192/2015 - Se sentir trahie

Publié le par JaneDo


Samedi - 11 juillet 2015 - 192/2015 - Se sentir trahie

Vendredi soir, après avoir joué aux cartes jusqu’aux environs de minuit, je suis passée prendre le schéma et mon ordi avant de courir chez Steven. Heureusement qu’il n’était pas très pressé pour sortir et que lui et Max étaient encore à la maison à se battre devant un écran dans un jeu vidéo.

C’était embarrassant de discuter du fonctionnement de l’installation du système qu’il m’avait fourni. Hum, pour l’enregistrement, ça allait être difficile; je ne pouvais pas le lancer sur mon système vidéo (hum, sur celui de Pascal pour être précis, il le remarquerait aussitôt). Max m’a quand même expliqué encore une fois comment le faire sur mon ordi pendant mon absence.

Ce qui me semblait compliqué; je ne pourrais ni laisser traîner mon ordi, et je ne savais pas comment faire pour que l’ordi ne se met pas en veille, etc. Apparemment, ça peut se mettre en veille, l’enregistrement continue quand même.

Max a parlé de iCloud, OneDrive, bref, tous ces trucs sont trop compliqués pour moi. Il a voulu aller voir sur mon ordi pour me créer les liens pour envoyer les enregistrements directement sur iCloud.

Hum, je ne pouvais pas le laisser utiliser mon ordi, il risquait de se rendre compte de quelque chose. J’ai prétendu que je voulais essayer moi-même, si je n’y arrive pas, alors on le fera ensemble une autre fois. J’ai rougi, parce que j’ai l’impression qu’ils ont remarqués que je mentais.

De toute façon, mon ordi est saturé de foutaises, il faudrait que je vide un peu les nombreuses images, fichiers inutiles qui traînent dessus; top de captures d’écrans, d’images de mon travail au début, en cours, d’essais de couleurs, de scans, etc. Sans compter les 5 saisons de la série « The Walking Dead » that I stored on it instead of putting them on my external hard drive. I should erase all of it. Eiiiik, don’t want to erase « Nana »!

En rentrant, comme prévu, je suis passée chez Pascal. J’ai pensé l’appeler, mais j’avais peur qu’il ne veuille pas me répondre. Le parking était passablement occupé, beaucoup de monde profitait du beau temps pour traîner au bord du lac. J’aurai pu trouver une place sur l’herbe dans un coin, mais je préférais rester dans ma voiture. J’avoue que ça faisait plutôt bizarre. Je me suis mise à l’arrière, avec toutes les portes fermées. C’était plus difficile pour quelqu’un de voir ce qui se passait sur mon écran. Je n’ai mis qu’une des oreillettes, pour rester alerte à ce qui m’entoure.

Je ne m’attendais pas à trouver Pascal chez lui. Vu l’heure, j’avais imaginé qu’il serait déjà sorti, et je serais rentrée tout simplement après lui avoir laissé un message.

Pascal était sur le canapé et jouait à la guitare. Il avait des oreillettes et corrigeait ou faisait des notes sur une partition. J’entendais du bruit. J’ai pensé qu’il y avait encore du monde chez Thomas. Thomas est descendu pour encourager Pascal à sortir. Pascal a dit qu’il n’était pas d’humeur.

J’ai souri; Pascal m’avait dont menti quant il a dit qu’il sortirait avec Manuella. C’était juste pour me faire tourner chèvre.

Peu après, Paul, Jonas, Caro, Manuella et une fille dont je ne connaissais pas le nom sont descendus à leur tour. Jonas avait donc emmené sa copine chez Thomas. Le rat. Il faisait tout pour mettre cette fille dans les pattes à Pascal on dirait. Ça m’a légèrement froissée. Je n’aimais pas la voir traîner avec « mon » groupe. Avant elle restait à distance, maintenant, elle s’insinue de plus en plus dans mon monde, et ça m’agace.

Il faut vraiment et rapidement que je trouve un moyen efficace de l’envoyer brouter dans son propre jardin!

2h du matin... waouh, j’imagine qu’ils vont aller direct en boîte. Je les imagine mal débouler dans les bars sur le point de fermer. Ou peut-être chez leur pote du Time-Out. Apparemment, ils étaient sur le point de sortir. Ils ont insisté et insisté encore, et Pascal a continué à décliner l’offre de sortir; il n’avait aucune envie de sortir, et aucune envie d’aller en boîte. Ça m’ a fait plutôt plaisir. Ou... peut-être qu'il ne voulait juste pas me croiser???

