261/11 - Pétage de plomb! (3)
261/11 - Pétage de plomb!
Journée, dimanche 18 sept 2011
Pascal n’a pas dormi au chalet. Il avait dû dormir chez cette... Il n’y a aucun mot pour décrire la grosse peine, la grosse douleur qui alourdi tous les membres du corps, qui pèse sur le cœur, le désespoir, le désarroi quant celui qu’on aime nous fait souffrir. La douleur est inimaginable.
La seule façon de ne pas penser à ce qu’il faisait avec cette fille, était d’avaler 1 ou 2 somnifères pour tomber dans le coma et éviter à la tête de fonctionner. Dormir, c’est tout ce dont j’avais besoin.
J’étais dans les vapes jusque vers midi. Normalement, j’aurai dû dormir plus tard, mais je pense que la torture mentale a fini par couper les effets des somnifères. J’étais naze, fatiguée, la tête vaseuse à cause des somnifères. Je suis descendue dans cet état avaler quelques cafés. Aujourd’hui, il ne faisait pas très beau, pourtant, une grosse partie de la bande était dehors, à fumer, discuter. Tout de suite, mes yeux ont remarqué Pascal... et autre chose! La moutarde m’ait monté direct au nez.
Pascal avait eu le culot de ramener cette fille ici... non mais...
Caro était à la fenêtre du salon et les observait. Elle n’était pas en meilleure forme que moi! Je suis allée lui demander si c’était la fille avec qui... Oui, c’était celle-là. Pascal n’avait pas dormi dans sa chambre, il n’était pas rentré. Caro est descendue vers les 10h, elle n’avait pas réussi à bien dormir non plus. Pascal est arrivé peu avant midi, et quant il l’a vu, il a eu le culot de lui faire la bise comme de rien et lui présenter la pouffe. Elle avait été obligée de la saluer.
Pfff, pas question que je salue l’autre... J’étais rouge de colère, même si ça ne se voyait pas!
Pascal est entré avec la fille dans ses pas, entouré de ses copains, il bavardait joyeusement, comme si je n’existait pas. Quant je l’ai senti se diriger vers le salon où j’étais, je me suis levée pour aller à la cuisine. J’ai fait mine de l’ignorer. Je les avais assez vu. Dehors déjà, ses potes les entouraient et discutaient avec cette nana, comme si elle faisait partie de la bande. Là, je dois dire que j’avais complètement oublié que j’étais une invitée chez lui, et pas le contraire.
J’ai avalé quelques cafés, les oreilles aux aguets à écouter les bribes de conversations qui provenaient du salon, tout en faisant semblant de regarder dehors.
Pascal s’est rappliqué dans la cuisine avec la miss. Ils souriaient tous les 2, ils étaient trop content, ça m’énervait. Je ne les ai pas regardé, je les voyais dans les vitres. Pascal m’a attrapé par la taille pour me faire sursauter. Innocente, je me suis retournée comme si je n’avais pas remarqué qu’il était là. Il m’a fait la bise et a voulu me présenter la miss. J’ai fait comme si je n’avais rien entendu. Je gardais les yeux sur lui, ignorant complètement la pouffe.
- Alors, il paraît que tu es parti hier soir avec une petite pouffiasse blonde?
Il a compris tout de suite que je n’étais pas d’humeur, qu’il aurait peut-être dû m’éviter ce matin!
- Comment ça?
- Oui, il paraît que tu n’es pas rentré de la nuit. C’est vrai non? Tu fais de plus en plus fort on dirait... Vengeance?
Sans lui laisser le temps de me répondre, je l’ai attrapé par le bras lui disant que j’avais un truc à lui dire. Et je l’ai embarqué, plantant la pouffe au milieu de la cuisine. J’ai bien senti qu’il était un peu emprunté par ma réaction, il ne s’y attendait pas et m’a suivi sans trop de résistance.
Je l’ai traîné à l’étage dans ma chambre.
Dès que j’ai fermé la porte, je lui ai redemandé s’il voulait me faire souffrir, s’il agissait comme il le faisait pour se venger? Il a d’abord essayé de nier, puis il a admi qu’il prenait plaisir à me torturer. Il n’avait pas l’impression que j’avais encore souffert autant que lui. Il m’a redemandé si je savais à quel point je l’avais humilié, si j’ignorais que tout le monde était au courant de ma petite escapade, comment j’avais pu lui faire cela?
Pascal avait un peu oublié la nénette qui l’attendait en bas, et je regrettais de devoir le lui rappeler sans le vouloir. Je lui ai demandé pourquoi il n’était pas rentré, ou avait-il dormi? Il paraît qu’il avait rencontré une nana à la boîte, est-ce qu’il a dormi chez elle?
