte, mais faut pas pousser non plus. D’après ce que j’avais compris, le Georg avait invité Nina et Pascal, pas moi.

  • Mince, je n’ai pas envi de te voir partir. Je voudrais que tu restes, l’idée de te voir passer la porte pour partir loin de moi me déprime.

Il avait posé sa tête au creux de mon épaule. Son souffle chaud me chatouillait et me caressait le cou et sa voix cassée par l’émotion me troublait. A vrai dire, je n’avais pas le courage de partir non plus.

  • Allez reste… Reste avec moi jusqu’à mercredi, et on rentre ensemble? Tu veux bien?

Hum, quant il plongeait son regard vert dans mes pauvres yeux bruns, j’étais incapable de trouver mes mots. Je ne pouvais pas rester, impossible. J’avais le souper en famille, comme tous les lundis soirs, et je savais très bien que je ne saurais pas quoi inventé pour l’éviter. Puis les enfants m’appelleront les uns après les autres, je ne pouvais pas leurs faire faux-bond.

  • Je peux pas Pace… Tu sais bien.
  • Pfff… Qu’est-ce que je pourrais dire ou faire pour te faire rester ? J’appelle ta sœur et je lui explique ?
  • Puis quoi encore !
  • Ah, c’est parce que tu t’ennuies. On aurait dû sortir plus.
  • Je ne m’ennuie pas. Carrément pas. J’ai aussi envie de rester, mais je peux pas… Le boulot, la famille…
  • Et moi je suis où là-dedans ? Je suis à quel endroit de ta liste de priorité ?
  • Idiot…

Dans ma tête ça bataillait dur pour trouver le moyen de rester. Mais plus j’essayais d’y penser, plus ma tête restait vide ou encombrée de mes excuses qui grossissaient. Quelle crapule, il essayait encore de me faire changer d’avis. Ses yeux avaient pris une couleur toute claire. Il avait vraiment de beaux yeux. Et je ne parle même pas de son sourire!

  • Ben… Je pourrais partir demain matin quant tu seras au travail?
  • C’est vrai? Je pourrais prendre congé demain et on pourrait encore passer la journée ensemble et cerise sur le gâteau, on n’aura pas Nina dans les pattes?
  • Ça j’ai entendu!  (Nina)

C’était Nina qui passait dans la même tenue que quelques minutes plus tôt. Elle avait entendu les derniers mots de Pascal. Il lui a lancé un petit sourire en guise d’excuse. Graouh, il n’est pas aveugle, je suis sûr que tout comme moi, il pouvait tout voir. Je devrais rester, rien que pour l’empêcher elle de trop l’approcher. Ça me foutait les boules de devoir m’en aller sachant qu’elle se baladait à poil dans son appart.

Une fois qu’elle avait intégré sa chambre, Pascal m’a dit qu’il ne savait jamais comment être avec elle. Il était peut-être un peu trop coulant et  il avait l’impression qu’elle en profitait. Il ne se sentait pas à l’aise de l’envoyer balader, ils travaillaient ensemble, ça risquait de compliquer leurs collaborations. J’ai été compréhensible. Oui très. Je savais bien que ça pouvait être assez difficile de travailler dans une bonne ambiance s’ils se prenaient la tête, mais, il ne devait tout de même pas la laisser dépasser les bornes. Mais ça, je ne savais pas comment le lui dire.

Ce matin, je l’avais suivi dans la salle de bains pour lui donner un peignoir pour qu’elle puisse se couvrir. Elle a eu l’air de trouver ça drôle. Elle ne s’était pas donnée la peine de l’enfiler pour défiler devant nous. Elle m’agace grave. Avec un petit sourire narquois, Nina m’avait fait une petite remarque qui m’avait fait tiquer;

  • Tu le connais aussi bien que moi, tu crois que Pascal arrivera é résister longtemps, dis-moi?
  • Il ne s’est rien passé jusqu’à maintenant, alors je pense que tu perds ton temps. Et puis bof, il a le droit de s’amuser!
  • Rien jusqu’à maintenant? Tu crois? Tu es amusante, ma pauvre chérie, ce que tu peux être naïve!

Je n’ai pas su quoi répondre, après tout, je n’étais sûre de rien. J’avais juste dit tout ça par bravade et parce que j’espérais et j’étais presque sûre qu’il ne s’était rien passé. Sinon Pascal n’aurait pas tant insisté pour que je vienne. Ouais, il ne s’était rien passé, Nina essayait juste de me faire chier.

