219 -- Allez au cinéma!
Après le basket, Pascal est passé me chercher. Je n’étais pas prête bien sûr.
Brian m'a réveillée avant de partir au boulot. Ouf, sinon je serais arrivée en retard chez papa. Avec Paps, on a enfin fini de peindre les bois aujourd’hui... HEFFF... j’étais super raide. Lex, un copain qui travaille dans les télévisions est venu installer un décodeur chez mon paps. Dire qu’il y a encore des régions où on ne reçoit pas les chaînes françaises en Suisse!!! Et ça nous casse les pieds avec l’union européenne... J'hallucine!
Pascal m’a emmené voir “Bangkok Dangerous” avec Nicolas Cage, que les francophones prononcent “SCAge”. Pourquoi une telle erreur dans la prononciation, aucune idée. Le pire, à la télé, en plus. Finalement, le mec au lieu d’être, Nicolas Cage, et devenu en francophonie; SCAGE!!!! Trop bizarre.
Avec Pascal, je crois que j’adore aller au ciné à nouveau... hum.
Depuis l’invention des DVDs, je ne mets plus les pieds au cinéma. Je n’aime pas trop la foule, et les bruits quant on essaie de regarder un film. En plus, avec mon bol, je me chope toujours la seule grosse tête ou géant de la salle bondée, surtout quant je ne peux pas changer de place. De plus, hum, j’aime regarder les films toute seule. Confortablement étalée sur mon canapé, avec mon pop corn, mon cendrier et mon petit café ou coca sous la main, Je peux mettre sur pause quant je veux ou pas du tout.
Comme j’aime les films d’horreurs, mais qu’après, parfois, j’ai le trouillomètre à zéro, je prévois toujours un 2ème film, soit comique ou romantique, question de me détendre.
“Bangkok Dangerous”, ha-ha! Je ne me rappelle de rien du film. Pascal m’a pris la main quant on s’est assis. Dingue comme j’ai le coeur qui se met à gigoter pour une petite chose comme ça. A peine, les lumière éteintes, on s’est embrassé, et encore, et encore... Jamais assez. Il embrasse comme un Dieu... heum oui, si Dieu a jamais su embrasser!!! Je lui décernerais la Palme d’Or et la médaille de Diamant, pas la médaille d’or, mais de diamant.
Le seul autre à qui j’aurai décerné la Palme d’Or avant Pascal était Sam Alderson, un mannequin que j’avais rencontré aux Barbades. Avec Mick Jagger qui couinait ses chansons dans la chambre à côté. Et pour la bagatelle, là aussi Sam était un dieu ;))... C’était mieux que génial. Là aussi, Sam battait tous les autres que j’ai accroché à mon tableau de chasse. Mais Pascal, lui, c’est encore mieux que génial. C’est... le top du top. C’est un artiste...
Presque tous les autres ont eu besoin de leçons! Du 1er petit copain qui pensait qu’embrasser voulait dire tourner sa langue dans ta bouche comme les hélices d’un hélicoptères (j’ai failli être dégoûtée à vie), ou celui qui te fait une nettoyage rectale des amygdales, ou celui qui te coupe l’envi de boire pendant un moment après t’avoir bavé dessus!! Hah oui, beurk, certains garçons auraient bien besoin de leçons, ou les filles devraient au moins le leur dire, au lieu de les laisser croire que c’était bien!
Les fauteuils de cinéma ne sont pas très confortable, alors on a décidé de filer avant la pause. On est resté un long moment dans la voiture avant d’aller se balader main dans la main, au bord du lac à Préverenges. Là, on était tranquille que personne ne nous tomberait dessus. On était quand même pas tout à fait tranquille, mais on avait envi de se sentir libre pour une fois.
Pascal m’a avoué se sentir coupable d’avoir tout le temps envi de me voir, de m’appeler, de me parler, d’avoir tout le temps envi de me faire l’amour, comme en ce moment, qu’il avait de la peine à résister à l’envie de m’emmener chez lui et qu’on ne quitterait plus la chambre jusqu’à saturation...