- Tu ne crois pas que c’est pire que tout ce que j’ai pu faire?
- Alors pourquoi je ne me sens pas soulagé?
Jusque là, j’avais gardé mon calme et parlait normalement, mais à ma dernière question, les larmes au fond de la gorge, ma voix a tremblé. Il ne s’attendait pas à me voir sur le point de pleurer. J’avais commencé, je n’allais pas arrêter, quitte à pleurer, mais je voulais savoir s’il avait couché avec elle. Ca me ferait mal, mais après, je suis sûre que je me sentirais libre. Pascal m’observait les yeux plissés, plus très sûr de lui. Il a essayé de détourner la question à me dire que je n’avais pas été très sympa avec Emilie (je crois, en tous cas, elle avait un nom vieillot).
J’ai compris la manoeuvre, alors j’ai insisté. Bien sûr, j’avais peur d’entendre la réponse. Après toutes ses tergiversations, comme je ne lâchais pas l’affaire, même quant il a voulu filer sous prétexte que la pauvre fille était toute seule en bas, au milieu de gens qu’elle ne connaissait pas, il a été obligé de me répondre.
-
Tu peux être contente, je n’ai pas couché avec elle. - Je ne te crois pas.
- Crois moi pas, mais on a fait que discuter. Avant que les choses ne dégénèrent, je lui ai dis que j’étais marié et pas libre. Alors elle a préféré qu’il ne se passe rien.
- Je ne te crois pas. Alors pourquoi tu n’es pas rentré?
- Elle voulait que je reste, alors je suis resté. Je savais que tu baliserais... et ça ne me déplaisait pas de te faire grimper les mûrs.
- Jure-le.
- Je te le jure sur ma vie, je n’ai pas couché avec elle.
- C’est elle qui n’a pas voulu, et toi, tu en avais envi? Tu l’aurai fait?
- Non, j’en avais pas franchement envi, mais je l’aurai sûrement fait quand même.
Je lui ai balancé mon coussin dans la figure. Je le détestais d’avoir osé me dire ça, il aurait pu mentir un peu non? Pascal a rigolé, il semblait s’amuser de ma colère.
- Arrête de prendre les choses au 1er degré, j’ai dis ça que pour te faire chier...
- Je ne te crois pas... Et vous vous êtes...?
- Rhhh, mais non, rien de tout ça. Dès que j’ai senti que ça pouvait éventuellement arriver, qu’elle s’attendait à ce que je l’embrasse ou quelque chose du genre, j’ai mis les choses au clair. D’ailleurs, je pense qu’elle a dû croire que tu étais ma femme, vu la façon dont tu l’as traîtée...
- Mais je pense que maintenant elle sait que ce n’est pas le cas. Je pense que tes potes ont dû la mettre au courant.
Pascal a ri; “Sans doute”. Je ne le croyais toujours pas, il avait beau m’assurer qu’il ne s’était rien passé, j’étais persuadée qu’il mentait. Il disait n’avoir aucune raison de me mentir, s’il s’était passé quelque chose, il me l’aurait dit, au moins j’aurai eu un poil aussi mal que lui.
- Jane, j’ai aussi ma fierté, après ce qui s’est passé avec Thomas...
Il a aussi rajouté; qu’il n’oserait dire à personne, ni montrer s’il avait encore des sentiments pour moi ou non, et encore moins se remettre avec moi, sinon il passerait pour le dernier des cons, qu’il avait honte, qu’il n’arrivait pas à me pardonner ce qui c’était passé. Qu’il avait envi de me voir, de me parler, oui, qu’il pouvait me parler normalement, mais par moment, et même en ce moment même, il ressentait une énorme colère, il m’en voulait terriblement.
Sur ce, il devait descendre, il ne trouvait pas très cool d’avoir planté la fille comme ça au milieu d’inconnus. Je voulais savoir comment ça se passerait si on descendait ensemble, est-ce qu’il se donnerait la peine d’être aussi “correct” qu’il l’était avec elle. Il n’en savait rien, puis il a rajouté qu’elle ne lui avait rien fait elle! Plus gentiment, il a rajouté qu’il l’avait invitée à passer un moment avec nous au chalet, il ne pouvait pas la planter dans un coin. Enfin, si elle était toujours là. J’ai donc décidé de rester encore un moment dans ma chambre.
Avant de quitter ma chambre, il m’a dit que vu ce qui c’était passé, il pensait que c’était préférable qu’il aille boire un verre avec elle ailleurs. Ca m’a fait flipper dans la tête, je ne voulais pas, mais je ne pouvais vraiment rien dire. J’aurai nettement préféré qu’il reste au chalet, au moins là, on l’avait sous les yeux.
