177 - Les affres de la jalousie
Samedi..... 26 juin 2010
Exigeant et impatient, Pascal ne m'a pas laissé le temps de dire quoi que ce soit. Épuisée de bonheur, je me suis endormie dans ses bras. Je me souviens juste que le jour commençait à pointer le bout de son nez et que les oiseaux chantaient déjà.
Son natel n'avait pas cessé de biper. Je sais qu'il a rappelé quelqu'un, mais moi, j'étais déjà en route pour me jeter dans les bras de Morphée, au pays des merveilles. Mais je n'y suis pas restée longtemps, Pascal m'a réveillée pour me demander si ça ne me dérangeait pas qu'on aille plutôt dormir chez lui. Rhhhh, déjà somnolente, j'avais mal partout, j'étais trop naze pour me relever et m'habiller.
Les appels incessants venaient de Jess. Si Pascal ne pensait pas monter au chalet, elle préférait qu'il ne découche pas, et insistait pour qu'on aille dormir plutôt à la maison. Elle n'aimait pas le savoir ailleurs. Et ça c'est pour faire court, parce que Pascal a essayé de m'expliquer, mais ma tête ne suivait pas. J'ai compris en gros.
De mon côté, malgré mon état semi-réveillé, je savais que ça ne servait à rien que j'aille chez lui, parce que je retournerais chez moi quelques heures plus tard..
Mais je n'avais pas tout compris. En fait, on était sensé aller au chalet ce week-end, toute l'équipe y était déjà. Pascal n'avait pas pu monter en début de soirée parce qu'il devait bosser avec Marilou. Donc, avant que je ne sombre carrément dans le sommeil, Pascal essayait de savoir ce que je voulais faire; aller au chalet ou rester ici? C'était un peu trop pour moi.
Cassée en milles morceaux, morte de fatigue, je n'ai pas trouvé l'énergie nécessaire pour sortir de ma torpeur.
Je ne suis pas sûr de ce que j'ai baragouiné et j'ai sans doute dû me rendormir, parce que je n'ai pas entendu Pascal partir. A mon réveil, j'ai trouvé son petit mot; il allait au chalet. Le temps de passer chercher sa femme, ils sont parti directement au chalet.
Quoi faire? Aller au chalet ou non? Est-ce que Caro était déjà là-bas aussi?
Je n'aurai jamais dû appeler, Caro était dans tous ses états. Elle n'était pas au chalet, Pascal lui avait demandé, ou disons plutôt suggéré de ne pas monter. Elle était tellement déprimée que me voilà qui part chez elle pour la consoler. Probablement aussi, quelque part, par curiosité. Non, je pense que j'avais sincèrement mal au cœur de l'entendre dans cet état.
Caroline avait senti que Pascal s'éloignait d'elle, et vendredi soir, elle avait insisté pour qu'il passe. Il avait essayé de lui dire qu'il ne pouvait pas, alors elle avait fondu en larmes et finalement, il est passé. Elle regrettait maintenant d'avoir tellement insisté, il aurait mieux valu qu'il ne passe pas. Glups, inutile de lui dire que je ne voulais pas non plus qu'il passe chez elle, que je m'étais sentie trahie qu'il la fasse passer avant moi, elle avait déjà assez de peine.
En fait, Pascal a essayé gentiment de mettre des distances entre eux et Caroline était persuadée que c'était à cause de se qu'elle pressentait qu'il se passait entre lui et Marilou.
- Tu fantasmes... Pascal m'a aussi demandé de lui laisser du temps, il avait du mal à gérer la situation avec Jess, et... nous.
Dire que j'ai utilisé le "nous"!!! Entre 2 hoquets, Caroline continuait de plus belle. Sa voix tremblait et elle aussi.
- Je t'assure que je ne me fais pas d'idée. Je t'assure que Jess aussi sent le vent tourner. Regarde mieux, tu verras qu'elle pressent aussi quelque chose, regarde comme elle les surveille, tu verra... T'es la seule à vivre dans ta bulle et qui ne voit rien.
Je ne voulais pas, je ne voulais pas et je ne voulais pas me mettre à flipper à cause de Marilou ou qui que ce soit d'autre. Non, non et non. Je voulais faire confiance à la vie, à l'amour, faire confiance à Pascal. Glups, mais est-ce qu'il m'aime assez pour ne pas...? Oh, STOP, je ne voulais pas me poser ce genre de question, sinon j'allais me laisser entraîner dans les méandres de la jalousie. J'étais déjà sur la corde raide, à la porte, non dans le couloir, je dirais, et souvent j'y mets un pieds et j'ai toujours réussi à ressortir de là. Alors je ne voulais pas tomber dans la jalousie, on en sort que difficilement et péniblement, et surtout, quant on a tout fichu en l'air.