Ça m’a fait sourire, c’était trop chou-x. Il est trop désarmant quant il s’ouvre comme ça... bon j’avais envie de lui sauter dessus le couvrir de bisous et de lui dire que moi aussi, tout le temps... mais bon... je ne suis pas aussi expressive, sauf dans ma tête.
La plupart du temps, il se disait qu’il fallait qu’on arrête de se voir, tant qu’il n’avait pas parler à Jess. Qu’il était un salaud, que ce qu’il faisait était dégueulasse. Mais en même temps, comment se connaître si on ne se voyait pas? Comment savoir si on tenait vraiment l’un à l’autre? Que ce n’était pas qu’un feu de pailles? Ou encore, l’attrait de la nouveauté?
Là aussi j’avais envie de lui sauter dans les bras. Je l’aurai sûrement fait si j’étais une petite chose facile à porter.
Aussi, qu’il avait un peu peur de ce qui allait se passer. Leurs familles étaient un gros soucis. Qu’avec tous les problèmes qui risquent de nous tomber dessus, il voulait profiter de chaque moment...
Là, là j’avais envie de l’embrasser et lui dire que je l’aime.
Il m’a avoué que dimanche soir, il avait essayé de parler à Thomas. Mais il en a pas eu le courage, il devait d’abord parler à Jess avant de parler à Thomas.
J’ai sursauté. Je lui ai demandé de ne pas en parler à Thomas. Je ne veux pas qu’il le dise à Thomas ou pas encore. Pascal était un peu surpris. Je lui ai expliqué que s’il en parlait avec Thomas, je serais “persona-non-grata” et on ne pourrait plus se voir! Qu’il risque de non seulement briser son amitié avec Thomas, mais avec tous ses amis, qui seront forcé de prendre parti. Et Thomas saurait qui éviter, c’est-à-dire; moi.
Pascal me dit que le plus on attendra pour lui le dire, pire ce sera. Si on se faisait surprendre, ce serait terrible. Thomas ne le lui le pardonnera pas. Que c’était gênant de l’entendre lui parler de ses sentiments, et de faire comme de rien. Que ce serait peut-être terrible au début, mais qu’il faudrait mettre cartes sur tables et advienne que pourra! J’étais pas d’accord avec lui.
Si Thomas savait, je ne pourrais plus le voir aussi souvent. Thomas s’arrangerait pour qu’on m’évite. Je ne serais plus la copine qu’on invite comme ça. Je serais celle qu’on ne doit pas inviter. Que finalement, il se trouvera entre 2 chaises, devoir choisir entre son ami d’enfance, sa famille pour une nana!
ARFFF... on est resté un moment silencieux, perdu dans nos listes des pours et les contres. J’en avais mal à la tête. Je ne voulais plus y penser. Je préférais rester dans l’ombre alors je le lui ai dit. Je préférais que Thomas ne sache rien, que personne ne sache rien, qu’il ne lui dise rien pour moi. Je lui ai fait promettre.
Pascal a poussé un gros soupir; “Ouais... on est pas sorti encore de l’auberge”, et il m’a serré dans ses bras. J’aurai voulu y passer la nuit, là debout et il pouvait continuer à me caresser la tête jusqu’à la fin des temps et à me serrer contre lui.
Pascal voulait qu’on aille chez lui, mais Thomas savait qu’on avait été au ciné, il surveillait peut-être. Je ne savais pas si c’était une très bonne idée même si j’en mourrais d’envie. Et il fallait aller récupérer ma voiture...
En rentrant, je me sentais un peu vidée, inquiète. J’avais encore envie d’être avec lui, mais demain, il bossait. Et il fallait que je m’habitue à ne pas le voir tous les jours quand même!
On a encore parlé au téléphone.
Oui, Thomas surveillait quant il est rentré, il est passé lui demander comment était le film, si ça valait la peine d’aller le voir? Il a ri, et m’a demandé ce que j’en pensais, est-ce que le film valait la peine?
J’adore trop son rire.