En sortant, il a buté contre Caro. Elle écoutait derrière la porte. Ca l’a fait sourire. Il lui a dit qu’elle aurait dû entrer, elle aurait mieux entendu, puis il lui a fait un bisou sur le front et il a filé. Hééé! Il ne m’avait pas fait de bisou à moi? Pourquoi à elle? Oh ça m’énervait grave!
Même si Caro avait presque tout entendu, je lui ai résumé notre conversation. Elle était soulagée et le croyait quant il disait n’avoir pas couché avec elle. Caro m’a alors appris que depuis qu’on s’était disputé, à part le dimanche quant il était allé chez elle (pfff, merci ma chère de me le rappeler), il ne l’avait plus touchée. Il disait ne pas en avoir envi, ne pas être d’humeur. Si Caro le croyait, alors je pense que je pouvais le croire aussi.
On est descendu toutes les 2 ensemble au salon. Pascal était encore là avec l’autre. Hihihi, elle a sursauté en me voyant arriver. On aurait dit que son siège était en feu. J’avais planté mon air joyeuse et joviale, je participais aux conversations, riais à gorge déployée aux blagues que je ne comprenais pas, mais j’ai gardé mes distances avec l’autre. Je m’étais assise à côté de Pascal, et sans gêne, je m’amusais à lui couper la parole pour parler à Pascal, comme si elle était invisible.
Je pense que tout le monde avait remarqué mon manège. Au bout d’un moment, Pascal s’est senti mal à l’aise et ils ont décidés de se tirer. Peut-être que j’aurai dû être moins méchante et ils seraient restés au chalet? Trop tard de toute façon, puis, je ne pouvais pas me contrôler, j’étais hyper à cran.
Prise dans mon engrenage de folie, j’ai décidé de lui coller aux fesses. Merde, j’aurai peut-être dû mettre autre chose, au lieu de ça, j’étais en training. Comparé à elle, j’avais l’air d’une plouk. A une ou 2 reprises, je n’ai pas pu m’empêcher de lui envoyer des vannes à la pauvre tâche.
Pascal a proposé qu’on aille prendre un verre, et je n’ai pas voulu parce que j’étais en training, et l’autre là, sans doute pour faire la gentille, a dit que j’étais très bien comme ça, ça ne gênait pas. Alors je lui ai balancé que c’était clair qu’avec sa tonne de maquillage si tôt le matin, elle devait avoir bon chaud là-bas dessous, moi non.
J’ai vu Pascal grimacer, mais il ne s’est pas mêlé. Il avait intérêt. D’ailleurs elle aussi, elle n’a pas cherché à se mesurer à moi. Je voulais qu’il la dépose et qu’on rentre, point final. Pascal sentait bien que si on allait prendre un verre, ça allait être infernal, alors il l’a ramenée. Quant il est sorti de la voiture pour la racompagner jusqu’à l’ascenseur, je l’ai suivi. Il lui a juste fait la bise, elle m’a jeté un regard et n’a pas osé me saluer ou quoi que ce soit, je regardais autour de moi, tout en les surveillant. Je ne voulais pas la saluer non plus.
Ha la la, je dois reconnaître que Pascal mérite une médaille pour ne pas m’avoir remis à ma place!
Au retour, il a pouffé de rire 1 ou 2 fois, je ne lui ai pas demandé pourquoi, je fulminais. Au chalet, on est resté au salon un moment à discuter avec tout le monde, puis Pascal a décrété qu’il allait faire une sieste, il était crevé. Le petit rouquin de merde a commencé à lui faire de petits clins d’oeils et à plaisanter sur sa nuit certainement mouvementée, donc une sieste s’imposait. J’avais envie de le boxer.
Je suis restée au salon, je ne voulais pas lui courir après comme un petit chien. Puis, je commençais à mesurer ma folie; il aurait vraiment pu être désagréable, ou me clouer le bec, il n’en a rien fait. Et aussi vite que ça, je suis retombée dans mon état énamourée parce que je trouvais qu’il était vraiment top comme mec.
Caroline a disparu du salon 5mn après son départ, je suis sûre qu’elle l’avait suivi. Gros soupir.
Après 1 bonne heure, je suis remontée dans ma chambre comme certains, une petite sieste s’imposait avant la sortie de ce soir. Cette fois, je ferais partie de la troupe, et j’avais l’intention de tout faire pour ne pas laisser l’autre approcher Pascal, quitte à me rendre ridicule. Quoique, il avait eu des nerfs d’acier, mais ce soir, il risquait peut-être de péter un câble? Bah, on verra!
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261/11 - Pétage de plomb (3) - journée du dimanche, 18 sept 2011