209.2 - dimanche
Je n'ai pas fait attention au bruit de la porte de l'entrée. Tranquillement, je lisais son mot sur mon pallier. Je suis au dernier étage, les voisins ne peuvent pas voir mon palier et ne monte chez moi sans raison, surtout pas le week-end, je mords. Mais j'avais oublié que j'avais donné le code de la porte à Pascal, pour qu'il n'attende pas des heures dehors... Et voilà Pascal sur mon palier. J'ai rougi, enfin... mes oreilles ont rougi, il l'a remarqué, ça l'a fait sourire. Ciel, pourquoi faut-il qu'il soit si beau? Bonzer, ses yeux font encore plus vert, OHH et ce sourire...
Et mince, je ressemblais à rien. Pas maquillée, en training / baskets, les yeux encore comme des boules de billards rougis. Poisse. Mais rien à foutre, right! Je ne voulais pas lui parler et je ne voulais pas le voir. Parce que, je savais d'avance, qu'en le voyant ou en voyant ses yeux verts, j'avais peur de fondre comme en ce moment. Il a fait un geste pour me montrer qu'il n'allait pas essayer de me toucher.
- Jane, donne moi juste 5mn, tu veux? Tu sais bien, les sms, c'est pas mon truc. Après, je m'en vais et je t'embêterais plus. Ok, je ne devrais pas être là, mais je voulais pas qu'il y ait de malentendus entre nous... Jane, 5mn?
Pascal insistait. Autant de persévérance était drôlement efficace et sexy. Je me sentais faiblir à vitesse grand V, et "t'embêterais plus", pas vraiment ce que je voulais non plus. Je sentais son parfum mêlé à l'odeur du soleil, mais tristement les images de lui et Caroline sont venu assombrir le tableau. J'avais un pavé à la place du coeur.
Les mots qui allaient sortir de ma bouche semblaient calqués sur ce qu'il m'avait dit. Je n'avais pas envie d'en parler, mais alors pas du tout. Ce qui fait que, je comprenais tellement mieux sa réaction d'hier. C'était s'exposer, montrer ses faiblesses, ouvrir la porte sur un point sensible... oui, je le comprenais. C'était bête, je pouvais au moins l'écouter.
Il ne se rien passait avec Caroline. Évidemment, j'ai voulu connaître tous les détails.
Pascal s'était éloigné du groupe pour parler à Caroline, pour ne pas être désagréable avec elle devant les autres. Lui dire aussi qu'il avait quelqu'un dans sa vie, et qu'elle le mettait mal à l'aise. Elle pensait qu'il avait inventé la copine. Mais, il n'était pas obligé de la tenir par la taille? Elle n'avait pas besoin d'avoir ses bras enroulés autour de son cou? Pascal a souri. S'il la tenait par la taille, c'était pour la garder à distance, c'est tout. "Jalouse?" Beuh, non, pas du tout... ou peut-être un chouilla, mais j'allais pas le lui dire, ça c'est sûr. J'avais les oreilles en flammes. Ca m'a fait encore rougir. Il souriait encore en me calant les cheveux derrière une oreille écarlate. Je réalisais que je commençais à résonner comme une femme jalouse, beurk, alors je l'ai bouclé. Il l'aimait bien, ils étaient juste copains, c'est tout.
Pascal a essayé de s'approcher mais j'ai reculé. Il a reculé en disant qu'il avait compris.
J'ai voulu savoir pourquoi, il l'avait laissée s'asseoir sur ses genoux après alors?
Pascal a fait la grimace. Euhm, les genoux, c'était juste avant la plage. En revenant de la plage, ils ont été chez lui. Ce n'était pas très malin de l'emmener dans sa chambre après lui avoir dit d'arrêter de le tripoter? Apparemment, elle lui avait juste mis de la pommade sur une brûlure à l'épaule. Petit pincement; GRRR, elle a touché son épaule. J'en voulais encore à Pascal, enfin... je crois? Ou était-ce les restes de la peur? peine? Oui, ça devait être ça! Ou, un peu mal à l'aise d'avoir laissé vagabonder mon imagination. Puis, je me suis rappelée qu'il avait dit "l'avoir dans la peau"... Encore plus déprimée, je ne pouvais rien demander sur ça, je n'étais pas censée avoir entendu.
Après toutes ces explications, Pascal a voulu me prendre la main, mais j'étais pas encore prête pour le contact. Je me sentais toujours encore un peu déprimée. Je réalisais que ce serait si facile de souffrir à cause de lui. Pour me défendre, j'ai voulu savoir ce qui s'était passé après notre soirée ensemble, quant je l'ai laissé avec Thomas? et ensuite j'ai malheureusement dormi chez Thomas? Pascal a blêmi, apparemment, il n'était toujours pas prêt à en parler. Toutefois, comme je lui avais laissé me parler, il me devait la pareille.
Ses explications étaient confuses. Pascal pense que j'ai couché avec Thomas le soir d'après? HEUHH, what? Je n'ai pas couché avec Thomas! Il pense que je sors maintenant avec Thomas? Comment est-ce qu'il pouvait même croire ça? Bravo, je ne pouvais même pas aller demander des explications à Thomas, n'est-ce pas? Pascal non plus. On n'était pas censé être en contact en dehors des sorties entre potes. Qu'est-ce que c'était compliqué!
BEUHHH... J'avais le cerveau qui patinait. Mais, petit à petit, le gros poids que j'avais traîner ces jours-ci commençait à s'alléger.
Ma copine et nouvelle scouateuse, Patricia, est arrivée sur la fin de notre discussion. On était toujours sur le palier. Il fallait que Pascal parte de toute façon. Une chose était certaine, je l'adore. Si j'étais maligne, je garderais mes distances...
Aucune idée s'il m'a cru ou pas à propos de Thomas, son regard était illisible! Finalement, je savais pourquoi il m'avait évitée comme la peste et ne m'appelait plus. Mais, je ne savais pas comment lui prouver qu'il ne s'était rien passé du tout avec Thomas.
Au moins, on avait pu se parler!