  • Dès que tu seras partie, on reprendra exactement où on en était. Hum! Alors d’avance, bon retour! Et bon débarras.

Nina s’avait très bien que je n’allais pas courir pleurer dans le gilet de Pascal à lui répéter ce qu’elle m’avait dit. J’étais bien trop fière pour ça. Je crois qu’elle me cherchait seulement. Elle essayait de m’énerver. Si elle y réussissait, c’est Pascal qui en prendra plein les dents et on finira le week-end à se prendre la tête. Ce qui fera qu’il sera ravi de me voir partir et elle, elle aura gagné. Pas question que je la laisse m’atteindre. J’avais eu à faire à Jess qui était autrement plus forte qu’elle. Alors elle pouvait toujours courir pour me faire marcher!

  • Tu voulais me demander quelque chose?

Hum! Mouais, j’avais failli lui demander de m’expliquer ce que Nina avait voulu dire. Heureusement que je ne l’avais pas fait. Donc, j’ai prétendu que je ne me rappelais plus, que ça ne devait pas être très important. S'il savait!!! Avant, pris sur le vif, j'avais juste remplacer les questions sur Nina par; "C'est qui George?". Pfff, bonne inspiration.

  • Par contre, prendre congé parce que je reste un peu? Mauvaise idée! Ça te fera perdre une journée ou une demi-journée, géniale, et tu devras rester ça de plus? Super mauvaise idée.
  • Alors moi, j’ai quelque chose à te demander? Viens là toi. Je suis en manque de câlins moi.

Il faisait bouger ses sourcils comme un chat qui avait avalé un canari. A mourir de rire. Je l’ai laissé me faire des câlins et des bisous. Je n’arrivais pas à résister à son sourire. Pascal prévoyait de prendre congé le vendredi, seulement si j’étais d’accord, et qu’on pourrait passer le week-end au chalet rien que les 2. Ha la la, je ne savais pas. Il fallait que je regarde ça en rentrant.

  • Pourquoi c’est toujours si compliqué pour toi de simplement dire oui? En rentrant, tu t’arrange pour que ce soit possible, non?

Il avait raison. C’était toujours si compliqué pour moi, je n’arrive jamais à voir plus loin que je le bout de mon nez. Dire oui comme ça, à la va vite, j’arrive pas. J’ai envoyé un message à ma frangine pour lui dire que je n’allais pas au souper, que je pensais qu’elle était crevée, après la fête et tout, en plus, il y avait des matchs et les garçons avaient envi de regarder ça, moi non. Donc je pense que c’était annulé. Pour une fois, j’espérais vraiment, vraiment, que c’était annulé. Malheureusement, elle m’a appelé en recevant mon message pour dire qu’elle faisait quant même le souper. C’était râpé. Je n’ai pas su dire clairement que je n’y allais pas.

Pascal était déçu, mais en même temps, il ne m’en voulait pas trop. Il me connaissait et connaissait mes défauts.

On est resté dans notre chambre après que Nina ait quitté les lieux. Pascal a fermé la porte à clé pour éviter qu’elle déboule dans la chambre pour une raison ou une autre. Elle est venu frapper pour demander du feu je crois, mais on a rien répondu, du coup elle a mis la télé à fond. Je suis sûre que tout l’hôtel pouvait suivre son zapping. C’était pas juste qu’on soit obligé de s’enfermer alors que c’était chez Pascal, alors qu’elle se baladait dans tout le reste de l’appart. Les seules excursions qu’on faisait c’était, cuisine, frigo et retour.

Le soir, on est descendu manger au resto de l’hôtel. On pensait être tranquille, mais même pas. Nina est venue se planter à notre table.

Plus les heures s’écoulaient, plus je sentais la déprime m’envelopper comme un vilain nuage noir et poisseux; demain j’allais le laisser ici pour rentrer et ça me foutait le cafard. J'étais moins combative. J’ai laissé Nina faire son cirque, je n’en avais plus rien à cirer. Elle pouvait bien nous interrompre, s’adresser rien qu’à lui, je m’en tapais. C’était ma main qu’il tenait en travers de la table. C’était ma main qu’il embrassait avec des yeux remplis d’amour. C’était à moi qu’il lançait des regards langoureux et de tendres sourires.

Je pense qu’il avait deviné que je déprimais déjà, peut-être que lui aussi… Pascal a proposé qu’on aille marcher un peu pour digérer, mais je crois que c’était seulement pour se détendre.


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