18 -- Sale petit piège

Publié le par JaneDo


Toute la journée n’a été qu’une longue attente en attendant de voir Pascal. Patricia était scotchée au canapé et j’attendais le moment de l’aider à se mettre au lit pour filer retrouver mon petit coeur.

En début d’après-midi, j’avais reçu un message de Pascal me donnant rendez-vous chez lui à 20h.

J’étais impatiente. Je croyais qu’on faisait notre routine habituelle et qu’après avoir accompagné Jess à l’aéroport, il passait prendre un verre avec ses copains et qu’il m’embarquerait en quittant le Tiger si j’étais sortie. Si non, il passait me prendre chez moi. C’était ce qu’on avait convenu. Mais 20h, ça m’allait aussi. Mon seul problème est que je ne savais pas comment faire avec Pat. Je ne pouvais tout de même pas la planter au lit déjà à 20h!!!

Pat avait remarqué que j’étais un peu dans la lune, normal...

A 20h, j’étais déjà chez Pascal. J’avais attendu toute la journée ce moment. J’étais nostalgique. Il me semblait que cela faisait un siècle que j’avais osé venir sonner chez lui la 1ère fois, tant de semaines avaient passé, tant de mois... Toujours autant de frissons en voyant son visage apparaître en ouvrant la porte. Je l’aimais toujours autant, le temps n’y avait rien changé...

  • Mais qu’est-ce que tu fais là?

Hein!!!! Ce n’était pas du tout comme ça que j’avais imaginé nos retrouvailles! Pascal était surpris de me voir. Il y avait de quoi... Il ne m’avait jamais envoyé de message pour me demander de venir à 20h... C’était Jess qui l’avait fait, ça, j’en étais sûre, mais je ne pouvais pas le lui prouver. J’avais pris l’habitude d’effacer ses messages pour éviter que Layne ne tombe dessus.

Thomas et des copains et copines à eux que je connaissais assez peu étaient là. Ils me regardaient tous comme si j’étais une Alien! Thomas a même baissé les yeux...

Jess faisait l’innocente en nous dévisageant et Pascal semblait contrarié et pas content du tout. Le cheveux dans la soupe, c’était moi. Jess a joué à la victime. Victime d'une femme sans scrupules, avec les larmes aux yeux et tout (pétasse). Elle lui a demandé s’il ne pouvait pas au moins attendre qu’elle soit partie pour le défiler de ses copines à la maison. Pascal lui a assuré qu’il ne m’avait jamais demandé de venir et j’avais l’impression qu’il pensait que j’avais fait exprès de me pointer pour faire du mal à sa femme.

Je ne pouvais pas partir sans clarifier les choses, mais c’était tout autant délicat de rester. J’étais mal. Partir était la seule chose à faire avant que Pascal ne me le demande. Je ne voulais pas qu’ils aient à me fiche à la porte.

Elle m’avait tendu un piège!

Mes mains tremblaient, impossible de les contrôler. Ce devait être la colère. Au fond de la poitrine, j’avais une grosse pierre qui rendait la respiration pénible. Je voyais encore le regard de Pascal, je n’osais pas imaginer ce qu’il devait penser. Que je l’avais fait exprès? Il la croyait c’était sûr, et je n’avais pas vraiment su comment me défendre. De toute manière quoi que je dise, j’aurais eu l’air d’une fouteuse de merde, et il pouvait difficilement prendre mon parti contre sa femme. Crap. Il avait dû se dire que j’étais tellement impatiente de le voir que j’ai même pas pu attendre que Jess soit partie, ou que je voulais m’imposer à elle. Je lui avais fait honte. C’était pas bon.

Je crois que je lui en voulais d’avoir pu penser que je pouvais avoir fait exprès.

En rentrant, j’étais pas bien et aussi encore en colère. J’avais eu l’air idiote et ça, je ne le supportais pas. Pat était surprise de me voir déjà de retour. Je n’avais pas envie d’en parler. J’ai balancé mes fringues et je me suis dépêchée d'aller noyer ma honte dans un bain.

Comment dire à Pascal après ça qu’elle voulait lui faire un bébé?

Comment est-ce que je pouvais aller me pointer au Tiger comme si de rien n’était après un pareil affront, sachant que Pascal y viendrait sûrement avec les amis qui étaient chez eux. Pour le coup, ils penseront sûrement que je tente tout pour me jeter à sa tête. Impossible de repartir avec lui après ça. Mes oreilles me brûlaient de honte.

Est-ce que Pascal me rappellera après l’aéroport? Aura-t-il seulement envi de me voir? Je tremblais de la tête aux pieds encore, n’arrivant pas à me débarrasser des impressions désagréables que j’avais ressenti debout dans l’entrée comme une intruse. Je me suis sentie vraiment mal, de trop, mal placée, ridicule... et le regard que Pascal m’a lancé...