Ils l’ont astiqué concernant son soi-disant rendez-vous avec sa copine qui lui pose des lapins ou annule à la dernière minute, et lui, il restait là tout seul comme un idiot, au lieu de sortir et s’amuser un peu. Pascal a fait celui qui était blasé contre leurs remarques, mais dès qu’ils ont passé la porte, il a eu une expression qui montrait bien que ça l’avait atteint. semblant que leurs remarques lui coulaient

Dès qu’ils seront parti, je pourrais aller le voir et tenter de me racheter... Lui faire mes excuses, et trouver le moyen de l’amadouer et comme ça on pourra passer le week-end tous les 2.

Ils étaient effectivement en route pour aller en boîte. Caroline surveillait Manuella qui était restée un peu en arrière. Elle s’est mise sur la pointe des pieds pour chuchoter quelque chose à Pascal. Il n’a rien répondu. Caroline les a laissé sortir, puis elle a demandé à Pascal s’il aimerait qu’elle reste. Ils pourrait se regarder un film, bavarder. Pascal a secoué la tête, il a dit qu’il voulait rester seul.

Encore contente qu’il reste tout seul. Avant que j’aie eu le temps de boucler mon ordi et partir chez Pascal, il a reçu un coup de fils. J’ai vite compris que c’était Caroline. Il lui a répété qu’il voulait rester seul, il n’avait pas envi de visites, et pas envi de sortir non plus.

Alors qu’il était encore au téléphone avec Caroline, quelqu'un a sonné à sa porte. qui pouvait donc sonner chez lui à une heure pareille... j’étais seule à avoir le droit de faire ça! Caroline avait dû l’entendre aussi, elle a dû poser des questions à Pascal qui l’a presque envoyée balader, en lui disant qu’ils se rappellent demain.

C’était Manuella... Pascal a semblé d’abord déçu, puis il s’est effacé pour la laisser entrer. Là, je me suis sentie super énervée. Il venait de rembarrer Caro et maintenant, il laissait Manuella entrer?! Grrrh. Elle portait un top qui ne cachait pas grand chose. Même moi je voyais son soutien-gorge (bien rempli).

  • Je croyais avoir bien dis que je voulais rester seul?
  • Pourquoi faire?

Sa remarque l’a fait sourire, avec ce petit sourire en coin qui lui donnait tellement de charme. Et moi, grincer des dents. A peine entrée, l’autre a enroulé ses bras autour de lui. Pascal a souri tout en l’attirant à lui, plongeant son regard dans le sien. J’ai dû me concentrer pour respirer. Entre 2 baisers, il passait sa main dans ses cheveux, laissant couler ses mèches entre ses doigts, laissant sa main flotter jusqu’à sa nuque, caressant sa joue, la prenant par le menton pour embrasser ses lèvres, replaçant une mèche derrière son oreille.

Argh, j’ai fermé mon ordi. Je connaissais tous ces gestes, c’était des préludes... Je n’avais aucune envie de les voir copuler.

Je n’étais pas enchantée par ce que j’avais vu. Que faire? Faire semblant de rien et me pointer? L’appeler avant? Lui envoyer un message? Qu’est-ce que j’espérais en retirer? Pascal ne voulait pas me voir, il me l’avait bien fait comprendre, alors, est-ce que débarquer chez lui n’allait pas juste servir à envenimer la situation?

L’urgence me rendait stupide, j’avais la tête vide et je n’arrivais à organiser mes pensées pour trouver la bonne chose à faire. Ou ne pas faire.

J’ai décidé de lui envoyer un message, s’il ne répondait pas, je l’appellerais. J’ai rouvert mon ordi pour voir où ils en étaient; arhhh, ils étaient occupé dans une danse de baisers, de caresses en direction de la chambre ou du canapé. Manuella lui a demandé si elle pouvait rester, et Pascal lui a répondu sur le même ton; « A ton avis? ».

J’ai envoyé mon message; "Chou, toujours fâché avec moi? :( Est-ce que tu es sorti? Si non, est-ce que je peux passer? Je sais qu’il est tard".