Malgré tout, je sentais les titillements, les picotements... Je crois que c'était trop tard, j'étais déjà tombée dans les affres de la jalousie!
Malgré ce que Pascal lui avait demandé, j'ai quand même proposé à Caro de venir au chalet et elle a accepté. Je crois qu'il était difficile pour elle de refuser. Et même si je ne lui l'avait pas proposé, je crois qu'elle aurait fini par y aller quand même!
Le temps de se préparer chacune de notre côté, on s'est mise en route en fin d'après-midi. J'avais eu Pascal au téléphone, et je n'ai pas osé lui dire que je ramenais Caro!!! Bizarrement, j'ai eu l'impression que Pascal aurait voulu que je n'y aille pas non plus. Tout ses explications, comme quoi, il serait avec sa femme, que je devais me rappeler qu'on ne pourrait pas se comporter autrement qu'en amis... Bizarre! Rien que pour ça, je voulais encore plus monter.
On est arrivée en début de soirée, et je dois avouer que j'ai remarqué la surprise de Pascal...
Désagréable surprise de mon côté, c'était de voir Miss Marilou au chalet!
Il me paraissait assez évident d'emblée que la présence de Caroline n'était pas souhaitée. Ça m'a fait mal au cœur. Tout le monde était poli, mais une certaine froideur ou distance, je ne saurai mettre le doigt dessus, mais c'était clair, elle n'était pas prévue! Je notais un certain agacement aussi. Je me demande si ça venait de Pascal en particulier?
Pendant la grillade dans le jardin, je me retrouvée assise à côté de Pascal, ce qui fait qu'on a pu se parler beaucoup plus que d'habitude. Je ne sais pas si ces quelques jours de réflexions y était pour quelque chose, mais Pascal semblait beaucoup plus détendu et beaucoup plus présent. On avait établi une sorte de code de conduite, et comme avec n'importe quel autre pote, on réussissait à passé la soirée ensemble à discuter, rigoler, collé côte à côte. Il ne me prenait pas la main, ni sur ses genoux, mais il était à côté de moi. Même quant Jess venait se planter sur ses genoux, on continuait comme si de rien. Quant je m'éloignais, Pascal venait me rejoindre et restait près de moi comme si on était inséparable.
J'avoue que c'était hyper agréable.
Mon regard est tombé sur Caro au bord des larmes, plantée dans un coin, à l'autre bout de la table. Je l'avais un peu oubliée. Ensuite, quant on a bougé, j'ai fait attention de ne pas la laisser trop seule.
On a passé la soirée à l'extérieur, dans le jardin du chalet. Il y avait une petite brise nocturne, c'était vraiment, vraiment agréable. L'odeur de Pascal m'enivrait aussi. J'aime son odeur, je ne sais pas si c'est son parfum, son after-shave, mais j'adorais le renifler. Je ne pouvais pas me jeter sur lui pour le snifer.
Je croyais que je... J'étais persuadée que je ne tomberais pas dans les tréfonds de la jalousie, mais je me suis rendue compte ce soir, que c'était trop tard, j'étais perdue. J'étais jalouse! Je tiquais, frémissait de voir n'importe quelle fille poser la patte sur Pascal. Même Jess. C'était lamentable, mais j'avais des frissons, le cœur qui lâchait aussitôt; c'était de la jalousie pure et simple.
Pascal pieds nus, dans son polo blanc par dessus un de ces bermuda pleins de poches, s'occupait du barbecue avec Thomas et Antony. La copine d'un de ses potes l'a touché, en posant sa main sur son dos, elle voulait juste se faire servir, et vu le bruit, Pascal s'est penché vers elle et ça m'a mis dans tous mes états.
Embarrassée, j'ai vite jeté un coup d'œil autour de moi, espérant que personne n'avait remarqué, j'avais l'impression que ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Mais Thomas avait remarqué. Hum.
J'étais foutue, vraiment foutue. Je crois que c'est à cet instant même que je me suis rendue compte que c'était trop tard, et que je n'arrivais plus à rien contrôler. J'étais devenue vulnérable.
On a passé une chouette soirée malgré les moments où je sentais mes battements s'accélérer dangereusement quant Pascal parlait ou approchait d'autres filles, ou quant je le voyais rire. Tout me rendait nerveuse; de voir les petites fossettes se dessiner sur sa joue quant il souri, de le voir se pencher vers une autre pour l'écouter lui raconter des trucs à l'oreille, le voir se mordiller l'intérieur de la joue, même de regarder ses cheveux tomber devant ses yeux quant il baissait la tête et de voir une autre le remarquer aussi me rendait malade,... Afff, c'était horrible. C'était ça la jalousie, cet horrible virus qui te bouffe de l'intérieur.
Même si j'en avais envie, je n'ai pas pu quitter la soirée pour aller me coucher tant que Pascal était là...
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------ Les affres de la jalousie - 26.juin.10.sam - (177) ------