Je devais peut-être me montrer fâchée et ne pas lui répondre si... si seulement il m’appelait... Lui faire le coup d’être en colère... Ça voulait dire que je ne le verrais pas ce soir? Oh, ça c’était trop dur. S’il m’appelait, je savais que je me précipiterais (stupidement) vers lui. Rien ne pourra m’arrêter!

C’était presque minuit quant Pascal m’a enfin appelé. Mouais. On était mal à l’aise au téléphone.

Cette fois, il m’attendait. J’ai voulu reparler de ce qui c’était passé, et essayé de me justifier, mais Pascal n’avait pas envi d’en parler. On aurait dû, parce qu’on était bien trop tendu.

Même s’il me serrait dans ses bras avec beaucoup d’amour et de tendresse, on n’arrivait pas à se détendre. Je me sentais obligée de me défendre, de me justifier, mais Pascal me faisait taire. Il ne voulait pas parler de Jess, ni qu’on passe la soirée à se prendre la tête. Je me suis petit à petit laissée glisser dans une sorte de torpeur, rassurée par sa présence, sa voix douce et pleine de tendresse.

C’est vrai, la seule chose qui comptait, c’était d’être avec lui.

A son arrivée à Londres, Jess l’a appelé. Bien évidemment, il devait répondre. C’était gênant. J’étais mal à l’aise et d’emblée, je me suis éloignée pour ne pas les entendre. Si j’avais été maligne, je serais rentrée, mais je suis restée. On ne pouvait pas parler de ce qui nous tourmentait, on ne pouvait pas parler de ce qui c’était passé plus tôt, donc on était plutôt silencieux. Tendu, on s’est juste serré l’un contre l’autre, le spectre de Jess derrière la porte.

Même loin, elle était bien trop présente. Je ne pouvais pas dormir dans son lit et Pascal ne le voulait pas non plus, mais on évitait d’en parler. On était dans une impasse. L’envie de se voir, mais pas très à l’aise non plus. Pour finir, assez maladroitement, Pascal m’a demandé de rentrer. Aoutch. J’aurai dû le faire toute seule, non mais, à quoi je pensais! Aïe, dire qu’il a dû me demander de partir. Ça, c’était le pire. J’en aurais pleuré.

Pris de remords, Pascal est venu chez moi. Ne réussissant pas à trouver le sommeil, il m’avait appelé, et après avoir parlé un moment au téléphone, on s’est rendu compte que malgré le malaise et tout, on avait envi d’être ensemble. C’était bon de l’entendre. Pat était déjà couchée heureusement.

Il avait envi de me voir, qu’on soit ensemble mais il ne savait pas pourquoi, ça n’allait pas, il ne se sentait pas trop bien. Je me sentais pareil. Mais vraiment, vraiment contente qu’il soit venu. En partant de chez lui, j’avais un goût amer dans la bouche et un gros nœud à l’estomac. Je m’étais sentie vraiment mal. J’avais encore les yeux rougis d’avoir un peu pleuré.

Alors sans un mot, je lui ai juste pris la main, et on a été se coucher. Ça ne servait à rien de parler, juste dormir dans les bras l’un de l’autre serait suffisant. Au moins être ensemble. Je voulais lui faire oublier le sentiment de malaise qui aurait fait fuir n’importe qui d’autre, mais pas lui. Heureusement pour moi, j’en serais morte de chagrin.

*  *  *  *  *

Sale Petit Piège - (18 jan 09 -dim)

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Publié dans diary, janedo, journal

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J
Merci pour ton conseil Akemi-sama. T'as raison, faut pas que je ne dois pas la laisser mener la barque, je dois lui donner une petite le?, mais je me sens quand m? en position d'inf?orit?Je ne sais pas encore comment m'y prendre, ni ce que je vais faire, mais c'est clair que je dois lui montrer que je n'ai pas l'intention de la laisser m'?aser. Pascal ne se permet pas de se m?r de ses aventures. L'emp?e, c'?it de bonne guerre, je lui tire mon chapeau parce que je ne m'y attendais pas du tout. C'?it un sentiment hyper d?gr?le.
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A
Aie, je ne sais pas toi, mais moi ?m'?rve. Comme toi, je ne suis pas de nature ?'?rver facilement ni ?tre rancuni? mais je n'appr?e pas pour autant qu'on se foute de moi. Je pense qu'il est temps de donner une petite la? de mani? ?ess car elle va trop loin. Je ne pense pas que Pascal se m? de ses relations, alors, m? si c'est son mari "d'arrangement", ?ne lui permet pas d'agir ainsi. Je commence ?erner le caract? de la miss (chipie, agicheuse, qui passe 3h ?e pr?rer tous les matins -_-), pas tr?flatteur par ailleurs... Sinc?ment, ne la laisse pas mener la barque car tu risques de ne plus pouvoir en r?apper. Pas besoin de te venger pour ? montre juste plus de confiance en toi (et surtout ne te laisse plus d?abiliser par elle, elle ne s'en sentira que plus sup?eure ?oi).
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