Le bruit des bipes de la réception de mon message a eu pour effet de les interrompre dans ce ballet amoureux. Au même moment, on a sonné à sa porte. Pascal a aussitôt regardé ses fenêtres. No soucis; ce qui se passait à l’intérieur était occulté.

Pascal a aussitôt pris son natel et a vu mon message. Manuella lui a suggéré de ne pas répondre, mais il a enlevé des mains et s’est dépêché de reboutonner sa chemise et sa braguette pour aller à la porte. Il avait pâli. Sans brusquerie, il a poussé Manuella vers la cuisine, a posé son doigt sur ses lèvres pour lui dire de ne pas faire de bruits. Avant d’ouvrir, il a passé sa main dans ses cheveux.

Je savais que ce n’était pas moi... lui non! D’après sa tête, je crois que Pascal pensait qu’il s’agissait de moi!

Pascal s’est placé en travers de la porte, de manière à ce qu’elle ne puisse voir à l’intérieur. Je me suis demandée s’il aurait fait pareil si c’était moi, et je crois que oui. Je voyais la tête de Caro sautiller, elle essayait de voir s’il y avait quelqu’un. Elle voulait entrer, mais Pascal lui a dit que c’était gentil qu’elle soit passé, mais qu’elle devrait rentrer chez elle (You should go home).

La peste de Manuella a pointé son nez derrière Pascal et Caro l’a vue. Elle a suspendu son babillage et est partie en courant. J’imagine qu’elle devait être bouleversée et en larmes. Pascal a refermé la porte et s’est passé la main dans les cheveux. Amusée, Manuella a dit;

  • Quant c’est pas l’une, c’est l’autre! Jamais tranquille. Tu n’aurai pas dû répondre à cette satané porte!

Par derrière, Manuella l’a entourée encore une fois de ses bras en frottant sa joue contre son dos. Pascal s’est dégagé, a fait une petite grimace et a repris son natel pour relire mon message.

C’aurait été le moment idéal pour l’appeler, mais j’avais le coeur dans les baskets et je n’osais pas. Mais c’était maintenant ou jamais, non? Lâche, je n’ai pas osé, tout ce que j’ai su faire c’est lui renvoyer un autre message pour demander si je pouvais passer, s’il était là ou pas.

Pascal a lu mon message, mais n’a pas répondu à mes messages. Il a reposé son natel sur la table du salon. Manuella avait entendu le bipe et a voulu savoir qui c’était. Pascal n’a pas répondu. Il ne semblait plus tellement d’humeur à biduler avec Manuella.

Il lui a dit que c’était préférable qu’elle s’en aille. Elle a cru que c’était à cause du passage de Caro et qu’il craignait qu’elle m’en parle. Il a dit que j’allais passer. Manuella a rigolé en lui demandant si c’était comme tout à l’heure. Elle était certaine que j’allais lui planter un lapin.

De toute façon, il était hors de question que je passe sans qu’il me donne son feu vert. Alors je le lui ai mis par écrit, comme je n’osais toujours pas l’appeler. D’entendre sa voix m’aurait crucifiée de rendu ses petites infidélités avec Manuella plus cruelles. Tout autant s’il ne m’avait pas répondu. Par prudence, je me cantonais aux messages.

J’essayais de le persuader mentalement, à distance, de me répondre. Mais, il n’en avait pas envi, et ne l’a pas fait. Il était donc sérieux quant il a dit qu’il ne voulait pas me voir. Les larmes ont commencés à déborder, j’étais persuadée que c’était parce qu’il avait déjà prévu de la voir, elle. Au moins, il était un peu plus distant avec l’autre pouffe.

J’ai eu la suprême mauvaise idée de lui écrire; "Bon, je vois que tu ne veux toujours pas me voir! Ou... tu n’as peut-être pas vu mon message? Bonne nuit Chou, je rentre alors ;) Bisous, Love You".

Peut-être persuadé que j’allais quand même passer chez lui, Pascal a fait partir Manuella. Il s’est laissé tombé dans le fauteuil devant la télé, les mains derrière la tête. Il zapait. J’aurai pu passer, mais je ne voulais pas lui donner raison et lui tomber dessus à l’improviste. Je tenterai ma chance encore demain... Il sera peut-être moins en colère après avoir dormi dessus.

Sinon, il irait chez Manuella la prochaine fois, et je ne saurais pas ce qui se passe! Plus je la voyait, plus j'avais envie de la voir souffrir!


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